Cagnes-sur-Mer (06), France 🇫🇷
Depuis que je connais la compagne avec qui j’ai passé un tiers de ma vie, je suis conscient que j’ai une grande tristesse au fond de moi. C’est elle qui m’a fait prendre conscience que je portais cette lourdeur avec moi. J’ai souvent et longtemps oeuvré avec des thérapeutes, médiums et enseignements de toutes sortes pour comprendre d’où vient cette tristesse et comment y remédier. Chaque fois que je pensais que cette tristesse nostalgique profonde avait disparu, au bout de quelques temps il se passait quelque chose qui me montrait de manière évidente qu’elle était toujours là. Au bout du compte, assis ce matin devant mon écran, je pense que je suis carrément né avec cette tristesse. Je pense que l’âme qui a décidé de faire un petit tour sur cette terre savait où il allait mettre le pied. Je pense qu’il savait ce que l’humanité était devenue et ce qu’il allait devoir traverser pour faire une différence. 💔
Si j’en crois mes souvenirs, je pense que ma première tristesse trouve ses origines dans ma petite enfance en Israël. Je me souviens d’une photo où je me trouve avec mon petit voisin dans un grand carton en train de se chamailler. Malgré la chaleur, je portais un bonnet qui dépassait mes oreilles et ma mère m’avait expliqué plus tard que j’avais régulièrement des otites. Pour moi, ça veut dire que ce n’était pas de la tristesse qui sortait mais de la colère. Je pense sincèrement que la colère est un phénomène naturel et que seulement les enfants savent encore le vivre de manière saine. Ils tapent des pieds pendant 30 secondes, puis ils oublient et passent à autre chose. Je pense que j’étais en colère parce que mes parents se disputaient beaucoup et j’avais marre de les entendre crier. J’avais certainement peur aussi, ce qui explique encore plus la colère ! 😡

Voici ma dernière… et première… création en macramé. 💪
Un arbre de vie, emballé et prêt à être offert ce matin… 💝
Tout à l’heure, je commencerai certainement le suivant… 😍
Quand j’étais obligé de partir pour les Pays-Bas, les choses que j’ai dû laisser derrière moi et la violence que je rencontrais à cause de ma différence, m’ont mis en mode “défense” et « combat » de manière quasiment permanente. Soit, j’étais en train de me battre, soit j’étais en difficulté en cherchant ma place. Au fur et à mesure que je grandissais, la colère s’est progressivement transformée en tristesse. Aujourd’hui, je vois bien ce qui a dû se passer. Dans notre société, la colère, et la violence qui peut en suivre, ne sont pas tolérées. Ça met trop en question « l’ordre établi » et ne fait pas propre dans nos normes et valeurs judéo-chrétiennes. À la maison, les enfants n’ont souvent pas le droit de rouspéter, de s’opposer ou même d’exprimer leur mécontentement… Puis à l’école et dans le milieu professionnel, la colère manifestée est carrément sanctionnée. 👀
C’est pour ça qu’encore aujourd’hui, j’admire et soutiens toujours les enfants qui osent exprimer leur besoin et leur colère à leurs parents… De ma fenêtre, il y a vraiment de quoi !!! Chercher cet amour de ces deux personnes qui sont au départ comme des dieux pour nous… puis constater que ce qu’ils nous apprennent et obligent à faire n’a aucun sens… et qu’ils ne font eux-mêmes pas ce qu’ils disent… puis, progressivement réaliser que nos parents ne sont en fin de compte rien d’autre que des moutons dans un monde homogénéisé… puis enfin comprendre qu’eux et la société entière nous forcent à devenir comme eux… c’est mortifère. J’adhère complètement à la citation de Françoise Dolto, qu’un adulte qui sait écouter un enfant, est un être éclairé (ou quelque chose comme ça). Notre liberté, d’être nous-mêmes, d’être lent, d’être simple, d’être différent et de faire des erreurs, nous est ôté insidieusement dès notre plus jeune âge. 👀

Ma tristesse a donc simplement masqué ma colère intoléréé. Quand aujourd’hui, je vois quelqu’un de triste, je sais que cela cache une colère profonde dont la personne n’est souvent pas consciente. Chez moi, comme chez des gens que j’accompagne, dès que quelqu’un se rend compte qu’il “fait la pute”, c’est-à-dire qu’il fait tout et n’importe quoi pour un peu d’affection et de reconnaissance, et qu’il commence à se positionner, je vois la colère qui commence à se frayer doucement un chemin vers la surface. Ayant vécu le phénomène à fond, j’avertis le concerné de l’éventualité d’une ou plusieurs explosions émotionnelles énormes. Je l’ai vécu moi-même avec mon père, vers 2010, puis avec la compagne avec qui j’étais à Aix. Le simple fait de subir une sorte de dominance manipulatoire malintentionnée, dans le cas de mon père, ou un simple renie des besoins de ma petite personne, dans le cas de la compagne, a provoqué chez moi des explosions de colère titanesques. 🤬
Parfois, je sens encore de la colère… et la tristesse qui la masque… mais je pense que ma colère a retrouvé sa forme saine. Quand je la ressens parfois encore, je tape des pieds pendant 30 secondes, puis je passe à autre chose. Je me souviens encore de l’époque où je gardais de la rancune parfois pendant des mois ou même des années. J’ai eu la chance d’avoir enfin compris le phénomène, d’avoir pu décharger pendant un temps mes frustrations accumulées, qui sont devenues un trop-plein, et d’avoir appris à me positionner en douceur… Mais, je remercie surtout la Vie pour avoir osé enfin être pleinement moi-même. Je m’aime enfin assez pour ne plus faire « la pute ». J’aime être en ma propre présence… J’aime ma manière d’être… Je n’ai plus besoin de validation de quelqu’un d’autre, ni de faire partir d’un groupe, juste pour ne pas être seul ou d’exister aux yeux des autres. Les conséquences ne m’inquiètent plus. En plus, je n’ai plus vraiment des raisons d’être en colère, ni triste… car, par-dessus tout, je suis conscient que je suis moi-même le créateur de tout ce qui m’arrive… 🥴
Je vous souhaite une délicieuse journée, soirée ou nuit… où que vous soyez… ∞❤️∞
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Bonjour Michael
Que ton texte du jour m’interpelle, je suis dans une période de grand changement, la maladie mon corps qui vieillit me met face à des grands changements professionnels familiaux, relationnels et autres !
Mais cela a un bon côté car je m’aperçois que je suis moins en colère moins envieuse également moins jalouse de ce que les autres peuvent vivre !
Même je suis un peu moins triste même si par moments, je peux tomber dans une mélancolie qui me demande de me rebousculer pour me réancrer plus fortement dans ma vie.
Ton écrit de ce jour m’interpelle donc sur ce point dans quelques jours je vais avoir 52 ans et j’ai encore le temps j’ai encore droit d’accéder à ces changements donc après ton texte je m’aperçois que je dois accueillir l ici et maintenant merci de ce bousculement qui me permettent d’avoir ce regard d’avoir ses paroles là merci merci.
florence
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