Un match de foot

Montpellier (34), France đŸ‡«đŸ‡·Â 

En gĂ©nĂ©ral quand on me demande ce que je pense du foot, je rĂ©ponds en essayant de faire de l’humour, que je n’en ai rien Ă  fout’
 et c’est tout Ă  fait vrai. Peut-ĂȘtre que ça vient encore de mon enfance. Je pratiquais un tout autre sport avec le ballon, le “korfbal”, l’ancĂȘtre du handball et du basket. Celui qui sait jouer le korfbal (traduction littĂ©rale : panier-ballon) se dĂ©brouille gĂ©nĂ©ralement aussi bien avec ses deux dĂ©rivĂ©s. ⚜ 

Ce sport se pratique aux Pays-bas, en Belgique, en Allemagne et il me semble aussi en Angleterre et mĂȘme dans le nord de la France. Il a Ă©tĂ© inventĂ© en 1903 et se jouait au dĂ©part dans la rue, hommes et femmes mĂ©langĂ©s et en vĂȘtements de ville. Avec le temps c’est devenu un sport de compĂ©tition trĂšs apprĂ©ciĂ© dans les pays oĂč il est pratiquĂ©. Il exige rapiditĂ©, souplesse et beaucoup d’agilitĂ©. La mixitĂ© est restĂ©e, ce qui lui donne une valeur que l’on trouve dans aucun autre jeu ou sport. đŸ‘«

Il y a une version extĂ©rieure avec le Korfbal qui se joue sur un terrain divisĂ© en 3 et 12 joueurs par Ă©quipe, dont une moitiĂ© se compose d’hommes et l’autre de femmes. Avec la version intĂ©rieure, le terrain est divisĂ© en 2 parties et il y a seulement 8 joueurs. J’ai pratiquĂ© ce sport entre mes 8 et 20 ans et j’ose dire que j’étais assez bon. Je me suis arrĂȘtĂ© pour des raisons bizarres. Je pense que mes origines judaĂŻques y Ă©taient pour quelque chose. Soudainement, malgrĂ© mon bon jeu j’ai Ă©tĂ© mis Ă  l’écart. Heureusement, j’ai toujours eu plusieurs disciplines et je me suis re-dirigĂ© vers le Judo que j’avais dĂ©jĂ  pratiquĂ© entre mes 5 et 8 ans
 đŸ€š

Chaque weekend un match, 2 soirs par semaine de l’entrainement et plusieurs fois par saison des tournois. J’allais souvent sur le terrain qui Ă©tait juste derriĂšre l’appartement oĂč j’habitait avec ma mĂšre et ma grand-mĂšre. En journĂ©e ou soirĂ©e
 on faisait des paniers, regardait des matchs, on jouait au billiard ou on regardait la tĂ©lĂ©vision dans le clubhouse en grignotant des croque-monsieurs. Voici un extrait pour avoir une aperçu de ce jeu qui a rythmĂ© ma jeunesse. â˜ș 

Pendant les annĂ©es oĂč je faisais partie du club de Korfbal de mon quartier Ă  Amsterdam, “Allen Weerbaar”  j’ai dĂ©veloppĂ© sĂ»rement et inconsciemment une espĂšce de complexe de supĂ©rioritĂ© par rapport au football. Je pense que tout ceux qui pratiquaient un sport de ballon qui se jouait avec les mains, regardaient de haut ceux qui jouaient avec les pieds. Ça semble bizarre, mais j’avais et j’ai toujours l’impression que chaque sport s’adresse Ă  une tranche bien particuliĂšre de la sociĂ©tĂ©. Les footballeurs me semblaient depuis toujours beaucoup plus grossiers et violents que les gens qui pratiquaient le Korfbal, le handball ou le basket. â›čđŸ»â€â™‚ïž

J’ai trouvĂ© quelques photos sur internet de mon club. En plus elles sont de l’époque oĂč j’y Ă©tais et on y voit encore bien le terrain que nous avions Ă  l’époque. Nous Ă©tions ceux avec les shirts rayĂ©s rouge et noir. Sur la photo Ă  gauche Ă  l’arriĂšre plan on voit encore le snack oĂč j’aimais chercher des nems gĂ©ants chinois, des “loempias”, que je mangeais en pĂ©dalant vers ma maison en essayant de pas mettre de la graisse sur mes vĂȘtements, car ça dĂ©goulinait de partout et c’était surtout trĂšs chaud et difficile Ă  manger de cette maniĂšre ! 😉  

Bon
 j’étais parti pour parlĂ© du foot
 Car samedi soir je suis allĂ© assister au match entre Montpellier et Dijon. La derniĂšre fois que je suis allĂ© voir un match je devais avoir 7 ou 8 ans. Je n’ai jamais aimĂ© regarder le sport
 j’étais un pratiquant ! En plus d’assez haut niveau
 et de regarder la pratique des autres, en plus du football
 m’a toujours semblĂ© ridicule. Pour moi, le sport ça se pratiquait
 ça ne se regardait pas. 🏅

C’est plus tard que j’ai compris la notion de “Panem et circenses”, ce qui veut dire “pain et jeux du cirque”, souvent traduit par “Du pain et des jeux”. Dans la Rome antique, les empereurs disaient qu’il fallait donner au peuple du pain de des jeux
 pour les flatter et pour les garder calme et Ă©viter ainsi que leur mĂ©contentement et violence sortent sous forme de rĂ©bellions, rĂ©volutions ou guerres. đŸ€ș

Et j’ai vu pendant ce match ici Ă  Montpellier, comme dans le passĂ©, ces gens qui s’énervent contre les joueurs, contre les supporters des joueurs adversaires, contre l’arbitre, contre des voisins… pour trois fois rien. J’avais l’impression qu’ils n’étaient pas conscients que les joueurs ne voyaient pas le jeu d’en haut comme nous, mais qu’ils n’avaient quelque part qu’une vision limitĂ©e en deux dimensions sur le terrain
 que chacun avait un Ă©tat psychologique et physique d’humain qui lui Ă©tait propre et le rendait faillible
 que ce n’étaient pas des robots parfaits
 et surtout, surtout
 que ce n’était qu’un jeu !!! La qualitĂ© et la beautĂ© du jeu mĂȘme ne semblait pas compter, seulement les buts !!!Â đŸ€ŸđŸ»â€â™‚ïž

J’accompagnais le fils de mon ami Lionel, qui joue au foot et qui venait de faire son match Ă  lui oĂč il avait mis deux buts, les deux seuls de son Ă©quipe ! C’est ça qui m’a plu
 de l’accompagner et de voir comment il vivait son plaisir, sa passion. Il s’était mĂȘme prĂ©parĂ© deux sandwichs magnifiques aux merguez pour le consommer dans les tribunes !!! 🌭

Bien Ă©videmment je me suis demandĂ© ce que je footais lĂ . Je n’ai pas trouvĂ© mieux que de me dire que rien ne doit jamais ĂȘtre considĂ©rĂ© comme dĂ©finitif ! Que c’est important de savoir changer mon fusil d’épaule quand c’est le moment. La vie n’est pas linĂ©aire et n’importe quel principe salvateur peut devenir un poison quand il est appliquĂ© aprĂšs “son temps”. Alors, j’ai passĂ© vraiment une bonne soirĂ©e avec mon jeune ami de 12 ans. J’ai mĂȘme rĂ©ussi Ă  “entrer” dans le match. Je trouvais les joueurs trĂšs forts, surtout ceux de Montpellier
 mĂȘme si le match s’est terminĂ©e Ă  Ă©galitĂ©. â˜ș 

Je vous souhaite une merveilleuse journĂ©e ! â€ïžđŸ’›đŸ’šđŸ’™đŸ’œđŸ–€Â 

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3 commentaires sur « Un match de foot »

  1. J’ai vu la guerre. Je n’aime pas le sport en compĂ©tition. Mais c’est pour moi mieux que la guerre. Moindre mal, peut-ĂȘtre une forme de bon combat : rares blessĂ©s, ni pillages, ni viols, ni meurtres.
    Encore un peu d’amour et moins de compĂ©titions, la fin des guerres ? J’en rĂȘve.
    DĂ©jĂ , je ne fais plus de cauchemard sur la guerre. C’est pour moi un bon dĂ©but.

    Aimé par 1 personne

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