Règlement de compte ~ Reckoning

Michael à Muret (31), France 🇫🇷

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Ils avancent bien, le couple d’Amis que j’accompagne et chez qui je loge. Ce n’est pas évident pour eux et ça me demande d’être très vigilant et très présent, tout en restant discret. Il n’y a rien de plus difficile dans la vie que de tisser vers l’Amour… que cela soit entre amis, collègues, partenaires ou en famille. Chacun, à partir de ses blessures, dont il n’est même pas conscient, passe son temps à régler des comptes anciens avec celui qui se trouve en face. C’est inconscient et involontaire… et ce comportement est même considéré normal dans notre société. Dès que les noces sont terminées et la phase amoureuse dépassée, ça commence. 💔

Sans tissage conscient, le seul issue est la séparation… tôt ou tard. Le moment exact dépend souvent tout simplement de la présence, ou non, d’enfants. Chaque ego revendique son besoin, alors que le tissage demande de discerner entre ce qu’il faut laisser et ce qu’il faut garder pour construire à deux. Devenir complice dans ce processus est essentiel. L’état amoureux fait croire que « cette fois-ci » ça se passera autrement. Eh non ! Ce que nous avons appris de l’Amour depuis notre enfance est faux et ne fonctionne pas. Tisser l’Amour relève de l’Art… Aimer est un Art… La voie vers l’Amour et son apprentissage, vous le savez maintenant, s’appelle le Tantra, le Tao… ou, dans notre culture, l’Alchimie. 💖

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Chaque jour je recommence mes efforts… sans relâche…

L’Amour n’est pas une émotion, ni une sensation. C’est l’état de quelqu’un qui est conscient de l’Unité que nous formons énergétiquement et qui vit en cohérence avec cela. Forcément, s’il en est là, il aime tout le monde… pas juste une personne. L’Amour n’est pas exclusive, c’est la dépendance qui l’est. Du coup, le polyamour, tel qu’il est enseigné, n’est rien d’autre qu’une polydépendance. C’est logique ! Pour tisser jusqu’à l’Amour je m’engage avec une seule personne pour, justement, ne pas pouvoir m’extirper d’une pression quand elle se présente. Aller voir quelqu’un d’autre dans ce cas, ne fait que panser le besoin de mon ego et ses blessures. ❤️‍🩹

Si je suis assez complice avec ma partenaire et qu’il n’y a plus de reproches, d’accusations, de gênes ou d’autres intrusions violentes entre nous, nous pouvons nous permettre d’être assez vulnérable pour traverser ensemble les blessures, pour nous libérer de nous conditionnements, pour affronter nos peurs… et pour explorer nos territoires physiques et énergétiques communes, afin de tisser véritablement vers le Grand A. Nous nous sommes tellement éloignés de notre tradition originelle que nous avons besoin de nous nettoyer encore et encore sur ce chemin de tissage, si nous voulons former un jour véritablement UN. Tant que les blessures sont ravivées à tout bout de champs, personne ne peut pas se livrer en se sentant en sécurité… et le tissage devient impossible. 💗

MONSIEUR ET MADAME PRESUME

« Monsieur et madame Présume s’aimaient tendrement. Un beau soir, monsieur Présume eut un violent mal de dos. Il présuma que cela allait guérir sans médicaments et il présuma que s’il le disait à madame Présume, elle s’inquiéterait, alors il ne le fit pas.

Madame Présume constata qu’il avait l’air distant. Elle présuma qu’il avait des soucis et qu’il ne voulait pas les partager avec elle. Elle présuma que si elle lui demandait ce qui n’allait pas, il ne le dirait pas, alors elle n’en fit rien.

Monsieur Présume présuma que madame Présume était trop centrée sur sa petite personne pour s’apercevoir qu’il ne se sentait pas du tout bien et il fut un peu vexé. Il dit  » bonsoir  » et monta se coucher, un peu fâché.

Madame Présume présuma qu’il était fatigué d’être en sa compagnie et elle présuma qu’il valait mieux le laisser seul avec ses pensées. Elle répondit  » bonsoir.  » Ils demeurèrent là, un peu fâchés, couchés dos à dos. Les deux ruminèrent leurs présomptions et s’endormirent très tard et très frustrés.

Le matin arriva rapidement et lorsque la sonnerie du réveil se fit entendre, monsieur Présume, qui manquait de sommeil, rageait. Il présuma que madame Présume, elle, avait bien dormi et présuma qu’elle ne voulait pas se lever pour déjeuner avec lui, parce qu’elle préférait se prélasser au lit.

Madame Présume sentant, par les mouvements brusques de monsieur Présume, qu’il était marabout, présuma qu’il aimait mieux ne pas avoir à parler à personne et elle fit semblant de dormir pour le laisser en paix.

Cet avant-midi là, il y eut trois appels téléphoniques chez les Présume et, chaque fois que madame Présume répondait  » Allo « , la personne au bout du fil raccrochait. Madame Présume présuma que ce n’était pas à elle que cette personne voulait parler. Elle présuma donc que les appels étaient pour monsieur Présume et que si la personne ne le demandait pas comme il se doit, c’était parce qu’elle ne devait pas savoir de qui l’appel provenait. Elle pensa aux airs songeurs de monsieur Présume de la veille et elle présuma que cela pouvait avoir rapport avec ces appels. Peut-être avait-il une liaison amoureuse? Et elle présuma qu’il ne voulait pas lui en parler mais que cela le rendait songeur. Tout ce scénario lui trotta dans la tête toute la journée.

Monsieur Présume devait rencontrer un gros client pour le souper, il téléphona à la maison pour avertir madame Présume. Elle répondit sèchement, parce qu’elle ne le croyait pas. Elle présuma qu’il allait rencontrer la nouvelle flamme qui lui téléphonait et qui raccrochait. Monsieur Présume, la ressentant de mauvais poil, présuma qu’elle vivait ses symptômes prémenstruels et raccrocha rapidement pour la laisser en paix.

Madame Présume, constatant qu’il semblait pressé de raccrocher, présuma qu’il avait hâte d’aller retrouver sa nouvelle flamme et là, la peine, la colère et l’agressivité s’emparèrent d’elle. Elle présuma qu’il allait rentrer tard. Elle n’en pouvait plus, elle se changea, s’habilla et elle écrivit une note sur la table qui disait :  » À mon tour de m’amuser « , et elle prit la route pour décompresser un peu.

Monsieur Présume lui, coupa court à son souper d’affaires et revint aussitôt à la maison en présumant que madame Présume serait là et qu’il lui raconterait son mal de dos et sa fatigue. Lorsqu’il vit la note sur la table, il ne comprit pas vraiment ce que cela voulait dire, mais il présuma que madame Présume profitait du fait qu’il devait travailler tard pour aller faire la fête dans les bars de la ville. Il présuma qu’elle faisait ça chaque fois qu’il avait un souper d’affaires. Il était fou de rage.

J’ai entendu dire, qu’aujourd’hui, monsieur et madame Présume sont divorcés parce qu’ils ont trop présumé. Je présume qu’ils ont appris qu’au lieu de présumer, il était préférable de communiquer. »

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Je pense que sans tiers conscient c’est encore plus difficile, car je vois systématiquement que les partenaires ne se rendent même pas compte qu’ils règlent de comptes anciens sans cesse. Pour eux, c’est juste une histoire de justesse, de vérité, d’évidence, de logique, de ressenti, de besoin, de qui ils sont… et ils ne voient même pas que leurs raisonnements et leurs motivations viennent directement de leurs blessures ou de leur conditionnement. C’est ça le grand problème, l’ignorance vis-à-vis de qui nous sommes vraiment et ainsi la confusion inconsciente entre l’ego et l’Être. 💕

De ma fenêtre, je vois clairement chez chaque personne de quelle manière elle a construit sa carapace de protection et son système de fausses croyances… et comment elle a carrément oublié en chemin qui elle était réellement. Je constate systématiquement que nous avons tellement adopté nos enseignements erronés que nous préférons plutôt mourir que de changer. Quand j’interviens dans un couple, ça peut sembler parfois violent. Mettre quelqu’un face à un non-sens derrière son attitude ou comportement, c’est comme mettre le doigt directement dans une plaie ouverte. Heureusement que j’ai beaucoup d’expérience et que je peux faire confiance à ce qui émerge de moi. 💘

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La complicité est pour moi le contraire du règlement de compte. Je règle mes comptes… je ne tisse pas. Je deviens complice… je tisse. Aujourd’hui je dirais carrément que tisser est une histoire de complicité. Mais attention… un homme-toutou n’est pas un complice… ni une femme-soumise. Tisser ensemble sert à trouver sa véritable identité, ce qui correspond à devenir souverain. Je pense que le mariage servait à l’origine à s’engager pour tisser jusqu’à l’Amour. Pour que cela puisse marcher, il me semble évident que devenir complice est indispensable. Etre complice pour survivre, pour faire et élever les enfants, pour construire… puis, si conscience il y a, tisser vers l’Amour. ❣️

La complicité est pour moi la base essentielle pour sortir ensemble des blessures, pour apprendre à discerner entre le vrai et le faux et pour oser laisser émerger progressivement sa véritable identité. Mon rôle principal en tant qu’accompagnant pour couples est de rappeler systématiquement les priorités aux partenaires et de les aider à transformer un règlement de compte en complicité. Ils n’ont pas besoin de penser pareil, de manger pareil, d’aimer pareil ni d’agir pareil pour être complice. Au contraire, devenir complice est justement l’acceptation totale de l’autre, avec ses différences. A chacun de trouver sa juste place dans la configuration familiale… de manière complice, bien évidemment. ❤️‍🔥

Je vous souhaite une belle journée, soirée ou nuit de tissage… où que vous soyez… ∞❤️∞ 

Délicieux…

2 commentaires sur « Règlement de compte ~ Reckoning »

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