Je suis ce que je suis

Modi’in, IsraĂ«l đŸ‡źđŸ‡±

Mon naturel revient au galop ! Je dis bien le « naturel », c’est-Ă -dire ce qui est innĂ©, ce que je suis vraiment, le MOI en moi. Je suis quelqu’un qui cherche en permanence ce qui est adĂ©quat, adaptĂ©, Ă©quitable, appropriĂ©, honnĂȘte, loyal, intĂšgre, impartial et harmonieux. Quand je trouve autre chose, je me rebelle et j’affronte ce qui est en place. Je ne peux pas faire autrement. MĂȘme aprĂšs tout le chemin de transformation que j’ai parcouru, malgrĂ© mes efforts pour changer cela en moi Ă©galement, ça persiste et devient mĂȘme de plus en plus fort.

Et c’est normal, car mon comportement et mon cadre de rĂ©fĂ©rence naturel sont directement liĂ©s Ă  l’Amour et Ă  l’UnitĂ©. Nous sommes tous UN et personne n’est mieux ou plus important qu’un autre. Peu importe que quelqu’un soit plus beau, plus intelligent, plus riche, plus blanc ou qu’il a obtenu un poste de dirigeant quelconque. MĂȘme si dans la forme illusoire quelqu’un peut sembler avoir un « plus », dans la rĂ©alitĂ© absolue, nous formons ensemble une seule Ă©nergie, une seule entitĂ©… et les lois de l’Uni-vers fonctionnent Ă  partir de cette rĂ©alitĂ© discutĂ©e, mais en fait indiscutable.

Toutes nos diffĂ©rences apparentes nous permettent justement d’intĂ©grer toutes les facettes de ce qui EST, de notre SOI. Bien Ă©videmment, selon l’histoire de chacun, les Ă©ducateurs, parents et autres autoritĂ©s, nous ont conditionnĂ©s et fait vivre des blessures… que nous allons par la suite inconsciemment essayer de rĂ©gler avec chaque personnage qui dĂ©clenche des Ă©motions liĂ©es Ă  des souvenirs douloureux.

yadvashem-4516518_1920

A Yad Vashem, le mĂ©morial de l’holocauste, Ă  JĂ©rusalem.
Un wagon de train qui a servi…

L’invitation de la Vie est tout le contraire. Devenir conscient, discerner et transcender notre hĂ©ritage de douleur est indispensable… si toutefois nous voulons un jour avoir la moindre chance de seulement pouvoir commencer ce chemin vers la Source, vers la Maison. Je prĂ©tends l’avoir fait pour la majeure partie. Me trouver Ă  la porte devant mon hĂŽtel me permet de voir oĂč j’en suis exactement. 

Et je constate avec joie, que je suis en effet capable d’accueillir tout le monde, sans faire de diffĂ©rence. J’arrive Ă  accueillir tout ces comportements diffĂ©rents et parfois heurtants sans me sentir touchĂ©. Je fais avec plaisir ce travail pour lequel je suis largement surqualifiĂ©.  D’ailleurs, est-ce vraiment le cas ? J’ai plutĂŽt l’impression que de faire ce que je fais, demande justement d’avoir accompli un grand labeur sur soi. J’avoue que je suis assez fier de ma petite personne. 

Toutefois, comme je viens de le dire, mon naturel revient au galop et ce matin j’ai Ă©crit un message Ă  celle qui a crĂ©Ă© mon poste, puis je l’ai partagĂ© avec mon chef et celle qui m’a embauchĂ©. Ça me semblait correct.  Mon naturel m’a valu bien des conflits dans le passĂ©, car relever ce qui n’est pas Ă©quitable, me confronte Ă  des traditions de pouvoir qui sont en place parfois depuis trĂšs trĂšs longtemps. Alors, j’ai fait ce que je sais faire et j’affronte le risque de perdre ma place.

AprĂšs avoir envoyĂ© mon message, j’ai tirĂ© deux cartes. Certes, je pourrais les interprĂ©ter de plusieurs maniĂšres. Mais, les tirages rĂ©cents, mes articles prĂ©cĂ©dents et ce que je peux voir en ce moment chez les autres, me font croire que de m’accepter encore une fois tel que je suis profondĂ©ment, aura certainement un effet rĂ©parateur chez moi. Et bien Ă©videmment que je pense Ă  ma jambe qui me rappelle systĂ©matiquement de ne pas faire de compromis quand l’Amour avec un grand A est en jeu… de me tenir fiĂšrement droit et de ne pas flancher. 

« Salut … ,

Je t’envoie ce message car j’ai compris que c’est bien toi qui as rĂ©ellement crĂ©Ă© mon travail…

AprĂšs quelques semaines, je pense que je vis mon job pleinement selon ton intention… au moins, je fais de mon mieux…

Mais, si tu veux vraiment que je sois le «visage» de l’hĂŽtel, quelques changements seront nĂ©cessaires…

Tout d’abord, quoi que vous dĂ©cidiez, je continuerai Ă  faire ce que je fais, simplement parce que j’aime ça et que le travail convient bien Ă  ma personnalitĂ©…

Il est vraiment clair pour moi que vous voulez que je sois la premiĂšre et la derniĂšre impression que les gens obtiennent de l’hĂŽtel… puis, le visage souriant, les mains serviables et les mots amicaux chaque fois qu’ils traversent l’entrĂ©e principale.

Afin que je sois en quelque sorte le prolongement de la main droite et du sourire du propriĂ©taire ou directeur de l’hĂŽtel, qui accueille «un ami cher», je pense que certains changements sont essentiels Ă  ma description de travail.

  • Je devrai travailler les heures les plus importantes de la semaine et les week-ends donc je rencontrerai autant d’invitĂ©s que possible…
  • Je pense qu’il est important de sortir de mon « costume de singe » et d’ĂȘtre habillĂ© comme « le bras droit et le visage amical du responsable de l’hĂŽtel…
  • Il est important que je sois autorisĂ© Ă  ne pas accepter de pourboires. Vous ne donnez pas de pourboires Ă  un ami ! Pour cela, mon travail doit ĂȘtre dissociĂ© des Bell-boys… qui eux ont rĂ©ellement besoin et mĂ©ritent les pourboires.
  • Selon cette dissociation… mais aussi selon ma fonction, mon Ăąge, mes besoins, mon expĂ©rience et mon engagement, il est logique que mon salaire corresponde. Il devrait me permettre de louer au moins un petit appartement proche de mon travail pour pouvoir venir facilement en cas de besoin.

J’ai excellĂ© dans tous les emplois que j’ai occupĂ©s par le passĂ©. Je connais ma valeur. L’hĂŽtel ne peut pas payer ce que je vaux. MĂȘme certains de mes collĂšgues pensent que je suis bien trop qualifiĂ© pour ce que je fais.

Mais, j’aime ce que je fais, j’aime mes collĂšgues, j’aime la façon simple dont j’ai obtenu le travail… et j’aime le dĂ©fi de contribuer aux clients qui souhaitent revenir dans cet hĂŽtel une prochaine fois.

Et je ne pense pas que je suis rĂ©ellement surqualifiĂ©. Je pense que ce poste a besoin de quelqu’un avec mes compĂ©tences et mon expĂ©rience. Le Major-domos ou MaĂźtre d’HĂŽtel n’est pas un Bell-boy. Il travaille directement pour le propriĂ©taire et doit avoir le statut et les avantages qui correspondent Ă  ce poste.

Je sais comment les choses se passent. MĂȘme si ce n’est pas mon souhait. Mais pour le moment, mon travail ne rĂ©pond pas Ă  mes besoins minimaux. Cela me rend ouvert Ă  d’autres propositions. TrĂšs bientĂŽt, quelqu’un pourrait bien me faire une proposition que je serais dans l’obligation d’accepter si je veux pouvoir survivre financiĂšrement en IsraĂ«l. C’est Ă  l’hĂŽtel de dĂ©cider s’il veut ou non me garder…

Bien sĂ»r, au besoin tu peux partager ce message…

Shabbat shalom… »

∞💜∞

Traduisez si vous le pouvez… Vous serez peut-ĂȘtre surpris !
Moi, ça me donne des frissons à chaque écoute.
Ci-dessous, la version d’origine avec les paroles…

 

10 commentaires sur « Je suis ce que je suis »

  1. Ouah Ă©crire cela, j’en suis admirative, jalouse mĂȘme ! C’est toi qui a raison, bravo belles journĂ©es.
    Quoique je peux me fĂ©liciter d’avoir Ă©crit un texte et une lettre Ă  mes parents via la toile en changeant les noms pour ne pas avoir de commentaires trop durs et j’ai oser grĂące Ă  la proposition d’un ami alors je peux dire que je suis loin trĂšs loin de toi mais que j’y conduis mon petit brin de vie, de femme sur ce chemin NamastĂ© de me montrer qu’oser ainsi l’Ă©crit pour exprimer notre intĂ©rieur est important alors grand grand Merci

    Aimé par 1 personne

  2. Merci, MichaĂ«l, encore une fois !…
    J’admire la façon dont tu joues la partition de ta vie,
    Ă  moins que tu n’en Ă©crives (dĂ©couvres ?) la musique au fur et Ă  mesure.
    J’adore ton histoire,
    tous ces mots que tu Ă©cris
    et qui résonnent si fort en moi,
    qui m’inspirent
    Ă  aimer ma propre histoire !!
    Hugh chaleureux, Isabelle

    Aimé par 2 personnes

  3. On attend la rĂ©ponse avec interĂȘt !!..
    Mais si la fonction apporte une plus value pour l’hotel, ils devaient acceder a ta demande somme toute legitime..

    Aimé par 1 personne

    1. C’est environ 7 euros de l’heure… le minimum salaire… et je peux me dĂ©brouiller avec ça. Mais pour vivre “normalement” faudrait le double… Heureusement que je ne sois pas normal ! 😉

      J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icÎne pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez Ă  l’aide de votre compte WordPress.com. DĂ©connexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez Ă  l’aide de votre compte Google. DĂ©connexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez Ă  l’aide de votre compte Twitter. DĂ©connexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez Ă  l’aide de votre compte Facebook. DĂ©connexion /  Changer )

Connexion Ă  %s