Colère ou peur

Wijk aan Zee, Pays-Bas 🇳🇱

Quand je me suis assis pour méditer sur mon histoire avec mon père, je commençais spontanément à vous parler. Alors, je me suis levé, j’ai pris mon ordi sur les genoux et je continues ma méditation par écrit. Je reprends donc… J’étais en train de vous dire dans ma tête que dans mon coeur, dans le coeur de mon enfant intérieur, j’ai toujours aimé mon père, mon papa, et que je l’aimerai quoi qui arrive. 😍

Dans mon scénario de vie, à chaque contact avec cet homme je me suis fait mal. Depuis que je m’en souvienne… Des trahisons, des rejets, des injustices, des abandons et des humiliations s’enchainaient sans relâche. De ma fenêtre d’aujourd’hui, rétrospectivement, je vois une histoire où je me suis senti manipulé en permanence. C’est seulement quand j’ai appliqué mon propre processus de deuil en 2004 que les choses se sont calmées un peu. 😌

Après ce beau travail, notre relation s’est clairement améliorée pendant plusieurs années. Je ne le voyais plus de la même manière. Je ne voyais que ce jeune homme qui avait vécu l’holocauste et qui avait perdu son père trop tôt… Ce père, qui était un héros (Anne Franck venait acheter ses glaces chez lui avant la guerre) l’avait laissé avec une mère et une soeur dures et manipulatrices. Alors, il est parti vivre loin, en Israël… forcé de se marier avec une femme qu’il n’aimait peut-être pas suffisamment, ma mère. 🤨

Toute sa vie il a essayé de sortir de l’ombre de son père et de l’emprise de sa mère… sans jamais y arriver. Il a contracté des maladies graves qui racontent silencieusement l’histoire de ses souffrances… au-delà de sa capacité de l’exprimer avec des mots. Mon enfant intérieur voit chez lui ce petit garçon blessé. Mon propre enfant blessé s’est heurté toute sa vie, encore et encore, à la carapace que mon père a construit pour ne plus avoir mal. ☺️

Mon enfant intérieur sait que son père est toujours resté quelque part ce garçon doux… qui au fil du temps a perdu toute possibilité de se montrer dans sa vulnérabilité. Une partie de moi le perçoit encore aujourd’hui comme ça. Mon enfant blessé, par contre, cherche comment vivre avec tout ce qu’il n’a pas eu, avec la violence qu’il a reçu… et il cherche comment accepter ce qui ne peut plus être changé, afin de profiter du peu de temps qui lui reste. 😌

Jusque peu c’était plus facile de vivre avec mon histoire. Après le clash décisif que j’ai vécu avec lui il y a environ 7 ans, ma puissance d’homme libre grandissait de jour en jour et j’ai fini par accepter le prix de cette liberté… qui était la perte de tout ce que j’avais, dont mon père ! J’avais gardé mon honneur car j’ai tenté à deux reprises de renouer avec lui. Je me suis fait jeté violemment et malgré ça j’ai su garder mon coeur ouvert, juste au cas où… 😏

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Son retour est un miracle. Ceux qui le connaissent et qui connaissent notre relation l’ont confirmé. Si je dépasse l’indignation de mon enfant blessé et le fait qu’il se sent encore un peu froissé, j’avoue que mon enfant intérieur est heureux de retrouver encore une fois son papa. Dans le regard de mon enfant intérieur il restera toujours l’homme bon… L’enfant blessé est touché encore une fois, parce qu’une fois de plus il n’a pas été entendu mais se trouve au garde à vous, comme toujours, parce que l’autre en a décidé ainsi. 🤨

Un peu d’orgueil… certainement. Alimenté par un peu de colère… absolument. Mais, quand je gratte un peu, je me rends compte que ce n’est pas de la vraie colère. C’est plutôt quelque chose de l’ordre d’une défense active… par peur… pour éviter de souffrir encore une fois. Je le sens. Je sens mon envie d’ouvrir grand mon coeur, mes bras et ma porte. Mais, je me souviens bien de mon histoire, alors ma peur me garde sur le qui vive… d’une manière défensive et fermée. Je me rends compte que je fais comme lui, en fait. 😅

En écrivant tout ça, je sens ma fatigue… je sens la lutte désespérée de l’enfant blessé au fond de moi… celle qu’il ne peut pas gagner. Il tourne en rond, encore et encore, sans trouver la sortie. J’entends aussi la voix de mon enfant intérieur, celle qui est pur Amour et qui me dit avec des larmes aux yeux : « Lâche mon chéri, lâche… tout va bien se passer… aie confiance, une fois de plus… ». ❤️

Et bien sûr je vais lâcher. Comment en vouloir à cet homme… comme en vouloir à qui que ce soit, d’ailleurs… sachant que chacun d’entre nous n’est que l’amalgame, le fruit d’une histoire traumatisante. J’ai su dépasser cet état avec d’autres… alors, pourquoi ne pas y arriver avec lui. Certes, avec lui c’est peut-être le plus difficile, mais je me suis bien entrainé depuis toutes ces années. 😍

C’est vrai… je n’en veux plus à personne… et dieu sait par où je suis passé. Si j’évite encore par-ci ou par-là quelqu’un, c’est seulement parce que la douleur de leur perte fait encore un peu mal et je trouve que moi aussi, j’ai assez souffert. Alors, je garde mes distances avec ceux qui me rappellent encore trop fortement mes douleurs du passé. Je suis tellement sensible, alors, j’espère que ça s’arrangera avec le temps. ⏳

Je vous souhaite une journée lumineuse ☀️☀️☀️☀️☀️☀️

6 réponses

  1. Merci Michael, tes paroles en écho avec ce que je ressens de mon enfant intérieur et de mon enfant blessé, la résonance qui a fait couler mes larmes, merci, conscience de cheminer avec la légèreté et la lourdeur en même temps, la conscience de la lourdeur en moi me donne plus de liberté dans la légèreté, me permet de faire des choix plus aisés et assurés :-). Chaleureusement

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  2. Isabelle

    Je me sens moins seule quand je te lis.

    Ces échanges entre l’enfant blessé et l’enfant intérieur, la sensation de tourner en rond, la terreur de lâcher, les crispations sur le passé… C’est familier en moi.
    Et si je sais que c’est en gardant mon coeur ouvert que je vais trouver le chemin, je me sens encore dans une espèce de salle d’attente, de SAS de décompression.

    J’entrevois un chemin au fil de tes partages, et c’est bon. Merci.

    Belle journée à toi Michael

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  3. Alain

    Bonsoir Michaël,
    J’ai participé à un groupe de prière ce soir.
    J’avais très envie de voir la demi-finale de football, mais j’ai fait un autre choix.
    Une vieille dame a cité à un moment donné un certain David ayant eu cette parole : « Courez voir votre Père pour lui dire que vous l’aimez. »
    ça m’a personnellement touché.
    J’y ai associé par ailleurs cette parole de la parabole de l’enfant prodigue : « Mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie. »
    Bises.

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