Chofshi chodshi

Modi’in, Israël 🇮🇱

Chaque jour, j’essaie de mettre en place quelque chose qui m’approche un tout petit peu plus de la Vie Vivante… celle qui se cache derrière l’énorme écran de fumée que nous connaissons au quotidien. Ainsi, j’ai exploré hier l’école d’hébreu pour mon Ulpan à Tel-Aviv, j’ai fait savoir à ma sœur, Sigal, que j’étais en Israël depuis deux mois, puis je suis allé prendre des renseignements dans un magasin avant d’acheter éventuellement une trottinette électrique. 

Je n’attends pas de ma sœur qu’elle me réponde. Je pense seulement que c’est important qu’elle sache que je suis là. Concernant mon frère, ce n’est même pas la peine. C’est triste, mais le travail subtil que mon père a fait de les éloigner de moi a été très efficace ! Je pense qu’il a tellement été jaloux de notre amour qu’il a lentement mais sûrement envenimé notre relation en racontant des mensonges sur moi. Bien évidemment, qu’ils ont choisi pour lui de manière intégrale. Il m’a même exclu de son héritage… et peut-être que mon absence à ses funérailles a été la goutte qui a fait déborder la vase pour mon frère et ma soeur. Toutefois, mon cœur, mes bras, et ma porte resteront toujours ouverts pour ces deux êtres que j’aime énormément… Et qui sait, peut-être qu’un jour…

Fragments de ville… 

Comme j’étais de service seulement à partir de 13 heures, hier, j’en ai profité le matin tôt pour prendre le train vers Tel Aviv et visiter mon école potentielle d’Iwrieth (hébreu en hébreu). Il suffisait de rester deux arrêts de plus et de sortir un peu plus au nord de la ville, puis de marcher environ deux kilomètres en direction de la mer. C’était facile à trouver. L’école a certainement été fondée par des survivants amoureux du pays qui voulaient laisser un héritage.

J’ai traversé un jardin, croisé quelques étudiants et rapidement j’ai reconnu cette ambiance si typique pour des établissements d’étude. Rapidement, je me suis trouvé devant une secrétaire qui m’a aussitôt fait comprendre que ce n’était pas possible de m’accepter, puisque je ne vivais pas à Tel Aviv. Sachant qu’ici un NON n’en est pas nécessairement un, j’ai insisté un petit peu en disant que je travaille dans la ville. Elle est partie quelques instants et à son retour j’ai reçu la bonne nouvelle que j’allais être admis exceptionnellement. Il faut que j’y retourne dimanche pour mesurer mon niveau avec un test et pour lui donner le formulaire du ministère que je suis allé chercher ce matin en bus.

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Ulpan Gordon à Tel Aviv…

Je me sentais vraiment heureux de surfer de réussite en réussite sur la crête de ma vague. Avec cette sensation je me suis dirigé vers le sud, en direction de l’hôtel. Mais, j’étais beaucoup trop en avance. Comme je savais qu’il y avait un magasin de trottinettes électriques sur mon chemin, je l’ai inclus dans mon trajet. Même pas 20 minutes plus tard je discutais avec Mol, le jeune vendeur de la boutique, et quelques instants après j’étais en train de faire un tour d’essai sur un de ses bolides. C’était vraiment super agréable. Par contre, cette marque est relativement chère et l’engin qui me plaisait coûte 5700 shekels. C’est plus d’un mois de salaire. Alors j’ai traîné dans le magasin, négociant dans ma tête, et soudainement je me suis senti basculer dans ma folie et j’ai tendu ma carte bancaire à Mol, en lui disant que c’est elle qui allait décider. Si elle passe, ça passe… sinon, j’allais repartir à pied. 

Et, c’est ce qui s’est passé. Ma carte à une limite de 900 shekel (à diviser par quatre pour connaître à peu près le montant en euros)… et je suis reparti bredouille mais soulagé. J’ai failli me faire un cadeau luxueux de confort, mais perdre en même temps une certaine simplicité qui va avec l’absence de possessions. Je me suis dit qu’avec l’économie que je venais de faire, j’allais pouvoir prendre beaucoup de bus en plus et offrir un peu de répit à mes guiboles. Car, une des raisons pour lesquelles je marche autant c’est pour économiser un peu de shekels sur les trajets… puisque ça chiffre vite et fort !

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Quand j’ai partagé par la suite mes explorations avec un Ami Bellboy, il m’a dit que pour moins marcher il suffit que je prenne un abonnement mensuel. Sur quoi je lui  ai répondu que j’en avais cherché auparavant, mais que les gens derrière les guichets m’ont systématiquement dit qu’une telle chose n’existait pas pour mon trajet. Il a fait une recherche rapide sur internet, m’a montré le résultat, pris ma carte Rav-Kav et ma carte bancaire et s’en est allé dans un petit magasin en face de l’hôtel. Quelques minutes plus tard j’avais un abonnement « Chofshi-Chodshi » de 300 shekel me permettant de voyager pendant un mois (Chodshi) de manière illimité (Chofshi), en bus et en train, dans la zone entre Modi’in et Tel Aviv (tout ce qui est en bleu, noir et vert sur la petite carte ci-dessus). C’est à peu près la moitié de ce que j’ai dépensé le mois dernier…

Quand hier soir, après mon service, vers 21 heures, je suis entrée dans mon 16, puis mon 111… que j’ai mis ma carte sur la machine à côté du conducteur… que j’ai vu la loupiote verte s’allumer… et qu’il m’a fait signe que je pouvais m’assoir, sans me donner de ticket… je me sentais vraiment comme un voyageur de bus professionnel ! Ce matin, comme un vrai juif, j’en ai profité et j’ai commencé à faire chauffer ma carte. Je suis donc allé à Ramla pour récupérer mon document. Comme mon application Moovit avait mal compris mes instructions, je me suis effectivement trouvé dans une rue Herzl, mais dans la mauvaise ville… J’étais à Lod ! 

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Sur l’écran de mon iPhone s’affiche maintenant aussi la date selon le calendrier hébraïque.
Le 5 février 2020 correspond au 10 chevat 5780… Rigolo non ?

Heureusement que ce n’était pas bien loin de Ramla, qu’il y avait un bus tout près et que je prends toujours une marge de sécurité énorme. Du coup, au lieu d’avoir 45 minutes d’avance, j’en avais seulement 10 de retard. Toutefois, ça n’a aucunement affecté la gentillesse de la jeune fonctionnaire du bureau d’absorption, qui m’a en quelques instants donné ce dont j’avais besoin. En partant, elle m’a gentiment suggéré que c’était peut-être une bonne idée de me lancer dans mon métier de coeur… l’accompagnement donc. Elle n’est pas la première à me le dire et je garde mes antennes ouvertes pour guetter une opportunité ou une piste. Qui sait…

En attendant, je joue à créer un contact avec ceux que je croise un peu partout. Ce n’est pas évident, car je trouve beaucoup de gens ici assez fermés, pressés, suspicieux et parfois même violents. Quand je regarde quelqu’un dans les yeux, que je souris et que parfois je lui souhaite « bon matin » ou « bon jour », une partie des gens m’ignorent. Comme il y a toujours quelques personnes qui répondent à mes « avances », je ne lâche pas mon défi. La Vie est tellement belle… et je trouve qu’un peu de douceur humaine entre inconnus ne peut qu’améliorer la qualité de vie pendant quelques instants. En plus, c’est tellement bon de sentir un petit moment de complicité. Ça me nourrit quelque part… et ça nous relie certainement quelque part aussi. Okay, je ne me sens pas pour autant prêt à faire des « free hugs » dans les rues de Tel Aviv, mais qui sait… peut-être un jour. 

∞💜∞

2 réponses

  1. Alain

    J’ai hésité à acheter une trottinette et j’ai finalement pris un vélo.
    Je m’en suis servi quelques mois pour aller au boulot, ça m’a fait du bien.
    Sur mon nouveau lieu de vie il n’y a pas de piste cyclable donc je vais au boulot en fourgon car à vélo c’est trop dangereux.
    Si je pouvais obtenir un « super pouvoir », je choisirais la téléportation 🙂

    Aimé par 1 personne

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