Comme un pingouin ~ Like a penguin

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Netanya, Israël 🇮🇱 

Pour mieux comprendre le titre de cette page de mon journal, il suffit de regarder la série Atypical. C’est à la fin de la 6ème épisode de la 3ème saison que vous trouverez la réponse. C’est là où l’émotion qui m’a pris m’a permis de mieux comprendre où j’en suis dans mon processus. J’adore ce feuilleton qui raconte l’histoire d’un jeune garçon autiste qui parle sans filtres. Il dit au premier degré ce qu’il pense, sans enrober, sans anticiper, sans humour, sans mentir… J’aime m’identifier à lui et j’avoue que j’apprends des choses.

Dans mon texte de hier, « Tant de regrets », je ne suis pas allé jusqu’au bout de ma réflexion. Ça m’arrive régulièrement. J’ai souvent une idée dans la tête, mais une fois devant l’écran, dans la spontanéité du moment, j’écris autre chose ou j’oublie des morceaux, parfois même essentiels. Et, c’est okay ! Ne pas être parfait et laisser des erreurs fait partie de mon naturel, de qui je suis vraiment. Ce qui est considéré parfait est la plupart du temps un concept conditionné de notre société, qui fait plus de mal que de bien…

Hier j’ai parlé de ma honte, de ma culpabilité et de mes regrets… En me relisant je me suis souvenu de tous les trahisons, abandons, rejets, humiliations et injustices que j’ai pu vivre… J’ai pensé à toutes les agressions physiques et psychiques que j’ai subi… Je me suis rappelé de tout ceux qui m’ont jugé, puni, haï, exclu, jeté des mauvais sorts et même maudit… alors, que j’ai passé quasiment ma vie entière à aider les gens… maladroit peut-être parfois, mais quand-même. On dit souvent que les meilleurs thérapeutes sont ceux qui ont le plus souffert. Ça explique pourquoi je suis le meilleur ! 😉 

Quand un animal se trouve en danger, son cerveau reptilien prend le dessus. Généralement nous entendons parler de deux réflexes de survie primitifs « run or fight »… se sauver ou se battre. Avec le temps, j’ai appris qu’il y en a deux autres, « freeze and hide »…  se figer et se cacher. C’est ainsi que je vis mon insécurité dans notre monde de brutes. Je n’ai plus envie de me battre, ni de m’enfuir, ni de prouver quoi que ce soit. Si quelqu’un veut rester con ou foncer dans le mur, ce n’est pas mon problème… même si c’est l’humanité entière qui en est là. J’ai quelque chose à partager et à enseigner… mais je n’ai pas envie, ni l’énergie pour aller convaincre un auditoire de m’écouter…

Bon, si je reste tant seul et à l’intérieur, il est clair que c’est pour vivre tranquillement mes réparations, intégrer mes acquis, laisser partir les scories de mon passé, apprendre à être en paix et confortable avec moi-m’aime… et pour me préparer à la suite de mon histoire. En même temps, je vois bien que c’est aussi une manière de me protéger contre les agressions quotidiennes humaines. Je suis un empathe et hypersensible… avec certainement une bonne dose d’autisme. Les autistes ne sont pour moi rien d’autres que des personnes hypersensibles qui se coupent du monde pour s’en protéger. Bon, je ne me coupe pas vraiment du monde, puisque je suis conscient que c’est mon terrain d’évolution… mais je me protège contre la violence physique et verbale du quotidien en me figeant et en me cachant là où je me trouve…

C’est important de le dire, de me le dire… parce que c’est vrai… au moins partiellement. A mon avis, la réalité sensorielle n’est pas noir ou blanc, mais une panoplie de nuances et de couleurs. Mieux je me connais, plus précis je peux être me concernant. Je suis déjà très fier de moi, puisque je pense me connaitre vraiment bien… de mieux en mieux en tout cas. En plus, j’arrive à verbaliser ce que je sens, ce que je perçois, ce que je suis, ce que je vis, où j’en suis et ce qui se passe à l’intérieur de moi. Ce n’est pas évident du tout.

Je vois bien d’où je viens et à quel point ça a été difficile pour moi quand j’étais plus jeune. D’ailleurs, je vois bien que la plupart des gens ont la même difficulté de parler d’eux-mêmes, de ce qu’ils sentent ou de leurs émotions. C’est comme s’ils étaient amputés d’un organe essentiel, celui qui leur permet de se connecter à leur essence et d’entendre le besoin de leur enfant intérieur…

Les pingouins vivent dans un milieu très austère et hostile. Pour survivre ils ont besoin du groupe. Seulement 1 sur 5 semble atteindre l’âge d’adulte. Leur essence se trouve à mon avis dans leur aptitude à lutter et à ne pas partir, à ne pas abandonner. Et ça aussi c’est moi. Je lutte pour ma survie depuis tellement longtemps… et même si parfois je manque de force, d’énergie, de motivation ou de courage… en fin de compte, je n’abandonne jamais. Le monde avec sa violence est mon Antarctique. Ce qui est rigolo est que chez les manchots, ce sont les mâles qui couvent les oeufs… Je me demande si l’oeuf que je couve va éclore un jour… 

Je nous souhaite une délicieuse journée de plus… ∞❤️∞ 

Patientez un peu pour trouver le swing…