Le bon moment ~ The good moment

🇬🇧To translate my article to your language, copy the French text, click on this link and paste it in the Google translator that opens…

Michael à Fort-de-France, Martinique 🇲🇶

Quand j’étais jeune, ma mère me disait souvent : « Ce que tu as dans la tête, tu ne l’as pas dans le cul ! » La phrase faisait un peu moins grossier quand elle le disait, puisque elle remplaçait le mot « cul » par son équivalent en jiddish-hébreu, « tochus ». Et c’était vrai, quand je voulais quelque chose, il me le fallait tout de suite. Comme je ne recevais pas d’argent de poche, j’ai commencé à travailler déjà à 13 ans, quand j’étais encore au lycée. J’ai commencé avec ma propre affaire de lavage de voiture à domicile avec laquelle je gagnais beaucoup d’argent pour un garçon de mon âge. J’avais une trentaine de clients, dont certains m’attendaient systématiquement chaque samedi et d’autres j’appelais le vendredi soir pour prendre rendez-vous. A la fin d’une journée de dur labeur, je rentrais à la maison avec à peu près 40 florins, l’équivalent d’environ 20 euros. Selon un calculateur d’inflation sur internet cela correspondrait aujourd’hui à 170 euros.

Je pouvais m’acheter quasiment tout ce que je voulais. Alors, je mettais la majeure partie de mes recettes de côté pour pouvoir m’acheter mes multiples vélos et, bien évidemment, mon premier vélomoteur dès que j’allais avoir 16 ans… et ma véritable moto plus tard à 18. Comme je mangeais beaucoup, je m’achetais presque tous les jours des frites et des croquettes (une délice croquante hollandaise farcie au ragoût) pendant mes pauses-repas à l’école. Je me souviens encore du supplice de l’attente entre mes 15 et 16 ans, puis plus tard entre mes 17 et 18 ans, pour avoir l’âge adéquat et pouvoir rouler enfin en vélomoteur et en moto. C’était une vraie souffrance. J’étais tellement impatient que la veille de mon anniversaire de 18 ans, le fils du concessionnaire m’a ramené chez moi, derrière sur ma propre moto, afin que je puisse monter dessus légalement, mais seul, le lendemain.

La patience n’était vraiment pas mon fort. Tout ce que j’ai acquis dans ma jeunesse était grâce à ma force et mon endurance physiques, soutenues par une volonté et une motivation très développées. Je ne savais pas mieux. Je ne savais pas que tout venait en réalité de mon ego et que les ressources de ma petite personne étaient en fait très très limitées. J’étais fort comme un boeuf quand j’ai eu mon premier lumbago à 18 ans. Tout le monde me connaissait comme quelqu’un de fort, souple, habile et très performant en tant qu’athlète. Ce premier lumbago était une première manifestation précurseur de toute un processus par où la Vie m’a fait passer pour casser ma volonté personnelle egotique. J’avais la tête dure et pour comprendre, il m’a fallu beaucoup de maladies, de séparations, des pertes… et de temps.

Ce ne sont pas les miens. J’avais les premiers de leur série. Ils semblent toujours rouler !

J’ai appris par la manière dure que la Vie Elle-même avait une volonté et des projets pour moi et qu’il valait mieux que je cesse de résister et que je me fasse à l’idée qu’Elle savait mieux que moi ce dont j’avais réellement besoin. Au fur et à mesure que je comprenais et que j’intégrais cette leçon primordiale, les choses s’amélioraient. Les maladies disparaissaient progressivement, la qualité de mes relations s’amélioraient, l’argent rentrait plus facilement et ma vie devenait plus belle. L’apprentissage m’a pris des années ! Comme je l’ai déjà dit hier, je n’ai aucune mérite quant à l’homme que je suis devenu. J’ai juste cherché à éviter les coups de bâtons que je recevais dès que je laissais trop de place à la volonté de mon ego… avec ses peurs, son besoin de pouvoir, ses réactions basées sur les blessures et ses multiples identifications illusoires dont il avait besoin pour exister. Je me suis laissé dompter par la Vie comme un petit chien par son maitre !

Pourtant, je ne suis pas devenu un « toutou » comme on aurait pu le croire. C’est justement tout le contraire ce qui s’est passé. En perdant les « qualités » de mon ego, ma véritable identité a pu émerger. Au fur et à mesure que mon ego lâchait sa structure conditionnée, quelque chose de plus doux, de plus paisible, de plus naturel et de plus évident pouvait retrouver sa place en moi. Certes, je n’ai pas la Vie dont j’ai rêvais quand j’étais plus jeune… mais je ne troquerais pour rien au monde la conscience, la paix, la foi, ni la puissance que j’ai acquis à la place. Je n’ai plus besoin de forcer quoi que ce soit, ni même de faire vraiment un effort quelconque… je n’ai qu’à suivre un espèce de fil rouge que la Vie me tend discrètement devant mes sens multiples… et faire confiance.

Je peux encore parfois sentir les rudiments de mon impatience. Je ne sais pas si c’est de la sagesse, mais j’ai fini par comprendre qu’il a un moment parfait pour chaque action et chaque élan. Il suffit de laisser la place au temps et utiliser cette espace pour observer les signes multiples que la Vie nous envoie. Quand une chose est adéquate, il y a un moment qui s’impose par lui-même… même parfois après une très longue attente-écoute. Je n’ai pas besoin de décider avec ma volonté à moi. En fonction des engagements déjà existants, de ma disponibilité, de mon état, de l’état de mes interlocuteurs et d’autres paramètres plus ou moins subtils, si je jongle comme il faut, chaque chose trouve sa place parfaite sur la ligne du temps. De laisser le temps au temps, de laisser le temps à la Vie crée un espèce d’harmonie où le bon moment se trouve automatiquement en convergence avec le bon endroit, les bonnes rencontres, les ressources nécessaires et les circonstances parfaites. Mais, attention… laisser ainsi la place à la Vie, ne donne pas nécessairement les résultats attendus !!!

Je nous souhaite une belle et lente journée… ∞❤️∞ 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s