Quand un enfant dit NON

Le Chesnay-Rocquencourt (78), France 🇫🇷 

Je suis assez content de moi au niveau de ma sociabilité. Mon défi était de n’avoir aucune exigence envers les autres et de rester tranquille parmi ceux qui m’entouraient. Rien de mieux que les fêtes pour s’entraîner. Là, j’étais dans la famille de V et hier nous étions carrément très nombreux. Je suis allée au-delà de mon défi et j’ai même essayé d’établir des contacts en m’intéressant à la vie des autres. Ceux qui me connaissent bien savent que j’utilise ce que je vois chez les autres pour savoir où j’en suis moi-même. Les qualités des autres sont les miennes… leurs défauts sont ceux sur lesquels je dois m’améliorer… et les conseils que je leur donne silencieusement dans ma tête s’appliquent à moi. Alors, je ne m’arrête pas aux banalités qu’on peut me raconter et le manque de curiosité à mon égard ne me dérange pas du tout. 👀 

J’ai donc beaucoup écouté et peu parlé. Il y avait 6 couples et j’avais ainsi assez de matériel pour étudier le mien. J’ai vu les profils de blessures de chacun et l’impact que cela avait sur les couples. J’ai vu la tendance familiale qui a formé le moule et qui a déterminé la tendance relationnelle tribale. Rien ne m’a vraiment dérangé ou choqué. Je n’étais pas là pour aider ou juger qui que ce soit. Je comprends que chacun fait de son mieux avec ce qu’il a et cela m’attriste seulement un peu de voir que les schémas pathologiques que l’on retrouve partout dans notre société sont considérés comme normaux. Parfois, quand je sentais que je m’égarais un peu et que je me sentais un peu seule, je prenais mon iPad, m’installais dans la chambre que nous avions pour la nuit et avançais un peu dans la série que j’avais choisie. pour l’occasion. 🎥

J’ai passé un très bon moment et les plats proposés étaient originaux et délicieux. Je trouve drôle de voir comment chaque famille a ses rituels, ses habitudes, ses querelles redondantes, puis une ambiance particulière qui les définit dès qu’elle se réunit. Je me sentais plutôt discrète et anonyme… et cela me convenait très bien. C’était juste à un moment très précis où je me sentais en difficulté. C’était quand un petit garçon a été forcé par son père, sa mère et son oncle de partager ses jouets avec ses cousins. Avec mon hypersensibilité, j’ai ressenti l’injustice et le rejet que vivait l’enfant à ce moment-là… et j’ai eu du mal à me contenir. Je me suis vu réagir dans ma barbe vis-à-vis du père qui était assis juste à côté de moi. Sous le prétexte que l’enfant devait apprendre à partager, je voyais imposer une règle qui n’avait pas de sens. Je n’ai pas insisté et je me suis rapidement éloigné de la scène. 📐

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Françoise Dolto a écrit quelque part qu’un adulte qui sait écouter un enfant est un être éclairé. Pour moi, le NON d’un enfant doit être entendu, si on veut qu’il se sente en sécurité. S’il sent que son NON n’a aucun effet, de mon point de vue, il devient plus facilement sujet à la violence de ses camarades et des adultes mal intentionnés. Certes, le parent a pour rôle de discerner si le NON est un vrai NON ou si l’enfant cherche juste à contester l’autorité parentale. Certains pourraient dire que je n’ai pas d’enfants et que je n’ai pas mon mot à dire. Je répondrais que c’est peut-être vrai, mais que je me souviens très bien de mon enfance à moi, où mon NON n’a pas été entendu. J’ai subi des violences, des attouchements et même un viol… et encore aujourd’hui mon positionnement n’est entendu que par ceux qui me voient vraiment. D’ailleurs, j’ai une pathologie typique pour ceux qui en ont eu ainsi « plein les gencives » de cette manière… mes gencives se sont carrément rétractées ! 🦷

Je suis un partisan des enfants et c’est facile de me faire sortir de mes gonds. Il suffit de les blesser devant mes yeux et je pars au quart de tour. Je n’en veux pas aux parents. Je vois bien d’où vient ce besoin d’éduquer. Tout le monde le fait. Sous prétexte de leur apprendre l’essentiel, avec leur amour parental influencé par les blessures, ils détruisent sans se rendre compte l’originalité et le naturel de leur progéniture. Pour moi, l’éducation ne devrait même pas exister. Pour moi, le chemin de l’être humain est un cheminement initiatique. Au lieu de forcer un enfant à s’adapter, le parent devrait l’aider à trouver et à former sa particularité. Certes, cela est quasiment impossible dans notre société. Les normes et valeurs originelles ont cédé la place à un lavage de cerveau collectif qui façonne l’enfant, afin qu’il puisse entrer sans déranger dans la masse des moutons. 🐑 

Cela m’attriste de voir comment les parents, eux-mêmes débordés par les obligations et la productivité, cherchent dès la naissance à changer le naturel et l’innée d’un bébé. Je pense à ceux qui trouvent qu’un bébé doit dormir seul dans son lit… qu’il doit manger aux heures qui leur conviennent… qui remplacent trop vite le sein par le biberon… qui obligent les enfants à manger à leur goût, puis de la manière et à la vitesse qui leur conviennent… qui décident trop longtemps de ce que l’enfant doit porter, dire ou faire… qui obligent les enfants à dire bonjour et au revoir… et ainsi de suite. Je vois constamment comment les parents enseignent leurs structures, valeurs, priorités, croyances et vérités inadéquats aux enfants. Ainsi, ils transmettent tout simplement leurs incapacités, leurs incompétences et leur étroitesse d’esprit. Pour moi, ce ne sont pas les maladies qui se transmettent… mais l’incapacité à vivre son présent… qui lui crée les pathologies indiquant à quel point quelqu’un est à côté de soi-m’aime.😷

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Dans l’autre sens ça marche aussi. Le mouvement néo-spirituel crée depuis une vingtaine d’années des enfants qui ne connaissent pas de limites. Il y a ainsi tout un flot d’enfants gâtés-pourris. L’éducation reste toujours une éducation, même si elle est alternative, et manque par définition l’intelligence du cœur. La transmission doit se faire par l’exemple, alors qu’aujourd’hui les parents fonctionnent de mon point de vue plutôt en mode : faites ce que je vous dis, mais ne faites pas ce que je fais ! A mon avis, les ancêtres de notre culture ancestrale, au temps de sa gloire, pratiquaient la transmission en donnant l’exemple et appliquaient naturellement la notion de respect, qui induisait les limites naturelles de chacun. A mon avis, pendant quelques temps, nos premières tribus ont vécu la connexion avec le Vivant de manière simple et directe. Ils ne connaissaient pas la pression de la société… qui n’est que le résultat d’un manque de lien durable avec le Vivant. 🙏 

Personnellement, je pense que le processus de dénaturalisation humaine dure déjà depuis trop longtemps. Même nos référents et nos spécialistes comportementaux, psychologiques et spirituels ne sont que les représentants, porteurs d’un référentiel inadéquat et formés par une société malade. Il n’y a presque personne qui entend la détresse de l’enfant ou qui comprend d’où vient la véritable détresse des adultes… qui finissent ainsi la plus part du temps dans les asiles. Une personne en bonne santé dans une société malade est considérée comme malade, et même dangereuse. Personnellement, j’ai très peu d’espoir que cela puisse encore changer. De ma fenêtre, je vois que les gens sont sincères, mais qu’ils ont simplement oublié comment discerner. Ils savent tous le faire selon le mode de la dualité, c’est-à-dire à partir de leur ego et de leur savoir conditionné… donc, entre le bien et le mal, le bon et le mauvais, le beau et le laid, le vrai et le faux… et dès que quelque chose ne tourne pas rond, ils cherchent un coupable. 👨‍⚖️ 

Je connais peu de gens, presque personne à vrai dire, qui se voient objectivement… qui entendent encore le langage du Vivant à travers tout, comme nos ancêtres… qui savent discerner entre le désir de leur ego et le besoin de l’Être… qui savent encore apprendre et se laisser guider par la Grande Vie. Non, mon constat est plutôt triste. Tout s’est figé grâce à nos parents attentionnés, qui ont tué notre élan naturel au berceau, avant même qu’il ne puisse éclore. Je l’ai déjà dit… et je sais que c’est difficile à entendre… mais le plus beau cadeau que ma mère a pu me faire, même si elle était ma meilleure amie, c’était de mourir quand j’étais encore jeune. Malgré cela, il m’a fallu 30 ans de thérapie et 45 ans de cheminement psycho-spirituel pour me libérer de l’héritage humain, judaïque, familial, ancestral et sociétal qu’elle m’a légué. Mmmm…🤔

Je vous souhaite de belles fêtes de fin d’année… où que vous soyez… ∞❤️∞ 

6 commentaires sur « Quand un enfant dit NON »

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