Pas simple d’être ami avec moi

Allonnes (72), France 🇫🇷

Pas simple pour certains, impossible pour d’autres… déroutant pour moi. J’en ai encore quelques uns, et encore… rien est fixe, rien est stable pour moi dans ce domaine. Aujourd’hui je partage ce que je vis au quotidien avec 1 ou 2 personnes de mon entourage. Mais je suis très conscient que ma vie change tellement vite que dans quelques mois ils auront peut-être quitté la scène que nous partageons pour le moment. 🤔 Le constat est simple. Le nombre d’amis a diminué avec ma liberté grandissante. Ce phénomène s’explique facilement si je compare l’amitié à la relation amoureuse. Pour moi, les deux sont des expressions plus ou moins forte de la dépendance. J’ai besoin de quelqu’un, alors je vais faire un effort pour maintenir le lien. 😔

Ca a l’air froid et calculé. Peut-être… Je ne pense pas que le mécanisme est conscient. Disons, maintenant il l’est, chez moi. Toutefois que cela soit privé ou dans les affaires, peu importe, je me rends compte que moins j’ai besoin de quelqu’un, moins je vais l’apprécier et faire un effort pour lui plaire. 👨‍👦‍👦

Et il y a tellement eu des choses dont j’avais besoin. De l’aide pour réussir, des conseils, un partenaire pro parce que je ne croyais pas assez en mes capacités, une compagne pour combler mon vide existentiel, des copains pour avoir des repères et savoir comment me comporter, des amis pour exister, pour me définir ou pour ne pas me trouver tout seul, des femmes pour le sexe et pour me rassurer en tant qu’homme, etc. 🤪

Si je suis honnête, je ne vois personne qui est passé dans ma vie sans qu’il y avait quelque part une intéressement de ma part. Comme je l’ai déjà dit, ça sonne froid… mais je pense que c’est un mécanisme que nous subissons tous, sans nous rendre compte. Dès que je vois une relation, un lien entre des gens, je vois très bien ce qui les motive pour se rapprocher l’un de l’autre. 😅

Pas de jugement de ma part. Bien évidemment ! Le mécanisme est normal et fait de mon point de vue partie du processus de vie, du cheminement « Alchimique ». Pour aller vers le UN, vers ma souveraineté, il fallait bien que je commence par le DEUX et en occurence la dépendance. D’ailleurs, sans ce lien de dépendance ou interdépendance, je pense que beaucoup d’entre nous n’auraient pas survécu aux périples de leur vie. Que cela soit pour des raisons matérielles ou affectives. 😏

Au fur et à mesure que ma liberté est devenue réelle ces deux dernières années, j’ai vu ma motivation d’entretenir des liens avec des gens, des lieux, des occupations, des choses ou des idéologies diminuer et même disparaitre. Ma liberté semble m’avoir rendu plus autonome et du coup je m’accroche moins à ce qui m’entoure.

J’ai remarqué aussi que mon “besoin” entretenait aussi un certain degré de manipulation de ma part. Logique, pour obtenir ce que je voulais, je faisais de mon mieux pour l’avoir et la négociation me connais bien. Rien de mal avec la dépendance, ni avec la manipulation. Je pense vraiment que nous le faisons tous tant que nous sommes encore dans un besoin quelconque. 😥

Aujourd’hui, ma liberté et l’absence de besoin qui en suit, fait que je n’ai plus envie de faire des compromis comme avant. Je n’ai plus envie de “payer un prix” pour le peu que je pourrais encore avoir envie d’obtenir. Mais quand je regarde bien et de manière honnête, même ceux qui sont dans ma vie aujourd’hui me “servent” quelque part… disons que leur présence me facilite le chemin pour aller là où j’ai envie d’aller. 😉

Et je ne pense pas que c’est facile pour ceux qui cherchent mon amitié. En fait, au fond il l’ont déjà car j’aime profondément les gens d’un amour vrai. Mais d’être avec quelqu’un comme moi, de partager simplement du temps ensemble ou juste passer un moment pour échanger, doit être très compliqué… car je ne joue plus le même jeu auquel j’ai joué pendant toute ma vie. De plus en plus je sens cette difficulté chez les gens de m’accepter et je garde volontairement une distance. 😤

Je me sens tellement différent que je me demande souvent si je suis normal. Je doute tout le temps et pense régulièrement que je me suis trompé de chemin. Pourtant, quand je retrace ma route du passée, considérant l’état d’être que j’avais à chaque instant, je ferais exactement les mêmes choix. Quoi qu’il en soit, il est clair que mon cheminement m’a procuré un cadre de référence différent de celui des autres. Du coup mes choix se font selon d’autres critères et mon chemin se trace autrement. 🤪

Mes comportements ne sont donc pas routiniers, linéaires ou prévisibles. J’occupe pleinement mon territoire et je ne laisse personne y entrer sans être invitée. Mes sujets de conversations sont très limités, car la seule chose qui m’intéresse encore est ce qui se passe pour moi ou pour l’autre… ce qu’il sent, ce qu’il vit à l’intérieur de lui. Les enseignements, l’étalage des connaissances, le sauvetage ou la moral ne m’intéressent vraiment plus. Des échanges sur le sport, la politique, la religion ou toute autre sujets source de passion et conflits me font carrément fuir.

Je ne fais donc plus de compromis et m’énerve facilement comme un enfant quand je me sens contrarié. Je vis les choses de manière très instinctive et peux aller ainsi d’un extrême à un autre. Je me laisse porter par les choses d’instant en instant et peux changer radicalement d’opinion ou positionnement. Je suis les signes, ce qui rends mes choix imprévisibles. Je m’approche des gens avec mes tripes et les quitte aussi facilement sur un simple coup de tête. Je sais très bien ce que je veux et où je veux aller et je sais également très bien ce que je ne veux pas. Quand je m’engage il y a grande chance que je respecte mon engagement, sinon je ne suis plus quelqu’un « sur qui on peut compter ». 🤨

Il est logique que je suis de plus en plus seul. Pourtant, je ne me suis jamais senti aussi puissant, autant Homme, aussi stable, heureux et en paix. Si seulement j’avais eu la conscience et les couilles quand j’avais 5 ans pour me positionner comme je le fais aujourd’hui… Mmmm… Impossible bien entendu. Ce qui me reste peut-être à faire est de partager ce que j’ai vécu et ce que je suis devenu en mentionnant surtout que ce que j’ai perdu n’est pas une perte et ce que j’ai acquis à sa place, n’a pas de prix ! 🙏

Pour être ami avec moi semble donc devenu quelque chose de très compliquée. Ceux qui ont malgré tout réussi ont quelques trucs en commun. Tout d’abord, ils m’aiment exactement tel que je suis et ne cherchent pas à me changer. Ensuite, même si peut-être ils ne me comprennent pas tout à fait, ils m’écoutent attentivement et ne me jugent pas. Ils arrivent aussi bien tous à rester à peu près dans leur territoire et ne me sollicitent quasiment pas en tant que père ou thérapeute. 🎅

Je vous souhaite une merveilleuse journée ❤💛💚💙💜🖤

14 réponses

  1. Brigitte.

    L’amitié disparait aussi lorsque les centres d’intérêt deviennent trop divergents. Mes amis de mon époque étudiante bossent dans des banques, des services qualité ou comptabilité. De mon côté, je touche à la spiritualité et au chamanisme. Ok les deux ne sont pas incompatibles puisque j’ai bien fait le « transfert » et qu’aujourd’hui j’apprends à mon fils et à programmer sur un langage informatique créé pour les enfants, je lui fais prendre de l’avance en maths. Je lui apprends aussi à méditer, et à utiliser des techniques d’apprentissage accéléré. Mais tout le monde n’est pas prêt à faire ce grand écart entre les « 2 mondes ». Mes amis de l’époque ne l’étaient pas quand nos chemins se sont séparés.
    Même si je deviens de plus en plus intolérante aussi pour certaines choses, j’ai tout de même appris à continuer à parler le langage « courant ». Mais finalement il ne reste que peu d’adultes « normaux » que j’accepte d’aller voir. Et finalement c’est très bien ainsi, cela évite d’avoir des « obligations » 😉
    Bises !

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  2. Alain

    J’aime bien ta lucidité et ta franchise 🙂
    Je sens par moments que je suis à la limite de basculer dans ce même état d’être et je me retiens encore par compromis « social ».

    Je partage partiellement ton avis sur les enseignements.
    Ce que l’on trouve dans le domaine du développement personnel, ou dans les sectes et religions classiques ne m’intéresse absolument plus non plus.
    Par contre j’aime bien garder à l’esprit, et étudier encore, certains enseignements anciens quand je sens que quelque chose en eux m’interpelle et est peut-être bon à prendre pour ma propre compréhension de ce que je vis.
    Il y a des choses intéressantes par exemple dans l’Évangile selon Thomas qui traite notamment du thème de l’Androgyne.
    J’ai trouvé aussi très instructif dernièrement « Le démon de Socrate » de Plutarque.
    Je suis convaincu que la Dragon que nous expérimentons est expliqué dans certains textes anciens et que les redécouvrir serait comme redécouvrir ce fameux trésor perdu.

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  3. Aude

    Lire tes articles c’est, pour moi porter un regard direct et sans détour sur mon chemin intérieur. « S’il dit ça de lui, qu’en est-il pour moi ?, qu’en est-il de ma dépendance ? Est-ce que j’aime vraiment ? » Et ce matin, à la lecture de tes 3 derniers textes, je n’ai pu m’empêcher, d’avoir ce premier réflexe de me sentir toute petite face à ce que je sens de tellement grand et puissant en toi. Et immédiatement, s’est installée cette toute nouvelle façon de me regarder être. Me regarder vraiment, me faire confiance dans tout ce que je vis et ressens et me dire définitivement que je suis ma meilleure guide, ma meilleure guidance. Tout se place autour de moi, juste pour que je porte un regard plus éclairé sur ce que je traverse, et sur ce qui se répare en moi à vue d’œil, et sur ce qui coince encore !
    Cette décision que j’ai enfin prise vraiment, il y a très peu de temps, de prendre soin de moi tout le temps, je peux enfin me dire que je la vis dans mes cellules. Une reprogrammation du disque dur enfin ! En finir avec l’auto-sabotage. Revenir à la douceur dont j’ai tant besoin pour me faire du bien.
    Etre amie avec toi c’est m’obliger à me regarder Vrai, impossible de me voiler la face, tu dé-voiles tout chez moi, et je suis obligée de rester en vigilance permanence, de garder le cap. Alors je fais ma part aussi et je retire les voiles… Et je découvre O stupeur que je suis digne de m’aimer et de prendre soin de moi… Ca a été très dur et au combien souffrant ces derniers jours.. la lutte encore et encore parce que c’était tellement difficile pour moi de Voir vraiment que mes mécanismes de pensée n’étaient que des mensonges de moi à moi pour me maintenir dans la position de la victime à qui on doit réparation. Mais non, personne ne doit réparer personne… on se répare tout seul… L’autre n’a rien à voir dans nos blessures… Et Voilà… la récompense est là devant moi ou plutôt à l’intérieur de moi, et O combien Mère-Veilleuse, en lien direct avec Déesse-Mère, bien sûr… Ce qui peut être difficile en ta présence ? pas de concession possible, aller droit au but et arrêter de jouer. Par exemple, admettre que oui, j’ai besoin des autres pour continuer de nourrir mes manques et mes vides. Mais la grande nouveauté pour moi c’est de voir et d’intégrer à quel point je suis moi aussi et surtout moi, en mesure de le faire pour moi-même. Du coup, je ne me leurre pas, je vois où est mon besoin, mon manque, je regarde où se joue ma/mes dépendances et dans le même temps je constate que ces mécanismes peu à peu s’estompent, que je me guide moi-même, que je suis mon tout… Du coup, mon rapport à mon entourage se transforme et la tension intérieure s’apaise. Et encore et surtout, c’est la Grande Douceur, la rondeur, l’accueil qui se sont installés ces derniers jours ! Et ça c’est tellement bon ! Alors, ce qui est pour moi encore indispensable ? Ton regard et celui de ceux qui m’entourent pour jouer leur rôle, en conscience, du baromètre de mon chemin intérieur.

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    1. Isabelle

      Merci Aude de partager tes ouvertures, c’est « sacrément » encourageant pour là où j’en suis.
      « Toute petite face à l’autre », oui, je sais faire et je sens bien que ce n’est pas ajusté.

      Quand aujourd’hui je vois arriver la petite fille qui exige de l’autre réparation, je la rassure et quelques fois l’amour reprend sa place. Pas toujours, mais de plus en plus.

      J’avance au mieux vers cette décision que je suis seule à pouvoir prendre : être bienveillante, confiante et libre, de moi à moi !

      Depuis cet été, depuis ces temps avec toi Michael, une porte s’est ouverte.
      Dans mon quotidien, je pose des mots, des actes forts, vers plus de vrai. Et tes écrits m’aident à avancer.

      Si je vois bien mes peurs et mes dépendances, elles sont plus tranquilles face à ma puissance de douce sorcière que je sais recontacter.

      Tendre gratitude à vous deux.

      Aimé par 1 personne

  4. laurencer333

    Merci Michael pour ce texte qui résonne profondément en moi. Je me suis longtemps crue mauvaise, « tordue » dans mon ressentie, inadaptée… à voir et sentir des choses que visiblement j’étais seule à percevoir en désaccord avec l’opinion général. Je me suis même crue dangereuse pour l’autre. Etre sur un chemin de vérité n’est pas facile et j’ai souvent eu envie de faire marche arrière (cela est pire…lol), de laisser tout tomber et tenter de vivre comme les autres…. (cela ne fonctionne pas longtemps !). Je connais beaucoup de personnes mais ai très très peu d’amis qui m’aiment telle que je suis et ne cherchent pas à me changer. Mais moi j’essaye encore tout le temps de me changer ! … plus douce, plus féminine, plus reliée, plus ceci, plus cela…. je suis une femme « trop » comme je me suis reconnue dernièrement sur un post facebook. Trop sincère, trop speed, trop yang, trop chiante ! Je ne laisse rien passer et ce n’est pas confortable pour l’autre, ni pour moi d’ailleurs… J’ai un besoin de vérité exacerbé depuis l’enfance et réagis, encore parfois violemment, face à la manipulation, l’hypocrisie. Et je vois bien là encore de belles traces de blessures actives. Plus j’avance sur ce chemin, plus je m’éloigne du troupeau, des mondanités, du monde et je me demande souvent si c’est juste. Pourquoi le chemin spirituel isole–t-il du monde ? Parfois j’ai peur de me retrouver totalement seule, cette sensation déjà vécue au commencement de cette vie… comme quoi il reste encore du chemin…. C’est la problématique du moment : être totalement moi face à l’autre, exprimer ma vérité sans empiéter sur la sienne, donner sans prendre, oser dire sans avoir peur de perdre,… ¨Prendre ma véritable place. Etre dans le monde sans être de ce monde…
    Merci Michael. Avec Amour Joie Lumière

    Aimé par 1 personne

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