Pas de pression ~ No pressure

Michael à Fort-de-France, Martinique 🇲🇶 

Il y a quatre choses qui semblent difficile pour ceux qui apprennent à jouer avec le miroir. La première est de jauger quelqu’un. Le jugement d’autrui étant mal vu par la société, beaucoup de gens s’interdisent de juger l’autre, même si c’est seulement dans leur tête, en silence, et pour voir dans le miroir où ils en sont. La deuxième est de relever les choses qui ne vont pas chez quelqu’un. Ils pensent que de se concentrer sur les aspects négatifs crée du négatif… et c’est vrai, bien évidemment. Mais, pour savoir comment changer, il est essentiel de relever où exactement j’ai besoin de mettre mon attention et mon effort. La troisième est de reconnaitre chez soi-même ce qui a été constaté chez l’autre. Pourtant, avec le temps c’est justement cette partie là qui s’est avérée la plus efficace pour intégrer le fait que nous sommes tous fondamentalement UN. La quatrième est tout simplement d’arriver à mettre en mouvement sa vie et d’oser suivre réellement les indications subtiles données par la Vie au cours des explorations. 🤨

Maintenant, après tant d’années de pratique, je n’ai aucune difficulté avec ces 4 points. Je ne vois pas le jaugement comme un jugement de valeur. J’arrive à constater, sans juger la personne et sans me juger moi-même. Pour voir la réalité en face, j’ai besoin de voir chez l’autre objectivement où j’ai encore besoin de changer… et de relever les choses à travailler ne baisse pas l’estime que j’ai des autres, ni de moi. Ça ne fait pas de moi une mauvaise personne, juste quelqu’un en chemin qui se regarde objectivement et sincèrement. De me reconnaitre chez l’autre est devenu un jeu d’enfant pour moi. Au début, j’ai beaucoup résisté… alors qu’aujourd’hui je me reconnais partout et en tout le monde. Pour changer des choses, j’ai toute une panoplie d’outils. Ça fait des années que je n’ai plus eu besoin d’en créer. C’est l’avantage d’être un accompagnant professionnel. En revanche, moi aussi, j’ai parfois besoin de temps pour mettre les choses en mouvement… et je n’aime pas être bousculé ! 😤

Déjà, la Vie-même me bouscule sans cesse et je n’ai ni besoin, ni envie, de recevoir de la pression venant des autres. C’est quelque chose que je remarque aussi beaucoup chez les gens que j’accompagne ou qui m’entourent. Ils n’aiment pas la pression, ni l’attitude condescendante qu’un accompagnant ou thérapeute peut avoir. Ils n’aiment pas ça et je n’aime pas ça non plus. Le problème que je vois chez les gens est, que sans cette pression et sans un apprentissage un peu forcé vers leur souveraineté, rien ne bougera. La force avec laquelle nous avons été domestiqués pendant 20-30 ans a été incroyable. Il faut une force encore plus grande pour en sortir. Une force et une volonté, soutenues par la conscience de ce qui se passe réellement peuvent faire l’affaire… mais, ce n’est vraiment pas gagné. Je peux lâcher la pression chez quelqu’un… mais c’est seulement après qu’il soit devenu explorateur autonome, et qu’un mouvement évolutif se soit installé, que mon lâcher est justifié. Si je lâche trop tôt, ce que je fais régulièrement, la personne n’avancera pas et lâchera à son tour plus tôt ou plus tard son effort de transformation. 😓

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Je n’aime pas me sentir poussé et je n’aime pas pousser les autres non plus… même si je l’ai fait pendant de longues années. Insister trop me donne une sensation d’inconfort que je n’aime pas. En même temps, ça me met en tant qu’accompagnant dans une situation de choix impossible que j’ai toujours su éviter. Si je pousse, je sais que je vais rencontrer des résistances, pour lesquelles je n’ai plus assez de force… et si je ne pousse pas, rien ne bougera ! Je le vois parfois arriver de loin et c’est okay pour moi. En me permettant de ne pas forcer, je dis OUI à moi et à mon bien-être. Du coup, la seule solution que j’ai trouvée pour l’instant, est de laisser partir ceux qui résistent trop et qui tiennent trop à leur savoir conditionné. Ils auraient peut-être juste besoin d’un thérapeute verbal quelconque pour s’épancher, pour radoter et entretenir la problématique… sans laquelle beaucoup d’entre nous ne savent plus vivre. Dans le métier ça s’appelle « avoir besoin de son problème ». Aujourd’hui, j’aide mon « Amitèle » à devenir des explorateurs souverains, et seulement quand je vois qu’ils font un effort et qu’ils explorent vraiment, alors je peux les aider avec des conseils, des astuces, des outils et des explications pour que leur navigation devienne de plus en plus correcte et précise. 🧭

Dans ma vie privée, à l’extérieur de la maison, c’est le plus facile, puisque j’applique simplement ce que je partage et ce que j’enseigne. Mon défi depuis trois mois est surtout de trouver ma juste place et l’attitude adéquate à la maison, avec ma compagne. Je l’aide afin qu’elle retrouve sa santé, en même temps que d’être son partenaire. Si je ne trouve pas l’équilibre entre mes deux rôles ça se voit tout de suite entre nous. Même si je mets de temps en temps la casquette de l’accompagnant, je dois être très attentif à moi, à elle, à la situation et au contexte pour sentir à quel endroit se trouve ma place d’instant en instant. J’applique au mieux le jeu du territoire, le miroir et la communication vulnérable… et j’ai besoin de toutes mes facultés pour ne pas me tromper. La moindre pression en trop peut empêcher toute évolution pour nous et entre nous. Je n’aime pas la pression… je n’aime pas en mettre et je n’aime pas en subir. Si je reste tranquillement dans mon territoire et que je respecte l’envie de ceux qui m’entourent, il y a simplement un tri naturel et spontané qui s’opère. Ceux qui fonctionnent comme moi restent… et les autres passent… 😅

Pour pouvoir finir mon texte du jour, j’ai eu besoin d’interrompre mon écriture afin d’interroger mes co-exploratrices de La Coupe de Feu. Nous venons à peine de clôturer notre séance hebdomadaire et voici ce que j’ai compris me concernant : Pas de pression, plus de pression ! Nulle part… Laisser l’autre tranquille… Attendre que je sois sollicité avant de mettre mon grain de sel… Plus d’enseignement, plus de thérapie, plus de sauvetage… Juste le partage de mes expériences et de mes richesses… Ne pas parler si ce n’est pas nécessaire et laisser l’espace aux vides… Faire attention aux réflexes verbaux rapides et coupants… Et, pour y arriver, j’ai besoin de cesser de vouloir être reconnu dans mes souffrances du passé, mais aussi de faire très attention à ne pas continuer de régler mes comptes avec des innocents, malgré moi… Je suis aussi invité à ne plus anticiper les comportements prévisibles des potentiels agresseurs et laisser assez d’espace pour qu’ils puissent changer… Bon, j’y vais de ce pas et j’en fais mon affaire ! A suivre… 😉 

Je vous souhaite une délicieuse journée, soirée ou nuit… où que vous soyez… 🤍💛🧡🤎❤️💚💙💜🖤 

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