Trois manicous ~ Three opossums

Michael à Fort-de-France, Martinique 🇲🇶 

Hier matin, les chats nous ont ramené 3 bébés manicous. Normalement, ils jouent cruellement avec leurs proies, puis ils les croquent sans état d’âme. Sous le lit, je trouve régulièrement des cadavres de cafards, de lézards et même de grenouilles. Cette fois-ci ils ont laissé le fruit de leur chasse indemne. Ils n’avaient pas une égratignure. En plus, ils les ont amené l’un après l’autre de manière plutôt délicate, compte tenu de leurs habitudes. C’est ainsi que ma compagne a pu les délivrer l’un après l’autre de l’emprise mortelle des mâchoires de nos chasseurs-chéris. Dès qu’elle en avait récupéré un, ils allaient en cherchaient un autre. Comme je sais que parfois des animaux peuvent adopter les bébés d’une autre espèce, je me suis demandé si ce n’était pas le cas ici… mais, nous n’avons pas tenté l’expérience. 🦡

C’est ma partenaire qui s’en occupe. Ils sont tout petits, à peine quelques centimètres. Alors, elle a essayé de trouver quelqu’un de compétent qui pouvait la renseigner sur la manière de les nourrir et de les garder vivants. Le dimanche tout est fermé ici, mais par un ami et les réseaux sociaux elle a trouvé une personne très expérimentée qui a donné quelques astuces intéressantes et utiles. Ils ont tous les trois survécu à leur première nuit. Leur maison était une petite sacoche isotherme avec une bouteille d’eau chaude comme source de chaleur et quelques tissus pour un confort doux. Ils sont mignons, dorment bien serrés l’un contre l’autre et peuvent couiner très fort pour attirer l’attention de leur mère adoptive géante. 👩‍🦳

Le manicou de Martinique

Il est aussi appelé Opossum australe, Pian ou Pyan (en Guyane), Manicou ou Manikou (en Martinique), ou encore Sarigue à oreilles noires ou Opossum à oreilles noires.
Animal étrange, « monstre affreux » et bizarre si on en croit la description du R. P. Du Tertre : « Cet animal a quelque chose du rat, du renard, du singe et du cochon… »
Tous ces animaux en un seul, c’est notre Manicou, aussi connu sur le continent américain sous le nom d’Opossum, l’unique représentant de l’ordre des Marsupiaux dans les Antilles, où son aire de distribution s’étend dans toutes les Petites Antilles, de Grenade à la Dominique, y compris donc la Martinique. La Guadeloupe comme toutes les îles du Nord ne le possède pas.
Notre Manicou appartient à la famille des Didelphidés ou Sarigues, qui sont de petits marsupiaux atteignant tout au plus la taille d’un chat et, souvent ne dépassent pas celle d’un rat. Ils ont un corps trapu et un museau plus ou moins pointu. Leurs membres postérieurs sont un petit peu plus longs que les membres antérieurs. Ils ont une poche marsupiale.
Pendant l’ère tertiaire, il y avait des Didelphidés en Europe, mais de nos jours, on les trouve uniquement sur le continent américain où ils nichent dans les arbres creux ou dans des trous creusés parmi les herbes et les buissons.
Ils ne sont certainement pas indigènes aux îles des Petites Antilles, où ils sont venus du continent sud-américain, il y a de cela bien longtemps. Les ossements et, entre autres, les mâchoires de ce marsupial, trouvés par le R. P. Pinchon dans les fouilles caraïbes à Paquemar (Vauclin) en Martinique, démontrent leur existence au moins dès l’époque des caraïbes.
La manière dont ils sont arrivés dans les différentes îles reste du domaine de l’hypothèse. Certains pensent que ce sont les Indiens caraïbes qui lors de leur passage dans les îles les ont introduits. D’autres par contre pensent qu’ils sont arrivés bien avant les Caraïbes, quittant le continent sud-américain sur les bois flottés par exemple, à l’époque où l’espèce n’était pas encore tout à fait stabilisée. Ils se seraient installés à la Grenade et ainsi aurait pris naissance notre sous-espèce (Didelphis marsupialis insularis A) différente de l’espèce venant du continent. Puis, sur des bois flottés par exemple, ils auraient pu franchir les courtes distances séparant les différentes îles, s’établissant ainsi dans la plupart des Grenadines (Bequia, Moustique, Cariacou, Ile Ronde, etc.), puis à Saint-Vincent, à Sainte-Lucie, à la Martinique et finalement à la Dominique, mais pas à la Guadeloupe. C’est là tout le mystère de l’origine de notre peuplement animal !
A l’inverse de la Mangouste, le Manicou est un animal nocturne, c’est à ce moment qu’il quitte sa cachette pour partir à la recherche de sa nourriture ou à la recherche d’une compagne pendant la période des amours. Il mène une vie nomade et solitaire. On peut l’observer dans les arbres allant de branche en branche suspendu par sa queue prenante, en quête de fruits (mangues, corossols) ou bien visitant la campagne à la recherche de grenouilles, d’insectes, de vers, de rats qui constituent la base de son alimentation.
Il ne craint pas de s’approcher des lieux habités, un tas d’ordure peut bien être l’endroit lui permettant de manger à moindre frais. Un poulailler est tout aussi bien venu, il est littéralement pillé. Surpris, notre Manicou essaie de s’enfuir, si la fuite est impossible, il répand une forte odeur alliacée, prend une attitude menaçante en ouvrant une large gueule, ou bien « fait le mort » : couché sur le flanc, immobile, les yeux clos, la gueule entr’ouverte, la langue pendante. Selon certains auteurs, cette attitude serait purement involontaire. En réalité, une émotion violente provoque chez les Manicous une sorte de léthargie causée par l’adrénaline qui se déverse en grande quantité dans leur sang. Ce brusque afflux d’adrénaline se traduit par une espèce de syncope qui modifie le rythme cardiaque, celui de la respiration et la température du corps pendant tout le temps que dure cette étrange torpeur. Les chasseurs martiniquais connaissent bien cette réaction, ne se laissent pas abuser, et en profitent pour capturer notre Manicou.
La période de gestation est extrêmement courte, 12 à 13 jours en moyenne. Une portée peut avoir 8 à 18 petits. L’originalité de cette reproduction est que les petits, en naissant ont encore une forme larvaire avec des ongles forts à leurs pattes antérieures qui leur serviront à atteindre le marsupium, poche située entre les pattes postérieures de la femelle où ils termineront leur développement. C’est à l’intérieur du marsupium que se trouvent les tétines, sortes de mamelles que les bébés Manicous enfoncent profondément dans leur bouche. Ils peuvent téter et respirer en même temps quoique cette tétine descende jusque dans leur oesophage et demeurent suspendus à la tétine environ 70 jours.
A dix semaines, les jeunes commencent à sortir de la poche marsupiale, ils grimpent sur le dos de leur mère et s’agrippent à son pelage. Au moindre bruit, ils se réfugient dans le marsupium où ils continuent à s’allaiter. A l’âge de trois mois, ils quittent définitivement la poche pour vivre de façon autonome. Le nombre de portées par an est en moyenne de deux.
Malgré une forte mortalité à la naissance (dans certains cas sur 15 embryons naissants, 7 arrivent à pénétrer dans le marsupium) et la chasse qui leur est donnée, le Manicou demeure encore actuellement un animal bien implanté à la Martinique. On peut en rencontrer le soir sur les routes. Eblouis par les phares d’une automobile, ils demeurent immobiles au milieu de la chaussée et se font tuer ou capturer vivants.

Menant une vie de « nomade », ils circulent dans toute la Martinique. On peut en apercevoir sur la route de Balata, à Ducos, à Rivière Pilote, à Sainte-Anne, et surtout près des bananeraies après qu’il ait plu. Mais il n’en reste pas moins que les grands bois, aux alentours des Pitons du Carbet et de la Montagne Pelée constituent son domaine d’élection.

Ce qui m’intéresse toujours en premier n’est pas CE qui se passe, mais plutôt POURQUOI ça se passe. Pour moi, le message derrière un événement est la raison première pourquoi quelque chose nous arrive. C’est ainsi que la Vie communique avec nous… à travers tout, tout le temps et pour tout le monde. Malheureusement, il n’y a pas beaucoup de gens qui écoutent les signes ainsi et nous passons notre vie aveugles et sourds vis-à-vis de notre Source. Nous passons nos vies à gérer les faits, les événements qui, non-entendus, se renforcent en gravité et intensité… et qui finissent ainsi souvent même par nous tuer. C’est pour ça que ma vie est si intense. Factuellement, elle est calme… mais la Vie communique intensément avec moi à travers chaque petit événement et j’ai besoin de toutes mes facultés pour L’entendre et La suivre. 🙈🙉

Alors, que sont venus nous dire ces trois petits manicous ? Pour le savoir, il suffit que je regarde les autres manifestations du miroir autour de moi. Normalement, l’ensemble des pièces d’un puzzle bien assemblées donnent une image claire et nette. Autour de moi, j’ai vu, entre autres :
– Le warning de la voiture d’une amie qui montre que les filtres à particules sont saturés…
– Quelqu’un de proche qui était en pleine crise d’allergie…
– Les bébés manicous qui avaient besoin de soins bien précis… et qui survivent en partageant leur chaleur…
– Ma partenaire qui s’occupe des bébés manicous comme les siens…
– Quelqu’un que je voyais intrusive en étant trop maternante et donc condescendante…
– Des gens qui ne parlent que du factuel, des autres, des problèmes et des opinions… mais pas d’eux-mêmes…
– Une amie qui montre par ses actes qu’elle n’a pas beaucoup de valeur…
Et, ça me suffit. Comme je fais le miroir tous les jours, je n’ai pas besoin de beaucoup d’information nouvelle pour faire ma synthèse et savoir où j’en suis et où mettre mon attention pour changer vers une meilleure version de moi-même. 😅

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J’ai commencé à faire très attention à ne pas commérer à nouveau. Quand j’étais jeune, je ne savais même pas que parler des autres pouvait constituer un problème. Je l’ai découvert vers mes 35 ans je pense, quand soudainement j’entendais par hasard ce qui se disait sur moi. J’ai compris par la manière dure que pour qu’une agression cesse, il faut que moi-même je cesse d’agresser de cette façon. C’était flagrant, car au fur et à mesure que je réussissais à me taire, le commérage me concernant s’arrêtait également. Je ne commère plus vraiment. Mais, ça peut arriver que je reparle de manière pas très valorisante de quelques personnes qui m’ont touchées il y a quelques années. Il faut que ça cesse définitivement… 🙊

Je pense que les manicous sont venus avec un message de délicatesse, de discrétion et de présence. Pour qu’ils survivent, ils ont besoin de l’essentiel, de chaleur et de toute l’attention. Ils soustraient notre attention du superflu, du factuel, du commérage, du sauvetage, de la maternance… des autres quoi ! Ils m’invitent à m’occuper de moi, de mon essentiel et de ne plus m’occuper des autres comme avant… ni me laisser intruser et saturer par eux. Ils m’invitent à développer mon écoute, ma réceptivité et ma présence pour mieux vivre avec moi-même et ainsi ne pas intruser et ne pas saturer les autres non plus. C’est vrai, quand j’accompagne, j’explique encore pas mal de choses. Pas autant qu’avant, mais visiblement trop encore. Ça fait quelques années que je cherche plutôt à partager mon vécu au lieu de dire comment faire pour changer sa vie. C’est clairement encore une question de territoire. 🏝

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Si j’arrive à relever ce défi, je pense que j’aurais réussi peut-être la chose la plus importante de ma vie : rester chez moi et laisser les autres tranquilles chez eux ! Je viens à l’instant de saluer la voisine d’en face qui est en train de débroussailler son grillage juste devant notre véranda. Elle me disait que la nature aime remplir les vides. C’est exactement ça ! Presque de manière naturelle, je remplis les vides. Okay, j’ai déjà beaucoup changé et je me suis déjà bien calmé sur ce point. Je ne suis plus Mike le sauveteur. Ce que les autres ne faisaient pas, je le faisais pendant de longues années à leur place. Souvent, je les « portais » presque vers le bonheur. Je ne le fais quasiment plus. Je n’ai plus assez d’énergie. Mais, je suis encore systématiquement intrusif avec ceux qui me sollicitent. Je sais que le moment d’arrêter ça aussi me pend au nez. Les premiers signes qui allaient dans ce sens datent déjà d’une dizaine d’années. 😤

Bon, un nouveau défi m’attend donc. Je sais que je ne vais pas nécessairement réussir toute de suite. Certaines transformations demandent parfois des années d’effort. Je vais mettre mon attention sur une autre manière d’être avec moi-m’aime et donc avec les autres. Il est clair que les manicous me montre en fin de compte l’importance que j’ai pour moi. Si j’en étais vraiment conscient, je me traiterais mieux, avec plus de douceur et de considération. Je pense que je m’occuperai du coup automatiquement moins des autres comme je le fais actuellement. J’aime quand ma relation aux autres est légère… mais, dans ma vie pro, il est difficile d’aider quelqu’un à changer sans employer un certain impact. Dans ma vie privée, pour ne plus remplir systématiquement les vides des autres, il faut que j’accepte encore plus de prendre d’abord soin de moi et donc de ne pas nécessairement être à la hauteur de leurs attentes. ❤️‍🔥

Je vous souhaite une magnifique journée, soirée ou nuit… où que vous soyez… ∞❤️∞ 

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