Chat-bath chat-l’homme

Amsterdam, Pays-Bas 🇳🇱 

Shabbat Shalom… C’est ce que les juifs se disent entre eux quand ils se rencontrent à partir du moment où le soleil commence à se coucher le vendredi soir. C’est pour se souhaiter un bon shabbat par anticipation et un bon week-end. Le temps entre le coucher du soleil le vendredi soir et celui du samedi soir est en principe prévu pour entretenir la relation avec le divin. 

Il y a une trame induite par la Torah… mais chaque famille fête le shabbat en fonction de son appartenance communautaire et de ses traditions familiales. Venant d’un courant plutôt libéral, je n’en ai pas vécu beaucoup. Je connais quelques bases coutumières et j’ai toujours vu ceux de mon entourage commencer le shabbat par un repas ritualisé, accompagné de prières parlées ou chantées. Certains vont à la synagogue le samedi matin et selon la Torah il est interdit de travailler, de faire travailler et de laisser ainsi des traces de travail. Mais… l’application de cette règle dépend complètement du courant auquel un juif adhère et de sa manière d’interpréter des lois vieux de 6000 ans.  

Patricia, avec qui j’ai vécu pendant 21 ans, m’avait demandé un jour : “Sais-tu pourquoi les juifs prient autant ?”. Je n’ai pas vraiment su quoi lui répondre et elle m’a donné son interprétation, qui m’avait beaucoup plue. Elle m’avait expliqué que, selon elle, le peuple juif est un peuple bruyant et que les prières servaient à ce qu’ils n’oublient pas leur Dieu. J’étais tout à fait de son avis, car c’était vraiment logique. Nous sommes bruyants et hyperactifs ! D’ailleurs, il y a des prières prévues pratiquement pour toutes les circonstances. Pour un juif qui a envie de les honorer toutes, il n’y a aucune chance qu’il oublie son créateur… parce qu’il serait en train de prier quasiment en permanence. 

Hier soir, je suis allé avec mes deux Amis-hôtes dans une synagogue qui fait partie de l’hôpital juif de la ville. J’ai compris, que de temps en temps, certaines personnes organisent le repas pour accueillir le shabbat dans ce lieu de prière. Et en effet, nous étions environ 150 et j’avoue que j’ai aimé l’initiative d’utiliser ce rituel pour s’unir au-delà du cercle familial. C’était drôle de me trouver là. Je me sentais parachuté dans une de mes vies passées.

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Nous étions assis à de longues tables et j’étais entouré par plusieurs personnes que j’ai connues au lycée. A ma gauche il y avait même une femme dont j’étais fou amoureux quand j’avais 14 ans et elle 12. Je me souviens que je l’admirais de loin, en soupirant romantiquement sans jamais oser lui avouer ma flamme. Quand j’ai vu  le comportement des gens au cours de la soirée, j’ai bien reconnu la culture dont je suis issu et dans laquelle j’ai grandi. J’ai pu voir en face des gens qui se comportent exactement comme moi… passionnés, bruyants, blaguant et sans modération.    

Ça m’a fait rire de m’imaginer que je vous ai fait subir ça pendant 35 ans. Je le savais bien, bien évidemment, et j’ai fait beaucoup d’effort et même de la thérapie pendant de longues années pour m’adapter à la culture française et chrétienne. J’ai mis beaucoup d’eau dans mon vin… et ça dans beaucoup de domaines. Je pense que j’ai réussi à jeter l’eau du bain, tout en gardant le bébé. Du coup, hier soir je faisais partie de ceux qui étaient plus calmes.

Un grand espace carré et blanc avec une moquette bleue… des hommes en kippa… des enfants qui jouaient… des longues tables avec des nappes en papier blanc… des gens qui se connaissaient et qui passaient de l’un à l’autre… du bruit et de l’hyperactivité un peu partout. Puis, un speech de bienvenue… des prières partagées… un repas servi au fur et à mesure… toujours du bruit et de l’hyperactivité… les petites luttes que je connais si bien pour que chacun ait assez dans son assiette… des gens qui partent avant que la soirée soit terminée, au cours des prières chantées… puis, à la fin, ceux qui sont restés ont tout rangé, nettoyé et transformé la salle en synagogue en moins de deux. 

J’ai passé une bonne soirée. Certains étaient curieux de connaître un peu plus de ma vie, d’autres de mon Aliyah à venir. Il y avait même  un ami qui, du coup, a voulu uniquement m’écouter si je lui parlais en hébreu. Certes, je sais déjà dire quelques trucs basiques… mais même après un mois de cours sur Duolingo, il me manque plein de mots pour dire des choses un peu plus intéressantes. Alors, quand j’étais avec lui, je me suis tu ! Je pense que dans quelques semaines, quand je me sentirai prêt, j’appliquerai ce principe… de l’hébreu sinon rien. 

∞💜∞ 

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