Rien à prouver

Taillefer (09), France 🇫🇷

C’est rare que je sache d’avance ce que je vais écrire. Ce matin au réveil je me suis senti un peu dans le brouillard. Je ne savais plus tout à fait où j’en étais. Même en utilisant le miroir en permanence, je sais que je peux avoir un “blind spot” et que je peux me le trimballer pendant longtemps, occultant ainsi quelque chose d’important. De temps en temps je sursaute intérieurement, comme ce matin, car pour faire adéquatement mon chemin, j’ai justement besoin de voir ce que j’ai du mal à voir. 😅

Alors, les yeux encore plein de poudre du sommeil, j’ai fait rapidement un tirage à dix cartes. Je n’ai rien compris sur le moment, alors qu’habituellement c’est vraiment facile pour moi. On aurait dit que j’avais utilisé toutes les “mauvaises” cartes dans un seul tirage. Je ne me souviens pas exactement de chaque carte, mais le tirage ne m’a pas plu, alors je l’ai effacé et je suis allé me préparer pour la rencontre matinale avec mes copains.✌️

C’est sous la douche que je pense avoir compris le message. Le titre du jour s’inspire de ce que ma conscience a laissé monter à la surface. Je me souviens juste que mon tirage me montrait que je m’épuisais encore, que je procrastinais et que je faisais encore trop de choses. Il m’a fallu plus d’éléments du miroir pour comprendre de quoi il s’agissait exactement, quelle place le tirage prenait dans la grande image que je projette. ☝️

Libre…

J’ai pensé tout de suite à l’échange que j’ai eu hier avec une jeune Amie de 18 ans, très chère à mon coeur. Elle m’a posé trois questions. La première concernait son envie d’être vraiment libre. La deuxième était liée à la difficulté d’être elle-même dans la relation à l’autre, à cause de son besoin d’être appréciée. La troisième portait sur la mise en pratique de la théorie spirituelle. 😍

Je me souviens bien que je lui ai expliqué que, si elle voulait vraiment être elle-même et libre, elle devait être prête à perdre ceux qu’elle voyait en ce moment. Dans la recherche de sa véritable identité, elle allait faire des erreurs, prendre des risques. En choisissant de faire des choses pour elle et non pas pour plaire, les faux amis ne resteront pas. 😌

A la dernière question j’ai répondu que c’est la sincérité et l’intégrité devant chaque choix qui transformait la théorie en pratique. Chaque choix lui permettait de voir par quoi sa décision était motivée. Chaque choix lui permettra, à partir d’aujourd’hui, d’affronter sa peur et de choisir pour elle… et non pas pour plaire. Bien évidemment, faut-il encore qu’elle sache quelle est son envie ou besoin. 🙃 

Le choix 

Bien évidemment, j’ai parlé à moi-même à travers elle. Et c’était sous la douche ce matin que j’ai fait le lien. Tout en pensant, et en le déclarant haut et fort, que je n’ai plus rien à prouver, c’est peut-être exactement le contraire qui se passe. Peut-être que mon chemin n’est qu’une fuite en avant où je suis allé dans l’extrême dans le seul but de prouver quelque chose ? Peut-être que mes choix sont toujours motivés par le besoin d’être enfin vu, aimé et valorisé ? 😏

Si je n’avais vraiment plus rien à prouver, pourquoi est-ce que j’écris dans mon journal à la vue de tous ? Si je n’avais vraiment plus rien à prouver je n’immiscerais certainement pas des petits bouts d’enseignement dans mes écrits. Si je n’avais rien à prouver je cesserais de revendiquer et de critiquer ceux qui à mes yeux se trompent. Si je n’avais plus rien à prouver, vraiment plus rien… peut-être que je cesserais carrément d’écrire et je deviendrais invisible et anonyme. 🤨

Okay, disparaître complètement est au-dessus de mes capacités. Pour l’instant, l’idée même de quitter l’écran radar, seul et sans laisser de traces, me provoque un inconfort que je ne suis pas prêt à affronter. Donc, la solution ne se trouve pas là. Elle se trouve dans ma réponse par rapport à mes choix. 💗

Ça me fait aussi penser aux messages que je reçois régulièrement d’un autre Ami qui a du mal à faire des choses pour lui et qui continue à faire plaisir aux autres, malgré tout. Je comprends à travers tout ça que je dois faire attention quant à mes choix ici à Taillefer, que je ne glisse pas dans mes habitudes d’antan. Car même si Eliane ne me demande absolument rien et qu’elle m’accueille le coeur grand ouvert, je constate que je peux me mettre des obligations tout seul pour mériter et justifier d’être ici dans cet endroit magnifique. 🌈

J’ai du mal à m’imaginer que quelqu’un puisse me faire simplement un cadeau de manière désintéressée… que quelqu’un puisse  avoir envie d’être en ma compagnie sans que j’apporte quoi que ce soit. J’ai tellement l’habitude d’être exploité, depuis tellement longtemps, que j’ai du mal à intégrer et vivre la gratuité reçue. Il est tellement plus facile pour moi de donner que de recevoir. C’est lié à la blessure qui est la plus vivante en moi, le rejet. 🔥

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Une fois assis, en quelques minutes ils étaient tous autour de moi. Même si j’adore ça, c’était un peu envahissant… ce qui me montre que je n’habite pas bien mon territoire interne. J’ai dû aller m’assoir plus loin pour qu’ils ne me mangent pas.

Ça vient de mon père. Il ne m’a jamais considéré. Il n’était pas là physiquement, alors, j’ai passé toute ma vie à le chercher et à me faire aimer de lui. Complètement ridicule quand j’y pense… un enfant qui cherche à se faire aimer de son parent. Ça devrait aller de soi. Je n’ai jamais réussi, peu importe l’effort que j’y mettais. Au mieux, je me suis senti toléré pendant quelques années, mais l’équilibre est toujours resté fragile. D’ailleurs, avec le recul, je comprends mieux encore mon explosion face à lui il y a environ 7 ans. Puis, je suis fier de l’avoir libéré de moi, de son vivant, et de lui avoir dit qu’il ne me devait rien et que sa famille l’attendait ailleurs. Il est mort il y a quelques semaines. Je n’ai pas senti le moindre changement, à part une libération.💗  

J’ai besoin de me souvenir de ma valeur… encore et encore. J’ai besoin de me souvenir que l’affection de mon père me concernant, lui appartenait. J’ai besoin de me souvenir que ses sentiments n’avaient rien à voir avec ma valeur réelle et profonde. La croyance limitante que j’ai créée depuis que j’ai été petit a certainement été : “Puisque mon père ne m’aime pas, je ne dois pas être quelqu’un de bien, d’aimable !”. 🤨

Byron Katie aurait demandé : “Alors, est-ce que cette croyance reflète la réalité ???”  Et j’aurais répondu par : “NON !” Je le sais depuis de nombreuses années. J’ai travaillé sur le sujet pendant longtemps avec des techniques différentes. Je pense avoir réparé et guéri beaucoup déjà. Ça s’est vu par la paix que j’ai sentie quand mon père est parti et je le sens par ma puissance grandissante au quotidien. Je pense que le moment est simplement venu d’aller un peu plus loin, un peu plus profondément vers l’Amour absolu et inconditionnel pour moi. ❤️ 

Je pense, en effet, que la manière la plus simple est à travers mes choix… et de montrer mon amour pour moi en choisissant selon mes besoins, désirs et préférences. Alors, je ferai attention à ne pas faire de compromis à nouveau et d’affronter sans peur le résultat de mes choix sincères et intègres. Par expérience, je sais que mes compromis du passé me n’ont jamais apporté ce à quoi j’ai aspiré. Ils ont fait partie de mon apprentissage et ont simplement retardé l’aboutissement de ma quête, ce qui est tout à fait normal et naturel. 🦋

Il est dix heures et il fait déjà 14°. Une journée d’été précoce s’annonce. Que c’est bon d’entendre en permanence le gazouillis des oiseaux… Je n’ai pas encore récupéré mon carrosse. Peut-être aujourd’hui. Je ne suis pas pressé. La particularité du jour est plutôt le départ définitif du couple qui a vécu ici dans la roulotte qu’ils ont fabriquée eux-mêmes. Un de leurs chevaux est déjà parti depuis un mois. Les deux autres, dont Eden que j’aime beaucoup, viennent de quitter le lieu. 🐴 

Je nous souhaite beaucoup d’Amour ❤️💛💚💙💜🖤  

11 réponses

  1. Daniel

    Bonjour MIchael, merci pour cette honnêteté et sincérité de coeur qui te caractérise. Tes paroles me renvoient à ma propre expérience et résonnent comme un appel à l’Amour pour soi, chose que l’on ne nous a pas apprise. Douce journée pour toi dans l’Amour de ce qui est bon pour toi.

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  2. Alain

    Chaque fois que je voyage avec les plantes, je passe par une phase de confrontation avec la mort.
    C’est toujours un peu sombre, un peu glauque, mais j’ai pris conscience d’une chose importante lors de mon dernier voyage.
    J’ai perçu que la peur de la mort est en grande partie (peut-être totalement) liée à la blessure d’abandon.
    Peur d’être oublié…
    Le lendemain, je regardais un film et j’entends alors : « C’est cela la mort n’est-ce pas ? C’est oublier, c’est être oublié. »
    D’ailleurs, je repense à l’instant à Jésus agonisant sur la croix qui s’écrie : « Mon père, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

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  3. Catherine

    Beaucoup de résonnances dans ton écrit avec là où j’en suis actuellement. Et qui vient appuyer sur une évidence que je résiste encore à voir : accepter ce que je suis, accepter les choix que j’ai fait pour être vraiment ce que je suis, (et qui me pèsent toujours même si je les ai fait en conscience, car j’ai du mal à quitter entièrement mes blessures de non reconnaissance/abandon/rejet). Accepter que ce qui me rend vraiment heureuse : c’est de donner, sans attente de retour, parce que ce n’est pas moi qui donne, je ne suis qu’un instrument au service du Tout. Et c’est le Tout qui pourvoit à mon bonheur. Allelouia !
    Ca paraît si simple, et pourtant si difficile de lâcher ses besoins égotiques !
    Merci pour ta sincérité qui me remet les pendules à l’heure !

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  4. Brigitte

    De ma fenêtre, personne ne se trompe, chacun a un chemin différent de celui du voisin. Mon chemin est différent du tien, et pourtant je me reconnaissais tellement dans tes écrits. C’est fini maintenant. Je te lis mais ne me reconnais plus. Et pourtant de ma fenêtre, tu ne trompes pas. Et je ne me trompe pas non plus. Tu as ton chemin, j’ai le mien. J’ai mes buts, et tu as les tiens. Pour moi, l’important c’est que l’on arrive à les atteindre, pas de savoir si l’un de nous se trompe, et lequel. Ce n’est pas mon combat 😉

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  5. florence arnaud

    J’ai du mal à m’imaginer que quelqu’un puisse me faire simplement un cadeau de manière désintéressée… que quelqu’un puisse avoir envie d’être en ma compagnie sans que j’apporte quoi que ce soit. J’ai tellement l’habitude d’être exploité, depuis tellement longtemps, que j’ai du mal à intégrer et vivre la gratuité reçue. Il est tellement plus facile pour moi de donner que de recevoir. C’est lié à la blessure qui est la plus vivante en moi, le rejet.

    ces paroles là auraient pu être de moi chaque fois que l’on me fait un cadeau une attention une petite voix me dis n’accepte pas tu ne le mérites pas s’il te connaissait vraiment, il ne te ferait pas cela c’est terrible de re entendre encore et encore ces mêmes voix. De ne pas trouver ma personnalité propre qui suis je vraiment je ne me connais pas je me juge par rapport aux dires des gens dur dur de balayer tout sur mon passage et d’oser enfin être moi véritable il ya du boulot namasté Michael belle journée

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