Histoires de Sagesse

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đŸ‡«đŸ‡·Â Depuis tout petit, j’ai toujours collectionnĂ© des choses, comme des Ă©tiquettes de cigares, des Ă©pingles, des pins, des porte-clĂ©s, des timbres, des bandes dessinĂ©es, etc. Juste avant l’ùre de l’ordinateur, des photocopies circulaient avec des histoires, des messages ou des poĂšmes et j’aimais beaucoup ça. Alors, je commençais Ă  les accumuler aussi. Et quand j’avais mon premier ordinateur en 1993, je commençais Ă  les retaper ou Ă  les scanner. Sur mon site prĂ©cĂ©dent, j’en avais plus de 500. RĂ©cemment, j’ai retrouvĂ© un de mes premiers fichiers avec des histoires et des  messages en Français. Voici, une toute petite sĂ©lection de quelques-uns de mes textes prĂ©fĂ©rĂ©s. Vous pouvez tĂ©lĂ©charger une partie des histoires en fichier PDF en cliquant sur ce lien.



🇬🇧 Since childhood, I have always collected things like cigar labels, pins, key chains, stamps, comics, etc. Just before the computer era, photocopies were circulating with stories, messages or poems and I liked that a lot. So I started to accumulate them too. And when I had my first computer in 1993, I started to retype or scan them. On my previous site, I had over 500. Recently, I found one of my first files with stories and messages. Here is a very small selection of some of my favorite texts in French. You can download part of the stories as a PDF file by clicking on this link.



LE POIDS DE RIEN

Une mĂ©sange interroge une colombe : « Sais-tu ce combien pĂšse un flocon de neige ? »

« Rien d’autre que rien… » rĂ©pond la colombe.

Alors, la mĂ©sange raconte un souvenir : « Un jour, j’Ă©tais perchĂ©e sur la branche d’un sapin lorsque la neige s’est mise Ă  tomber, Ă  tomber. Ce n’Ă©tait pas une tempĂȘte, oh non, mais une chute progressive, lente et majestueuse. Les flocons se posaient sur ma branche. On aurait dit un rĂȘve blanc.

Je me suis amusĂ©e Ă  les compter ! Il en est tombĂ© 3 751 952. Au moment oĂč le 3 751 953e s’est posĂ©, rien d’autre que rien, comme tu dis, la branche a cassĂ©… »

Sur ce, la mĂ©sange s’envole. 

RestĂ©e seule, la colombe, bien perplexe, se met Ă  rĂ©flĂ©chir. Depuis la nuit des temps, elle ne pense qu’Ă  la paix, la paix dont elle est devenue le symbole… Hochant la tĂȘte, elle se dit alors : « Il ne manque peut-ĂȘtre qu’une personne pour que tout bascule et que le monde vive en paix… »



LES 100 SINGES

“Sur l’üle de Koshima au Japon, on nourrissait les singes avec des patates douces. Ils adoraient le goĂ»t, mais ne supportaient pas la peau des patates, bien souvent enduite de sable ou de terre. Un jour, un singe commença Ă  laver la patate et Ă  enseigner cette technique aux autres singes prĂ©sents sur l’üle. Les singes les plus anciens n’acceptaient pas ce procĂ©dĂ© et prĂ©fĂ©raient largement manger la patate douce exactement comme ils la trouvaient. C’est au terme de deux annĂ©es que tous les singes de la tribu finirent par accepter ce nouveau concept et c’est Ă  ce mĂȘme moment que des singes d’une autre Ăźle se mirent Ă  faire la mĂȘme chose.

Comment Ă©tait-ce possible puisqu’il n’y avait aucune communication entre les singes des deux Ăźles ? Puis, des singes d’une autre contrĂ©e commencĂšrent Ă  leur tour Ă  laver les patates douces. Les scientifiques assistaient Ă  ce qu’ils nomment Ă  prĂ©sent, la masse critique, c’est-Ă -dire le partage de l’information spontanĂ©e sans passer par la communication habituelle. L’information se trouve soudainement accessible Ă  la conscience oĂč que l’on se trouve.”



NAMOUSS LE MOUCHERON ET L’ELEPHANT – Conte soufi

Il Ă©tait une fois un moucheron. Il s’appelait Namouss mais on le connaissait sous le nom de Namouss le Perspicace, tant il Ă©tait fin et sensible. Un jour notre moucheron dĂ©cida, pour de bonnes et suffisantes raisons, et aprĂšs mĂ»re rĂ©flexion, de dĂ©mĂ©nager. Il choisit pour nouveau domicile un lieu qui lui convenait parfaitement : l’oreille d’un Ă©lĂ©phant. Il ne lui restait plus qu’à y transporter ses affaires : c’est ce qu’il fit sans tarder.

Namouss Ă©tait maintenant installĂ© dans sa vaste et agrĂ©able demeure. Les jours succĂ©dĂšrent aux jours. Il Ă©leva plusieurs gĂ©nĂ©rations de moucheronnets qu’il envoya affronter le monde. Il connut des moments difficiles, des moments heureux, Ă©prouva joie et chagrin, inquiĂ©tude et quiĂ©tude, toute la gamme des sentiments qui est le lot du moucheron oĂč qu’il se trouve.    

L’oreille de l’élĂ©phant Ă©tait son chez-soi, et, comme tous les vivants toujours et partout, il sentait (et ce sentiment persista jusqu’à devenir permanent) qu’il existait un rapport Ă©troit entre sa vie, son histoire, son ĂȘtre mĂȘme et le lieu oĂč il avait choisi de rĂ©sider. Il y faisait si agrĂ©ablement chaud ; l’oreille Ă©tait si accueillante, si vaste, elle avait Ă©tĂ© le thĂ©Ăątre de tant d’expĂ©riences !    

Naturellement, Namouss n’avait pas emmĂ©nagĂ© sans les cĂ©rĂ©monies d’usage. Il avait scrupuleusement respectĂ© les formes consacrĂ©es. C’est ainsi qu’avant d’entrer dans sa nouvelle demeure, il avait proclamĂ©, du haut de sa petite voix aiguĂ«, sa dĂ©cision : « Ô ElĂ©phant ! Sache que moi, et nul autre, Namouss le Moucheron, connu sous le nom de Namouss le Perspicace, j’ai l’intention d’élire domicile en ce lieu. Puisqu’il s’agit de ton oreille, je t’avertis, comme le veut la coutume, de mon irrĂ©vocable dĂ©cision. »

L’élĂ©phant n’avait pas soulevĂ© d’objection. Ce que Namouss ne savait pas, c’est que l’élĂ©phant n’avait rien entendu. Pas plus, d’ailleurs, qu’il n’avait perçu l’arrivĂ©e, la prĂ©sence ou l’absence du moucheron et de ses progĂ©nitures. Pour ne pas trop nous Ă©tendre lĂ -dessus, disons qu’il ignorait absolument que des moucherons se trouvaient lĂ .

Et quand Namouss le Perspicace dĂ©cida qu’il Ă©tait temps de partir, pour des raisons qu’il jugeait importantes et irrĂ©futables, il se dit qu’il devrait une fois encore procĂ©der selon la coutume Ă©tablie et sacro-sainte. Il se prĂ©para pour la cĂ©rĂ©monie au cours de laquelle il dĂ©clarerait solennellement son intention de quitter l’accueillante oreille.    

Quand sa dĂ©cision fut prise irrĂ©vocablement et qu’il eut suffisamment prĂ©parĂ© son discours, il cria de nouveau dans l’oreille de son hĂŽte. Il cria une fois, il n’y eut pas de rĂ©ponse. Il cria une deuxiĂšme fois, l’élĂ©phant resta silencieux. La troisiĂšme fois, poussant sa voix trĂšs haut pour ĂȘtre sĂ»r de se faire entendre, il hurla : « O ElĂ©phant ! Sache que moi, Namouss le Moucheron perspicace, j’ai l’intention de quitter mon foyer, ma demeure, de m’en aller d’ici, de cette oreille qui est tienne, oĂč il y a si longtemps que je vis, et ce pour une importante et suffisante raison que je suis prĂȘt Ă  t’expliquer

Cette fois, le pachyderme perçut le son de la voix de Namouss. Il pesait les mots du moucheron, lorsque ce dernier interrompit sa rĂ©flexion : « Qu’as-tu Ă  dire en rĂ©ponse Ă  cette information ? Que penses-tu de mon dĂ©part ? » L’élĂ©phant leva sa grosse tĂȘte et poussa quelques barrissements. Et ces barrissements signifiaient : « Va en paix : Ă  dire vrai, ton dĂ©part a aussi peu d’intĂ©rĂȘt et d’importance pour moi que ton arrivĂ©e. »



QUAND LES EAUX FURENT CHANGEES

En des temps trĂšs anciens, Khidr, le maĂźtre de MoĂŻse, avertit les humains qu’un jour prochain l’eau de la Terre disparaĂźtrait, hormis celle qui aurait Ă©tĂ© mise en rĂ©serve : elle serait remplacĂ©e par une eau diffĂ©rente qui rendrait les hommes fous. Seul un homme l’entendit. Il recueillit de l’eau en grande quantitĂ© et la conserva en lieu sĂ»r. Puis il reprit le cours normal de sa vie en attendant le jour oĂč l’eau de la Terre changerait de nature.

À la date fixĂ©e, les riviĂšres cessĂšrent de couler, les puits se tarirent, et l’homme qui avait Ă©coutĂ©, voyant cela arriver, gagna sa retraite et but l’eau qu’il avait recueillie. Quand il vit, de son refuge, les torrents se remettre Ă  couler, il revint parmi les hommes, et constata qu’ils pensaient et parlaient dĂ©sormais d’une façon tout Ă  fait diffĂ©rente et ne gardaient aucun souvenir de ce qui s’était passĂ©, ni de l’avertissement qu’ils avaient reçu. Quand il voulut leur dire ce qu’il savait, ils le crurent fou. Il Ă©tait en butte Ă  l’hostilitĂ© des uns ; Ă  d’autres, il inspirait de la compassion ; il ne pouvait se faire comprendre de personne.

Il ne but pas une goutte de leur eau : chaque jour il retournait Ă  sa cachette et puisait dans ses rĂ©serves. Puis il finit par se dire qu’il ferait mieux de boire l’eau nouvelle : il ne pouvait plus supporter l’impression de solitude qu’il ressentait Ă  vivre, se comporter, penser diffĂ©remment de tous les autres. Il but de l’eau nouvelle, devint semblable Ă  eux, oublia tout de sa rĂ©serve d’eau originelle. Ses frĂšres humains le regardĂšrent alors comme un fou qui aurait miraculeusement recouvrĂ© la raison.



COMMENT ATTRAPER LES SINGES

Il Ă©tait une fois un singe qui aimait les cerises. Un jour, il en vit une appĂ©tissante qu’il dĂ©cida de cueillir ; mais il s’aperçut que le fruit Ă©tait dans une bouteille en verre.

Il compris qu’il ne pourrait l’attraper qu’en passant sa main par le goulot de la bouteille. Une fois la main refermĂ©e sur la cerise, il ne put retirer le poing car l’ouverture Ă©tait trop Ă©troite. 

Ceci Ă©tait un piĂšge conçut par un chasseur qui savait comment PENSENT les singes. Le chasseur vint prendre le singe qui tenta de s’enfuir mais qui, prisonnier de la bouteille, ne pensa pas à lĂącher la cerise.

Il ne put courir assez vite et se fit attraper. Le singe pensait sa main emprisonnĂ©e mais du moins, il tenait toujours la cerise. Le chasseur, d’un coup sec, lui fit lĂącher prise. Le singe Ă©tait libĂ©rĂ© de la bouteille 
 mais prisonnier du chasseur.

Le chasseur s’était servi d’une cerise et d’une bouteille qui Ă©taient toujours en sa possession.



LE PLUS GRAND DES MIRACLES

Un jour, deux disciples discutaient des mérites de leurs maßtres respectifs.

Le premier dit : Mon maĂźtre fait des miracles. Rien n’est impossible pour lui. J’ai personnellement assistĂ© Ă  beaucoup de merveilles. Et ton maĂźtre, en quoi est-il exceptionnel ? Quels sont ses pouvoirs ?

Le deuxiĂšme disciple qui avait Rinzai pour maĂźtre rĂ©pondit : Le plus grand des miracles accomplis par mon maĂźtre est qu’il n’en fait pas.



HISTOIRE DE NOËL

Il y a de cela plusieurs années, un pÚre a puni sa fillette de quatre ans pour avoir inutilement dépensé un rouleau de papier doré.

L’argent se faisait rare et il n’a pas pu supporter que la fillette utilise le papier pour dĂ©corer une boite-cadeau qu’elle voulait mettre sous l’arbre de NoĂ«l.

Le lendemain matin, la petite fille a apportĂ© le cadeau Ă  son pĂšre en lui disant : « C’est pour toi papa ! »

EmbarrassĂ©, le pĂšre a regrettĂ© sa rĂ©action trop vive. Toutefois, cette derniĂšre s’est ravivĂ© et n’a fait qu’empirer quand il a dĂ©couvert que la boĂźte Ă©tait vide.

Il a alors criĂ© Ă  sa fille : « Ne sais-tu pas que, quand on offre un cadeau, il doit toujours y avoir quelque chose dans la boĂźte? »

La fillette, les yeux pleins d’eau, a alors regardé son pĂšre et lui a dit :

« Mais papa, la boĂźte n’est pas vide, je l’ai remplie de baisers, juste pour toi ! »

En entendant cela, le pĂšre est devenu tout Ă  l’envers. Il a enlacĂ© sa fille, la priant de lui pardonner sa rĂ©action. Peu de temps aprĂšs, un accident a fauchĂ© la fillette.

Le pĂšre a longtemps gardĂ© la boĂźte, tout prĂšs de son lit. Chaque fois que le dĂ©couragement l’assaillait, il prenait la boĂźte, en tirait un baiser imaginaire et se rappelait l’amour que la fillette y avait mis.



LA VALEUR

Lao-tseu voyageait un jour avec ses disciples. Ils rencontrĂšrent des bĂ»cherons qui venaient d’abattre tous les arbres d’un bois, Ă  l’exception d’un seul.

L’arbre qui avait Ă©chappĂ© au massacre Ă©tait immense, si grand qu’une foule pouvait s’asseoir dans son ombre.

Lao-tseu envoya ses disciples s’enquĂ©rir de la raison du privilĂšge accordĂ© Ă  cet arbre.

Les bĂ»cherons expliquĂšrent qu’il ne valait rien. Il Ă©tait inutilisable en menuiserie, son tronc et ses branches Ă©tant trop noueux. Comme combustible il Ă©tait Ă©galement sans intĂ©rĂȘt, en brĂ»lant, il dĂ©gageait une fumĂ©e qui irritait les yeux. VoilĂ  pourquoi nul ne se donnait la peine de le couper.

Cela amusa beaucoup Lao-tseu.

Soyez comme cet arbre, dit-il Ă  ses disciples. Si vous ĂȘtes utiles, on vous abattra et vous servirez de mobilier dans la maison de quelqu’un d’autre. Si vous ĂȘtes beau, on vous achĂštera comme objet dĂ©coratif.

Suivez l’exemple de cet arbre, n’ayez aucune utilitĂ©. Vous grandirez en paix et un jour des milliers de personnes savoureront l’ombre que vous projetterez.



LES PORTES DU PARADIS

Le maĂźtre zen Hakuin Ă©tait d’une qualitĂ© rarissime.

Un jour, un samurai lui demanda : Est-ce que l’enfer existe ? Et le paradis ? Et si oui, oĂč se trouvent les portes ? Comment entrer ?

Le samurai avait un esprit simple comme tous les guerriers. Il ne s’embarrassait ni de philosophie ni d’arithmĂ©tiques, seules la vie et la mort l’intĂ©ressaient. Il ne souhaitait pas assimiler une doctrine, mais savoir comment entrer au ciel et Ă©viter l’enfer.

Pour répondre, Hakuin adopta un langage à portée du samurai.

– Qui es-tu ? demanda-t-il.

– Je suis un samurai, rĂ©pondit l’homme.

Au Japon, le samurai est le guerrier parfait qui n’hĂ©site pas une seconde Ă  donner sa vie.

– Je suis le premier des Samurais, poursuivit fiĂšrement le visiteur, mĂȘme l’empereur me respecte.

– Toi, un samurai ? se moqua Hakuin. Tu as plutĂŽt l’air d’un gueux.

Blessé dans son amour-propre, le samurai oublia le motif de sa venue et dégaina son épée.

– VoilĂ  une porte, fit Hakuin en souriant. L’Ă©pĂ©e, la colĂšre, la vanitĂ©, l’ego sont les portes de l’enfer.

Le samurai comprit et remit l’Ă©pĂ©e dans son fourreau.

– VoilĂ  l’autre porte, celle du paradis, commenta Hakuin



LE JUGEMENT

Un pauvre chinois suscitait la jalousie des plus riches du pays parce qu’il possĂ©dait un cheval blanc extraordinaire. Chaque fois qu’on lui proposait une fortune pour l’animal, le vieillard rĂ©pondait : Ce cheval est beaucoup plus qu’un animal pour moi, c’est un ami, je ne peux pas le vendre.

Un jour, le cheval disparut. Les voisins rassemblĂ©s devant l’Ă©table vide donnĂšrent leur opinion : Pauvre idiot, il Ă©tait prĂ©visible qu’on te volerait cette bĂȘte. Pourquoi ne l’as-tu pas vendue ? Quel malheur !

Le paysan se montra plus circonspect : N’exagĂ©rons rien, dit-il. Disons que le cheval ne se trouve plus dans l’Ă©table. C’est un fait. Tout le reste n’est qu’une apprĂ©ciation de votre part. Comment savoir si c’est un bonheur ou un malheur ? Nous ne connaissons qu’un fragment de l’histoire. Qui sait ce qu’il adviendra ?

Les gens se moquĂšrent du vieil homme. Ils le considĂ©raient depuis longtemps comme un simple d’esprit.

Quinze jours plus tard, le cheval blanc revint. Il n’avait pas Ă©tĂ© volĂ©, il s’Ă©tait tout simplement mis au vert et ramenait une douzaine de chevaux sauvages de son escapade. Les villageois s’attroupĂšrent de nouveau :

Tu avais raison, ce n’Ă©tait pas un malheur, mais une bĂ©nĂ©diction ! Je n’irais pas jusque lĂ©, fit le paysan. Contentons-nous de dire que le cheval blanc est revenu. Comment savoir si c’est une chance ou une malchance ? Ce n’est qu’un Ă©pisode. Peut-on connaĂźtre le contenu d’un livre en ne lisant qu’une phrase ?

Les villageois se dispersÚrent, convaincus que le vieil homme déraisonnait. Recevoir douze beaux chevaux était indubitablement un cadeau du ciel, qui pouvait le nier ?

Le fils du paysan entreprit le dressage des chevaux sauvages. L’un d’eux le jeta par terre et le piĂ©tina.

Les villageois vinrent une fois de plus donner leur avis : Pauvre ami ! Tu avais raison, ces chevaux sauvages ne t’ont pas portĂ© chance. Voici que ton fils unique est estropiĂ©. Qui donc t’aidera dans tes vieux jours ? Tu es vraiment Ă  plaindre.

Voyons, rĂ©torqua le paysan, n’allez pas si vite. Mon fils a perdu l’usage de ses jambes, c’est tout. Qui dira ce que cela nous aura apportĂ© ? La vie se prĂ©sente par petits bouts, nul ne peut prĂ©dire l’avenir.

Quelque temps plus tard, la guerre Ă©clata et tous les jeunes gens du village furent enrĂŽlĂ©s dans l’armĂ©e, saut l’invalide.

Vieil homme, se lamentĂšrent les villageois, tu avais raison, ton fils ne peut plus marcher, mais il reste auprĂšs de toi tandis que nos fils vont se faire tuer.

Je vous en prie, rĂ©pondit le paysan, ne jugez pas hĂątivement. Vos jeunes sont enrĂŽlĂ©s dans l’armĂ©e, le mien reste Ă  la maison, c’est tout ce que nous puissions dire. Dieu seul sait si c’est un bien ou un mal.



DIEU FAIT TOUT POUR LE MIEUX – SWAMI RAMDAS

Un monarque hindou avait un ministre qui Ă©tait cĂ©lĂšbre pour sa sagesse et qu’on venait consulter de loin. A tous ceux qui, dans le dĂ©sespoir et le malheur, lui demandaient conseil, il disait invariablement : Dieu fait tout pour le mieux.

Un jour, le roi emmena son ministre Ă  la chasse dans la jungle. En traquant un fauve, le souverain et le sage furent sĂ©parĂ©s de la suite royale, et finirent par s’égarer au cƓur de l’immense forĂȘt. Vers midi, la chaleur devint accablante. HarassĂ© et affamĂ©, le roi s’écroula de dĂ©couragement Ă  l’ombre d’un arbre. Ministre, gĂ©mit-il, je suis Ă  bout de force et j’ai affreusement faim ! Essaye de me trouver quelque chose Ă  manger.

Le ministre alla cueillir des fruits qu’il offrit Ă  son maĂźtre mais celui-ci, dans un accĂšs de fĂ©brilitĂ© gloutonne, fit un faux mouvement avec son couteau et se trancha un doigt. O ministre, que j’ai mal ! cria-t-il, en serrant son membre mutilĂ© qui saignait abondamment.

L’autre se contenta de dire paisiblement : Dieu fait tout pour le mieux.

Ces paroles eurent le don d’exaspĂ©rer le roi, dĂ©jĂ  furieux de sa mĂ©saventure. Fou de rage, il bondit sur le ministre et le roua de coups en hurlant : MisĂ©rable crĂ©tin ! J’en ai assez de ta philosophie ! Je suis en proie aux pires souffrances, et ce que tu trouves Ă  dire pour me soulager, c’est : Dieu fait tout pour le mieux ! Va t-en au diable ! Je ne veux plus jamais te voir ni entendre parler de toi ! Le ministre se retira aussitĂŽt, en rĂ©pĂ©tant tranquillement : Dieu fait tout pour le mieux !

RestĂ© seul, le monarque se confectionna un bandage avec un lambeau de sa tunique, en roulant d’amĂšres pensĂ©es.  Soudain, deux robustes gaillards surgissant des fourrĂ©s se prĂ©cipitĂšrent sur lui et le ligotĂšrent promptement. Le roi n’était guĂšre en Ă©tat de se battre, et ces hommes Ă©taient des colosses.

Quelles sont vos intentions ? Que voulez-vous de moi ? demanda le souverain effrayé.

Nous allons t’offrir en sacrifice Ă  notre grande dĂ©esse Kali. Chaque annĂ©e Ă  cette mĂȘme date, nous avons coutume de lui rendre ainsi hommage. Et nous cherchions justement une victime convenable, quand un hasard propice nous a guidĂ© vers toi.

C’est impossible ! protesta le captif horrifiĂ©. Vous ne savez pas Ă  qui vous avez affaire ! Je suis le roi de ce pays ! vous devez me relĂącher !

Ah ! Fort bien ! s’esclaffĂšrent les deux gĂ©ants. Notre vĂ©nĂ©rable Kali sera particuliĂšrement contente, lorsqu’elle verra quel personnage important nous lui offrons cette annĂ©e ! Allons suis-moi ! Toute rĂ©sistance est inutile.

Le monarque atterrĂ©, fut traĂźnĂ© jusqu’au temple de la dĂ©esse et placĂ© sur l’autel. Le prĂȘtre s’apprĂȘtait Ă  lever son poignard, lorsqu’il remarqua le bandage encore tout maculĂ© que portait la victime. Ayant constatĂ© qu’un morceau de doigt manquait au prince, il le fit sur-le-champ libĂ©rer, en disant : Cet individu n’est pas digne de notre grande dĂ©esse ! Nous devons offrir Ă  Kali un homme entier, parfaitement constituĂ©. Celui-ci ne convient guĂšre. Qu’il s’en aille !

Le roi se hĂąta de dĂ©guerpir, ravi d’avoir Ă©chappĂ© de justesse Ă  un sort si funeste. Et il se mit Ă  songer aux paroles de son ministre : Dieu fait tout pour le mieux. Ne serait-il pas maintenant dĂ©pecĂ© sur l’autel de Kali, s’il ne s’était coupĂ© un doigt par une heureuse inadvertance ?

Se reprochant vivement la maniĂšre dont il l’avait insultĂ© et brutalisĂ© son conseiller, il sillonna la forĂȘt en appelant le ministre, afin de rĂ©parer au plus vite son injustice.

Il finit par dĂ©couvrir le sage qui mĂ©ditait dans une clairiĂšre. Le roi l’embrassa en le suppliant de lui pardonner son erreur. Puis il lui raconta son aventure, et comment les adorateurs de Kali l’avaient relĂąchĂ©, grĂące Ă  sa mutilation. Sire, je n’ai rien Ă  vous pardonner, dit le ministre, et vous ne m’avez nullement offensĂ©. Bien au contraire, c’est moi qui vous doit la vie. Si vous ne m’aviez pas chassĂ©, j’aurais Ă©tĂ© capturĂ© avec vous, et les sectateurs de la dĂ©esse m’auraient forcĂ©ment immolĂ© Ă  votre place, puisque mon corps est intact. Ainsi vraiment, Dieu fait tout pour le mieux !



LA PRIÈRE

MoĂŻse fut un jour sidĂ©rĂ© en entendant quelqu’un prier. Non seulement ce que disait l’homme Ă©tait absurde, par surcroĂźt il insultait Dieu !

Laisse-moi m’approcher de toi, mon Dieu, implorait l’homme. Je promets de laver ton corps quand il sera sale. Si tu as des poux, je t’en dĂ©barrasserai. Je suis cordonnier de mĂ©tier, je te confectionnerai de bonnes chaussures. Personne ne prend soin de toi, mon Dieu. Moi je te servirai ! Quand tu seras malade, je te soignerai et t’apporterai un remĂšde. J’ajoute que je suis plutĂŽt bon cuisinier.

MoĂŻse n’y tint plus. Tais-toi ! cria-t-il. ArrĂȘte de dĂ©biter tes sornettes. Te rends-tu compte de ce que tu dis ? Dieu a-t-il des poux ? Ses vĂȘtements sont-ils sales ? A-t-il besoin de toi pour se nourrir ? Qui t’a appris cette priĂšre blasphĂ©matoire ?

Personne, rĂ©pondit l’homme. Je suis pauvre et ignorant, on ne m’a rien inculquĂ©. Je ne parle que de ce que je connais. Les poux m’accablent, alors je me dis qu’ils doivent aussi dĂ©ranger Dieu. Ce que je mange n’est pas trĂšs bon, cela me donne des aigreurs. Dieu en souffre peut-ĂȘtre aussi. J’ai pris mes propres expĂ©riences pour en faire une priĂšre. Mais si tu peux m’apprendre quelque chose de mieux, je t’en serais reconnaissant.

MoĂŻse lui enseigna une belle priĂšre. L’homme s’inclina devant lui et le remercia, le cƓur dĂ©bordant de gratitude. Le patriarche Ă©tait trĂšs satisfait, convaincu d’avoir accompli une bonne action. Il leva les yeux au ciel pour voir si Dieu Ă©tait content de lui.

Or, Dieu Ă©tait furieux !

Je t’ai donnĂ© pour mission d’amener les gens vers moi, tonna-t-il, et voici que tu Ă©loignes un de mes meilleurs dĂ©vots ! Ce que tu lui as appris n’est pas une priĂšre. La priĂšre n’a rien Ă  voir avec la Loi, elle est amour. L’amour est sa propre loi, il ne lui en faut aucune autre. Avec l’amour survient la grĂące. Avec l’amour apparaĂźt la vĂ©ritĂ©.



LE FILS DE NASREDDINE

Le fils de Nasreddine avait treize ans. Il ne se croyait pas beau. Il Ă©tait mĂȘme tellement complexĂ© qu’il refusait de sortir de la maison.

« Les gens vont se moquer de moi « , disait-il sans arrĂȘt.

Son pĂšre lui rĂ©pĂ©tait toujours qu’il ne faut pas Ă©couter ce que disent les gens parce qu’ils critiquent souvent Ă  tort et Ă  travers, mais le fils ne voulait rien entendre.

Nasreddine dit alors Ă  son fils : « Demain, tu viendras avec moi au marchĂ©. »

Fort tĂŽt le matin, ils quittĂšrent la maison. Nasreddine Hodja s’installa sur le dos de l’Ăąne et son fils marcha Ă  cĂŽtĂ© de lui. A l’entrĂ©e de la place du marchĂ©, des hommes Ă©taient assis Ă  bavarder. A la vue de Nasreddine et de son fils, ils lĂąchĂšrent la bride Ă  leurs langues : « Regardez cet homme, il n’a aucune pitiĂ© ! Il s’est bien reposĂ© sur le dos de son Ăąne et il laisse son pauvre fils marcher Ă  pied. Pourtant, il a dĂ©jĂ  bien profitĂ© de la vie, il pourrait laisser la place aux plus jeunes. » Nasreddine dit Ă  son fils : « As-tu bien entendu ? Demain, tu viendras avec moi au marchĂ© ! »

Le deuxiĂšme jour, Nasreddine et son fils firent le contraire de ce qu’ils avaient fait la veille : le fils monta sur le dos de l’Ăąne et Nasreddine marcha Ă  cĂŽtĂ© de lui.

A l’entrĂ©e de la place, les mĂȘmes hommes Ă©taient lĂ . Ils s’Ă©criĂšrent Ă  la vue de Nasreddine et de son fils :  » Regardez cet enfant, il n’a aucune Ă©ducation, aucune politesse. Il est tranquille sur le dos de l’Ăąne, alors que son pĂšre, le pauvre vieux, est obligĂ© de marcher Ă  pied !  » Nasreddine dit Ă  son fils :  » As-tu bien entendu ? Demain, tu viendras avec moi au marchĂ© ! « 

Le troisiĂšme jour, Nasreddine Hodja et sont fils sortirent de la maison Ă  pied en tirant l’Ăąne derriĂšre eux, et c’est ainsi qu’ils arrivĂšrent sur la place. Les hommes se moquĂšrent d’eux :  » Regardez ces deux imbĂ©ciles, ils ont un Ăąne et ils n’en profitent mĂȘme pas. Ils marchent Ă  pied sans savoir que l’Ăąne est fait pour porter les hommes. « 

Nasreddine dit Ă  son fils : « As-tu bien entendu ? Demain, tu viendras avec moi au marché ! « 

Le quatriĂšme jour, lorsque Nasreddine et son fils quittĂšrent la maison, ils Ă©taient tous les deux juchĂ©s sur le dos de l’Ăąne. A l’entrĂ©e de la place, les hommes laissĂšrent Ă©clater leur indignation :  » Regardez ces deux-lĂ , ils n’ont aucune pitiĂ© pour cette pauvre bĂȘte ! »

Nasreddine dit Ă  son fils :  » As-tu bien entendu ? Demain, tu viendras avec moi au marché ! « 

Le cinquiĂšme jour, Nasreddine et son fils arrivĂšrent au marchĂ© portant l’Ăąne sur leurs Ă©paules. Les hommes Ă©clatĂšrent de rire : « Regardez ces deux fous ; il faut les enfermer. Ce sont eux qui portent l’Ăąne au lieu de monter sur son dos. « 

Et Nasreddine Hodja dit Ă  son fils : « As-tu bien entendu ?

Quoi que tu fasses dans ta vie, les gens trouveront toujours Ă  redire et Ă  critiquer. ‹Il ne faut pas Ă©couter ce que disent les gens. « 



AU-DELÀ DE L’AVIDITÉ

Un jour, Narada, le grand mystique indien, Ă©tait en route vers Dieu.

Il marchait dans la forĂȘt en jouant de la vĂźna, lorsqu’il aperçut un vieil ascĂšte assis sous un arbre.

Le vieillard lui dit : Je t’en prie, pose une question Ă  Dieu pour moi. Depuis trois vies, je fais tout ce qui est en mon pouvoir, que faut-il de plus ? Quand donc serai-je libĂ©rĂ© ?

Narada acquiesça et s’Ă©loigna en riant.

Un peu plus loin, il vit un jeune homme en train de danser et de chanter en s’accompagnant Ă  l’ektĂąr.

Narada le taquina : Aimerais-tu toi aussi poser une question à Dieu ?

Le jeune homme continua Ă  danser comme s’il n’avait pas entendu.

Quelques jours plus tard, Narada revint. Au vieil homme, il annonça que Dieu lui imposait trois vies supplémentaires.

Pris de rage, l’ascĂšte jeta son chapelet et ses saintes Ă©critures par terre : C’est inadmissible ! C’est injuste ! Encore trois vies !

Narada se tourna ensuite vers le jeune homme qui dansait comme Ă  l’accoutumĂ©e : Bien que tu ne m’aies chargĂ© d’aucune mission, je me suis permis d’interroger Dieu. Vu la rĂ©action de l’ascĂšte, j’hĂ©site un peu Ă  te rĂ©vĂ©ler ce que j’ai appris. Comme le danseur ne lui prĂȘtait aucune attention, Narada poursuivit : Dieu m’a demandĂ© de te dire que tes vies Ă  venir sont aussi nombreuses que les feuilles de l’arbre sous lequel tu danses pour le moment.

Le jeune homme se mit Ă  tournoyer extatiquement : Pas plus que cela ? Il y a tant d’arbres dans le monde et une telle multitude de feuilles… Celles d’un seul arbre suffisent donc pour compter le temps qu’il me reste Ă  traverser ? La prochaine fois que tu verras Dieu, remercie-Le pour moi !

Le jeune homme fut dĂ©livrĂ© sur-le-champ des tĂ©nĂšbres de l’inconscience. Quand la foi est totale, le temps n’a plus de raison d’ĂȘtre. Par contre, si vous n’avez pas confiance, trois vies sont de loin insuffisantes.



L’ANXIETE

Dans un autobus, une passagĂšre est tellement nerveuse qu’elle importune continuellement le chauffeur : Monsieur, oĂč sommes-nous ? Quel est l’arrĂȘt que nous venons de quitter ? Et le suivant ?

Un voisin essaie de la rassurer : DĂ©tendez-vous, madame, le chauffeur annonce chaque arrĂȘt Ă  temps. Si vous ĂȘtes vraiment inquiĂšte, nous pouvons lui demander de vous avertir quand il vous faudra descendre.

– Oh oui ! S’il vous plaĂźt, c’est trĂšs aimable, je suis extrĂȘmement pressĂ©e et ne peux me permettre de rater l’arrĂȘt.

– A votre service, Madame, dit le conducteur. J’annonce de toute façon les haltes, mais je vous appellerai quand le moment sera venu. OĂč voulez-vous descendre ?

– Merci, monsieur, un grand merci d’avance, fait la vieille dame en Ă©pongeant son front couvert de sueur, notez s’il vous plaĂźt que je dois descendre au terminus.



L’ART D’ÊTRE DISCIPLE

Lorsque le grand mystique soufi Hassan fut sur son lit de mort, quelqu’un lui demanda qui avait Ă©tĂ© son maĂźtre.

Hassan rĂ©pondit : J’ai eu tant de maĂźtres que citer leur nom prendrait des annĂ©es. Il est trop tard Ă  prĂ©sent. Je vais cependant vous parler de trois d’entre eux.

Le premier Ă©tait un voleur.

Un jour, je me perdis dans le dĂ©sert. Lorsque j’atteignis enfin un village, il faisait nuit noire et les habitants Ă©taient couchĂ©s depuis longtemps. Un seul homme Ă©tait encore debout, en train de percer la porte d’une maison. Je lui demandai s’il pouvait m’indiquer un endroit oĂč passer la nuit. Vous ne trouverez plus rien Ă  cette heure-ci, me rĂ©pondit-il, mais si vous n’y voyez pas d’inconvĂ©nient, vous pouvez venir chez moi. Je suis un voleur.

Cet homme Ă©tait remarquable, je suis restĂ© un mois entier sous son toit. A la nuit tombĂ©e, il m’annonçait : Je vais travailler. Reposez-vous et priez. A son retour, je lui demandais si tout c’Ă©tait bien passĂ©. Il me rĂ©pondait chaque fois : Cette nuit, je n’ai rien trouvĂ©. Demain peut-ĂȘtre, si Dieu le veut… Jamais je ne l’ai vu se dĂ©courager, il Ă©tait toujours content. Pendant des annĂ©es, j’ai mĂ©ditĂ© sans interruption. Rien ne se produisait. Souvent, j’ai Ă©tĂ© au bord du dĂ©sespoir et Ă  deux doigts de tout laisser tomber. Au dernier moment, je me rappelais ce voleur et les paroles qu’il prononçait en rentrant chez lui aprĂšs une nuit infructueuse : « Demain je rĂ©ussirai, si Dieu le veut. »

Le deuxiĂšme maĂźtre dont je veux vous parler Ă©tait un chien.

En m’approchant d’une riviĂšre pour me dĂ©saltĂ©rer, je vis un chien assoiffĂ© comme moi. Il se pencha sur l’eau et fut effrayĂ© par son reflet. Il aboya et recula. Mais il avait tellement soif qu’il revint. MalgrĂ© ses craintes, il sauta dans l’eau. L’image redoutable disparut immĂ©diatement. Je compris que Dieu me faisait parvenir un message : « Saute en dĂ©pit de ta peur. »

Le troisiÚme maßtre était un petit garçon.

Il se rendait Ă  la mosquĂ©e, une bougie allumĂ©e Ă  la main. J’eus envie de l’instruire. As-tu allumĂ© la bougie toi-mĂȘme ? lui demandai-je. Oui, monsieur, fut la rĂ©ponse. Je poursuivis : Ainsi donc, cette bougie qui n’Ă©tait pas allumĂ©e est devenue une bougie allumĂ©e. Peux-tu m’indiquer la source de la lumiĂšre ? Le garçon se mit Ă  rire et souffla la bougie. Vous avez vu la flamme s’Ă©teindre, me dit-il. OĂč la lumiĂšre est-elle partie ? Dites-le-moi !

Mon ego eut le bec clouĂ©, toute mon Ă©rudition s’Ă©croula. Je compris soudain ma propre stupiditĂ© et renonçai Ă  prĂ©tendre savoir quelque chose.

En vĂ©ritĂ©, je n’ai pas eu un maĂźtre dĂ©terminĂ©. Cela ne signifie pas que je ne fus pas un disciple. J’ai acceptĂ© l’existence tout entiĂšre comme maĂźtre. Et cet abandon Ă©tait un engagement profond. J’ai fait confiance aux nuages, aux arbres. J’ai dit oui Ă  la vie en tant que telle. Je n’ai pas eu un maĂźtre, j’en ai eu des milliers. Tout et n’importe quoi m’a procurĂ© un enseignement.



LA COMPRÉHENSION

Deux moines zen s’apprĂȘtaient Ă  traverser une riviĂšre Ă  guĂ©. Une belle jeune femme les rejoignit. Elle aussi devait passer sur l’autre rive, mais la violence du courant l’effrayait. Un des moines la chargea sur ses Ă©paules et la dĂ©posa de l’autre cĂŽtĂ©. Son compagnon n’avait pas desserrĂ© les dents. Il fulminait : un moine bouddhiste n’Ă©tait pas autorisĂ© Ă  toucher une femme et voici que celui-lĂ  en portait une sur ses Ă©paules !

Des heures plus tard, en arrivant en vue du monastĂšre, le moine puritain annonça : Je vais informer le maĂźtre de ce qui s’est passĂ©. Ce que tu as fait est interdit !

Le moine secourable s’Ă©tonna : De quoi parles-tu ? Qu’est-ce qui est interdit ?

As-tu oubliĂ© ce que tu as fait ? s’indigna l’autre. Tu as portĂ© une belle jeune femme sur tes Ă©paules !

Ah oui, bien sĂ»r, se souvint le premier en riant. Il y a belle lurette que je l’ai laissĂ©e au bord de la riviĂšre. Mais, toi, la portes-tu toujours ?



LA CONFIANCE

Lorsque Milarepa s’Ă©tablit auprĂšs de son maĂźtre au Tibet, il Ă©tait si humble, pur, sincĂšre que les autres disciples en conçurent une jalousie mortelle. Ils se rendaient compte que Milarepa succĂ©derait au maĂźtre et dĂ©cidĂšrent que le nouveau-venu devait mourir. Milarepa Ă©tait profondĂ©ment confiant. Un jour, ses compagnons lui dirent : Oserais-tu sauter de cette falaise ? Si tu as vraiment foi dans le maĂźtre, rien de mal ne peut t’arriver.

Milarepa sauta sans la moindre hésitation. Les disciples descendirent dans la vallée, impatients de voir le cadavre de leur souffre-douleur. Ils trouvÚrent Milarepa en extase, assis sous un arbre dans la position du lotus. Il les accueillit par ces paroles : Vous aviez raison, la foi donne des ailes.

Les disciples crurent à un concours inhabituel de circonstances et attendirent une autre occasion. Un jour, un incendie éclata. Si tu aimes le maßtre et as vraiment confiance en lui, le feu ne peut te brûler, dirent-ils à Milarepa. Entre dans le brasier.

Milarepa y alla et ressortit indemne avec une femme et un enfant sauvĂ©s des flammes. La haine grandit dans le cƓur des disciples, tandis que Milarepa rayonnait, plus confiant que jamais.

Un autre jour, ils voyageaient tous ensemble et arrivĂšrent au bord d’une riviĂšre. Milarepa, dĂ©clarĂšrent les disciples, tu n’as pas besoin de barque. Un homme aussi confiant que toi traverse la riviĂšre en marchant sur les flots.

Milarepa s’exĂ©cuta en chantonnant le nom du maĂźtre. Pour la premiĂšre fois, le maĂźtre remarqua l’Ă©trange disciple. Ce que je viens de voir est Ă©tonnant, dit-il. Comment as-tu fait ?

Maßtre, répondit Milarepa, ce miracle est un effet de votre pouvoir.

Le maĂźtre rĂ©flĂ©chit : Si mon nom et mon pouvoir ont aidĂ© cet homme stupide et ignorant, ils m’aideront mille fois plus. II s’engagea dans le courant et disparut sans laisser de traces.



JE VOUS SOUHAITE – JACQUES BREL

Je vous souhaite des rĂȘves Ă  n’en plus finir
et l’envie furieuse d’en rĂ©aliser quelques-uns.
Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer
et d’oublier ce qu’il faut oublier.
Je vous souhaite des silences,
Je vous souhaite des chants d’oiseaux au rĂ©veil, des rires aussi.
Je vous souhaite de rĂ©sister Ă  l’indiffĂ©rence.
Je vous souhaite surtout d’ĂȘtre vous…



L’IMITATION

Le maĂźtre Gutei levait l’index chaque fois qu’il clarifiait un point de l’enseignement zen. Un jeune disciple se mit Ă  faire comme lui et quand on lui demandait de quoi le maĂźtre avait parlĂ©, il rĂ©pondait en levant l’index.

Gutei apprit la chose. Un jour, il surprit le jeune disciple en train de pĂ©rorer, l’index pointĂ© vers le haut. Il sortit un couteau de sa poche et lui trancha le doigt. Le garçon s’enfuit en hurlant. Gutei cria :  » Stop ! 


L’enfant s’arrĂȘta, se retourna et, Ă  travers ses larmes, il vit le maĂźtre qui levait l’index en silence. Machinalement, il leva la main et se rappela subitement sa mutilation. Il s’inclina. Il avait atteint la plĂ©nitude de la conscience.

Un maĂźtre ne fait jamais rien pour rien, mĂȘme lever le doigt. Gutei n’avait pas tout le temps l’index dressĂ©, il le faisait uniquement lorsqu’il commentait l’un ou l’autre aspect du zen.

Pourquoi ? Tous vos problĂšmes proviennent de votre fragmentation. IntĂ©rieurement, vous ĂȘtes divisĂ©, chaotique. Qu’est-ce que la mĂ©ditation ? La restauration de l’unitĂ©, de l’harmonie. Les explications fournies par Gutei Ă©taient secondaires.

En levant l’index, il rappelait le point fondamental : « Soyez un et toutes vos difficultĂ©s disparaĂźtront. »

Le garçon imitait ce geste. Or, copier ne mĂšne nulle part, votre idĂ©al reste extĂ©rieur, ce n’est pas une rĂ©alitĂ© intĂ©rieure. La semence divine se trouve en vous, elle ne germera jamais si vous vous conformez aux autres. Le doigt du jeune novice symbolise l’imitation qu’il faut trancher net. Le garçon devait ĂȘtre secouĂ© de fond en comble et la souffrance se propager jusqu’aux racines de son ĂȘtre.

Ce fut un moment intense de prise de conscience, une mĂ©thode grandiose. Gutei cria : « Stop ! » et l’enfant soudain immobilisĂ© ne ressentit plus aucune douleur. Par habitude, voyant le maĂźtre lever le doigt, il en fit autant. Mais l’index avait disparu. Pour la premiĂšre fois, il comprit qu’il n’Ă©tait pas le corps, qu’il Ă©tait conscience pure, une Ăąme dont le corps est le vĂ©hicule. Vous ĂȘtes lumiĂšre. Vous n’ĂȘtes pas la lampe, mais la flamme.



LE BON SENS

Une nuit sans lune, deux voyageurs se perdirent dans la forĂȘt.

La situation Ă©tait critique, des tigres affamĂ©s rĂŽdaient dans les parages. Un des voyageurs Ă©tait un philosophe, un sceptique, l’autre un mystique, un homme de foi. L’orage Ă©clata.

Soudain, un éclair zébra le ciel et illumina la nuit. Le philosophe leva instantanément les yeux. Le mystique scruta le sentier devant ses pas.



LA PRIERE DU CHIEN

O seigneur, vous qui régnez sur toutes les créatures,
Faites que l’homme, mon maĂźtre, soit fidĂšle envers son prochain comme je le suis moi-mĂȘme envers lui.
Faites qu’il affectionne sa famille et ses amis comme je l’affectionne lui-mĂȘme.
Faites qu’il soit un gardien honnĂȘte des biens que vous lui avez confiĂ©s comme je le suis des siens.
Faites, o seigneur, qu’il soit prĂȘt Ă  sourire comme je suis prĂȘt Ă  remuer la queue.
Faites qu’il soit aussi prompt Ă  la gratitude que je suis prompt Ă  lui lĂ©cher la main.
Donnez-lui la mĂȘme patience que la mienne lorsque j’attends, sans me plaindre, son retour.
Donnez-lui mon courage et ma promptitude à tout sacrifier pour lui, tout confort et mĂȘme la vie.
Gardez-lui la jeunesse de mon cƓur et la gaietĂ© de mes pensĂ©es.
O Seigneur qui régnez sur toutes les créatures,
Faites qu’il reste toujours homme, comme je reste toujours chien.



LES YEUX DE L’AME

Deux hommes, tous les deux gravement malades, occupaient la mĂȘme chambre d’hĂŽpital. L’un d’eux devait s’asseoir dans son lit pendant une heure chaque aprĂšs-midi afin d’Ă©vacuer les sĂ©crĂ©tions de ses poumons. Son lit Ă©tait Ă  cĂŽtĂ© de la seule fenĂȘtre de la chambre.

L’autre homme devait passer ses journĂ©es couchĂ© sur le dos. Les deux compagnons d’infortune se parlaient pendant des heures. Ils parlaient de leurs Ă©pouses et familles, dĂ©crivaient leur maison, leur travail, leur participation dans le service militaire et les endroits oĂč ils avaient Ă©tĂ© en vacances.

Et chaque aprĂšs-midi, quand l’homme dans le lit prĂšs de la fenĂȘtre pouvait s’asseoir, il passait le temps Ă  dĂ©crire Ă  son compagnon de chambre tout ce qu’il voyait dehors.

L’homme dans l’autre lit commença Ă  vivre pour ces pĂ©riodes d’une heure oĂč son monde Ă©tait Ă©largi et Ă©gayĂ© par toutes les activitĂ©s et les couleurs du monde extĂ©rieur.

De la chambre, la vue donnait sur un parc avec un beau lac. Les canards et les cygnes jouaient sur l’eau tandis que les enfants faisaient voguer leurs bateaux, modĂšles rĂ©duits. Les amoureux marchaient bras dessus, bras dessous, parmi des fleurs aux couleurs de l’arc-en-ciel. De grands arbres dĂ©coraient le paysage et on pouvait apercevoir au loin la ville se dessiner.

Pendant que l’homme prĂšs de la fenĂȘtre dĂ©crivait tous ces dĂ©tails, l’homme de l’autre cĂŽtĂ© de la chambre fermait les yeux et imaginait la scĂšne pittoresque.

Lors d’un bel aprĂšs-midi, l’homme prĂšs de la fenĂȘtre dĂ©crivit une parade qui passait par-lĂ . Bien que l’autre homme n’ait pu entendre l’orchestre, il pouvait le voir avec les yeux de son imagination, tellement son compagnon le dĂ©peignait de façon vivante.

Les jours et les semaines passĂšrent. Un matin, Ă  l’heure du bain, l’infirmiĂšre trouva le corps sans vie de l’homme prĂšs de la fenĂȘtre, mort paisiblement dans son sommeil. AttristĂ©e, elle appela les prĂ©posĂ©s pour qu’ils viennent prendre le corps.

DĂšs qu’il sentit que le temps Ă©tait appropriĂ©, l’autre homme demanda s’il pouvait ĂȘtre dĂ©placĂ© Ă  cĂŽtĂ© de la fenĂȘtre. L’infirmiĂšre, heureuse de lui accorder cette petite faveur, s’assura de son confort, puis elle le laissa seul. Lentement, pĂ©niblement, le malade se souleva un peu, en s’appuyant sur un coude pour jeter son premier coup d’Ɠil dehors. Enfin il aurait la joie de voir par lui-mĂȘme ce que son ami lui avait dĂ©crit. Il s’Ă©tira pour se tourner lentement vers la fenĂȘtre prĂšs du lit. Or tout ce qu’il vit, fut
 un mur!

L’homme demanda Ă  l’infirmiĂšre pourquoi son compagnon de chambre dĂ©cĂ©dĂ© lui avait dĂ©peint une toute autre rĂ©alitĂ©. L’infirmiĂšre rĂ©pondit que l’homme Ă©tait aveugle et ne pouvait mĂȘme pas voir le mur.  » Peut-ĂȘtre, a-t-il seulement voulu vous encourager « , commenta-t-elle.

Il y a un bonheur extraordinaire Ă  rendre d’autres heureux, en dĂ©pit de nos propres Ă©preuves. La peine partagĂ©e rĂ©duit de moitiĂ© la douleur, mais le bonheur, une fois partagĂ©, s’en trouve doublĂ©.



MAUVAIS CARACTERE

C’est l’histoire d’un petit garçon qui avait mauvais caractĂšre.

Son pĂšre lui donna un sac de clous et lui dit qu’Ă  chaque fois qu’il perdrait patience, il devrait planter un clou derriĂšre la clĂŽture.

Le premier jour, le jeune garçon planta 37 clous derriĂšre la clĂŽture. Les semaines qui suivirent, Ă  mesure qu’il apprenait Ă  contrĂŽler son humeur, il plantait de moins en moins de clous derriĂšre la clĂŽture…

Il dĂ©couvrit qu’il Ă©tait plus facile de contrĂŽler son humeur que d’aller planter des clous derriĂšre la clĂŽture…

Le jour vint oĂč il contrĂŽla son humeur toute la journĂ©e. AprĂšs en avoir informĂ© son pĂšre, ce dernier lui suggĂ©ra de retirer un clou Ă  chaque jour oĂč il contrĂŽlerait son humeur.

Les jours passĂšrent et le jeune homme pĂ»t finalement annoncer Ă  son pĂšre qu’il ne restait plus aucun clou Ă  retirer de la clĂŽture.

Son pĂšre le prit par la main et l’amena Ă  la clĂŽture.

Il lui dit :  » Tu as travaillĂ© fort, mon fils, mais regarde tous ces trous dans la clĂŽture. Elle ne sera plus jamais la mĂȘme.

À chaque fois que tu perds patience, cela laisse des cicatrices exactement comme celles-ci. Tu peux enfoncer un couteau dans un homme et le retirer, peu importe combien de fois tu lui diras ĂȘtre dĂ©solĂ©, la cicatrice demeurera pour toujours.

Une offense verbale est aussi nĂ©faste qu’une offense physique. Les amis sont des joyaux prĂ©cieux. Ils nous font rire et nous encouragent Ă  rĂ©ussir. Ils nous prĂȘtent une oreille attentive, nous louangent et sont toujours prĂȘts Ă  nous ouvrir leur cƓur.



QUI ETES-VOUS ?

Une femme Ă©tait dans le coma et se mourrait. Elle eĂ»t soudain l’impression qu’on l’amenait au ciel et qu’elle se trouvait au lieu du jugement.

« Qui ĂȘtes-vous ? » demanda une voix.

« Je suis la femme du maire ! », rĂ©pondit-elle.

« Je ne vous ai pas demandĂ© de qui vous ĂȘtes la femme, mais bien qui vous ĂȘtes ! »

« Je suis la mĂšre de quatre enfants ! »

« Je ne vous ai pas demandĂ© de qui vous ĂȘtes la mĂšre, mais bien qui vous ĂȘtes ! »

« Je suis maĂźtresse d’Ă©cole ! »

« Je ne vous ai pas demandĂ© qu’elle est votre profession, mais bien qui vous ĂȘtes. »

Et cela continua ainsi, quelque fût sa réplique, elle ne sembla pas fournir de réponse satisfaisante à la question.

« Qui ĂȘtes-vous? »

« Je suis chrĂ©tienne ! »

« Je ne vous ai pas demandĂ© votre religion, j’ai demandĂ© qui vous ĂȘtes ! »

« Je suis celle qui est allĂ©e tous les jours Ă  l’Ă©glise et qui a toujours aidĂ© les pauvres et les misĂ©reux ! »

« J’ai demandĂ© non ce que vous avez fait, mais qui vous ĂȘtes. »

Elle a manifestement Ă©chouĂ© Ă  l’examen, puisqu’on l’a renvoyĂ©e sur terre. Quand elle s’est remise de sa maladie, elle dĂ©cida de dĂ©couvrir qui elle Ă©tait. Et cela fit toute la diffĂ©rence.

Votre tĂąche consiste Ă  ĂȘtre. Pas Ă  ĂȘtre quelqu’un, pas Ă  n’ĂȘtre personne, parce que cela implique aviditĂ© et ambition. Pas Ă  ĂȘtre ceci ou cela et ainsi devenir conditionnĂ©, mais juste Ă  ĂȘtre.



LE RABBIN QUI SERT EN SECRET

La communauté était intriguée de voir son rabbin disparaßtre chaque semaine, la veille du sabbat.

Ils soupçonnaient qu’il rencontrait secrĂštement le tout-puissant. Aussi dĂ©putĂšrent-ils l’un des leurs pour le suivre. Voici ce que l’homme vit.

Le rabbin dĂ©guisĂ© avec des vĂȘtements de paysan servait dans sa chaumiĂšre une vieille Gentille paralysĂ©e, nettoyant la piĂšce et prĂ©parant un repas sabbatique pour elle.

Quand l’espion revint, la communautĂ© le questionna :

 » OĂč est allĂ© le rabbin, est-il montĂ© au ciel? « 

 » Non rĂ©pondit l’homme: il est montĂ© encore plus haut que cela. « 



L’INNOCENCE

Le cƓur peut parler au rocher. Ce mystĂšre est rĂ©vĂ©lĂ© par l’amour absolu. Devenez fou dans votre cƓur.

Aujourd’hui, St François d’Assise serait sans aucun doute enfermĂ© dans un asile psychiatrique. Il parlait aux arbres et demandait Ă  l’amandier : Mon frĂšre, comment vas-tu ?

Actuellement, on ne vous laisserait pas dire Ă  un arbre : Chante-moi les louanges du Seigneur ! Et encore moins entendre l’arbre chanter. Vous subiriez un traitement mĂ©dical. St François s’entretenait avec la riviĂšre et les poissons lui rĂ©pondaient. Il parlait aux rochers. Faut-il une preuve de plus pour diagnostiquer la folie ?

Il Ă©tait fou, mais n’aimeriez-vous pas ĂȘtre comme lui ? Imaginez ce que cela doit ĂȘtre d’entendre chanter un amandier, d’avoir un cƓur qui reconnaĂźt des frĂšres et des sƓurs dans les arbres, qui bavarde avec les pierres, qui voit Dieu partout sous des formes innombrables Un tel cƓur est plein d’amour absolu, car seul un amour sans limite accĂšde au mystĂšre de l’existence. Aux yeux de l’intellect, ce n’est que dĂ©lire.

Pour moi, rien d’autre n’a vraiment un sens. Si vous le pouvez, devenez fou, un fou du cƓur.



LA COMPARAISON

Un samurai cĂ©lĂšbre alla voir un maĂźtre zen. En regardant le maĂźtre, l’orgueilleux guerrier fut frappĂ© par sa beautĂ© et sa grĂące.

Il y a quelques minutes encore, je me sentais bien, avoua-t-il. D’oĂč me viennent tout Ă  coup ces sentiments d’infĂ©rioritĂ© ? Cela ne m’est encore jamais arrivĂ©. J’ai plus d’une fois affrontĂ© la mort, elle ne m’a pas troublĂ©. Pourquoi ai-je peur Ă  prĂ©sent?

Attends, répondit le maßtre. Je te répondrai quand tout le monde sera parti.

Pendant des heures, les visiteurs défilÚrent et le samurai commençait à trouver le temps long. Le soir tomba enfin et ils furent seuls.

Me répondras-tu à présent ? demanda le guerrier.

Viens dehors, dit le maĂźtre.

C’Ă©tait une nuit de pleine lune.

Regarde ces arbres, le grand et le petit juste Ă  cĂŽtĂ©. Cela fait des annĂ©es que je les vois de ma fenĂȘtre et je n’ai jamais dĂ©celĂ© le moindre conflit entre eux. A aucun moment, le petit n’a dit Ă  l’autre : « Je me sens moins que toi ». A ton avis, pourquoi le grand arbre et le petit vivent-ils en paix, pourquoi ne parlent-ils jamais de leurs diffĂ©rences ?

Ils ne peuvent pas comparer, répondit le samurai.

En effet, acquiesça le maĂźtre. Ne m’interroge plus, tu connais la rĂ©ponse.



CELEBRATION HASSIDIQUE

Le petit-fils de Rabbi Baroukh, Yéhiel, se précipita en larmes dans sa chambre.

« YĂ©hiel, YĂ©hiel, pourquoi ces larmes ? »

« Mon ami triche, ce n’est pas juste grand-pĂšre, ce n’est pas juste pour un ami de tricher! »

« Mais qu’a-t-il donc fait, ton ami ? »

« Nous jouions Ă  cache-cache. »

« Je me suis si bien cachĂ© qu’il n’a pas pu me trouver ; alors, il s’est arrĂȘtĂ© de jouer, il n’a plus cherchĂ©. Tu comprends, grand-pĂšre ? Moi, je me suis cachĂ© et, lui, il ne m’a pas cherchĂ©, ce n’est pas juste ! »

Rabbi Baroukh, bouleversĂ©, se mit Ă  caresser la tĂȘte du petit garçon, et des larmes lui coulĂšrent des yeux : « Dieu aussi, YĂ©hiel, murmura-t-il, Dieu aussi est malheureux. Il se cache et l’homme ne Le cherche pas. Tu comprends, mon petit YĂ©hiel ? Dieu se cache
 et l’homme ne se donne mĂȘme pas la peine de Le chercher. »



LE DÉSIR

Une cĂ©lĂšbre histoire soufie raconte qu’un monarque remarqua un jour un mendiant postĂ© sur le trajet de sa promenade matinale.

Que veux-tu ? lui demanda-t-il.

Tu me poses cette question comme si tu étais en mesure de me satisfaire, répondit le mendiant.

Blessé dans sa vanité, le roi rétorqua : Bien sûr que je peux combler tes désirs ! Que veux-tu ? Parle !

Le mendiant l’avertit : RĂ©flĂ©chis Ă  deux fois avant de promettre quoi que ce soit.

Sa prĂ©sence n’Ă©tait pas fortuite. Dans une vie antĂ©rieure, il avait Ă©tĂ© le maĂźtre spirituel du roi et lui avait promis d’essayer de l’Ă©veiller dans la vie suivante : « Tu ne rĂ©ussiras pas cette fois-ci, mais je croiserai de nouveau ta route », avait-il annoncĂ©.

Le roi ne s’en souvenait pas, qui se rappelle ses vies antĂ©rieures ? Il insista donc : Je suis riche et puissant, que pourrais-tu demander que je sois incapable de te donner ?

C’est simple, fit le mendiant, remplis mon bol.

Le roi fit appeler ses vizirs et leur ordonna de remplir le bol de piĂšces d’or. Quelle ne fut leur surprise en constatant que les piĂšces disparaissaient en tombant dans le rĂ©cipient ! La nouvelle que le roi ne parvenait pas Ă  remplir le bol d’un mendiant se rĂ©pandit comme une traĂźnĂ©e de poudre. Le roi s’en inquiĂ©ta et dit Ă  ses vizirs : MĂȘme si cela me coĂ»te mon royaume, je ne puis accepter d’ĂȘtre ridiculisĂ© par ce va-nu-pieds.

On versa des perles dans le bol, des Ă©meraudes et tout ce qu’on put trouver de prĂ©cieux dans le trĂ©sor royal. Mais le rĂ©cipient restait vide.

Le soir venu, une foule silencieuse s’Ă©tait rassemblĂ©e devant le palais pour connaĂźtre l’issue de l’affaire. Le roi sentit soudain toute vellĂ©itĂ© de suprĂ©matie le quitter. Il se prosterna devant le mendiant et dit : Tu as gagnĂ©, je le reconnais. Mais dis-moi, de quoi ce bol magique est-il fait ?

C’est un crĂąne humain, rĂ©pondit le mendiant, il est fait de pensĂ©es, de dĂ©sirs, c’est lĂ  son secret.



L’EXPERIENCE

Un jour, un vieux professeur de l’École nationale d’administration publique (ENAP) fut engagĂ© pour donner une formation sur La planification efficace de son temps Ă  un groupe d’une quinzaine de dirigeants de grosses compagnies nord-amĂ©ricaines.

Ce cours constituait l’un des cinq ateliers de leur journĂ©e de formation. Le vieux prof n’avait donc qu’une heure pour « passer sa matiĂšre « .

Debout, devant ce groupe d’Ă©lite (qui Ă©tait prĂȘt Ă  noter tout ce que l’expert allait enseigner), le vieux prof les regarda un par un, lentement, puis leur dit : « Nous allons rĂ©aliser une expĂ©rience ».

De dessous la table qui le sĂ©parait de ses Ă©lĂšves, le vieux prof sortit un immense pot Mason d’un gallon (pot de verre de plus de 4 litres) qu’il posa dĂ©licatement en face de lui. Ensuite, il sortit environ une douzaine de cailloux a peu prĂšs gros comme des balles de tennis et les plaça dĂ©licatement, un par un, dans le grand pot. Lorsque le pot fut rempli jusqu’au bord et qu’il fut impossible d’y ajouter un caillou de plus, il leva lentement les yeux vers ses Ă©lĂšves et leur demanda : « Est-ce que ce pot est plein? ».

Tous rĂ©pondirent : « Oui ».

Il attendit quelques secondes et ajouta : « Vraiment? ».

Alors, il se pencha de nouveau et sortit de sous la table un rĂ©cipient rempli de gravier. Avec minutie, il versa ce gravier sur les gros cailloux puis brassa lĂ©gĂšrement le pot. Les morceaux de gravier s’infiltrĂšrent entre les cailloux… jusqu’au fond du pot.

Le vieux prof leva Ă  nouveau les yeux vers son auditoire et redemanda : « Est-ce que ce pot est plein? ».

Cette fois, ses brillants élÚves commençaient à comprendre son manÚge.

L’un d’eux rĂ©pondĂźt : « Probablement pas! ».

« Bien! » rĂ©pondĂźt le vieux prof.

Il se pencha de nouveau et cette fois, sortit de sous la table une chaudiĂšre de sable. Avec attention, il versa le sable dans le pot. Le sable alla remplir les espaces entre les gros cailloux et le gravier. Encore une fois, il demanda : « Est-ce que ce pot est plein? ».

Cette fois, sans hĂ©siter et en chƓur, les brillants Ă©lĂšves rĂ©pondirent : « Non! ».

« Bien! » rĂ©pondĂźt le vieux prof.

Et comme s’y attendaient ses prestigieux Ă©lĂšves, il prit le pichet d’eau qui Ă©tait sur la table et remplit le pot jusqu’a ras bord. Le vieux prof leva alors les yeux vers son groupe et demanda : « Quelle grande vĂ©ritĂ© nous dĂ©montre cette expĂ©rience? « 

Pas fou, le plus audacieux des Ă©lĂšves, songeant au sujet de ce cours, rĂ©pondĂźt : « Cela dĂ©montre que mĂȘme lorsque l’on croit que notre agenda est complĂštement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses Ă  faire « .

« Non » rĂ©pondĂźt le vieux prof. « Ce n’est pas cela. La grande vĂ©ritĂ© que nous dĂ©montre cette expĂ©rience est la suivante : si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra jamais les faire entrer tous, ensuite ».

Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience de l’Ă©vidence de ces propos. Le vieux prof leur dit alors :

« Quels sont les gros cailloux dans votre vie? »

« Votre santĂ©? » « Votre famille? »

« Vos ami(e)s? » « RĂ©aliser vos rĂȘves? »

« Faire ce que vous aimez? » « Apprendre? »

« DĂ©fendre une cause? » « Relaxer? »

« Prendre le temps…? »

« Ou… toute autre chose? »

« Ce qu’il faut retenir, c’est l’importance de mettre ses GROS CAILLOUX en premier dans sa vie, sinon on risque de ne pas rĂ©ussir… sa vie. Si on donne prioritĂ© aux peccadilles (le gravier, le sable), on remplira sa vie de peccadilles et on n’aura plus suffisamment de temps prĂ©cieux Ă  consacrer aux Ă©lĂ©ments importants de sa vie.

Alors, n’oubliez pas de vous poser Ă  vous-mĂȘme la question : « Quels sont les GROS CAILLOUX dans ma vie? » Ensuite, mettez-les en premier dans votre pot (vie) »

D’un geste amical de la main, le vieux professeur salua son auditoire et lentement quitta la salle.



RENAÎTRE À CHAQUE INSTANT

Lorsque SiddhĂąrta Gautama eut atteint l’Eveil, il retourna voir sa famille. Il est naturel de se souvenir des gens qu’on a aimĂ© et de souhaiter avoir de leurs nouvelles.

Il trouva son Ă©pouse Yasodhara dans une colĂšre noire, ce qui Ă©tait Ă©galement naturel et trĂšs humain. Ne l’avait-il pas quittĂ©e sans mot dire? La blessure dont souffrait Yasodhara ne lui avait pas Ă©tĂ© infligĂ©e par le dĂ©part de SiddhĂąrta.

Elle aimait sincĂšrement son Ă©poux et ne l’aurait pas empĂȘchĂ© de se retirer dans la forĂȘt pour accomplir le voyage intĂ©rieur. Par contre, le manque de confiance de SiddhĂąrta l’avait profondĂ©ment offensĂ©e.

Ce n’Ă©tait pas une femme ordinaire.

Quand Bouddha se retrouva devant elle, elle donna libre cours Ă  sa peine : Pourquoi ne m’as-tu rien dit ? Tu me connaissais pourtant, tu savais que je n’aurais pas fait obstacle Ă  tes projets. Nous avons vĂ©cu plusieurs annĂ©es ensemble, ne t’ai-je jamais interdit quoi que ce soit ? Je t’aimais tellement Je n’aurais pas empĂȘchĂ© ta recherche de la vĂ©ritĂ©, pourquoi ne m’as-tu rien dit ?

AveuglĂ©e par la douleur, elle appela son fils. RahuI, ĂągĂ© de douze ans, avait souvent demandĂ© qui Ă©tait son pĂšre et pourquoi il Ă©tait absent. Il n’avait qu’un mois lorsque Bouddha les avait quittĂ©s.

Yasodhara le poussa vers Bouddha : RahuI, voici ton pĂšre, voici l’homme qui a fui en pleine nuit comme un lĂąche. Demande-lui ton hĂ©ritage Ă  prĂ©sent !

Elle provoquait Bouddha : qu’est-ce que ce mendiant avait Ă  donner Ă  son fils ? Vous savez peut-ĂȘtre ce que fit Bouddha. Il initia l’enfant et lui confĂ©ra sannyas. Il lui remit son bol de mendiant et dit : Je suis revenu parce que j’ai trouvĂ© ce que je cherchais. J’aimerais que mon fils trouve Ă  son tour.

Toi, Yasodhara, renonce Ă  la colĂšre, elle n’a plus de sens, l’homme qui t’a fait tant de peine n’est plus. Je suis mort et renĂ©. Je comprends que le dĂ©part de ton Ă©poux t’ait bouleversĂ©e, mais cet Ă©poux a disparu. Regarde-moi !

A travers ses larmes, Yasodhara contempla l’homme qui se trouvait devant elle et dĂ©couvrit Bouddha. Sa colĂšre s’Ă©vanouit. Elle se prosterna et le pria de l’accepter comme disciple.



L’ACCEPTATION DE SOI

Un jour, un roi constata que la désolation régnait dans ses jardins. Les arbres, les buissons, les fleurs, tout dépérissait.

Il interrogea les vĂ©gĂ©taux et apprit que le chĂȘne languissait de ne pas ressembler au pin, que le pin se tourmentait de ne pouvoir porter des grappes comme la vigne et que la vigne avait perdu le sourire parce qu’elle ne parvenait pas Ă  fleurir comme le rosier.

Dans un coin, le roi dĂ©couvrit une humble primevĂšre fraĂźche et satisfaite comme d’habitude. InterrogĂ©e, elle aussi, elle rĂ©pondit : Lorsque tu m’as fait semer, je me suis dit que tu souhaitais voir une primevĂšre dans ton jardin. Si tu avais prĂ©fĂ©rĂ© un chĂȘne, un pin ou une vigne, c’est ce que tu aurais plantĂ© ici. C’est moi que tu as voulue, alors je me dis que la meilleure chose Ă©tait d’ĂȘtre moi-mĂȘme.



LE SEXE

Quand deux amants connaissent l’orgasme profond, ils fondent l’un dans l’autre.

Alors, la femme n’est plus femme ni l’homme homme. Ils deviennent un cercle yin-yang, s’interpĂ©nĂštrent fusionnent et oublient leur propre identitĂ©. C’est ce qui rend l’amour si beau. Cet Ă©tat est appelĂ© mudra. Le stade ultime est appelĂ© mahamudra, le grand orgasme.

L’extase est un Ă©tat dans lequel vous ne ressentez plus votre corps comme composĂ© de matiĂšre. Il devient Ă©lectrique, Ă©nergie pure. La vibration est Ă  ce point totale que vous ne voyez plus votre organisme comme un objet matĂ©riel. Vous prenez conscience de sa nature rĂ©elle : c’est un phĂ©nomĂšne lumineux. Peu Ă  peu, les amants qui s’aiment apprennent Ă  s’abandonner l’un Ă  l’autre, Ă  se laisser aller Ă  cette pulsation Ă©nergĂ©tique, Ă  ne plus avoir peur…

Lorsque le corps perd ses limites et devient vaporeux, quand ne subsiste plus qu’un rythme subtil, c’est comme si vous aviez cessĂ© d’exister. Cette dĂ©couverte est rĂ©servĂ©e Ă  ceux qui s’aiment de tout leur ĂȘtre.

L’amour ressemble Ă  la mort : il met fin Ă  votre illusion d’ĂȘtre un corps, il dĂ©truit l’image matĂ©rielle que vous avez de vous-mĂȘme, il vous anĂ©antit en tant qu’objet physique et vous rĂ©vĂšle votre dimension Ă©nergĂ©tique.

Les amants qui vibrent au mĂȘme rythme, dont le cƓur et le corps dansent Ă  l’unisson, crĂ©ent une harmonie. Ils cessent d’ĂȘtre deux. Un cercle de lumiĂšre se forme, une symphonie dont la suavitĂ© et la beautĂ© dĂ©passent de trĂšs loin tout ce que vos oreilles n’ont jamais perçu de mĂ©lodieux.

Quand ce mĂȘme miracle se produit avec l’ensemble de l’existence et que l’extase ne dĂ©pend plus d’un partenaire, c’est l’avĂšnement du mahamudra, l’orgasme cosmique.



LA VENUE DU SEIGNEUR

Le Brahmane Ă©tait un homme trĂšs pieux. Tous les jours, Ă  son rĂ©veil matinal, il prenait son bain de tĂȘte et partait aussitĂŽt vers le temple, son panier d’offrandes Ă  la main : fleurs, bĂ©tel, bananes, noix de coco, camphre. Il allait assister au  » Puja « , ce culte hindouiste rendu Ă  Dieu trois fois par jour.

Avec ferveur, il priait : « Seigneur, je viens te rendre visite chez toi, sans que j’aie manquĂ© un seul jour. Matin et soir, je te fais des offrandes. Ne peux-tu pas venir chez moi ? »

Attentif Ă  cette priĂšre quotidienne, Dieu lui rĂ©pondit enfin « demain, je viendrai. »

Quelle joie pour le Brahmane. Il se met Ă  laver Ă  grande eau toute la maison. Il fait tracer devant le seuil des dessins en farine ou en pĂąte de riz.

A l’aube, il attache une guirlande de feuilles de manguiers Ă  l’entrĂ©e de sa maison. Les lampes Ă  huile Ă  plusieurs mĂšches sont allumĂ©es sur le banc en maçonnerie que possĂšde toute demeure indienne. Au centre de chaque dessin s’Ă©panouit une belle fleur de potiron. Et dans la salle de rĂ©ception, des plateaux de fruits, de galettes sucrĂ©es et de fleurs s’Ă©talent Ă  profusion. Tout est prĂȘt pour recevoir Dieu. Le Brahmane se tient debout pour l’accueillir.

L’heure du « Puja » approche. Un petit garçon passe par-lĂ , aperçoit par la fenĂȘtre ouverte les plateaux de galettes.

Il s’approche : « Brahmane, tu as beaucoup de galettes lĂ –dedans. Ne veux-tu pas m’en donner une ?’

Le Brahmane, furieux de l’audace du gamin, rĂ©plique : « Veux-tu filer, moucheron, comment oses-tu demander ce qui est prĂ©parĂ© pour Dieu ? »

Et le petit garçon, effrayĂ©, s’enfuit.

La cloche du temple a sonnĂ©. Le  » Puja » du matin est terminĂ©.

Le Brahmane pense : Dieu viendra aprĂšs le culte de midi ! Attendons-le…

FatiguĂ©, il s’assoit sur le banc. Un mendiant arrive et lui demande l’aumĂŽne.

Le Brahmane le chasse vertement. Puis il lave soigneusement la place souillĂ©e par les pieds du mendiant…

Et midi passe… Dieu n’est toujours pas au rendez-vous. Le soir vient. Le Brahmane tout triste attend toujours la visite promise…

Un pĂšlerin se prĂ©sente Ă  l’heure du culte du soir. « Permets-moi de me reposer sur le banc et d’y dormir cette nuit ! »

« Jamais de la vie !, rĂ©pond-il, C’est le siĂšge rĂ©servĂ© Ă  Dieu « .

La nuit est tombĂ©e. Dieu n’a pas tenu sa promesse : quel chagrin…

Le lendemain matin, revenu au temple pour la priĂšre, le dĂ©vot renouvelle ses offrandes et fond en larmes : « Seigneur, tu n’es pas venu chez moi comme tu me l’avais promis. Pourquoi ? « 

Une voix lui dit alors : « Je suis venu trois fois, et chaque fois tu m’as chassĂ© ».



LE CRAPAUD DANS LA PELOUSE

Un homme offrit Ă  sa fille de douze ans une somme d’argent pour couper le gazon.

La petite fille attaqua la besogne avec grand plaisir et le soir, toute la pelouse avait Ă©tĂ© magnifiquement tondue, c’est-Ă -dire, sauf un grand carrĂ© de gazon laissĂ© long dans un coin.

Quand l’homme dit qu’il ne pouvait pas donner la somme convenue, vu que le gazon n’avait pas Ă©tĂ© coupĂ© entiĂšrement, la petite fille dit qu’elle Ă©tait prĂȘte Ă  laisser tomber l’argent, mais qu’elle ne couperait pas le carrĂ© en question.

Curieux de savoir pourquoi, l’homme alla vĂ©rifier le carrĂ© de gazon non coupĂ©. LĂ , au beau milieu du carrĂ© Ă©tait assis un gros crapaud. La petite fille n’avait pas eu le cƓur de passer dessus avec la tondeuse.

OĂč est l’amour il y a dĂ©sordre. Un ordre parfait transformerait le monde en cimetiĂšre.



LES SEMENCES DU ROI

Il Ă©tait une fois un roi qui ne savait lequel de ses fils mĂ©ritait de lui succĂ©der sur le trĂŽne. Les jeunes gens avaient le mĂȘme Ăąge, c’Ă©taient des triplĂ©s, et ils Ă©taient tous les trois intelligents et courageux. Sur les conseils d’un sage, le roi convoqua ses fils et remit Ă  chacun un sachet de semences. Je vais entreprendre un pĂšlerinage, dit-il. Quand je reviendrai dans quelques annĂ©es, vous me rendrez les semences. Celui d’entre vous qui en aura le mieux pris soin sera mon hĂ©ritier.

Le premier fils rangea les semences dans un coffre en fer qu’il verrouilla soigneusement, pensant que c’Ă©tait la meilleure façon de les conserver. Le deuxiĂšme fils se dit : « Mon frĂšre fait une erreur. Les semences enfermĂ©es dans le coffre vont pourrir. » II se rendit au marchĂ©, vendit les semences et garda l’argent pour en acheter de nouvelles le moment venu. Le troisiĂšme fils alla rĂ©pandre ses semences dans le jardin.

Trois ans plus tard, le roi revint. Le premier fils ouvrit son coffre et en sortit le sachet de semences. Je t’ai confiĂ© des semences de fleurs parfumĂ©es et tu me rends un sachet puant ! gronda le roi. Tu as Ă©chouĂ©. PĂšre, se dĂ©fendit le jeune homme, je te rends les semences que tu m’as donnĂ©es. Tais-toi, ordonna le roi, tu n’es qu’un matĂ©rialiste.

Le deuxiĂšme fils prĂ©senta les semences qu’il s’Ă©tait hĂątĂ© d’acheter au marchĂ©. Ce ne sont pas mes semences, dĂ©clara le roi. Ton idĂ©e vaut mieux que celle de ton frĂšre, tu es psychologue, mais tu as Ă©chouĂ©.

Un peu inquiet, le roi se tourna vers son troisiĂšme fils : Et toi ? dit-il. Le troisiĂšme fils l’emmena dans le jardin et lui montra les milliers de fleurs qu’il avait cultivĂ©es.

Je rĂ©colterai bientĂŽt des semences, dit-il, et te restituerai celles que tu m’avais donnĂ©es. Le roi l’embrassa : Tu as traitĂ© les semences comme il le fallait. C’est toi qui hĂ©riteras du royaume.



AIMER LA MAIN OUVERTE – RUTH SANFORD

Cette semaine, en parlant avec un ami, je me suis rappelĂ© une histoire que j’ai entendu raconter cet Ă©tĂ©.

Une personne compatissante, voyant un papillon lutter pour se libĂ©rer de son cocon, et voulant l’aider, Ă©carta avec beaucoup de douceur les filaments pour dĂ©gager une ouverture. Le papillon libĂ©rĂ©, sortit du cocon et battit des ailes mais ne put s’envoler.

Ce qu’ignorait cette personne compatissante, c’est que c’est seulement au travers du combat pour la naissance que les ailes peuvent devenir suffisamment fortes pour l’envol. Sa vie raccourcie, il la passa Ă  terre. Jamais il ne connut la libertĂ©, jamais il ne vĂ©cut rĂ©ellement.

Apprendre Ă  aimer la main ouverte est une toute autre dĂ©marche. C’est un apprentissage qui a cheminĂ© progressivement en moi, façonnĂ© dans les feux de la souffrance et les eaux de la patience.

J’apprends que je dois laisser libre quelqu’un que j’aime, parce que si je m’agrippe, si je m’attache, si j’essaie de contrĂŽler, je perds ce que je tente de garder. Si j’essaie de changer quelqu’un que j’aime, parce que je sens que je sais comment cette personne devrait ĂȘtre, je lui vole un droit prĂ©cieux, le droit d’ĂȘtre responsable de sa propre vie, de ses propres choix, de sa propre façon de vivre.

Chaque fois que j’impose mon dĂ©sir ou ma volontĂ©, ou que j’essaie d’exercer un pouvoir sur une autre personne, je la dĂ©possĂšde de la pleine rĂ©alisation de sa croissance et de sa maturation. Je la brime et la contrecarre par mon acte de possession, mĂȘme si mes intentions sont les meilleures.

Je peux brimer et blesser en agissant avec la plus grande bontĂ©, pour protĂ©ger quelqu’un. Et une protection et une sollicitude excessives peuvent signifier Ă  une autre personne plus Ă©loquemment que des mots :  » Tu es incapable de t’occuper de toi-mĂȘme, je dois m’occuper de toi parce que tu m’appartiens. Je suis responsable de toi. « 

Au fur et Ă  mesure de mon apprentissage et de ma pratique, je peux dire Ă  quelqu’un que j’aime :  » Je t’aime, je t’estime, je te respecte et j’ai confiance en toi. Tu as en toi ou tu peux dĂ©velopper la force de devenir tout ce qu’il t’est possible de devenir, Ă  condition que je ne me mette pas en travers de ton chemin. Je t’aime, tant que je peux te laisser la libertĂ© de marcher Ă  cĂŽtĂ© de moi, dans la joie et dans la tristesse. Je partagerai tes larmes, mais je ne demanderai pas de ne pas pleurer.

Je rĂ©pondrais, si tu as besoin de moi, je prendrai soin de toi, je te rĂ©conforterai, mais je ne te soutiendrai pas quand tu pourras marcher tout seul. Je serai prĂȘte Ă  ĂȘtre Ă  tes cĂŽtĂ©s dans la peine et la solitude, mais je ne les Ă©loignerai pas de toi. Je m’efforcerai d’Ă©couter ce que tu veux dire, avec tes paroles Ă  toi, mais je ne serais pas toujours d’accord avec toi.

Parfois je serais en colĂšre, et quand je le serai, j’essaierai de te le dire franchement, de façon Ă  ne pas avoir besoin d’ĂȘtre irritĂ©e de nos diffĂ©rences, ni de me brouiller avec toi. Je ne peux pas toujours ĂȘtre avec toi ou Ă©couter ce que tu dis, parce qu’il y a des moments oĂč je dois m’Ă©couter moi-mĂȘme, prendre soin de moi. Quand cela arrivera, je serai aussi sincĂšre avec toi que je pourrai l’ĂȘtre.  » J’apprends Ă  dire cela Ă  ceux que j’aime et qui sont importants pour moi – que ce soit avec des mots ou par ma façon d’ĂȘtre avec les autres et avec moi-mĂȘme.

VoilĂ  ce que j’appelle aimer la main ouverte. Je ne peux pas toujours m’empĂȘcher de mettre mes mains dans le cocon… mais j’y arrive mieux, beaucoup mieux depuis que je me respecte aussi.



CE QUI NE MEURT JAMAIS

Les miracles opérés par Bouddha étaient trÚs différents de ceux de Jésus.

Un jour, une femme en pleurs vint le trouver. Son seul enfant venait de mourir, elle avait déjà perdu son mari et il ne lui restait plus personne au monde.

Bouddha lui sourit avec bontĂ© et dit : Va dans la ville et rapporte-moi quelques grains de sĂ©nevĂ© d’une maison oĂč jamais personne n’est mort.

Partout, la femme reçut la mĂȘme rĂ©ponse : Nous pouvons te donner autant de grains de sĂ©nevĂ© que tu veux, mais la condition est impossible Ă  remplir. Sous ce toit beaucoup de gens ont dĂ©jĂ  rendu l’Ăąme.

Elle s’obstina et poursuivit sa recherche, dans l’espoir de trouver une maison oĂč la Camarde n’aurait jamais frappĂ©. A la nuit tombĂ©e elle renonça et comprit que la mort faisait partie de la vie : la mort n’est pas un dĂ©sastre, elle survient tĂŽt ou tard.

Elle retourna voir Bouddha qui lui demanda si elle rapportait des grains de sénevé.

La femme se prosterna et dit : Accorde-moi l’initiation, je souhaite connaĂźtre ce qui n’est pas Ă©phĂ©mĂšre. Je ne te demande plus de me rendre mon enfant, il mourrait de toute façon un jour ou l’autre. Enseigne-moi ce qui ne meurt jamais.



LA PERFECTION

La parabole que je vais vous raconter doit ĂȘtre trĂšs ancienne, en ce temps-lĂ  Dieu vivait encore sur terre.

Un jour, un paysan vint faire ses dolĂ©ances : Seigneur Dieu, dit-il, tu es notre crĂ©ateur, certes, mais tu n’as rien d’un fermier, tu ne connais pas l’ABC de ce mĂ©tier, cela se voit. Tu ferais mieux de t’informer.

Que veux-tu dire ? s’enquit Dieu.

Confie-moi la direction du monde pendant un an et tu verras. Je chasserai la famine de cette planĂšte.

Dieu accepta et céda la place au paysan. Celui-ci commanda les meilleures conditions climatiques et interdit les orages, les vents violents et tout ce qui pouvait abßmer la végétation. La vie se déroulait douillettement, les champs recevaient la pluie dont ils avaient besoin et du soleil en temps voulu. Tout était parfait, le paysan exultait :

Regarde ! dit-il Ă  Dieu. Les moissons seront tellement abondantes qu’il y aura de quoi nourrir la population pendant dix ans sans travailler.

HĂ©las ! lorsque le blĂ© fut moissonnĂ©, les Ă©pis s’avĂ©rĂšrent vides.

Que s’est-il passĂ© ? demanda le paysan Ă  Dieu.

Celui-ci rĂ©pondit : L’absence de friction, de tension et de dĂ©fi a rendu le blĂ© impuissant. Une certaine dose de difficultĂ©s est indispensable. Les orages et les Ă©clairs secouent et Ă©veillent l’Ăąme du blĂ©.



L’ACCEPTATION

Dans le village oĂč vivait le maĂźtre zen Hakuin, une jeune fille se trouva enceinte. SommĂ©e de rĂ©vĂ©ler le nom de son amant, elle accusa Hakuin. Lorsque l’enfant fut nĂ©, le pĂšre de la jeune fille le porta chez Hakuin qu’il insulta copieusement. Puis il dit : Tu t’occuperas du nourrisson puisque c’est le tien.

Hakuin rĂ©pondit : Ah oui ? Il prit le petit dans ses bras, l’enveloppa dans un pan de sa vieille tunique et l’emmena partout avec lui. Sous la pluie battante et sous le soleil torride, le jour et la nuit, il mendia du lait pour le bĂ©bĂ©. Beaucoup de ses disciples le quittĂšrent, l’estimant dĂ©chu. Hakuin les vit partir sans formuler le moindre reproche.

Un jour, souffrant trop d’ĂȘtre sĂ©parĂ©e de son enfant, la jeune mĂšre dĂ©signa le vrai gĂ©niteur. Son pĂšre se rendit immĂ©diatement chez Hakuin. Il lui demanda pardon et lui raconta la vĂ©ritĂ©. Ah oui ? fit Hakuin. Et il rendit l’enfant.



LA COLÈRE

Un jour, un disciple zen demanda l’aide de Bankei : MaĂźtre, j’ai un caractĂšre emportĂ©, comment guĂ©rir?

Montre-moi cela, dit Bankei, c’est intĂ©ressant.

Je ne peux pas, répondit le disciple, je ne suis pas en colÚre pour le moment.

Je comprends, fit Bankei, reviens quand tu seras de nouveau furieux.

C’est impossible, expliqua le disciple. La colĂšre est imprĂ©visible, elle Ă©clate subitement et sera certainement retombĂ©e quand je t’aurai rejoint.

Dans ce cas, dĂ©clara Bankei, la colĂšre ne fait pas partie de ta nature rĂ©elle, sinon tu pourrais l’exhiber Ă  tout moment. En naissant, tu n’Ă©prouvais pas de colĂšre, elle est donc venue de l’extĂ©rieur. Je te propose ceci : la prochaine fois que tu remarqueras de la colĂšre en toi, assĂšne-lui des coups de bĂątons jusqu’Ă  ce qu’elle te quitte.



LE RIRE

Jadis, trois moines voyageaient en Chine, anonymes et toujours contents. On les appelait simplement les trois moines rieurs.

Lorsqu’ils arrivaient dans un village, ils se postaient sur la place du marchĂ© et se mettaient Ă  rire. Leur bonne humeur se propageait rapidement et dĂ©clenchait la gaietĂ© dans toute l’agglomĂ©ration. Les gens aimaient beaucoup ces trois hommes qui savaient les mettre en joie et dĂ©rider les mĂ©lancoliques, les colĂ©reux, les envieux, les jaloux…

Ils ne prĂȘchaient pas, ils crĂ©aient simplement pendant quelques secondes un monde nouveau, une situation de non-mental.

Un jour, l’un d’eux mourut.

Les gens Ă©piĂšrent les deux moines privĂ©s de leur vieux compagnon, se disant que cette fois-ci, on les verrait dans l’affliction.

Or, les deux hommes riaient. La foule en fut un peu choquée.

Nous rions, expliquĂšrent les deux compĂšres, parce que notre ami a gagnĂ©. Nous avons souvent pariĂ© pour savoir qui de nous partirait le premier. Nous fĂȘtons sa victoire. Et puis, nous avons toujours vu notre compagnon hilare. Pouvons-nous lui dire adieu en pleurant ?

Il penserait certainement : « Pauvres idiots ! Vous voilĂ  retombĂ©s dans le piĂšge ! » Pour nous, il n’est pas mort. La gaietĂ© et la vie n’ont pas de fin !

Avant d’expirer, le moine avait demandĂ© qu’on ne procĂšde pas Ă  la toilette des morts. Ne me lavez pas, ne changez pas mes habits, avait-il dit, placez-moi tel quel sur le bĂ»cher.

Or, il avait cachĂ© des feux d’artifice dans ses vĂȘtements.

En dĂ©couvrant cette derniĂšre farce de leur ami, les moines se mirent Ă  danser et bientĂŽt la liesse fut gĂ©nĂ©rale. Les funĂ©railles furent une diwali, une grande fĂȘte.



L’INTELLIGENCE

Un soir, Rabiya examinait le sol devant sa cabane.

Que cherches-tu, Rabiya ? demandĂšrent les voisins.

J’ai perdu mon aiguille, rĂ©pondit la vieille femme.

Les voisins se mirent Ă  chercher avec elle. Quelqu’un dit : Rabiya, il va faire nuit, nous n’aurons pas le temps de ratisser toute la rue. Essaie de te souvenir oĂč tu as laissĂ© tomber cette aiguille.

Je l’ai perdue chez moi, dans ma maison, fut la rĂ©ponse.

Mais alors, s’Ă©tonnĂšrent les voisins, pourquoi chercher dans la rue ?

Parce qu’ici il y a de la lumiĂšre, expliqua Rabiya, tandis que chez moi il fait noir.

Voyons, Rabiya, protesta quelqu’un, mĂȘme avec de la lumiĂšre tu ne trouveras pas une aiguille qui n’est pas lĂ . Rentre plutĂŽt chez toi et allume la lampe !

Rabiya se mit Ă  rire : Vous ĂȘtes bien malins quand il s’agit de choses triviales. Quand donc utiliserez-vous votre intelligence pour vivre en profondeur ? Je vous vois tous chercher au dehors ce que vous avez perdu au-dedans. Croyez-vous pouvoir trouver la fĂ©licitĂ© dans le monde extĂ©rieur? L’avez-vous donc perdue quelque part hors de vous-mĂȘme ?

Rabiya planta lĂ  ses voisins penauds et rentra chez elle.



LA PERTE D’UN MARTEAU

Un charpentier ne retrouve plus son marteau.

Il soupçonne le fils de la voisine du vol de son précieux outil de travail.

En observant la dĂ©marche du jeune homme, l’artisan reconnaĂźt nettement celle d’un voleur. D’ailleurs, tout chez le garçon : son regard, son comportement, ses gestes, etc., trahit clairement sa culpabilitĂ©.

Quelques instants plus tard, le charpentier retrouve son marteau au fond de sa boĂźte Ă  outils.

A partir de ce moment il constate que le comportement du fils de la voisine ne ressemble en rien Ă  celui d’un voleur.



LE MARIAGE – KHALIL GIBRAN

« Vous ĂȘtes nĂ©s ensemble, et vous serez ensemble pour toujours.

Vous serez ensemble, quand les blanches ailes de la mort disperseront vos jours.

Oui, vous serez ensemble, mĂȘme dans la silencieuse mĂ©moire de Dieu.

Mais laissez un vide dans votre communion, et que dansent entre vous les vents des Cieux.

Aimez-vous l’un l’autre, mais ne faites pas de votre Amour un esclavage.

Qu’il soit plutĂŽt une mer mouvante entre les rives de vos Ăąmes.

Emplissez mutuellement vos coupes, mais ne buvez pas dans la mĂȘme.

Donnez-vous Ă  chacun votre pain, mais ne mordez pas dans la mĂȘme miche.

Chantez et dansez ensemble, soyez joyeux, mais faites que chacun de vous puisse demeurer seul, de mĂȘme que les cordes du luth sont seules, mĂȘme lorsqu’elles vibrent de la mĂȘme musique.

Donnez vos cƓurs, mais pas Ă  la garde de l’autre, car seule la main de la Vie peut contenir vos cƓurs.

Et demeurez ensemble, mais sans trop vous approcher de l’autre :

Car les piliers du temple sont sĂ©parĂ©s, et ni le chĂȘne ni le cyprĂšs ne poussent Ă  l’ombre l’un de l’autre.



UNE VIEILLE LEGENDE HINDOUE

Une vieille lĂ©gende hindoue raconte qu’il y eut un temps oĂč tous les hommes Ă©taient des dieux. Mais ils abusĂšrent tellement de leur divinitĂ© que BrahmĂą, le maĂźtre des dieux, dĂ©cida de leur ĂŽter le pouvoir divin et de le cacher Ă  un endroit oĂč il leur serait impossible de le retrouver.

Le grand problĂšme fut donc de lui trouver une cachette.

Lorsque les dieux mineurs furent convoquĂ©s Ă  un conseil pour rĂ©soudre ce problĂšme, ils proposĂšrent ceci : Enterrons la divinitĂ© de l’homme dans la terre.

Mais BrahmĂą rĂ©pondit : Non, cela ne suffit pas, car l’homme creusera et le trouvera.

Alors les dieux répliquÚrent : Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans.

Mais BrahmĂą rĂ©pondit Ă  nouveau : Non, car tĂŽt ou tard, l’homme explorera les profondeurs de tous les ocĂ©ans, et il est certain qu’un jour, il la trouvera et la remontera Ă  la surface.

Alors les dieux mineurs conclurent : Nous ne savons pas oĂč cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d’endroit que l’homme ne puisse atteindre un jour.

Alors BrahmĂą dit :

« VoilĂ  ce que nous ferons de la divinitĂ© de l’homme, nous la cacherons au plus profond de lui-mĂȘme, car c’est le seul endroit oĂč il ne pensera jamais Ă  chercher. « 

Depuis ce temps-lĂ , conclut la lĂ©gende, l’homme a fait le tour de la terre, il a explorĂ©, escaladĂ©, plongĂ© et creusĂ©, Ă  la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.



LE MEURTRIER ANGULIMALA

La lĂ©gende raconte qu’Ă  l’Ă©poque de Bouddha sĂ©vissait un meurtrier extrĂȘmement dangereux.

Estimant avoir Ă©tĂ© lĂ©sĂ© par la sociĂ©tĂ©, cet homme s’Ă©tait jurĂ© d’exĂ©cuter mille personnes en guise de reprĂ©sailles. Il s’Ă©tait confectionnĂ© un collier Ă  partir de doigts prĂ©levĂ©s sur ses victimes, ce qui lui avait valu le nom d’Angulimala, l’homme au collier de doigts. Il avait dĂ©jĂ  tuĂ© neuf cent quatre-vingt dix-neuf personnes et Ă©prouvait des difficultĂ©s Ă  trouver son ultime bouc Ă©missaire. Partout oĂč sa prĂ©sence Ă©tait signalĂ©e, les gens se terraient.

Un jour, alors qu’il s’apprĂȘtait Ă  se rendre dans une certaine forĂȘt, Bouddha fut mis en garde par les villageois : N’y vas pas ! Angulimala est lĂ . C’est un dĂ©ment, il n’hĂ©site pas une seconde Ă  tuer et que tu sois un moine ne l’arrĂȘtera pas. Prends un autre chemin, ne traverse pas cette forĂȘt !

Bouddha rĂ©pondit : Si je n’y vais pas, qui donc ira? Ce meurtrier est un ĂȘtre humain, il a besoin de moi. Je prends le risque. Il me tuera ou bien c’est moi qui le tuerai. Et il se mit en route.

Ses disciples les plus proches avaient clamĂ© qu’ils n’abandonneraient leur maĂźtre sous aucun prĂ©texte, mais plus Bouddha avançait, plus ils se rarĂ©fiaient. Il n’en restait plus un seul quand Bouddha gravit la colline oĂč s’Ă©tait installĂ© Angulimala.

Angulimala observait de loin le voyageur solitaire si beau et innocent qui s’approchait de son repaire. Il fut troublĂ© : Cet homme semble ignorer que je suis lĂ . Je vais l’Ă©pargner, je trouverai bien quelqu’un d’autre.

Se levant, il cria : Rentre chez toi, ne fais pas un pas de plus ! Je suis Angulimala, celui qui porte un collier fait de neuf cent quatre-vingt dix-neuf doigts. Il ne m’en manque plus qu’un et je n’hĂ©siterais pas Ă  tuer ma propre mĂšre pour l’avoir. Rien ne me retient, je ne crois ni Ă  dieu ni au diable et que tu sois un moine et peut-ĂȘtre un saint me laisse indiffĂ©rent. ArrĂȘte-toi !

Bouddha rĂ©pondit : Il y a longtemps que je me suis arrĂȘtĂ©. Ce n’est pas moi qui bouge, mais toi Angulimala. Je n’ai aucun objectif, comment pourrait-il y avoir un mouvement ? C’est toi qui bouges et c’est Ă  moi de crier stop !

Tu n’es qu’un sot, rĂ©pliqua Angulimala.

Bouddha continua d’avancer et dit : Il paraĂźt que tu as besoin d’un doigt de plus. En ce qui me concerne, je n’ai plus besoin de ce corps, tu peux en disposer. Coupe-moi la tĂȘte et ensuite un doigt si cela te fait plaisir. Je suis venu me mettre Ă  ta disposition, ainsi ce corps aura encore servie Ă  quelque chose.

Angulimala rĂ©pondit : Je constate que je ne suis pas le seul fou dans cette forĂȘt. N’essaie pas de me berner, je peux te tuer Ă  tout moment.

Je sais, fit Bouddha, mais avant cela, accorde-moi une faveur. Coupe une branche de cet arbre là-bas.

D’un coup d’Ă©pĂ©e, Angulimala fit tomber une grosse branche par terre.

TrĂšs bien, dit Bouddha, Ă  prĂ©sent fixe-la de nouveau Ă  l’arbre.

Te moques-tu de moi ? gronda Angulimala. Je peux couper toutes les branches que je veux, mais rattacher celle que j’ai coupĂ©e est impossible.

Ainsi donc, remarqua Bouddha en souriant, tu n’es pas plus Ă©voluĂ© qu’un enfant. Lui aussi peut dĂ©truire et est incapable de crĂ©er. Tu ne peux ni rendre la branche Ă  l’arbre ni leur tĂȘte Ă  tes victimes. Pour cela, il faut un pouvoir rĂ©el.

Angulimala ferma les yeux et murmura : Montre-moi la voie. Il atteignit l’Eveil sur-le-champ.



DANSEZ COMME – DAISAKU IKEDA

Nous sommes persuadés que notre vie sera meilleure lorsque nous serons mariés, lorsque nous aurons eu un premier enfant ou un deuxiÚme. Puis nous nous sentons frustrés parce que nos enfants sont trop petits pour ceci ou pour cela et nous pensons que les choses iront mieux quand ils auront grandi.

Ensuite, nous sommes excĂ©dĂ©s par leur comportement d’adolescents. Nous sommes convaincus que nous serons plus heureux lorsqu’ils auront dĂ©passĂ© ce stade. Nous nous disons que nous nous sentirons mieux lorsque nos partenaires auront rĂ©solu leurs problĂšmes, lorsque nous changerons de voiture… lorsque nous aurons pris de merveilleuses vacances… lorsque nous ne serons plus obligĂ©s de travailler…

Pourtant si nous ne connaissons pas une vie pleine et heureuse maintenant, quand y parviendrons-nous ?

Vous aurez toujours Ă  affronter des difficultĂ©s de tous ordres. Mieux vaut accepter ce fait et dĂ©cider d’ĂȘtre heureux quoiqu’il arrive.

Une de mes citations prĂ©fĂ©rĂ©es a pour auteur Alfred SOUZA : Pendant longtemps, dit-il, j’ai eu le sentiment que la vie allait bientĂŽt commencer. La vraie vie ! Mais il y avait toujours des obstacles Ă  franchir en chemin, quelque chose d’inachevĂ©, une affaire qui demandait du temps, des dettes qui n’Ă©taient pas encore rĂ©glĂ©es… ensuite, la vie commencerait…

Finalement, j’ai rĂ©alisĂ© que ces obstacles Ă©taient ma vie ! Cette façon de percevoir les choses m’a aidĂ© Ă  comprendre qu’il n’y a pas un moyen d’ĂȘtre heureux, mais que le bonheur est le moyen. Par consĂ©quent, goĂ»tez chaque instant de votre vie et goĂ»tez-le plus encore parce que vous pouvez le partager avec une personne chĂšre, une personne assez chĂšre pour passer des moments prĂ©cieux de la vie auprĂšs de vous et rappelez-vous que le temps n’attend personne… Alors cessez d’attendre de quitter l’Ă©cole, de perdre 5 kilos, de prendre 5 kilos, d’avoir des enfants, de les voir quitter la maison…

Cessez d’attendre de commencer Ă  travailler, de prendre votre retraite… de vous marier, de divorcer… Cessez d’attendre d’ĂȘtre Ă  vendredi soir, Ă  dimanche matin, d’avoir une nouvelle voiture, une nouvelle maison… Cessez d’attendre d’ĂȘtre au printemps, en Ă©tĂ©, en automne ou en hiver… Cessez d’attendre de quitter cette vie, de renaĂźtre Ă  nouveau et dĂ©cidez qu’il n’y a pas de meilleur moment pour ĂȘtre heureux que le moment prĂ©sent…

Le bonheur et les joies de la vie ne sont pas des buts mais un voyage.

Une pensĂ©e d’aujourd’hui :

Travaillez comme si vous n’aviez pas besoin d’argent,
Aimez comme si personne ne vous vous avait jamais fait souffrir,
Dansez comme si personne ne vous regardait,
Chantez comme si personne ne vous Ă©coutait,
Vivez comme si le paradis Ă©tait sur terre.



L’AJOURNEMENT

DiogĂšne, le mystique grec, fut un des sommets de la conscience humaine. Avant de se rendre en Inde, Alexandre le Grand lui rendit visite. Il faisait frais et DiogĂšne Ă©tait couchĂ© nu au bord d’une riviĂšre, en train de se rĂ©chauffer au soleil. C’Ă©tait un bel homme, il avait cette beautĂ© particuliĂšre qui rayonne d’une Ăąme pure. Alexandre en fut impressionnĂ©.

Monsieur, dit-il avec un respect qui ne lui Ă©tait pas habituel, j’aimerais faire quelque chose pour vous.

Otez-vous de mon soleil, fit DiogĂšne, cela suffira.

Si une autre vie m’est offerte sur cette terre, dit Alexandre, je souhaite que Dieu fasse de moi un DiogĂšne et non un Alexandre.

Qui vous empĂȘche de l’ĂȘtre dĂšs Ă  prĂ©sent ? demanda DiogĂšne. OĂč allez-vous ? Pourquoi vos troupes sont-elles en mouvement ?

Je vais conquérir le monde, répondit Alexandre.

Et ensuite ? voulut savoir DiogĂšne.

Ensuite, déclara Alexandre, je me reposerai.

DiogĂšne se mit Ă  rire : Quelle sottise ! Moi je me repose maintenant. Je n’ai pas conquis le monde, cela ne m’a jamais tentĂ©. Si votre but est de vous dĂ©tendre et de vous reposer, pourquoi ne pas le faire tout de suite ? Qu’est-ce qui vous fait croire que vous devez d’abord remuer ciel et terre ? En vĂ©ritĂ©, si vous ne vous reposez pas aujourd’hui, vous ne le ferez jamais. Assujettir le monde est impossible, vous mourrez bien avant. On meurt toujours au beau milieu du voyage.

Alexandre remercia DiogĂšne pour ses sages paroles, poursuivit sa route et ne revint jamais. Il mourut en pays Ă©tranger.

La lĂ©gende raconte que DiogĂšne rendit l’Ăąme quelques heures aprĂšs Alexandre. Les deux hommes se reconnurent en traversant la riviĂšre qui conduit au royaume des esprits.

Ainsi donc, l’empereur et le mendiant sont de nouveau ensemble ! plaisanta Alexandre pour masquer sa gĂȘne.

En effet, rĂ©pondit DiogĂšne, bien que l’empereur ne soit pas celui que vous croyez. J’ai pleinement vĂ©cu et savourĂ© ma vie et puis regarder Dieu en face.

Vous en serez incapable, vous ne pouvez mĂȘme pas regarder DiogĂšne dans les yeux. Vous avez gaspillĂ© votre vie.



LE MENTAL

Un jour, au cours d’un voyage, un homme arriva accidentellement au paradis. L’Eden indien comprend des arbres Ă  souhaits : il suffit de s’asseoir au pied d’un tel arbre et de formuler une demande pour la voir se rĂ©aliser sans le moindre dĂ©lai.

Le voyageur fatiguĂ© s’endormit sous un arbre Ă  souhaits. En s’Ă©veillant le lendemain matin, il se dit : J’ai faim, il faut que je trouve quelque chose Ă  manger.

Sur-le-champ, des plats dĂ©licieux se matĂ©rialisĂšrent devant lui. Il Ă©tait tellement affamĂ© qu’il ne prĂȘta pas attention au cĂŽtĂ© miraculeux de l’Ă©vĂ©nement. Un ventre creux ne perd pas son temps Ă  philosopher.

Quand il fut repu, le voyageur eut envie d’autre chose : OĂč vais-je pouvoir me dĂ©saltĂ©rer ? se dit-il en regardant autour de lui.

Rien n’Ă©tant prohibĂ© au ciel, du vin prestigieux apparut devant l’homme Ă©bahi. Il s’installa dans l’ombre de l’arbre et dĂ©gusta les meilleurs crus du paradis en savourant la fraĂźcheur de la brise, tout en se posant quelques questions : Qu’est-ce qui se passe ? Suis-je en train de rĂȘver ? Y a-t-il des fantĂŽmes par ici qui me joueraient des tours ?

Des spectres horribles se précipitÚrent sur lui. Au comble de la terreur, le pauvre homme hurla : Ils vont me tuer !

Et il fut tué.



« MU »

« Mu » est un Koan zen traditionnel dont le pouvoir est d’Ă©veiller ceux qui mĂ©ditent dessus. Ce mot veut dire littĂ©ralement « pas ».

Quand on lui pose des questions, le MaĂźtre Ekai a l’habitude de simplement rĂ©pondre « MU ! » , signifiant ainsi que le oui comme le non sont trop limitĂ©s pour ĂȘtre une rĂ©ponse. Mu n’affirme ni n’infirme rien.

C’est une rĂ©ponse illogique qui renvoie au mode de comprĂ©hension profond et intuitif du zen, par-delĂ  l’esprit rationnel limitĂ©.

Mu nous dit en fait : « Ne posez pas cette question ! » et pose Ă  son tour implicitement la question : « Ne voyez-vous pas qu’en rĂ©alitĂ© tout est Un et que la vie ne connaĂźt pas de sĂ©paration ? »

Si nous avons conscience de cela, il n’est plus besoin, en effet, de poser des questions….

Le choix oui/non incluent et confinent  l’homme dans la dualitĂ© : affirmation /nĂ©gation.

Au delà de cela, on peut faire exister une troisiÚme possibilité : MU.

Ainsi, nous pouvons apprĂ©hender la VĂ©ritĂ© de la situation qui ne s’exprime pas avec des mots.

DĂ©placer le oui ou le non, c’est atteindre l’UnitĂ© de Mu, l’UnitĂ© Universelle. Tout est un et un est tout.  Avoir tendance Ă  tout diviser gĂ©nĂšrerait qu’insatisfaction, frustrations ? Non ???



L’ILE AUX SENTIMENTS

Il Ă©tait une fois une Ăźle, oĂč tous les sentiments vivaient : le Bonheur, la Tristesse, le Savoir, ainsi que tous les autres, l’Amour y compris.

Un jour, on annonça aux Sentiments que l’üle allait couler. Ils prĂ©parĂšrent donc tous leurs bateaux et partirent. Seul l’Amour resta. L’Amour voulait rester jusqu’au dernier moment.

Quand l’üle fut sur le point de sombrer, l’Amour dĂ©cida d’appeler Ă  l’aide.

La Richesse passait Ă  cĂŽtĂ© de l’Amour dans un luxueux bateau.

L’Amour lui dit : « Richesse, peux-tu m’emmener ? »

– « Non, car il y a beaucoup d’argent et d’or sur mon bateau. Je n’ai pas de place pour toi ! »

L’Amour dĂ©cida alors, de demander Ă  l’Orgueil qui passait dans un magnifique vaisseau : « Orgueil, aides-moi, je t’en prie ! »

– « Je ne puis t’aider, Amour ! Tu es tout mouillĂ© et tu pourrais endommager mon bateau. »

La Tristesse Ă©tant Ă  cĂŽtĂ©, l’Amour lui demanda : « Tristesse, laisses-moi venir avec toi ! »

– « Oh
 Amour, je suis tellement triste que j’ai besoin d’ĂȘtre seul ! »

Le Bonheur passa aussi Ă  cĂŽtĂ© de l’Amour ; Il Ă©tait si heureux qu’il n’entendait pas l’Amour l’appeler. »

Soudain, une voix dit : « Viens Amour, Je te prends avec moi ! »

C’était un vieillard qui avait parlĂ©. L’Amour se sentit si reconnaissant et plein de joie qu’il en oublia de demander son nom au vieillard.

Lorsqu’ils arrivĂšrent sur la terre ferme, le vieillard s’en alla. L’Amour rĂ©alisa combien il lui devait et demanda au Savoir : « Qui m’a aidé ? »

– « C’était le temps ! » rĂ©pondit le Savoir.

« Le Temps ? » s’interrogea l’Amour. « Mais pourquoi le Temps m’a-t-il aidé ? »

Le Savoir sourit, plein de sagesse et rĂ©pondit : « C’est parce que seul le Temps est capable de comprendre combien l’Amour est important dans la vie ! »



LA CONSCIENCE

Un homme qui s’exerçait depuis quelque temps Ă  la mĂ©ditation vint voir Ikkyu.

Il laissa son parapluie et ses chaussures trempĂ©es devant la porte et entra. Quand il eut terminĂ© de prĂ©senter ses respects au maĂźtre, celui-ci lui demanda s’il avait dĂ©posĂ© son parapluie Ă  gauche ou Ă  droite de ses chaussures. Vous vous attendez Ă  ce qu’un maĂźtre vous interroge sur Dieu, la montĂ©e de la Kundalini, l’ouverture des chakras, l’apparition de lueurs dans votre tĂȘte. Ikkyu s’enquit tout simplement d’un parapluie.

Ne vous y trompez pas, la question Ă©tait pertinente. Le visiteur fut incapable de rĂ©pondre. Qui se soucie de retenir si un parapluie se trouve Ă  gauche ou Ă  droite d’une paire de souliers ?

Pour Ikkyu, ce dĂ©faut d’attention Ă©tait significatif. Il refusa d’accepter l’homme comme disciple.

Retourne méditer sept ans de plus, lui dit-il.

Sept ans pour une si petite faute ! s’exclama le candidat.

Aucune faute n’est grande ou petite, rĂ©pondit Ikkyu. Tu ne vis pas de façon mĂ©ditative, c’est tout.



LES ENFANTS – KHALIL GIBRAN

 » Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l’aspiration qu’a la Vie pour elle-mĂȘme.

Ils naissent par vous, mais pas de vous. Et quoiqu’ils fassent route avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner toute votre tendresse, mais pas vos pensées. Car ils ont leurs pensées distinctes.

Vous pouvez embrasser leurs corps, mais pas leurs Ăąmes. Car leurs Ăąmes s’installent dans la maison de demain, ‹celle que vous ne pouvez aller voir, mĂȘme dans vos rĂȘves.

Vous pouvez tenter d’ĂȘtre comme eux, ‹mais ne cherchez pas Ă  les rendre semblables Ă  vous. Car la Vie ne recule pas, et elle ne flĂąne pas avec la veille.

Vous ĂȘtes les arcs qui lancent vos enfants comme des flĂšches vivantes.

L’archer voit la cible dans la perspective de l’infini, et il vous bande de toute sa puissance ‹pour que ses flĂšches aillent rapidement, Ă  perte de vue.

Et lorsque la main de l’archer vous bande, que ce soit pour votre plus grande joie. Car mĂȘme s’il adore la flĂšche qui fend l’air, il aime aussi l’arc qui demeure.



LES LARMES DES FEMMES

Un petit garçon demande Ă  sa mĂšre : « Pourquoi pleures-tu ? »

« Parce que je suis une femme » lui rĂ©pond-elle.

« Je ne comprends pas » dit-il.

Sa mĂšre l’Ă©treint et lui dit : « Et jamais tu ne rĂ©ussiras ! »

Plus tard le petit garçon demanda Ă  son pĂšre : « Pourquoi maman pleure-t-elle sans raison ? »

« Toutes les femmes pleurent sans raison » fut tout ce que son pĂšre pu lui dire.

Le petit garçon grandit et devint un homme, toujours se demandant pourquoi les femmes pleurent aussi facilement. ‹Finalement il appela Dieu ; quand Dieu rĂ©pondit au tĂ©lĂ©phone, il demanda :‹ »Seigneur, pourquoi les femmes pleurent aussi facilement ? »

Dieu répondit :

« Quand j’ai fait la femme, elle devait ĂȘtre spĂ©ciale. J’ai fait ses Ă©paules assez fortes pour porter le poids du monde; mais quand mĂȘme assez douces pour ĂȘtre confortables. »

« Je lui ai donnĂ© une force intĂ©rieure pour endurer les naissances et le rejet qui vient souvent des enfants. » ‹ »Je lui ai donnĂ© la force pour lui permettre de continuer quand tout le monde abandonne et prendre soin de sa famille en dĂ©pit de la maladie et de la fatigue, sans se plaindre. »

« Je lui ai donnĂ© la sensibilitĂ© pour aimer ses enfants dans n’importe quelle circonstance quand ces derniers l’ont blessĂ© trĂšs durement. »

« Je lui ai donnĂ© la force de supporter son mari dans ses dĂ©fauts et je l’ai fait d’une de ses cĂŽtes pour protĂ©ger son coeur. »

« Je lui ai donnĂ© la sagesse de savoir qu’un bon Ă©poux ne blesse jamais sa femme, mais quelques fois teste sa force et sa dĂ©termination de demeurer Ă  ses cĂŽtĂ©s sans faiblir. »

« Et finalement je lui ai donnĂ© une larme Ă  verser. Cela est exclusivement Ă  son usage personnelle quand elle le juge bon. »

« Tu vois : La beautĂ© d’une femme n’est pas dans les vĂȘtements qu’elle porte, ni dans le visage qu’elle montre, ou dans la façon de se peigner les cheveux. »

« La beautĂ© d’une femme doit ĂȘtre dans ses yeux, parce que c’est la porte d’entrĂ©e de son coeur, la place oĂč l’amour rĂ©side. »



L’EXPRESSION DE VOTRE DESIR – BRIHADARANYAKA UPANISHAD

Vous ĂȘtes l’expression de votre plus profond dĂ©sir

Tel est votre désir, telle est votre volonté

Telle est votre volonté, tels sont vos actes

Tels sont vos actes, telle sera votre destinée.



LA TRANCHE OU LE BOUT DU PAIN

Il Ă©tait une fois un vieux couple, vous savez ce genre de personnes qui donnent l’impression d’ĂȘtre chacune une partie d’un tout.‹L’homme et la femme avaient vĂ©cu de nombreuses annĂ©es ensemble, avaient su surmonter les Ă©preuves, forts de leur amour rĂ©ciproque.

Sur la terrasse de leur maison, ils vivaient des instants paisibles, dans une retraite bien mĂ©ritĂ©e…‹La femme, soucieuse de toujours veiller Ă  la belle harmonie du couple demande Ă  son Ă©poux :

– dis-moi mon ami, si nous devions refaire le chemin ensemble, y a-t-il quelque chose que tu aimerais changer ?

– non, ma chĂ©rie, tu es une Ă©pouse merveilleuse.

Mais il avait un air qu’elle seule pouvait reconnaĂźtre, celui oĂč il reste encore quelque chose Ă  dire. Elle lui demande :

– Je te remercie, toi aussi tu m’as donnĂ© beaucoup de bonheur. Alors, dis-moi, quelque chose pourrait encore amĂ©liorer notre vie ? MĂȘme une toute petite chose, tu me le dirais ?

L’homme prend son courage Ă  deux mains et lui dit :

– Et bien vois-tu ma chĂ©rie, il y a une toute petite chose : tu m’as toujours donnĂ© le quignon, l’extrĂ©mitĂ© du pain, et je t’avoue que je prĂ©fĂšre de loin une tranche au quignon…

La femme se met Ă  rire.

L’homme lui demande pourquoi elle rit.

Elle répond :

– Je pensais que tu prĂ©fĂ©rais le quignon, c’est pour cela que je te l’ai toujours laissĂ©. Mais moi, j’adore le quignon du pain.



DIEU AVEC NOUS, DIEU DANS MES PAS – ADEMAR DE BARROS

J’ai fait un rĂȘve la nuit de NoĂ«l :

Je cheminais sur la plage, cÎte à cÎte avec le Seigneur. Nos pas se dessinaient sur le sable, laissant une double empreinte, la mienne et celle du Seigneur.

L’idĂ©e me vint – c’Ă©tait en songe – que chacun de nos pas reprĂ©sentait un jour de ma vie. Je me suis arrĂȘtĂ© pour regarder en arriĂšre. J’ai vu toutes les traces qui se perdaient au loin, mais je remarquais qu’en certains endroits, au lieu de deux empreintes, il n’y en avait plus qu’une.

J’ai revu le film de ma vie. Oh surprise, les lieux Ă  l’empreinte unique correspondaient aux jours les plus sombres de mon existence. Jours d’angoisse ou de mauvais vouloir, jours d’Ă©goĂŻsme ou de mauvaise humeur, jours d’Ă©preuves et de doute, jours oĂč moi, j’avais Ă©tĂ© intenable.

Alors me retournant vers le Seigneur, j’osai Lui faire des reproches : « Tu nous as pourtant promis d’ĂȘtre avec nous tous les jours ! Pourquoi n’as-Tu pas tenu ta promesse ? Pourquoi m’avoir laissĂ© seul aux pires moments de ma vie ? Aux jours, oĂč j’avais le plus besoin de ta prĂ©sence ? »

Mais le Seigneur m’a rĂ©pondu : « Mon ami, les jours oĂč tu ne vois qu’une trace de pas sur le sable, ce sont les jours oĂč je t’ai portĂ©. »



L’AMOUR – KHALIL GIBRAN

« Lorsque l’amour vous fait signe, suivez-le, quoique ses voies sont rudes et escarpĂ©es. Et lorsque ses ailes vous enveloppent, cĂ©dez-lui, quoique l’Ă©pĂ©e cachĂ©e parmi ses plumes puisse vous blesser. Et lorsqu’il vous parle, croyez en lui, quoique sa voix puisse Ă©parpiller vos rĂȘves comme le vent du Nord saccage le jardin.

Car mĂȘme s’il vous couronne, l’amour vous crucifiera. MĂȘme s’il vous aide Ă  grandir, il vous Ă©laguera. MĂȘme s’il s’Ă©lĂšve Ă  votre hauteur et s’il caresse les plus tendres de vos branches qui frĂ©missent sous le soleil. Il s’enfoncera jusqu’Ă  vos racines et secouera leur emprise dans la terre. Comme des gerbes de blĂ©, il vous rĂ©colte en lui-mĂȘme.

Il vous bat pour vous dĂ©nuder. Il vous tamise pour vous dĂ©livrer de votre son. Il vous moud jusqu’Ă  ce que vous blanchissiez. Il vous pĂ©trit pour vous assouplir.

Et puis, il vous soumet Ă  son feu sacrĂ©, pour que vous connaissiez les secrets de votre cƓur et que par cette connaissance, vous deveniez une parcelle du cƓur de la Vie.

Mais si, dans votre crainte, vous ne cherchiez de l’amour que sa paix et son plaisir, alors vous feriez mieux de couvrir votre nuditĂ© et de vous Ă©carter de son aire de battage, pour gagner le monde sans raisons oĂč vous rirez sans dĂ©ployer tout votre rire, oĂč vous pleurerez sans rĂ©pandre toutes vos larmes.

L’amour ne donne rien que lui-mĂȘme et ne prend rien que lui-mĂȘme. L’amour ne possĂšde pas, et ne veut pas ĂȘtre possĂ©dĂ©, car l’amour se suffit Ă  lui-mĂȘme.

Lorsque vous aimez, vous ne devez pas dire :  » Dieu est dans mon cƓur « , mais plutĂŽt :  » Je suis dans le cƓur de Dieu « . Et ne croyez pas que vous pourrez diriger le cours de l’amour, car c’est l’amour, s’il croit que vous en valez la peine, qui dirigera votre cours. L’amour n’a d’autre dĂ©sir que de s’accomplir lui-mĂȘme.

Mais si vous aimez et si vous devez éprouver des désirs, faites que les vÎtres soient ceux-ci : Fondre et devenir un ruisseau courant qui chante sa mélodie dans la nuit.

ConnaĂźtre la douleur d’une trop grande tendresse. Être blesse par votre propre connaissance de l’amour, et vous laisser joyeusement saigner. Vous rĂ©veiller le matin avec un cƓur ailĂ© et rendre grĂąces pour une nouvelle journĂ©e d’amour. Vous reposer le midi et mĂ©diter sur l’extase de l’amour. Rentrer le soir chez vous avec reconnaissance. Et puis enfin vous endormir avec une priĂšre pour l’ĂȘtre aimĂ© qui vit en votre cƓur et avec, sur vos lĂšvres, un chant de louanges. »



S’ENTENDRE

Entre ce que je pense,
Ce que je veux dire,
Ce que je crois dire,
Ce que je dis…
Ce que vous voulez entendre,
Ce que vous entendez,
Ce que vous croyez comprendre,
Ce que vous voulez comprendre,
Et ce que vous comprenez,
Il y a au moins 9 possibilitĂ©s de ne pas s’entendre ! ! !



SHEMA YISRAEL – PIRKE AVOT

 » Shema Yisrael Adonai Elohenou Adonai Echad « 

(Ecoute, Î Israël, le Seigneur ton Dieu, le Seigneur est Un)

C’est par amour que Dieu crĂ©a l’homme Ă  son image.

C’est un plus grand amour que Dieu tĂ©moigna Ă  l’homme en lui rĂ©vĂ©lant qu’il Ă©tait crĂ©Ă© Ă  l’image divine.

Le regard de Dieu plane sur tout et cependant la volonté humaine est libre.

Sois hardi comme le lĂ©opard, lĂ©ger comme l’aigle, agile comme le cerf et fort comme le lion pour exĂ©cuter la VolontĂ© de ton PĂšre qui est dans les cieux.

Toute rĂ©union qui a pour objet la gloire de Dieu se maintiendra, ‹mais celle qui n’a point pour objet la gloire de Dieu ne subsistera pas longtemps.



LA VALEUR DES CHOSES ET DES GENS

Un conférencier bien connu commence son séminaire en tenant bien haut un billet de 100 francs. Il demande aux gens :

– Qui aimerait avoir ce billet ?

Les mains commencent Ă  se lever alors il dit :

– Je vais donner ce billet de 100 francs Ă  quelqu’un de vous mais avant laissez-moi faire quelque chose avec.

Il chiffonne alors le billet avec force et il demande :

– Est-ce que vous voulez toujours de ce billet ?

Les mains continuent Ă  se lever.

– Bon, d’accord, mais que se passera-t-il si je fais cela.

Il jette le billet froissĂ© par terre et saute Ă  pied joints dessus, l’Ă©crasant autant que possible et le recouvrant des poussiĂšres du plancher.

Ensuite il demande :

– Qui veut encore avoir ce billet ?

Évidemment, les mains continuent de se lever !

– Mes amis, vous venez d’apprendre une leçon… Peu importe ce que je fais avec ce billet, vous le voulez toujours parce que sa valeur n’a pas changĂ©, il vaut toujours 100 francs. Plusieurs fois dans votre vie vous serez froissĂ©s, rejetĂ©s, souillĂ©s par les gens ou par les Ă©vĂ©nements. Vous aurez l’impression que vous ne valez plus rien mais en rĂ©alitĂ© votre valeur n’aura pas changĂ© aux yeux des gens qui vous aiment ! La valeur d’une personne ne tient pas Ă  ce que l’on a fait ou pas, vous pourrez toujours recommencer et atteindre vos objectifs car votre valeur intrinsĂšque est toujours intacte.



LA RESPONSABILITÉ

Un maĂźtre voyageait avec un disciple chargĂ© de s’occuper du chameau. Le soir, en arrivant Ă  l’auberge, le disciple Ă©tait tellement fatiguĂ© qu’il n’attacha pas l’animal.

Mon Dieu, pria-t-il en se couchant, prends-en soin, je te le confie.

Le lendemain matin, le chameau ayant disparu, le maĂźtre voulut savoir oĂč il se trouvait.

Je l’ignore, rĂ©pondit le disciple, il faut interroger Allah ! Hier soir, j’Ă©tais trĂšs fatiguĂ© et lui ai confiĂ© notre monture. Ce n’est pas ma faute si ce chameau s’est enfui ou a Ă©tĂ© volĂ©. J’ai trĂšs explicitement demandĂ© Ă  Dieu de le surveiller. C’est lui le responsable. Ne nous avez-vous pas souvent exhortĂ©s Ă  faire confiance Ă  Allah ?

Aie confiance en Allah, mais entrave d’abord ton chameau, rĂ©pondit le maĂźtre. Car Dieu n’a d’autres mains que les tiennes. Pour attacher le chameau, Dieu a besoin de mains. Or, c’est votre chameau. La meilleure solution est par consĂ©quent d’utiliser vos propres mains. Faites d’abord tout ce qui est en votre pouvoir, laissez ensuite les rĂ©sultats Ă  Dieu et acceptez ce qui arrivera.



POESIE D’UN AFRICAIN

Cher frĂšre blanc
Quand je suis nĂ©, j’étais noir
Quand j’ai grandi, j’étais noir
Quand je vais au soleil, je suis noir
Quand je suis malade, je suis noir
Quand je mourrai, je serai noir.
Tandis que toi, homme blanc
Quand tu es né, tu étais rose
Quand tu as grandi, tu Ă©tais blanc
Quand tu vas au soleil, tu es rouge
Quand tu as froid, tu es bleu
Quand tu as peur, tu es vert
Quand tu es malade, tu es jaune
Quand tu mourras, tu seras gris
Et aprùs, tu as le toupet de m’appeler ‹Homme de couleur !



QUAND JE TE DEMANDE – JACQUES SALOME

Quand je te demande de m’Ă©couter et que tu commences Ă  me donner des conseils, je ne me sens pas entendu.

Quand je te demande de m’Ă©couter et que tu me poses des questions, quand tu argumentes, quand tu tentes de m’expliquer ce que je ressens ou ne devrais pas ressentir, je me sens agressĂ©.

Quand je te demande de m’Ă©couter et que tu t’empares de ce que je dis pour tenter de rĂ©soudre ce que tu crois ĂȘtre mon problĂšme, aussi Ă©trange que cela puisse paraĂźtre, je me sens encore plus en perdition.

Quand je te demande ton Ă©coute, je te demande d’ĂȘtre lĂ , au prĂ©sent, dans cet instant si fragile oĂč je me cherche dans une parole parfois maladroite, inquiĂ©tante, injuste ou chaotique.

J’ai besoin de ton oreille, de ta tolĂ©rance, de ta patience pour me dire au plus difficile comme au plus lĂ©ger. Oui simplement m’Ă©couter… sans excusation ou accusation, sans dĂ©possession de ma parole.

Ecoute, Ă©coute-moi ! Tout ce que je te demande c’est de m’Ă©couter. Au plus proche de moi. Simplement accueillir ce que je tente de te dire, ce que j’essaie de me dire.

Ne m’interromps pas dans mon murmure, n’ai pas peur de mes tĂątonnements ou de mes imprĂ©cations.

Mes contradictions comme mes accusations, aussi injustes soient-elles, sont importantes pour moi. Par ton Ă©coute, je tente de dire ma diffĂ©rence, j’essaie de me faire entendre surtout de moi-mĂȘme. J’accĂšde ainsi Ă  une parole propre, celle dont j’ai Ă©tĂ© longtemps dĂ©possĂ©dĂ©.

Oh non, je n’ai pas besoin de conseils !

Je peux agir par moi-mĂȘme et aussi me tromper. Je ne suis pas impuissant, parfois dĂ©muni, dĂ©couragĂ©, hĂ©sitant, pas toujours impotent. Si tu veux faire pour moi, tu contribues Ă  ma peur, tu accentues mon inadĂ©quation et renforces peut-ĂȘtre ma dĂ©pendance.

Quand je me sens Ă©coutĂ©, je peux enfin m’entendre. Quand je me sens Ă©coutĂ©, je peux entrer en reliance. Etablir des ponts, des passerelles incertaines entre mon histoire et mes histoires. Relier des Ă©vĂ©nements, des situations, des rencontres ou des Ă©motions pour en faire la trame de mes interrogations. Pour tisser ainsi l’Ă©coute de ma vie.

Oui ton Ă©coute est passionnante.

S’il te plaĂźt Ă©coute et entends-moi.

Et si tu veux parler Ă  ton tour, attends juste un instant que je puisse terminer et je t’Ă©couterai Ă  mon tour, mieux, surtout si je me suis senti entendu.



UN SOURIRE – GHANDI

Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup.

Il enrichit ceux qui le reçoivent, sans appauvrir ceux qui le donnent.

Il ne dure qu’un instant, mais son souvenir est parfois Ă©ternel.

Personne n’est assez riche pour pouvoir s’en passer et personne n’est trop pauvre pour ne pas le mĂ©riter.

Il crĂ©e le bonheur au foyer, est un soutien dans les affaires et le signe sensible de l’amitiĂ©.

Un sourire donne du repos Ă  l’ĂȘtre fatiguĂ©, rend du courage aux plus dĂ©couragĂ©s, console dans la tristesse.

Cependant il ne peut ni s’acheter, ni se prĂȘter, ni se voler.

Car c’est une chose qui n’a de valeur qu’Ă  partir du moment qu’il se donne.

Et si quelquefois vous rencontrez une personne qui ne vous donne pas le sourire que vous mĂ©ritez, soyez gĂ©nĂ©reux, donnez-lui le vĂŽtre, car nul n’a autant besoin d’un sourire que celui qui ne peut pas en donner aux autres.



CHACUN SA VERITE

Cela se passait en Inde. Un maĂźtre spirituel enseignait depuis des annĂ©es Ă  plusieurs disciples, dont quatre Ă©taient aveugles. Ces quatre disciples Ă©taient trĂšs zĂšles et suivaient scrupuleusement l’enseignement de leur maĂźtre. Cela durait dĂ©jĂ  depuis fort longtemps et nos quatre disciples commençaient Ă  se demander si un jour ils arriveraient finalement Ă  l’illumination promise. Ils se rĂ©unirent donc pour Ă©changer leur prĂ©occupation, et dĂ©cidĂšrent qu’ils devaient rencontrer leur maĂźtre et lui parler franchement. Ils s’en furent donc aux pieds du maĂźtre, et lĂ , osĂšrent lui poser la question.

« MaĂźtre, nous suivons fidĂšlement votre enseignement depuis des annĂ©es. Quand obtiendrons-nous l’illumination ? Nous devons ĂȘtre fins prĂȘts, ne pensez-vous pas ? »

Le maĂźtre les regarda quelques instants tous les quatre, puis parut prendre sa dĂ©cision. « TrĂšs bien, leur dit-il, je vois que votre dĂ©sir d’entrer en union avec la MĂšre Divine est grand. Aussi, je vais vous donner dĂšs aujourd’hui, une possibilitĂ© de dĂ©montrer votre capacitĂ© de recevoir de telles Ă©nergies sublimes. »

A ces mots les disciples tressaillirent de joie, mais ils s’attendaient bien sĂ»r Ă  une Ă©preuve d’envergure.

« Etes-vous prĂȘts ? »  leur demanda le maĂźtre.

« Oui, certainement, » rĂ©pondirent les disciples en cƓur. « Dites-nous ce qu’il faut faire, et nous le ferons. »

« Dans la forĂȘt voisine, il y a une clairiĂšre et dans cette clairiĂšre, il y a un Ă©lĂ©phant. Vous allez vous rendre dans la clairiĂšre. Je sais que vous n’avez jamais vu un Ă©lĂ©phant puisque vous ĂȘtes aveugles de naissance. Mais vous allez entrer en contact avec l’élĂ©phant Ă  l’aide des sens qui vous sont disponibles, et dans une heure vous reviendrez, chacun de vous, me faire une description de l’élĂ©phant. Allez. »

Les disciples Ă©taient bien surpris ; l’épreuve Ă©tait ridiculement simple. Ils pensĂšrent qu’aprĂšs leurs longues annĂ©es d’études auprĂšs du maĂźtre, ils Ă©taient enfin prĂȘts. Ceci n’était qu’une formalitĂ©. Ils s’en furent donc joyeusement dans la clairiĂšre et lĂ , chacun entra en contact avec l’élĂ©phant.

Le premier prit la queue. Il pensa alors : « Un Ă©lĂ©phant cela vit dans les airs. C’est rond et long et ça se termine par une petite touffe de poils. TrĂšs bien, je sais ce que c’est un Ă©lĂ©phant. »

Le deuxiĂšme, lui, prit la patte, et la tĂąta de ses mains. Il pensa : « Un Ă©lĂ©phant c’est gros et rugueux comme un arbre, cela a une peau trĂšs Ă©paisse et plissĂ©e, et cela vit par terre. TrĂšs bien, je sais ce qu’est un Ă©lĂ©phant. »

Le troisiĂšme saisit la trompe, et eut son expĂ©rience de l’élĂ©phant, comme le quatriĂšme qui prit l’oreille.

Tout heureux, sĂ»rs d’eux et bavardant d’une chose et d’une autre, ils retournĂšrent auprĂšs du maĂźtre Ă  l’heure prĂ©vu. Le maĂźtre leur demanda alors : « Qui peut me dire ce qu’est un Ă©lĂ©phant ? »

Le premier, ne pouvant contenir de joie, lui dit sans attendre : « MaĂźtre, un Ă©lĂ©phant cela vit dans les airs. C’est rond et long, assez doux et ça se termine par une petite touffe de poils. »

« Pas du tout, s’empressa de rĂ©pliquer le deuxiĂšme, un Ă©lĂ©phant c’est gros et rugueux comme un arbre, cela a une peau plissĂ©e, et cela vit par terre. »

« Absolument par ! s’écria le troisiĂšme. Je vais vous dire, MaĂźtre, ce qu’est un Ă©lĂ©phant. » Et il entreprit de dĂ©crire la trompe.

Avant qu’il n’ait fini sa description, le quatriĂšme, qui ne pouvait plus contenir son impatience, l’interrompit pour donner sa propre description de l’élĂ©phant, Ă  savoir l’oreille. Mais il ne put finir lui-mĂȘme car les trois autres protestĂšrent, chacun dĂ©fendant sa perception, et une grosse dispute commença.

Le MaĂźtre les laissa se quereller un moment puis, comme cela n’en finissait pas, il rĂ©clama le silence pour leur faire savoir que l’illumination, ce n’était dĂ©cidĂ©ment pas pour aujourd’hui.



LA PHILOSOPHIE DE MICHEL

Michel Ă©tait du genre insupportable : toujours de bonne humeur, rien que des mots positifs Ă  la bouche.

Quand quelqu’un lui demandait : Comment vas-tu ?

Il répondait : Pour aller mieux, il faudrait que je sois deux !

Il Ă©tait d’un naturel motivant. Lorsqu’un employĂ© passait une sale journĂ©e, Michel lui montrait comment voir le bon cĂŽtĂ© des choses.

A force d’observer son attitude, cela m’a rendu curieux. Aussi, un jour, je suis allĂ© le voir et lui ai demandĂ© : Je ne comprends pas ! Tu ne peux tout de mĂȘme pas ĂȘtre positif tout le temps ! Comment tu fais ?

Michel m’a rĂ©pondu : Chaque matin, je me rĂ©veille et je me dis que j’ai le choix : soit je dĂ©cide d’ĂȘtre de bonne humeur ou d’ĂȘtre de mauvais poil. Et je choisis de me lever du bon pied. Chaque fois que quelque chose de nĂ©gatif m’arrive, je peux dĂ©cider d’ĂȘtre une victime ou d’en apprendre quelque chose. Et je choisis d’en tirer une leçon. Chaque fois que quelqu’un vient se plaindre chez moi, je peux accepter ses dolĂ©ances ou mettre l’accent sur l’aspect positif de la vie. Je choisis le bon cĂŽtĂ©.

C’est bien, mais pas facile, ai-je protesté 

Mais oui ça l’est ! m’a rĂ©pondu Michel. La vie est faite de choix. A la base, chaque situation est un choix. Tu choisis la façon dont tu y rĂ©agis. Tu choisis comment les gens vont t’affecter. Tu choisis d’ĂȘtre de bonne ou de mauvaise humeur. En bref, tu choisis comment tu vis ta vie.

J’ai rĂ©flĂ©chi Ă  ce que Michel me disait. Peu aprĂšs, j’ai quittĂ© mon travail et j’ai dĂ©marrĂ© une activitĂ© indĂ©pendante. Nous nous sommes perdus de vue. Mais je pensais souvent Ă  lui lorsque je devais faire un choix plutĂŽt que de rĂ©agir Ă  une situation.

Quelques annĂ©es plus tard, j’ai appris que Michel avait eu un grave accident : une chute d’environ 18 mĂštres depuis une tour. AprĂšs 18 heures d’opĂ©ration et des semaines de soins intensifs, Michel quittait l’hĂŽpital avec des tiges dans le dos.

Je l’ai revu 6 mois plus tard. Quand je lui ai demandĂ© comment il allait, il m’a rĂ©pondu : Pour aller mieux, il faudrait que je sois deux ! Tu veux voir mes cicatrices ?

J’ai dĂ©clinĂ© sa proposition, et l’ai plutĂŽt interrogĂ© sur ce qui lui avait traversĂ© l’esprit durant l’accident.

La premiĂšre chose Ă  laquelle j’ai pensĂ© Ă©tait au bien-ĂȘtre de ma fille qui allait naĂźtre, m’a rĂ©pondu Michel. Puis je me suis retrouvĂ© Ă©tendu sur le sol, je me suis rappelĂ© que j’avais deux choix : je pouvais dĂ©cider de mourir ou dĂ©cider de vivre. J’ai dĂ©cidĂ© de vivre.

Est-ce que tu as eu peur ? Est-ce que tu t’es Ă©vanoui ? lui ai je demandĂ©.

Michel a continuĂ© : Les ambulanciers ont Ă©tĂ© super ! Ils n’arrĂȘtaient pas de me dire que tout irait bien. Mais en arrivant aux urgences, j’ai vu l’expression sur les visages des mĂ©decins et des infirmiĂšres. Et lĂ  je me suis vraiment inquiĂ©tĂ©. Dans leurs yeux, j’ai lu : il est mourant. J’ai su que je devais intervenir.

Alors qu’est-ce que tu as fait ? lui ai-je demandĂ© ?

Il y avait une imposante infirmiĂšre qui me bourrait de questions, continua Michel. Elle me demandait si j’Ă©tais allergique Ă  quoi que ce soit. Je lui ai dit que oui. Docteurs et infirmiĂšres se sont arrĂȘtĂ©s, attendant ma rĂ©ponse. J’ai pris une profonde respiration et j’ai criĂ© : je suis allergique au sĂ©rieux. Ils avaient beau dire, je leur ai expliquĂ© que j’avais choisi de vivre et que je souhaitais qu’ils agissent avec moi comme si j’Ă©tais vivant et non mort.

Michel a survĂ©cu, grĂące aux compĂ©tences de ses mĂ©decins d’une part mais aussi Ă  son incroyable attitude. J’ai retenu de lui que chaque jour nous avons le choix de vivre pleinement. En fait, tout est dans l’attitude. Par consĂ©quent, le dicton s’applique: Ne t’en fais pas pour demain car c’est un autre jour. Et Ă  chaque jour suffit sa peine.



LES CHOSES NE SONT PAS TOUJOURS CE QU’ELLES PARAISSENT

Deux anges s’arrĂȘtĂšrent pour passer la nuit dans la maison d’une famille aisĂ©e.

La famille Ă©tait mauvaise et refusa que les anges demeurent dans la chambre d’amis de la maison. À la place, ils laissĂšrent les anges dormir dans une petite piĂšce dans le sous-sol froid.

Pendant qu’ils faisaient leur lit sur le sol dur, le plus ĂągĂ© des anges aperçut un trou dans le mur et le rĂ©para.

Quand le plus jeune des anges demanda pourquoi, le plus ĂągĂ© des anges rĂ©pliqua :  » Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles paraissent ».

La nuit suivante, nos compĂšres arrivĂšrent pour se reposer dans une maison oĂč les gens Ă©taient vraiment pauvres mais oĂč le fermier et sa femme Ă©taient trĂšs hospitaliers.

AprĂšs avoir partagĂ© le peu de nourriture qu’ils avaient, le couple laissa les anges dormir dans leur lit pour qu’ils aient une bonne nuit de sommeil ?

Lorsque le soleil se leva le lendemain matin, les anges trouvÚrent le fermier et sa femme en larmes. Leur unique vache, de laquelle le lait était une bénédiction gisait morte sur le sol.

Le plus jeune des anges était furieux et demanda au plus ùgé des anges comment il avait pu laisser faire cela ?

 » Le premier homme avait tout et tu l’as aidĂ© « , accusa l’ange.  » La deuxiĂšme famille avait peu mais Ă©tait disposĂ©e Ă  tout partager et tu as laissĂ© sa vache mourir. « 

 » Les choses ne sont pas toujours comme elles paraissent, » rĂ©pliqua le plus vieux des anges « Quand nous sommes restĂ©s dans le sous-sol de la maison, je me suis aperçu qu’il y avait de l’or rangĂ© dans ce trou dans le mur. Étant donnĂ© que le propriĂ©taire Ă©tait tellement obsĂ©dĂ© par la haine et qu’il ne voulait pas partager sa fortune, j’ai scellĂ© le trou afin qu’il ne retrouve plus son or ».

Et, la nuit derniĂšre, lorsque nous Ă©tions endormis dans la chambre du fermier, l’ange de la mort est venue chercher sa femme. Je lui ai donnĂ© la vache Ă  la place. Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles paraissent ».



N’ATTENDEZ PAS JUSQU’A DEMAIN

Il Ă©tait une fois… un garçon qui naquit malade. D’une maladie qui n’avait pas de cure. Il avait 17 ans et pouvait mourir Ă  n’importe quel moment.

Il vivait toujours chez sa mĂšre, sous l’attention de cette derniĂšre. C’Ă©tait dur et il dĂ©cida de partir seul pour une fois.

Il demanda la permission Ă  sa mĂšre qui la lui donna.

En marchant dans son quartier il vit beaucoup de boutiques. En passant devant un magasin de musique et en regardant la vitrine, il nota la prĂ©sence d’une fille trĂšs tendre de son Ăąge. Ce fut le coup de foudre. Il ouvrit la porte et entra en ne regardant qu’elle. En s’approchant peu Ă  peu, il arriva au comptoir oĂč elle se trouvait.

Elle le regarda et lui demanda en souriant :  » Je peux t’aider ? »

Il pensa que c’Ă©tait le sourire le plus beau qu’il avait vu de toute sa vie. Il sentit le dĂ©sir de l’embrasser en ce mĂȘme instant. Il lui dit en bĂ©gayant : « Oui, heeeuuu,… J’aimerais acheter un CD ».

Sans rĂ©flĂ©chir, il prit le premier qu’il vit et lui donna l’argent.

 » Tu veux que je te l’emballe ? » Demanda la fille en souriant de nouveau.

Il rĂ©pondit que oui, en bougeant la tĂȘte, et elle alla dans l’arriĂšre-boutique pour revenir avec le paquet emballĂ© et le lui remettre. Il le prit et sortit du magasin. Il s’en alla Ă  sa maison, et depuis ce jour, dorĂ©navant, il alla au magasin tous les jours pour acheter un CD.

Elle les lui emballait toujours, la fille pour qu’ensuite il les emporte Ă  sa maison et les mette dans son armoire.

Il Ă©tait trop timide que pour l’inviter Ă  sortir, et, mĂȘme s’il essayait, Il n’y arrivait pas.

Sa mĂšre fut mise au courant de cela et tenta de l’encourager Ă  s’aventurer, de sorte que le jour suivant il s’arma de courage et se dirigea au magasin. Comme tous les autres jours, il acheta une fois de plus un CD, et comme toujours, elle s’en alla derriĂšre pour l’emballer. Elle prit donc le CD et pendant qu’elle l’emballait, il laissa rapidement son numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone sur le comptoir et s’en alla en courant du magasin.

Ringggg !!!

Sa mĂšre rĂ©pondit: « AllĂŽ ? »

C’Ă©tait la fille qui demandait pour son fils et la mĂšre inconsolable, commença Ă  pleurer pendant qu’elle disait : « Quoi, tu ne sais pas ? Il est mort hier ».

Il y eut un silence prolongĂ©, exceptĂ© les lamentations de la mĂšre.‹Plus tard, la maman entra dans la chambre de son fils pour se rappeler de lui. Elle dĂ©cida de commencer par regarder ses vĂȘtements de sorte qu’elle ouvrit son armoire. Elle eut la surprise de se heurter Ă  des montagnes de CD emballĂ©s, aucun n’Ă©tait ouvert.

Le fait de voir autant de CD la rendit curieuse et elle ne rĂ©sista pas ; elle prit un CD et s’assit sur le lit pour l’ouvrir ; en faisant cela, un petit bout de papier tomba de la boĂźte plastique.

La maman le rattrapa et le lut, il disait : « Salut !!! T’es super mignon, tu veux sortir avec moi ? » TQM….Sofia.

Avec beaucoup d’Ă©motion, la mĂšre ouvrit un autre CD, encore d’autres et dans plusieurs se trouvaient des bouts de papier qui disaient la mĂȘme chose….

MoralitĂ© : Ainsi est la vie, n’attend pas trop pour dire a quelqu’un de spĂ©cial ce que tu ressens. Dis le aujourd’hui, demain ça peut ĂȘtre trop tard.



LA JARRE IMPARFAIT

Un porteur d’eau indien avait deux grandes jarres suspendues aux 2 extrĂ©mitĂ©s d’une piĂšce de bois qui Ă©pousait la forme de ses Ă©paules.

L’une des jarres avait un Ă©clat, et, alors que l’autre jarre conservait parfaitement toute son eau de source jusqu’Ă  la maison du maĂźtre, l’autre jarre perdait presque la moitiĂ© de sa prĂ©cieuse cargaison en cours de route.

Cela dura 2 ans, pendant lesquels, chaque jour, le porteur d’eau ne livrait qu’une jarre et demi d’eau Ă  chacun de ses voyages.

Bien sur, la jarre parfaite Ă©tait fiĂšre d’elle, puisqu’elle parvenait Ă  remplir sa fonction du dĂ©but Ă  la fin sans faille. ‹Mais la jarre abĂźmĂ©e avait honte de son imperfection et se sentait dĂ©primĂ©e parce qu’elle ne parvenait Ă  accomplir que la moitiĂ© de ce dont elle Ă©tait censĂ©e ĂȘtre capable.

Au bout de 2 ans de ce qu’elle considĂ©rait comme un Ă©chec permanent, la jarre endommagĂ©e s’adressa au porteur d’eau, au moment ou celui-ci la remplissait Ă  la source.

« Je me sens coupable, et je te prie de m’excuser. »

« Pourquoi ? » demanda le porteur d’eau. « De quoi as-tu honte ? »

« Je n’ai rĂ©ussi qu’Ă  porter la moitiĂ© de ma cargaison d’eau Ă  notre maĂźtre, pendant ces 2 ans, Ă  cause de cet Ă©clat qui fait fuir l’eau. Par ma faute, tu fais tous ces efforts, et, Ă  la fin, tu ne livres Ă  notre maĂźtre que la moitiĂ© de l’eau. Tu n’obtiens pas la reconnaissance complĂšte de tes efforts », lui dit la jarre abĂźmĂ©e.

Le porteur d’eau fut touchĂ© par cette confession, et, plein de compassion, rĂ©pondit :‹ »Pendant que nous retournons Ă  la maison du maĂźtre, je veux que tu regardes les fleurs magnifiques qu’il y a au bord du chemin ».

Au fur et Ă  mesure de leur montĂ©e sur le chemin, au long de la colline, la vieille jarre vit de magnifiques fleurs baignĂ©es de soleil sur les bords du chemin, et cela lui mit du baume au cƓur. Mais Ă  la fin du parcours, elle se sentait toujours aussi mal parce qu’elle avait encore perdu la moitie de son eau.

Le porteur d’eau dit Ă  la jarre : « T’es-tu rendu compte qu’il n’y avait de belles fleurs que de TON cĂŽtĂ©, et presque aucune du cĂŽtĂ© de la jarre parfaite ? C’est parce que j’ai toujours su que tu perdais de l’eau, et j’en ai tirĂ© partie. J’ai plantĂ© des semences de fleurs de ton cĂŽtĂ© du chemin, et, chaque jour, tu les as arrosĂ©es tout au long du chemin. Pendant 2 ans, j’ai pu grĂące Ă  toi cueillir de magnifiques fleurs qui ont dĂ©corĂ© la table du maĂźtre. Sans toi, jamais je n’aurais pu trouver des fleurs aussi fraĂźches et gracieuses. »



LA LETTRE A MON FILS – DALE CARNEGIE

Ecoute-moi mon fils. Tandis que je te parle, tu dors la joue dans ta menotte et tes boucles blondes collées sur ton front moite. Je me suis glissé seul dans ta chambre.

Tout Ă  l’heure, tandis que je lisais mon journal dans le bureau, j’ai Ă©tĂ© envahi par une vague de remords. Et, me sentant coupable, je suis venu Ă  ton chevet.

Et voilĂ  Ă  quoi je pensais, mon fils : je me suis fĂąchĂ© contre toi aujourd’hui. Ce matin, tandis que tu te prĂ©parais pour l’Ă©cole, je t’ai grondĂ© parce que tu te contentais de passer la serviette humide sur le bout de ton nez ; je t’ai rĂ©primandĂ© parce que tes chaussures n’Ă©taient pas cirĂ©es ; j’ai criĂ© quand tu as jetĂ© tes jouets par terre.

Pendant le petit dĂ©jeuner, je t’ai encore rappelĂ© Ă  l’ordre : tu renversais le lait ; tu avalais les bouchĂ©es sans mastiquer ; tu mettais les coudes sur la table ; tu Ă©talais trop de beurre sur ton pain. Et quand, au moment de partir, tu t’es retournĂ© en agitant la main et tu m’as dit : « Au revoir, papa ! », je t’ai rĂ©pondu, en fronçant les sourcils : « Tiens-toi droit ! »

Le soir, mĂȘme chanson. En revenant de mon travail, je t’ai guettĂ© sur la route. Tu jouais aux billes, Ă  genoux dans la poussiĂšre ; tu avais dĂ©chirĂ© ton pantalon. Je t’ai humiliĂ© en face de tes camarades, en te faisant marcher devant moi jusqu’Ă  la maison
 Les pantalons coĂ»tent chers ; si tu devais les payer, tu serais sans doute plus soigneux !

Tu te rends compte, fils ? De la part d’un pĂšre ? Te souviens-tu ensuite ? Tu t’es glissĂ© timidement, l’air malheureux, dans mon bureau, pendant que je travaillais. J’ai levĂ© les yeux et je t’ai demandĂ© avec impatience : « Qu’est-ce que tu veux ? »

Tu n’as rien rĂ©pondu, mais, dans un Ă©lan irrĂ©sistible, tu as couru vers moi et tu t’es jetĂ© Ă  mon cou, en me serrant avec cette tendresse touchante que Dieu a fait fleurir en ton coeur et que ma froideur mĂȘme ne pouvait flĂ©trir
 Et puis, tu t’es enfui, et j’ai entendu tes petits pieds courant dans l’escalier.

Eh bien ! mon fils, c’est alors que le livre m’a glissĂ© des mains et qu’une terrible crainte m’a saisi. VoilĂ  ce qu’avait fait de moi la manie des critiques et des reproches : un pĂšre grondeur ! Je te punissais de n’ĂȘtre qu’un enfant. Ce n’est pas que je manquais de tendresse, mais j’attendais trop de ta jeunesse. Je te mesurais Ă  l’aune de mes propres annĂ©es.

Et pourtant, il y a tant d’amour et de gĂ©nĂ©rositĂ© dans ton Ăąme. Ton petit coeur est vaste comme l’aurore qui monte derriĂšre les collines. Je n’en veux pour tĂ©moignage que ton Ă©lan spontanĂ© pour venir me souhaiter le bonsoir. Plus rien d’autre ne compte maintenant, mon fils. Je suis venu Ă  ton chevet, dans l’obscuritĂ©, et je me suis agenouillĂ© lĂ , plein de honte.

C’est une piĂštre rĂ©paration ; je sais que tu ne comprendrais pas toutes ces choses si tu pouvais les entendre. Mais, demain, tu verras, je serai un vrai papa ; je deviendrai ton ami ; je rirai quand tu riras, je pleurerai quand tu pleureras.

Et si l’envie de te gronder me reprend, je me mordrai la langue, je ne cesserai de me rĂ©pĂ©ter, comme une litanie : ‹ »Ce n’est qu’un garçon
 un tout petit garçon ! »

J’ai eu tort, je t’ai traitĂ© comme un homme. Maintenant que je te contemple dans ton petit lit, las et abandonnĂ©, je vois bien que tu n’es qu’un bĂ©bĂ©. Hier encore, tu Ă©tais dans les bras de ta mĂšre, la tĂȘte sur son Ă©paule
 J’ai trop exigĂ© de toi
 Beaucoup trop




LE BON VIEUX TEMPS

Te souviens-tu… ‹Ferme tes yeux… Et recule dans le temps…

Avant Internet ou le Mac, avant les semi automatiques et le crack. ‹Avant Sega ou Super Nintendo…

Recule plus loin dans le temps… ‹Je parle de jouer Ă  cache-cache au crĂ©puscule. L’Ăźle aux enfants. L’Ă©picerie du coin. La balle brĂ»lĂ©e. Les cerceaux. Courir Ă  travers l’arrosoir. L’odeur du soleil, lĂ©cher ses lĂšvres salĂ©es. Les lĂšvres et les moustaches de cire. Un cornet de crĂšme glacĂ©e pendant une chaude soirĂ©e d’Ă©tĂ©. Chocolat, vanille, fraise ou pistache.

Attends… Regarder les dessins animĂ©s le samedi matin. Quand le coin de la rue semblait si loin. Et aller au centre ville Ă©tait comme aller quelque part. Un million de piqĂ»res de moustiques. Les doigts collants.

Grimper aux arbres. Construire des iglous dans des bancs de neige. Les batailles de boules de neige. Marcher Ă  l’Ă©cole, quelque soit la tempĂ©rature. Courir jusqu’Ă  ĂȘtre Ă  bout de souffle. Rire si fort que ton estomac fait mal.

Sauter sur le lit. Les combats d’oreillers. Tourner sur soi-mĂȘme, devenir Ă©tourdie et tomber Ă©tait une cause certaine de fou rires. ‹Etre fatiguĂ© d’avoir trop jouĂ©…

Te rappelles-tu de ça ?

La pire humiliation Ă©tait d’ĂȘtre choisi le dernier dans une Ă©quipe. Les bombes Ă  eau Ă©taient armes ultimes. Des cartes dans les rayons transformaient les vĂ©los en motocyclettes.

Je n’ai pas fini encore… Il n’Ă©tait pas rare d’avoir deux ou trois meilleurs amis. Quand personne n’avait un chien de race. Quand vingt-cinq centimes Ă©tait une allocation raisonnable… ‹Quand presque toutes les mĂšres Ă©taient Ă  la maison lorsque les enfants arrivaient de l’Ă©cole.

Quand les filles ne sortaient ou n’embrassaient pas avant la fin du secondaire, (si encore). ‹Quand n’importe quel parent pouvait discipliner n’importe quel enfant, ou le nourrir ou l’utiliser pour porter des sacs d’Ă©picerie, et personne, pas mĂȘme les enfants, ne trouvaient Ă  redire contre ça.

Quand ĂȘtre envoyĂ© au bureau du principal n’Ă©tait rien comparĂ© Ă  ce qu’il allait arriver Ă  l’Ă©tudiant turbulent de retour Ă  la maison. ‹Pratiquement, nous avions peur pour nos vies mais pas Ă  cause de fusillades, drogues, bandes, etc. …

Nos parents et grands parents Ă©taient une bien plus grande menace! et quelques uns d’entre nous ont encore un peu peur d’eux !!!

N’Ă©tait-ce pas bon ?… ‹Souviens-toi quand…

Les dĂ©cisions Ă©taient prises en faisant « am-stram-gram pic et pic et colĂ©gram. » ‹Les erreurs Ă©taient corrigĂ©es simplement en disant, « recommence! » ‹Les problĂšmes financiers Ă©taient rĂ©glĂ©s par celui qui Ă©tait le banquier au Monopoly.

La chose la plus grave qu’on pouvait attraper du sexe opposĂ© Ă©tait un feu sauvage. ‹Il Ă©tait incroyable que la balle brĂ»lĂ©e n’Ă©tait pas une discipline olympique. ‹Avoir une arme Ă  l’Ă©cole, voulait dire se faire attraper avec une sarbacanes faite avec une paille.

Personne n’Ă©tait aussi belle que maman. ‹Les Ă©raflures Ă©taient guĂ©ries par un bisou. ‹Prendre de la drogue voulait dire une aspirine Ă  mastiquer Ă  saveur d’orange. ‹La crĂšme glacĂ©e Ă©tait considĂ©rĂ©e comme une nourriture de base.

Recevoir un pied de neige Ă©tait un rĂȘve rĂ©alisĂ©. ‹Les talents Ă©taient dĂ©couverts par un « chique que t’ose pas! » ‹Les plus vieux de la famille Ă©taient les pires tourmenteurs, mais aussi les plus fĂ©roces dĂ©fenseurs.

Si tu peux te rappeler tout ou presque tout ceci, alors… ‹Tu as VECU !!!!



L’OS DU GIGOT

Dans la maison d’un jeune couple, la femme prĂ©pare le gigot pour le repas de midi. ‹Elle prend une scie et coupe l’os du gigot avant de le disposer dans la lĂšchefrite.

Le mari, étonné demande à sa femme :

– Pourquoi coupes-tu l’os du gigot ?

– Mais parce que ma mĂšre m’a appris Ă  le faire de cette façon ?

Lors d’une visite chez sa belle-mĂšre, le mari, curieux, pose la mĂȘme question :

– Dites-moi belle-maman, pourquoi coupez-vous l’os du gigot ?

– Et bien, parce que ma mĂšre me l’a montrĂ© ainsi ?

Heureusement pour le mari qui Ă©tait d’un naturel curieux, la grand-mĂšre vivait toujours. ‹Ainsi, lors d’une rencontre avec l’aĂŻeule, il demanda:

– Me permettez-vous, chĂšre grand-mĂšre de vous demander quelque chose ?

– Mais bien sĂ»r mon petit


– Votre petite fille et votre fille coupent l’os du gigot avant de le faire cuire et il semblerait que cette maniĂšre de faire vienne de vous, pouvez-vous m’en donner la raison ?

– Et bien vois-tu, quand nous Ă©tions jeunes mariĂ©s, mon Ă©poux et moi-mĂȘme Ă©tions trĂšs pauvres. Le plat dans lequel je faisais cuire le gigot Ă©tait trop petit pour contenir le morceau entier. ‹C’est pour cela que je devais couper l’os de gigot




LE PETIT CHIEN BOITEUX

Le gĂ©rant d’une boutique clouait une pancarte au-dessus de sa porte, sur laquelle on pouvait lire:

« Chiots Ă  vendre ».

Comme les affiches ont la facultĂ© d’attirer les enfants, bientĂŽt un petit garçon fut sĂ©duit par l’annonce et demanda : « Ă€ quel prix vendez-vous ces chiots » ?

Le propriĂ©taire du magasin rĂ©pondit : « Autour de 30 Ă  50 dollars ».

Le petit garçon chercha dans sa poche et sortit de la monnaie.

« J’ai 2 dollars 37. Est-ce que je peux les regarder  » ?

Le propriĂ©taire du magasin sourit et siffla sa chienne, nommĂ©e Lady, courut hors du chenil vers l’allĂ©e de sa boutique, suivie par cinq petits chiots.

Mais un des chiots restait loin derriĂšre. ImmĂ©diatement, le petit garçon sĂ©lectionna le chiot boiteux restĂ© Ă  l’arriĂšre. ‹Il demanda : « De quoi souffre ce petit chien, monsieur  » ?

L’homme expliqua qu’Ă  sa naissance, le vĂ©tĂ©rinaire lui avait annoncĂ© que le chiot avait une malformation de la hanche, le laissant boiter pour le restant de sa vie.

Le petit garçon devint vraiment enthousiasmĂ© et dit : « C’est le chiot que je veux acheter  » !

L’homme rĂ©pondit : « Mais non ! Tu ne peux pas acheter ce petit chien, voyons ! Si tu le veux vraiment, je te le donne  » !

Le petit garçon vint bouleversĂ©. ‹Il regarda l’homme droit dans les yeux et dit : « Je ne veux pas que vous me le donniez. Il vaut tout autant que les autres chiens et je vous paierai le plein prix. En fait, je vous donnerai 2 dollars 37 aujourd’hui et 50 cents chaque mois, jusqu’Ă  ce que j’aie fini de le payer ».

L’homme rĂ©pondit : « Tu ne veux pas acheter ce chiot pour vrai ? Il ne sera jamais capable de courir, de sauter et de jouer. Tu devrais aimer d’autres chiots  » !

Alors le petit garçon se pencha vers le bas, il roula la manche de son pantalon et montra une jambe malade, tordue, estropiée, supportée par une grande tige de métal.

Il regarde l’homme et dit : « Bien, je ne cours pas si bien et le petit chiot aura besoin de quelqu’un qui le comprenne ».

L’homme mordit sa lĂšvre infĂ©rieure… des larmes lui piquaient les yeux. ‹Il sourit au garçon et lui dit : « Mon garçon, j’espĂšre et prie que chacun de ces chiots trouve un propriĂ©taire tel que toi.



LA GRENOUILLE QUI MONTAIT LA TOUR

Il Ă©tait une fois un peuple de grenouilles qui organisa un concours. L’objectif Ă©tait d’arriver en haut d’une grande tour.

Beaucoup de supporters se rassemblĂšrent pour voir la course et soutenir les participantes.‹Et la course commença. Mais personne n’y croyait vraiment. Une grenouille ça n’est pas fait pour grimper
 aucune n’atteindra jamais la cime.

Les gens disaient : C’est pas la peine, elles n’y arriveront jamais !

Les grenouilles commencĂšrent Ă  se rĂ©signer. Mais quelques unes continuaient
‹ Et les gens disaient encore : C’est pas la peine, elles n’y arriveront jamais !

Et les grenouilles petit Ă  petit s’avouĂšrent vaincues. Il y en avaient qui insistaient, insistaient.

A la fin, il n’en resta qu’une qui avec un Ă©norme effort, atteignit le haut de la tour.

Les autres voulurent savoir comment elle avait fait. Elles s’approchĂšrent pour le lui demander.

Et on dĂ©couvrit
 qu’elle Ă©tait SOURDE!



ON VENAIT CHEZ UN RABBI

On venait chez un rabbi et lui demandait : ‹Comment arrives-tu Ă  ĂȘtre si calme mĂȘme si tu as beaucoup de travail ?

Il disait : ‹Quand je suis debout, je suis debout… ‹Quand je marche, je marche… ‹Quand je suis assis, je suis assis… ‹Quand je mange, je mange… ‹Quand je parle, je parle…

Alors ceux qui lui avaient demandĂ© une rĂ©ponse disaient : ‹C’est aussi ce que nous faisons. ‹Mais qu’est-ce que toi tu fais en plus de ça ?

Et il rĂ©pĂ©tait : ‹Quand je suis debout, je suis debout… ‹Quand je marche, je marche… ‹Quand je suis assis, je suis assis…‹ Quand je mange, je mange… ‹Quand je parle, je parle…

Et lĂ  de nouveau les gens disaient : ‹Mais c’est ce que nous faisons aussi. ‹Et il rĂ©pondait alors : ‹Non, quand vous ĂȘtes assis, vous ĂȘtes dĂ©jĂ  en train de vous lever‹. Quand vous ĂȘtes debout, vous ĂȘtes dĂ©jĂ  en train de marcher. ‹Quand vous marchez, vous ĂȘtes dĂ©jĂ  au but…



LES 3 FILTRES DE SOCRATE

Un jour, un homme arriva, trÚs agité, auprÚs de Socrate, le sage :

– Ecoute, Socrate, en tant qu’ami il faut que je te raconte


– ArrĂȘte. As-tu passĂ© ce que tu as Ă  me dire Ă  travers les trois filtres ?

– Les trois filtres ?

– Oui, mon ami : trois filtres ! Le premier est celui de la vĂ©ritĂ©. As-tu examinĂ© si tout ce que tu veux me raconter est bien vrai ?

– Non, je l’ai seulement entendu raconter et


– Bien, bien. L’as-tu au moins fait passer Ă  travers le second filtre, celui de la bontĂ© ? Est-ce que, mĂȘme si ce n’est pas tout Ă  fait vrai, est-ce que ce que tu voudrais me raconter est au moins quelque chose de bien et de bon ?

– Non, Je dirais mĂȘme au contraire


– Eh bien, passons maintenant ce que tu voulais me dire Ă  travers le troisiĂšme filtre : Demandons-nous s’il est vraiment utile de me raconter ce qui t’agite tant.

– Utile ? Euh, pas prĂ©cisĂ©ment


– Eh bien, dit Socrate, si ce que tu as Ă  me dire n’est ni vrai, ni bon, ni utile, oublie-le et ne t’en soucie pas plus que moi !



QUEL ANE

Un jour, l’Ăąne d’un fermier est tombĂ© dans un puits.

L’animal gĂ©missait pitoyablement pendant des heures, et le fermier se demandait quoi faire.

Finalement, il a dĂ©cidĂ© que l’animal Ă©tait vieux et le puits devait disparaĂźtre de toute façon, ce n’Ă©tait pas rentable pour lui de rĂ©cupĂ©rer l’Ăąne.

Il a invitĂ© tous ses voisins Ă  venir et Ă  l’aider. Ils ont tous saisi une pelle et ont commencĂ© Ă  enterrer le puits.

Au dĂ©but, l’Ăąne a rĂ©alisĂ© ce qui se produisait et se mit Ă  crier terriblement. Puis, Ă  la stupĂ©faction de chacun, il s’est tu.

Quelques pelletĂ©es plus tard, le fermier a finalement regardĂ© dans le fond du puits et a Ă©tĂ© Ă©tonnĂ© de ce qu’il a vu. Avec chaque pelletĂ© de terre qui tombait sur lui, l’Ăąne faisait quelque chose de stupĂ©fiant. Il se secouait pour enlever la terre de son dos et montait dessus.

Pendant que les voisins du fermier continuaient Ă  pelleter sur l’animal, il se secouait et montait dessus.‹BientĂŽt, chacun a Ă©tĂ© stupĂ©fiĂ© que l’Ăąne soit hors du puits et se mit Ă  trotter !



LA CAVERNE DE PLATON

ReprĂ©sente-toi donc des hommes qui vivent dans une sorte de demeure souterraine en forme de caverne, possĂ©dant, tout au long de la caverne, une entrĂ©e qui s’ouvre largement du cĂŽtĂ© du jour; Ă  l’intĂ©rieur de cette demeure ils sont, depuis leur enfance, enchaĂźnĂ©s par les jambes et par le cou, en sorte qu’ils restent Ă  la mĂȘme place, ne voient que ce qui est en avant d’eux, incapables d’autre part, en raison de la chaĂźne qui tient leur tĂȘte, de tourner celle-ci circulairement.

Quant Ă  la lumiĂšre, elle leur vient d’un feu qui brĂ»le en arriĂšre d’eux, vers le haut et loin. Or entre ce feu et les prisonniers, imagine la montĂ©e d’une route, en travers de laquelle il faut te reprĂ©senter qu’on a Ă©levĂ© un petit mur qui la barre, pareil Ă  la cloison que les montreurs de marionnettes placent devant les hommes qui manoeuvrent celles-ci et au-dessus de laquelle ils prĂ©sentent ces marionnettes aux regards du public.

– Je vois ! dit-il.

– Alors, le long de ce petit mur, vois des hommes qui portent, dĂ©passant le mur, toutes sortes d’objets fabriquĂ©s, des statues, ou encore des animaux en pierre, en bois, façonnĂ©s en toute sorte de matiĂšre; de ceux qui le longent en les portant, il y en a, vraisemblablement, qui parlent, il y en a qui se taisent.

– Tu fais lĂ , dit-il, une Ă©trange description et tes prisonniers sont Ă©tranges !

– C’est Ă  nous qu’ils sont pareils ! rĂ©partis-je. Peux-tu croire en effet que des hommes dans leur situation, d’abord, aient eu d’eux-mĂȘmes et les uns des autres aucune vision, hormis celle des ombres que le feu fait se projeter sur la paroi de la caverne qui leur fait face?

– Comment en effet l’auraient-ils eue, dit-il, si du moins ils ont Ă©tĂ© condamnĂ©s pour la vie Ă  avoir la tĂȘte immobile ?

– Et Ă  l’Ă©gard des objets portĂ©s le long du mur, leur cas n’est-il pas identique ?

– Évidemment ! (…)

– Et, si en outre il y avait dans la prison un Ă©cho provenant de la paroi qui leur fait face ? Quand parlerait un de ceux qui passent le long du petit mur, croiras-tu que ces paroles, ils pourront les juger Ă©manant d’ailleurs que de l’ombre qui passe le long de la paroi ?

– Par Zeus, dit-il, ce n’est pas moi qui le croirai !

– DĂšs lors, repris-je, les hommes dont telle est la condition ne tiendraient, pour ĂȘtre le vrai, absolument rien d’autre que les ombres projetĂ©es par les objets fabriquĂ©s.

– C’est tout Ă  fait forcĂ© ! dit-il.

– Envisage donc, repris je, ce que serait le fait, pour eux, d’ĂȘtre dĂ©livrĂ©s de leurs chaĂźnes, d’ĂȘtre guĂ©ris de leur dĂ©raison, au cas oĂč en vertu de leur nature ces choses leur arriveraient de la façon que voici. Quand l’un de ces hommes aura Ă©tĂ© dĂ©livrĂ© et forcĂ© soudainement Ă  se lever, Ă  tourner le cou, Ă  marcher, Ă  regarder du cĂŽtĂ© de la lumiĂšre; quand, en faisant tout cela, il souffrira; quand, en raison de ses Ă©blouissements, il sera

impuissant Ă  regarder lesdits objets, dont autrefois il voyait les ombres, quel serait, selon toi, son langage si on lui disait que, tandis qu’autrefois c’Ă©taient des billevesĂ©es qu’il voyait, c’est maintenant, dans une bien plus grande proximitĂ© du rĂ©el et tournĂ© vers de plus rĂ©elles rĂ©alitĂ©s, qu’il aura dans le regard une plus grande rectitude ? et non moins naturellement, si, en lui dĂ©signant chacun des objets qui passent le long de la crĂȘte du mur, on le forçait de rĂ©pondre aux questions qu’on lui poserait sur ce qu’est chacun d’eux ?

Ne penses-tu pas qu’il serait embarrassĂ© ? qu’il estimerait les choses qu’il voyait autrefois plus vraies que celles qu’on lui dĂ©signe maintenant ?

– HĂ© oui ! dit-il, beaucoup plus vraies !

– Mais, dis-moi, si on le forçait en outre Ă  porter ses regards du cĂŽtĂ© de la lumiĂšre elle-mĂȘme, ne penses-tu pas qu’il souffrirait des yeux, que, tournant le dos, il fuirait vers ces autres choses qu’il est capable de regarder, qu’il leur attribuerait une rĂ©alitĂ© plus certaine qu’Ă  celles qu’on lui dĂ©signe ?

– Exact ! dit-il.



NOTRE PERE

HOMME : « Notre PĂšre qui es aux cieux.
DIEU : Oui… Me voici…

HOMME : S’il vous plait, ne m’interrompez pas… je, prie !
DIEU : Mais, tu m’as appelĂ©… !

HOMME : AppelĂ©? Je n’ai appelĂ© personne. Je prie… « Notre PĂšre qui es aux cieux… »
DIEU : Ah!!! C’est encore toi?

HOMME : Comment ?
DIEU : Tu m’as appelĂ© ! Tu as dit : « Notre PĂšre qui es aux cieux ». Me voici. Que puis-je faire pour toi?

HOMME : Je n’ai pas voulu appeler. Je prie. Je dis le Notre PĂšre tous les jours, je me sens bien de le faire. C’est comme accomplir un devoir. Et je ne me sens pas bien si je ne le fais pas.
DIEU : Mais comment peux-tu dire Notre PĂšre, sans penser que tous sont tes frĂšres? Comment peux-tu dire « Qui es aux cieux » si tu ne sais pas que le ciel c’est la paix, que le ciel c’est l’amour pour tous ?

HOMME : C’est que rĂ©ellement je n’y avais pas pensĂ©.
DIEU : Mais… Continue ta priĂšre.

HOMME : Que ton Nom soit sanctifiĂ©…
DIEU : Attends un peu! Que veux-tu dire par lĂ  ?

HOMME : Je veux dire… Je veux dire… ce que ça veut dire, comment puis-je le savoir ? C’est simplement une partie de la priĂšre !
DIEU : « SanctifiĂ© » veut dire reconnu comme vrai pĂšre, qui donne vie Ă  tout ĂȘtre, qui est digne de respect, saint, sacrĂ©…, qui met toute sa confiance en moi et non dans les compagnies d’assurance du monde.

HOMME : Maintenant, je comprends. Mais je n’avais jamais pensĂ© au sens du mot SANCTIFIÉ.
HOMME : Que ton rĂšgne vienne, que ta volontĂ© soit faite sur la terre comme au ciel… »
DIEU : Es-ce que tu parles sérieusement ?

HOMME : Bien sur! Pourquoi pas ?
DIEU : Et que fais-tu pour que cela se fasse ?

HOMME : Comment, qu’est-ce que je fais? Rien! C’est une partie de la priĂšre… Mais, Ă  propos, ce serait bien que tu aies un peu le contrĂŽle de ce qui arrive au ciel et sur la terre aussi.
DIEU : Est-ce que j’ai un peu le contrĂŽle de ta vie ?

HOMME : Eh bien… je vais Ă  l’Ă©glise !
DIEU : Ce n’est pas cela que je demande ! Et la façon dont tu traites tes frĂšres humains, la façon dont tu dĂ©penses ton argent, le temps que tu accordes Ă  a tĂ©lĂ©vision, Ă  Internet, les publicitĂ©s que tu poursuis, et le peu de temps que tu me consacres ?

HOMME : S’il te plait, arrĂȘte tes critiques !
DIEU : Excuse-moi. Je pensais que tu me demandais que ma volontĂ© s’accomplisse. Si cela devait se faire… que faire avec ceux qui prient et acceptent ma volontĂ©, le froid, la chaleur, la pluie, la nature, la communautĂ©…

HOMME : C’est vrai, tu as raison. Je n’accepte pas ta volontĂ©, puisque je me plains de tout: si tu envois la pluie, je veux le soleil, si j’ai le soleil, je me plains de la chaleur; s’il fait froid, je continue de me plaindre; je demande la santĂ©, et je n’en prends pas soin, je me nourris mal, je mange peu ou je mange trop…
DIEU : C’est bien de le reconnaĂźtre. On va travailler ensemble, toi et moi. On va avoir des victoires et des dĂ©faites. J’aime ta nouvelle attitude.

HOMME : Écoute, Seigneur… Il faut que je finisse maintenant. Cette priĂšre prend beaucoup plus de temps que d’habitude… Je continue: « Donne-nous notre pain de ce jour… »
DIEU : ArrĂȘte! Me demandes-tu du pain matĂ©riel ? L’homme ne vit pas de pain seulement, il vit aussi de Ma Parole. Quand tu me demandes du pain, souviens-toi de tous ceux qui n’en ont pas. Tu peux me demander ce que tu veux, considĂšre-moi comme un PĂšre aimant ! Maintenant, je m’intĂ©resse Ă  la suite de ta priĂšre…

HOMME : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi Ă  ceux qui nous ont offensĂ©… »
DIEU : et le frÚre (ou la soeur) que tu méprises ?

HOMME : Seigneur! Il m’a trop critiquĂ©, et ce n’Ă©tait pas vrai. Maintenant, je n’arrive plus Ă  lui pardonner. J’ai besoin de me venger…
DIEU : Mais… que veux-tu dire alors dans ta priĂšre Tu m’as appelĂ© et je suis Ă . Je dĂ©sire que tu sortes d’ici transformĂ©. J’aimerais que tu sois honnĂȘte. Mais ce n’est pas bon de porter le poids de la colĂšre dans ton coeur. Tu comprends ?

HOMME : Je comprends que je me sentirais mieux si je pouvais me venger…
DIEU : Non! Tu vas te sentir moins bien. La vengeance n’est pas si bonne qu’elle le paraĂźt. Pense Ă  la tristesse que tu vas provoquer, pense Ă  ta tristesse actuelle. Je peux changer tout pour toi. Il suffit que tu le dĂ©sires vraiment…

HOMME : Tu peux ? Et comment ?
DIEU : Pardonne Ă  ton frĂšre; et tu pourras goĂ»ter Ă  mon pardon. Tu seras soulagĂ©…

HOMME : Mais, Seigneur! J’en suis incapable !
DIEU : Alors, ne dis pas cette priĂšre…!

HOMME : Tu as raison ! Je voulais simplement me venger, mais ce que je veux vraiment c’est la paix ! Alors, ça va, je pardonne Ă  tout le monde, mais viens Ă  mon aide ! Montre-moi le chemin Ă  suivre.
DIEU : Ce que tu demandes est merveilleux ! Je suis heureux avec toi… Et toi, comment te sens-tu maintenant ?

HOMME : Bien, vraiment bien ! A vrai dire, je ne m’Ă©tais jamais senti aussi bien… Cela fait du bien de parler avec Dieu…
DIEU : Maintenant, finissons la priĂšre. Continue…

HOMME : « Et ne nous soumets pas Ă  la tentation, mais dĂ©livre nous du mal… »
DIEU : Excellent ! Je vais le faire, mais ne te mets pas dans des situations oĂč tu peux ĂȘtre tentĂ©.

HOMME : Et maintenant, que veux-tu dire par lĂ  ?
DIEU : Cesse de marcher en compagnie de personnes qui te conduisent Ă  participer Ă  des affaires sales, cachĂ©es… Abandonne la mĂ©chancetĂ©, la haine. Tout cela conduit vers des chemins trompeurs… N’utilise pas tout cela comme des sorties d’urgence…

HOMME : Je ne te comprends pas !
DIEU : Bien sûr que tu comprends ! Tu as fait cela plusieurs fois avec moi. Tu prends des chemins erronés et puis tu cries au secours.

HOMME : J’en suis honteux, Seigneur, pardonne-moi !

DIEU : Évidemment, je te pardonne ! Je pardonne toujours Ă  celui qui est disposĂ© Ă  pardonner aussi. Mais quand tu m’appelleras de nouveau, souviens-toi de notre conversation, pense aux paroles que tu me dis ! Finis ta priĂšre maintenant.

HOMME : Finir ? Ah, oui, « AMEN ! »
DIEU : et que veut dire. « Amen » ?

HOMME : Je ne sais pas. C’est la fin de la priĂšre.
DIEU : Tu diras AMEN quand tu acceptes ce que je veux, quand tu es en accord avec ma volontĂ©, quand tu suis mes commandements, car AMEN veut dire AINSI SOIT-IL, d’accord avec ce que l’on vient de dire…

HOMME : Merci, Seigneur de m’apprendre cette priĂšre, et maintenant, merci aussi de m’en donner l’explication…
DIEU : J’aime tous mes enfants, et je prĂ©fĂšre ceux qui veulent sortir de l’erreur, qui veulent se libĂ©rer du pĂ©chĂ©. Je te bĂ©nis ! Reste dans ma paix !

HOMME : Merci, Seigneur! Je suis heureux de savoir que tu es mon AMI !



MONSIEUR ET MADAME PRESUME

Monsieur et madame PrĂ©sume s’aimaient tendrement. Un beau soir, monsieur PrĂ©sume eut un violent mal de dos. Il prĂ©suma que cela allait guĂ©rir sans mĂ©dicaments et il prĂ©suma que s’il le disait Ă  madame PrĂ©sume, elle s’inquiĂ©terait, alors il ne le fit pas.

Madame PrĂ©sume constata qu’il avait l’air distant. Elle prĂ©suma qu’il avait des soucis et qu’il ne voulait pas les partager avec elle. Elle prĂ©suma que si elle lui demandait ce qui n’allait pas, il ne le dirait pas, alors elle n’en fit rien.

Monsieur PrĂ©sume prĂ©suma que madame PrĂ©sume Ă©tait trop centrĂ©e sur sa petite personne pour s’apercevoir qu’il ne se sentait pas du tout bien et il fut un peu vexĂ©. Il dit  » bonsoir  » et monta se coucher, un peu fĂąchĂ©.

Madame PrĂ©sume prĂ©suma qu’il Ă©tait fatiguĂ© d’ĂȘtre en sa compagnie et elle prĂ©suma qu’il valait mieux le laisser seul avec ses pensĂ©es. Elle rĂ©pondit  » bonsoir.  » Ils demeurĂšrent lĂ , un peu fĂąchĂ©s, couchĂ©s dos Ă  dos. Les deux ruminĂšrent leurs prĂ©somptions et s’endormirent trĂšs tard et trĂšs frustrĂ©s.

Le matin arriva rapidement et lorsque la sonnerie du rĂ©veil se fit entendre, monsieur PrĂ©sume, qui manquait de sommeil, rageait. Il prĂ©suma que madame PrĂ©sume, elle, avait bien dormi et prĂ©suma qu’elle ne voulait pas se lever pour dĂ©jeuner avec lui, parce qu’elle prĂ©fĂ©rait se prĂ©lasser au lit.

Madame PrĂ©sume sentant, par les mouvements brusques de monsieur PrĂ©sume, qu’il Ă©tait marabout, prĂ©suma qu’il aimait mieux ne pas avoir Ă  parler Ă  personne et elle fit semblant de dormir pour le laisser en paix.

Cet avant-midi lĂ , il y eut trois appels tĂ©lĂ©phoniques chez les PrĂ©sume et, chaque fois que madame PrĂ©sume rĂ©pondait  » Allo « , la personne au bout du fil raccrochait. Madame PrĂ©sume prĂ©suma que ce n’était pas Ă  elle que cette personne voulait parler. Elle prĂ©suma donc que les appels Ă©taient pour monsieur PrĂ©sume et que si la personne ne le demandait pas comme il se doit, c’était parce qu’elle ne devait pas savoir de qui l’appel provenait. Elle pensa aux airs songeurs de monsieur PrĂ©sume de la veille et elle prĂ©suma que cela pouvait avoir rapport avec ces appels. Peut-ĂȘtre avait-il une liaison amoureuse? Et elle prĂ©suma qu’il ne voulait pas lui en parler mais que cela le rendait songeur. Tout ce scĂ©nario lui trotta dans la tĂȘte toute la journĂ©e.

Monsieur PrĂ©sume devait rencontrer un gros client pour le souper, il tĂ©lĂ©phona Ă  la maison pour avertir madame PrĂ©sume. Elle rĂ©pondit sĂšchement, parce qu’elle ne le croyait pas. Elle prĂ©suma qu’il allait rencontrer la nouvelle flamme qui lui tĂ©lĂ©phonait et qui raccrochait. Monsieur PrĂ©sume, la ressentant de mauvais poil, prĂ©suma qu’elle vivait ses symptĂŽmes prĂ©menstruels et raccrocha rapidement pour la laisser en paix.

Madame PrĂ©sume, constatant qu’il semblait pressĂ© de raccrocher, prĂ©suma qu’il avait hĂąte d’aller retrouver sa nouvelle flamme et lĂ , la peine, la colĂšre et l’agressivitĂ© s’emparĂšrent d’elle. Elle prĂ©suma qu’il allait rentrer tard. Elle n’en pouvait plus, elle se changea, s’habilla et elle Ă©crivit une note sur la table qui disait :  » À mon tour de m’amuser « , et elle prit la route pour dĂ©compresser un peu.

Monsieur PrĂ©sume lui, coupa court Ă  son souper d’affaires et revint aussitĂŽt Ă  la maison en prĂ©sumant que madame PrĂ©sume serait lĂ  et qu’il lui raconterait son mal de dos et sa fatigue. Lorsqu’il vit la note sur la table, il ne comprit pas vraiment ce que cela voulait dire, mais il prĂ©suma que madame PrĂ©sume profitait du fait qu’il devait travailler tard pour aller faire la fĂȘte dans les bars de la ville. Il prĂ©suma qu’elle faisait ça chaque fois qu’il avait un souper d’affaires. Il Ă©tait fou de rage.

J’ai entendu dire, qu’aujourd’hui, monsieur et madame PrĂ©sume sont divorcĂ©s parce qu’ils ont trop prĂ©sumĂ©. Je prĂ©sume qu’ils ont appris qu’au lieu de prĂ©sumer, il Ă©tait prĂ©fĂ©rable de communiquer.



LES TROIS VIEILLARDS

Un jour une femme sort de sa maison et voit 3 vieillards avec de longues barbes blanches, assis devant chez elle. Elle ne les reconnaĂźt pas. Elle leur dit :

– Je ne pense pas que je vous connaisse, mais vous devez avoir faim, s’il vous plaĂźt entrez et je vous donnerai quelque chose Ă  manger.

– Est-ce que l’homme de la maison est lĂ  ? ont-ils demandĂ©.

– Non, il est sorti, leur rĂ©pondit-elle.

– Alors nous ne pouvons pas entrer, ont-ils rĂ©pondu.

En soirĂ©e lorsque son mari arrive Ă  la maison, elle lui dit ce qui s’Ă©tait passĂ©.

– Va leur dire que je suis Ă  la maison et invite-les Ă  entrer ! dit-il Ă  sa femme.

La femme sort et invite les hommes Ă  entrer dans la maison.

– Nous n’entrons jamais ensemble dans une maison, ont-ils rĂ©pondu.

– Et pourquoi ?  a-t-elle voulu savoir.

Un des vieillards lui expliqua :

– Son nom est Richesse, dit-il en indiquant un de ses amis et, en indiquant l’autre. Lui c’est SuccĂšs et moi je suis Amour. ‹Il a alors ajoutĂ© :

– Retourne Ă  la maison et discute avec ton mari pour savoir lequel d’entre nous vous voulez dans votre maison.

La femme retourne à la maison et dit à son mari ce qui avait été dit. Son mari était ravi.

– Comme c’est agrĂ©able ! dit-il. Puisque c’est le cas, nous allons inviter Richesse.

Sa femme n’Ă©tait pas d’accord.

– Mon cher, pourquoi n’inviterions-nous pas SuccĂšs ? ‹Leur belle-fille qui Ă©tait dans une autre piĂšce, entendit leur conversation, elle sauta sur l’occasion pour faire sa propre suggestion :

– Ne serait-il pas mieux d’inviter Amour ? La maison sera alors remplie d’amour !

– Tenons compte du conseil de notre belle-fille, dit le mari Ă  femme. Sort et invite Amour Ă  ĂȘtre notre invitĂ©.‹La femme sort et demande aux 3 vieillards : Lequel d’entre vous est Amour ? Elle lui dit :

– S’il vous plaĂźt entre et soit notre invitĂ©. ‹Amour se lĂšve et commença Ă  marcher vers la maison. Les deux autres se lĂšvent aussi et le suive.  ÉtonnĂ©e, la dame demande Ă  Richesse et SuccĂšs :

– J’ai seulement invitĂ© Amour. Pourquoi venez-vous aussi ?

Les vieillards lui répondirent ensemble :

– Si vous aviez invitĂ© Richesse ou SuccĂšs les deux autres d’entre nous serions restĂ©s dehors, mais puisque vous avez invitĂ© « Amour », partout oĂč il va, nous allons avec lui, puisque partout oĂč il y a de l’Amour, il y a aussi de la Richesse et du SuccĂšs ! ! !



TOUT CE QUI S’EN VA REVIENT

Il s’appelait Fleming, c’Ă©tait un pauvre fermier Ă©cossais. Un jour, alors qu’il tentait de gagner la vie de sa famille, il entendit un appel au secours provenant d’un marĂ©cage proche. Il laissa tomber ses outils, y couru et y trouva un jeune garçon enfoncĂ© jusqu’Ă  la taille dans le marĂ©cage, apeurĂ©, criant et cherchant Ă  se libĂ©rer. Le fermier sauva le jeune homme de ce qui aurait pu ĂȘtre une mort lente et cruelle.

Le lendemain, un attelage Ă©lĂ©gant se prĂ©senta Ă  la ferme. Un noble, Ă©lĂ©gamment vĂȘtu, en sorti et se prĂ©senta comme Ă©tant le pĂšre du garçon que le fermier avait aidĂ©.

« Je veux vous rĂ©compenser », dit le noble. « Vous avez sauvĂ© la vie de mon fils ».

« Non, je ne peux accepter de paiement pour ce que j’ai fait », rĂ©pondit le fermier Ă©cossais.

A ce moment, le fils du fermier vint Ă  la porte de la cabane.

« C’est votre fils » demanda le noble.

« Oui », rĂ©pondit fiĂšrement le fermier.

« Je vous propose un marchĂ©. Permettez-moi d’offrir Ă  votre fils la mĂȘme Ă©ducation qu’Ă  mon fils. Si le fils ressemble au pĂšre, je suis sĂ»r qu’il sera un homme duquel tous deux seront fiers ».

Et le fermier accepta. Le fils du fermier Fleming suivit les cours des meilleures Ă©coles et au final, fut diplĂŽmĂ© de l’Ă©cole de MĂ©decine de l’HĂŽpital Sainte Marie de Londres. Il continua jusqu’Ă  ĂȘtre connu du monde entier.

Le fameux Dr Alexander Fleming avait en effet découvert la pénicilline.

Des annĂ©es plus tard, le fils du mĂȘme noble qui avait Ă©tĂ© sauvĂ© du marĂ©cage avait une pneumonie.

Qui lui sauva la vie cette fois ?… La pĂ©nicilline !

Comment s’appelait le noble ? Sir Randolph Churchill !

Son fils ? Sir Winston Churchill !



UNE BELLE VOITURE SPORT

Un jeune homme s’apprĂȘtait Ă  obtenir son diplĂŽme de fin d’Ă©tude.

Pendant plusieurs mois, il avait admirĂ© une belle voiture de sport exposĂ©e dans un «showroom», et sachant que son pĂšre pouvait bien la lui offrir, il lui avait dĂ©jĂ  dit que c’est ça qu’il voulait comme cadeau.

Comme le jour de la remise des diplĂŽmes approchait, le jeune homme s’attendait Ă  voir des signes que son pĂšre lui avait dĂ©jĂ  achetĂ© la voiture.

Finalement, au grand matin du jour « J », son pĂšre l’appela dans son bureau et il lui dit comment il Ă©tait fier d’avoir un fils aussi intelligent et formidable, et comment il l’aimait beaucoup.

Le pĂšre tendit Ă  son fils une boĂźte dans un emballage cadeau. Curieux, le jeune homme ouvrit la boĂźte mais fut aussitĂŽt déçu lorsqu’il dĂ©couvrit une belle Bible avec une couverture en cuir.

TrĂšs furieux, il Ă©leva la voix et dit Ă  son pĂšre : « Avec tout ton argent, tu ne m’offres qu’une Bible ? ? ? » et claquant la porte, il sortit de la maison en laissant derriĂšre lui la Sainte Bible.

Plusieurs annĂ©es sont passĂ©es et le jeune homme se trouva couronnĂ© de succĂšs dans le monde des affaires, il s’acheta une grande et belle maison et il fonda une famille merveilleuse.

Il se souvint de son pĂšre qui Ă©tait devenu trĂšs vieux et se dit qu’il devait aller le voir, car il ne l’avait plus revu depuis le jour qu’il avait obtenu son diplĂŽme.

Juste avant de partir, il reçut un tĂ©lĂ©gramme lui disant que son vieux pĂšre venait de mourir et qu’il avait cĂ©dĂ© tous ses biens Ă  son fils. Il devait donc partir immĂ©diatement pour s’occuper de son hĂ©ritage.

Quand il arriva dans la maison de son pĂšre, soudain, son coeur fut rempli de tristesse et de regret…

Il se mit Ă  fouiller dans les dossiers importants de son pĂšre et il tomba sur cette Bible, Ă  l’endroit mĂȘme oĂč il l’avait laissĂ©e, il y a plusieurs annĂ©es…

Il Ă©clata en sanglots, ouvrit la Bible et se mit Ă  tourner les pages.

Et comme il lisait ces paroles, une clef de voiture tomba d’une enveloppe qui Ă©tait collĂ©e Ă  la couverture arriĂšre de la Bible.

La clef avait une Ă©tiquette avec le nom du concessionnaire du showroom, le mĂȘme concessionnaire qui vendait la belle voiture sport qu’il dĂ©sirait tant avoir.

Sur l’Ă©tiquette, figurait la date du jour de la remise de son diplĂŽme, et ces mots…

TOUT A ÉTÉ PAYÉ



JUSTE UNE HEURE

Un homme arrive chez lui un soir fatigué aprÚs une dure journée de travail, pour trouver son petit garçon de 5 ans assis sur les marches du perron.

– Papa, est-ce que je peux te poser une question ?

– Bien sĂ»r !

– Combien gagnes-tu de l’heure ?

– Mais, ça ne te regarde pas fiston!

– Je veux juste savoir.  Je t’en prie, dis-le moi !

– Bon, si tu veux absolument savoir : $35.00 de l’heure.

Le petit garçon s’en retourne dans la maison avec un air triste. Il revient vers son pĂšre et lui demande :

– Papa, pourrais-tu me prĂȘter $10.00 ?

– Bon, c’est pour ça que tu voulais savoir.  Pour m’emprunter de l’argent !  Va dans ta chambre et couche-toi. J’ai eu une journĂ©e Ă©prouvante, je suis fatiguĂ© et je n’ai pas le goĂ»t de me faire achaler avec des niaiseries semblables.

Une heure plus tard, le pĂšre qui avait eu le temps de dĂ©compresser un peu se demande s’il n’avait pas rĂ©agit trop fort Ă  la demande de son fils. Peut-ĂȘtre qu’il voulait s’acheter quelque chose d’important. Il dĂ©cide donc d’aller dans la chambre du petit :

– Dors-tu ?

– Non, papa !

– Écoute, j’ai rĂ©flĂ©chi et voici le $10.00 que tu m’as demandĂ©.

– Oh merci papa ! ‹Le petit gars fouille sous son oreiller et en sort $25.00.

Le pĂšre en voyant l’argent devient encore tout irritĂ©.

– Mais pourquoi tu voulais $10.00 ?  Tu as dĂ©jĂ  $25.00 ! ‹Qu’est-ce que tu veux faire avec cet argent ?

– C’est que… il m’en manquait.  Mais maintenant j’en ai juste assez.  Papa, est-ce que je pourrais t’acheter une heure de ton temps ?  Demain soir, arrive Ă  la maison plus tĂŽt. J’aimerais souper avec toi !



ROSE

C’Ă©tait le premier jour de la rentrĂ©e Ă  l’universitĂ©, et notre professeur s’Ă©tait prĂ©sentĂ© en nous enjoignant de faire connaissance avec quelqu’un que nous ne connaissions pas encore.

En me levant pour regarder autour de moi, je sentis une main se poser doucement sur mon Ă©paule. En me retournant, je vis une petite vieille toute fripĂ©e qui me regardait avec un sourire radieux irradiant de tout son ĂȘtre.

-« Bonjour, ma jolie », me dit-elle. « Je m’appelle Rose. J’ai quatre-vingt-sept ans. Me permets-tu de te donner l’accolade ? »

En riant, je lui rĂ©pondis avec enthousiasme : « Bien sĂ»r que vous le pouvez ! »

Et elle me gratifia alors d’une formidable Ă©treinte.

-« Pour quelle raison une personne si jeune et si candide comme vous est-elle Ă  l’université ? » lui demandai-je.

Avec malice elle rĂ©pondit : « Je suis lĂ  pour rencontrer un riche Ă©poux, me marier, faire deux enfants, et ensuite je profiterai de ma retraite pour voyager. »

-« Non, sĂ©rieusement, » lui demandai-je. J’Ă©tais curieuse de savoir ce qui avait pu la motiver Ă  relever ce dĂ©fi Ă  son Ăąge.

-« J’ai toujours rĂȘvĂ© d’avoir une formation universitaire, et aujourd’hui j’en reçois une ! » me dit-elle.

Le cours terminĂ©, nous allĂąmes au foyer des Ă©tudiants siroter ensemble un milk-shake au chocolat. Nous Ă©tions devenues amies tout de suite. Ces trois premiers mois, nous partions chaque jour aprĂšs les cours dans d’interminables discussions. J’Ă©tais inlassablement fascinĂ©e Ă  l’Ă©coute de cette « machine Ă  remonter le temps » qui partageait avec moi sa sagesse et son expĂ©rience.

AprĂšs quelque temps, Rose Ă©tait devenue la coqueluche du campus et elle n’avait aucun mal Ă  se faire des amis partout oĂč elle allait. Elle adorait se faire Ă©lĂ©gante et se rĂ©jouissait de l’attention que lui portaient les autres Ă©tudiants. Elle s’y prĂȘtait de bonne grĂące. À la fin du second trimestre, nous avons invitĂ© Rose Ă  prendre la parole au banquet de notre Ă©quipe de foot. Jamais je n’oublierai les mots qu’elle nous y a dit alors.

AprĂšs avoir Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e, elle est montĂ©e sur le podium. Alors qu’elle commençait le discours qu’elle avait prĂ©parĂ©, elle a fait tomber par terre une partie de ses notes. FrustrĂ©e et lĂ©gĂšrement embarrassĂ©e, elle s’est alors penchĂ©e sur le micro en disant simplement,

-« Excusez ma nervositĂ©. Je ne bois plus de biĂšre depuis le CarĂȘme, et ce whisky m’assomme ! Je ne vais jamais retrouver l’ordre de mes notes, alors permettez-moi juste de vous dire ce que je sais. »

Tandis que tout le monde s’esclaffait, elle s’est Ă©clairci la voix et a commencĂ© :

-« Nous ne cessons pas de jouer parce que nous sommes vieux ; nous devenons vieux parce que nous cessons de jouer. Il n’y a que quatre secrets pour rester jeune, ĂȘtre heureux, et connaĂźtre le succĂšs.

Il vous faut rire et faire preuve d’humour chaque jour.

Il vous faut avoir un rĂȘve. Lorsque vous perdez vos rĂȘves, vous mourez. Vous avez tant de gens autour de vous qui sont morts et qui ne le savent mĂȘme pas !

Il y a une Ă©norme diffĂ©rence entre vieillir et grandir. Si Ă  dix-neuf ans vous restez dans votre lit une annĂ©e entiĂšre sans rien faire d’utile, vous atteindrez vos vingt ans. J’ai quatre-vingt-sept ans, et si je reste au lit toute une annĂ©e sans faire quoi que ce soit, j’atteindrai mes quatre-vingt-huit ans. Tout le monde sait vieillir. Cela ne nĂ©cessite ni compĂ©tence ni disposition particuliĂšres. L’idĂ©e est de grandir en trouvant toujours l’opportunitĂ© pour le changement.

N’ayez aucun regret. Les personnes ĂągĂ©es n’ont habituellement pas de regrets pour ce qu’elles ont fait, mais bien plutĂŽt pour ce qu’elles n’ont pas fait. Les seules Ă  avoir peur de la mort sont celles qui ont des regrets. »

Elle a terminĂ© son discours en chantant bravement « La Rose ». Elle a enjoint chacun de nous Ă  en apprendre les paroles et Ă  les mettre en application dans notre vie quotidienne.

A la fin de l’annĂ©e, Rose a terminĂ© la licence qu’elle avait entreprise durant toutes ces annĂ©es. Une semaine aprĂšs avoir obtenu son diplĂŽme, Rose est morte paisiblement pendant son sommeil. Plus de deux mille Ă©tudiants ont assistĂ© Ă  ses funĂ©railles en hommage Ă  la femme merveilleuse qui prĂȘchait par l’exemple qu’il n’est jamais trop tard pour devenir tout ce qu’il vous est possible d’ĂȘtre.



LA BANQUE DU TEMPS

Supposons qu’une banque dĂ©pose dans votre compte, chaque matin, un montant de $86,400 Elle ne garderait aucun solde d’une journĂ©e Ă  l’autre. Chaque soir, on effacerait tout ce que vous n’auriez pas utilisĂ© durant le jour.

Que feriez-vous ?

Chacun de nous a une telle banque. Son nom est le TEMPS. Chaque matin on dĂ©pose Ă  votre compte, 86,400 secondes. Chaque soir, on efface tout ce que vous n’avez pas utilisĂ© pour accomplir ce qu’il y a de mieux. Il ne reste rien au compte. Vous ne pouvez pas aller dans le rouge.

Chaque jour, un nouveau dĂ©pĂŽt est fait. Chaque soir, le solde est Ă©liminĂ©. Si vous n’utilisez pas tout le dĂ©pĂŽt de la journĂ©e, vous perdez ce qui reste. Rien ne sera remboursĂ©. On ne peut emprunter sur «demain». Vous devez vivre avec le prĂ©sent, avec le dĂ©pĂŽt d’aujourd’hui. Investissez-le de façon Ă  obtenir le maximum en santĂ©, bonheur et succĂšs !

L’horloge avance. Faites le maximum aujourd’hui. ApprĂ©cions chaque moment que nous avons ! ApprĂ©cions-le plus quand nous le partageons avec quelqu’un de spĂ©cial, assez spĂ©cial pour avoir besoin de votre temps.

Rappelons nous que le temps n’attend aprĂšs personne.



ECRIVEZ VOS BLESSURES DANS LE SABLE

C’est l’histoire de deux amis qui marchaient dans le dĂ©sert. A un moment ils se disputĂšrent et l’un des deux donna une gifle Ă  l’autre. Ce dernier, endolori mais sans rien dire, Ă©crivit dans le sable :

AUJOURD’HUI MON MEILLEUR AMI M’A DONNE UNE GIFLE.

Ils continuÚrent à marcher puis trouvÚrent un oasis, dans lequel ils décidÚrent de se baigner. Mais celui qui avait été giflé manqua de se noyer et son ami le sauva.

Quand il se fut repris, il Ă©crivit sur une pierre :

AUJOURD’HUI MON MEILLEUR AMI M’A SAUVE LA VIE.

Celui qui avait donnĂ© la gifle et avait sauvĂ© son ami lui demanda : « quand je t’ai blessĂ© tu as Ă©crit sur le sable, et maintenant tu as Ă©crit sur la pierre. Pourquoi ? »

L’autre ami rĂ©pondit:

« Quand quelqu’un nous blesse, nous devons l’Ă©crire dans le sable, oĂč les vents du pardon peuvent l’effacer. Mais quand quelqu’un fait quelque chose de bien pour nous, nous devons le graver dans la pierre, oĂč aucun vent ne peut l’effacer ».



VIE DE PECHEUR

Dans un petit village cĂŽtier mexicain, un bateau rentre au port, ramenant plusieurs thons. Sur le quai, un AmĂ©ricain admiratif complimente le pĂȘcheur mexicain sur la qualitĂ© de ses poissons et en bon reprĂ©sentant de la culture tayloriste lui demande combien de temps il lui a fallu pour les capturer.

« Pas trĂšs longtemps « , rĂ©pond le Mexicain.

« Mais alors, pourquoi n’ĂȘtes vous pas restĂ© en mer plus longtemps pour en attraper plus ? » demande l’amĂ©ricain.

Le Mexicain répond que ces quelques poissons suffiront à subvenir aux besoins de sa famille.

L’amĂ©ricain demande alors :

 » Mais que faites-vous le reste du temps ? »

« Je fais la grasse matinĂ©e, je pĂȘche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme. Le soir je vais au village voir mes amis. Nous buvons du vin et jouons de la guitare. J’ai une vie bien remplie… »

L’amĂ©ricain l’interrompt : ‹ « J’ai un MBA de l’universitĂ© de Harvard et je peux vous aider : Vous devriez commencer par pĂȘcher plus longtemps. Avec les bĂ©nĂ©fices dĂ©gagĂ©s, vous pourriez acheter un plus gros bateau. Avec l’argent que vous rapporterait ce bateau, vous pourriez en acheter un deuxiĂšme et ainsi de suite jusqu’Ă  ce que vous possĂ©diez une flotte de chalutiers.

Au lieu de vendre vos poissons Ă  un intermĂ©diaire, vous pourriez nĂ©gocier directement avec l’usine, et mĂȘme ouvrir votre propre usine. Vous pourriez alors quitter votre petit village pour Mexico City, Los Angeles, puis peut-ĂȘtre New York, d’oĂč vous dirigeriez toutes vos affaires ! »

Le Mexicain lui demande alors :

 » Combien de temps cela prendrait-il ? »

« 15 Ă  20 ans « , rĂ©pond l’AmĂ©ricain. ‹ »Et aprĂšs ? » ‹ »AprĂšs, c’est lĂ  que ça devient intĂ©ressant « , rĂ©pond l’AmĂ©ricain en riant : Quand le moment sera venu, vous pourrez introduire votre sociĂ©tĂ© en bourse et vous  gagnerez des millions de dollars ! »

« Des millions ? Mais aprĂšs ? »

« AprĂšs, vous pourrez prendre votre retraite, habiter dans un petit village cĂŽtier, faire la grasse matinĂ©e, jouer avec vos enfants, pĂȘcher un peu, faire la sieste avec votre femme, et passer vos soirĂ©es Ă  boire et Ă  jouer de la guitare avec vos amis ! ! !



À CEUX QUE J’AIME, À CEUX QUI M’AIMENT – PriĂšre indienne

Quand je ne serai plus lĂ , relĂąchez-moi, laissez-moi partir.

J’ai tellement de choses Ă  faire et Ă  voir. Soyez reconnaissants pour les belles annĂ©es.

Je vous ai donnĂ© mon amitiĂ©, vous pouvez seulement deviner le bonheur que vous m’avez apportĂ©. Je vous remercie de l’amour que chacun de vous m’a dĂ©montrĂ©.

Maintenant, il est temps de voyager seul. ‹Pour un court moment vous pouvez avoir de la peine, la confiance vous apportera rĂ©confort et consolation.

Nous serons sĂ©parĂ©s pour quelque temps. ‹Laissez les souvenirs apaiser votre douleur. Je ne suis pas loin, et la vie continue.

Si vous avez besoin, appelez-moi et je viendrai.

MĂȘme si vous ne pouvez me voir ou me toucher, je serai lĂ .

Et si vous Ă©coutez votre coeur, vous Ă©prouverez clairement la douceur de l’amour que j’apporterai.

Et quand il sera temps pour vous de partir, je serai lĂ  pour vous accueillir.

Absent de mon corps, présent avec Dieu.

N’allez pas sur ma tombe pour pleurer. Je ne suis pas lĂ , je ne dors pas.

Je suis les mille vents qui soufflent. Je suis le scintillement des cristaux sur la neige.‹ Je suis la lumiĂšre qui traverse les champs de blĂ©. Je suis la douce pluie d’automne. ‹Je suis l’Ă©veil des oiseaux dans le calme du matin.‹ Je suis l’Ă©toile qui brille dans la nuit.

N’allez pas sur ma tombe pour pleurer. Je ne suis pas lĂ . Je ne suis pas mort.



NOS AMIS SONT DES ANGES

Un jour, durant mes premiĂšres annĂ©es de secondaire, j’ai aperçu un gars de ma classe qui retournait Ă  la maison aprĂšs l’Ă©cole. Il s’appelait Kyle.

On aurait dit qu’il transportait tous ses livres et son matĂ©riel scolaire !

Je me suis dit : « Pourquoi quelqu’un apporterait-il tous ses livres un vendredi soir ? Il doit vraiment ĂȘtre un « nerd »…

De mon cĂŽtĂ©, j’avais tout un week-end de planifiĂ© : sorties et partie de football avec mes amis. Comme je passais prĂšs de lui, un groupe de jeunes ont commencĂ© Ă  se moquer de Kyle. Ils le pinçaient, ont fait tomber ses livres et l’ont mĂȘme poussĂ© dans la boue.

Quand il est tombĂ©, ses lunette ont atterri quelques pieds plus loin dans le gazon. Kyle a levĂ© la tĂȘte et j’ai vu combien il Ă©tait triste et dĂ©sorientĂ©. J’ai vraiment ressenti un Ă©lan de pitiĂ© pour lui…

Alors, j’ai couru jusqu’Ă  lui et j’ai ramassĂ© ses lunettes. Lorsqu’il a levĂ© la tĂȘte vers moi, j’ai vu quelques larmes dans ses yeux.

« Ces gars-lĂ  Ă©taient vraiment des imbĂ©ciles », lui ai-je dit.

Il m’a regardĂ© et m’a remerciĂ©. Il avait un Ă©norme sourire dans lequel on pouvait voir toute la gratitude du monde !

En l’aidant Ă  ramasser ses livres, je lui ai demandĂ© oĂč il habitait. J’ai Ă©tĂ© surpris de voir qu’il habitait tout prĂšs de chez moi. Il m’a alors expliquĂ© qu’il allait auparavant dans une Ă©cole privĂ©e. Je ne pensais jamais un jour ĂȘtre un copain avec un petit « prep »…

Nous avons parlĂ© tout au long du chemin. Il s’est rĂ©vĂ©lĂ© ĂȘtre un trĂšs bon gars. Je lui ai alors demandĂ© s’il voulait venir jouer au football avec mes copains et moi le lendemain. Il s’est empressĂ© d’accepter.

Nous avons donc passĂ© le week-end ensemble et, plus le temps avançait, plus je me rendais compte que Kyle Ă©tait vraiment quelqu’un de bien. D’ailleurs, mes amis aussi pensaient la mĂȘme chose.

Le lundi matin, j’ai encore aperçu Kyle qui retournait Ă  l’Ă©cole avec sa pile de livres. Je l’ai rejoint encore une fois et lui ai dit : « Wow ! Tu finiras par avoir des muscles d’acier Ă  trimbaler tes livres comme ça ! ! ! » Il a bien ri et m’a passĂ© la moitiĂ© de ses livres.

Durant les annĂ©es qui ont suivi, nous sommes devenus les meilleurs copains du monde. Kyle Ă©tait vraiment un Ă©lĂšve trĂšs intelligent ; il voulait faire sa mĂ©decine tandis que moi, j’allais finalement Ă  l’universitĂ© grĂące Ă  une bourse de football ! Je l’agaçais tout le temps en lui disant qu’il n’Ă©tait qu’un « nerd » !

Pour notre graduation, Kyle devait prĂ©parer un discours. J’Ă©tais bien content que ce ne soit pas moi ! Kyle Ă©tait devenu un jeune homme bien dans sa peau, qui plaisait beaucoup aux filles… D’ailleurs, il faisait beaucoup plus de conquĂȘtes que moi !

La journĂ©e de la graduation, je voyais bien que Kyle Ă©tait nerveux. Pour le rassurer, je lui ai donnĂ© une bonne tape dans le dos en lui disant : « Ne t’inquiĂšte pas, tu vas ĂȘtre gĂ©nial ! » Il m’a encore regardĂ© avec un de ces regards, celui plein de gratitude, et m’a remerciĂ©.

Lorsqu’il est arrivĂ© devant le micro, il s’est Ă©clairci la gorge et a commencĂ© son discours :

« Une graduation, c’est le moment idĂ©al pour remercier tous ceux qui nous ont aidĂ© durant toutes nos annĂ©es du secondaire. Nos parents, nos professeurs, nos entraĂźneurs… mais surtout nos amis. Je suis ici pour vous dire qu’ĂȘtre l’ami de quelqu’un, c’est le plus beau cadeau qu’on peut lui donner. Je vais vous raconter une histoire… »

J’Ă©tais vraiment trĂšs surpris lorsqu’il a commencĂ© Ă  raconter notre premiĂšre rencontre… Mais j’ai Ă©tĂ© encore plus estomaquĂ© lorsqu’il a racontĂ© que cette fameuse fin de semaine-lĂ , il avait prĂ©vu se suicider. C’est pourquoi il avait apportĂ© tous ses livres, pour que sa mĂšre ne soit pas obligĂ©e de faire le mĂ©nage de son casier…

Il m’a regardĂ© et m’a fait un sourire : Heureusement, j’ai Ă©tĂ© sauvĂ©. Mon ami m’a empĂȘchĂ© de commettre « l’irrĂ©parable. »

J’ai entendu le silence provoquĂ© par son discours dans la salle ; le discours d’un jeune homme distinguĂ©, beau bonhomme, intelligent et populaire…

Je me suis retournĂ© et j’ai vu ses parents qui m’ont souri avec le mĂȘme regard plein de gratitude que Kyle avait eu Ă  mon Ă©gard. Je n’avais jamais rĂ©alisĂ© Ă  quel point cette journĂ©e avait Ă©tĂ© bienfaitrice pour lui.

Ne sous-estimez jamais le pouvoir de vos actions. Avec un simple petit geste, on peut changer la vie d’une personne… pour le meilleur ou le pire. Nous avons tous un impact dans la vie de tous les gens que nous rencontrons.

Les amis sont des anges qui nous remettent sur nos pieds quand nos ailes ne savent plus comment voler.



RENSEIGNEMENTS SVP !

Lorsque j’Ă©tais trĂšs jeune, mon pĂšre a eu l’un des premiers tĂ©lĂ©phones dans notre voisinage. Je me rappelle trĂšs bien la vieille boĂźte en bois, bien polie fixĂ©e au mur et le petit rĂ©cepteur noir, bien lustrĂ©, accrochĂ© sur son cĂŽtĂ©. J’Ă©tais trop petit pour atteindre le tĂ©lĂ©phone, mais j’Ă©tais habituĂ© Ă  Ă©couter avec fascination ma mĂšre lui parler.

J’ai par la suite dĂ©couvert qu’en quelque part, dans ce merveilleux appareil, vivait une personne fantastique – son nom Ă©tait « Renseignement SVP » et il n’y avait rien qu’elle ne savait pas. « Renseignement SVP » pouvait fournir le numĂ©ro de n’importe qui en plus de l’heure exacte.

Ma premiĂšre expĂ©rience personnelle avec ce « gĂ©nie dans une bouteille » s’est produite un jour oĂč ma mĂšre Ă©tait partie chez une voisine. Je m’amusais au sous-sol et, je me suis donnĂ© un violent coup de marteau sur un doigt. La douleur Ă©tait terrible, mais il ne semblait pas y avoir de raisons pour que je crie. J’Ă©tais seul et personne ne pourrait m’entendre et me rĂ©conforter. Je faisais les cent pas autour de la maison, en suçant mon doigt pour finalement arriver devant l’escalier. Le tĂ©lĂ©phone ! ! !

Rapidement, j’ai couru chercher le petit tabouret dans la cuisine et je l’ai traĂźnĂ© jusque devant le tĂ©lĂ©phone. Je suis montĂ© dessus, j’ai dĂ©crochĂ© le combinĂ© et l’ai placĂ© contre mon oreille. ‹ »Renseignement SVP » dis-je dans le microphone, juste au-dessus de ma tĂȘte. Un click ou deux et j’entends une petite voix claire me dire : ‹ »Renseignement »

Je dis alors, « Je me suis fait mal au doigt ».

« Est-ce que tu saignes ? » m’a demandĂ© la voix.

Je lui rĂ©ponds « Non », « je me suis frappĂ© le doigt avec un marteau et ça fait trĂšs mal ».

Elle me demande alors « Peux-tu ouvrir la boĂźte Ă  glace ? »

Je lui répondis que oui je pouvais.

« Alors, prend un petit morceau de glace et pose le sur ton doigt » me dit-elle.

AprĂšs cette expĂ©rience, j’ai appelĂ© « Renseignement SVP » pour n’importe quoi. Je lui ai demandĂ© de l’aide pour ma gĂ©ographie et elle m’a dit oĂč se trouvait MontrĂ©al. Elle m’a aidĂ© aussi avec mes mathĂ©matiques. Elle m’a dit que le petit Ă©cureuil que j’avais trouvĂ© dans le parc, la journĂ©e prĂ©cĂ©dente, devait manger des fruits et des noix.

Un peu plus tard, mon petit canari est mort. J’ai donc appelĂ© « Renseignement SVP » et lui ai racontĂ© ma triste histoire. Elle m’a Ă©coutĂ© attentivement et m’a dit les choses usuelles qu’un adulte dit pour consoler un enfant, mais j’Ă©tais inconsolable.

Je lui ai demandĂ© « Pourquoi les oiseaux chantent si merveilleusement et procurent tellement de joie aux familles, seulement pour finir comme un tas de plumes dans le fond d’une cage ? » ‹Elle a probablement ressenti mon profond dĂ©sarroi et me dit alors, d’une voix si calme : « Paul, rappelle-toi toujours qu’il existe d’autres mondes oĂč on peut chanter ». ‹D’une certaine façon, je me sentais mieux.

Une autre fois que j’utilisais le tĂ©lĂ©phone : « Renseignement SVP ». « Renseignement » me rĂ©pondait avec la voix, maintenant devenue si familiĂšre. Je lui demande alors, »Comment Ă©pelez-vous le mot rĂ©paration ? ».

Tout ça se passait dans la ville de QuĂ©bec. Alors que j’avais 9 ans, nous sommes dĂ©mĂ©nagĂ©s Ă  l’autre bout de la province, Ă  Baie-Comeau. Je m’ennuyais terriblement de mon amie. « Renseignement SVP » appartenait Ă  cette vieille boĂźte en bois de notre maison familiale, et, curieusement, je n’ai jamais songĂ© Ă  utiliser le nouvel appareil tĂ©lĂ©phonique Ă©tincelant, posĂ© sur une table, dans le corridor, prĂšs de l’entrĂ©e.

Alors que je me dirigeais vers l’adolescence, les souvenirs de ces conversations de mon enfance ne m’ont jamais quittĂ©. Souvent, lors des moments de doute et de difficultĂ©s, je me rappelais ce doux sentiment de sĂ©curitĂ© que j’avais Ă  cette Ă©poque. J’apprĂ©ciais maintenant, la patience, la comprĂ©hension et la gentillesse qu’elle a eue Ă  consacrer de son temps pour un petit garçon.

Quelques annĂ©es plus tard, alors que je me dirigeais au CollĂšge, Ă  MontrĂ©al, mon avion devait faire une escale Ă  QuĂ©bec. J’avais donc prĂšs d’une demi-heure entre le transfert d’avion. J’ai donc passĂ© 15 minutes au tĂ©lĂ©phone avec ma soeur, qui vit toujours Ă  QuĂ©bec.

Ensuite, sans penser vraiment Ă  ce que je faisais, j’ai composĂ© le « 0 » et dit « Renseignement SVP » ‹Miraculeusement, j’entendis alors cette mĂȘme petite voix claire que je connaissait si bien, « Renseignement ».

Je n’avais rien prĂ©vu de tout ça, mais je m’entendis lui dire, « Pouvez-vous m’aider Ă  Ă©peler le mot « rĂ©paration » ? ‹Il y a eu un long moment de silence. Ensuite, j’entendis une voix si douce me rĂ©pondre : « Je suppose que ton doigt doit ĂȘtre guĂ©ri maintenant. »

Je me mis Ă  rire et lui dit « C’est donc toujours vous ». Je lui dit  » Je me demande si vous avez la moindre idĂ©e comme vous Ă©tiez importante pour moi pendant toutes ces annĂ©es ». ‹ »Je me demande » dit-elle, « si tu sais combien tes appels Ă©taient importants pour moi. Je n’ai jamais eu d’enfant et j’Ă©tais toujours impatiente de recevoir tes appels ».

Je lui ai dit comment, si souvent, j’ai pensĂ© Ă  elle au cours de ces derniĂšres annĂ©es et je lui ai demandĂ© si je pourrais la rappeler, lorsque je reviendrais visiter ma soeur. ‹ »Je t’en prie, tu n’auras qu’Ă  demander Sally » me rĂ©pondit-elle.

Trois mois plus tard, alors que j’Ă©tais de nouveau Ă  QuĂ©bec. Une voix diffĂ©rente me rĂ©pondit « Renseignement ». J’ai donc demandĂ© Ă  parler Ă  Sally. ‹Êtes-vous un ami ? » me demanda la voix inconnue. ‹Je lui rĂ©pondis « Oui, un vieil ami ».

J’entendis la voix me dire « Je suis dĂ©solĂ© d’avoir Ă  vous dire ça, Sally ne travaillait plus qu’Ă  temps partiel ces derniĂšres annĂ©es parce qu’elle Ă©tait trĂšs malade. Elle est morte il y a cinq semaines dĂ©jĂ  ». ‹Avant mĂȘme que je n’ai le temps de raccrocher, elle me dit « Attendez une minute. M’avez-vous dit que votre nom Ă©tait Paul ? » ‹Je rĂ©pondis « Oui ».

« Et bien, Sally a laissĂ© un message pour vous. Elle l’a Ă©crit, au cas oĂč vous appelleriez. Laissez-moi vous le lire ». Ce message disait « Dites lui que je crois toujours qu’il y a d’autres mondes oĂč on peut chanter. Il saura ce que je veux dire ». Je lui dis donc merci et raccrochai. Je savais ce que Sally voulait dire.

Ne sous-estimez jamais l’influence que vous pouvez avoir sur les autres. La vie de qui avez-vous touchĂ© aujourd’hui ?



LES DEUX LOUPS INTERIEURS

Un homme ĂągĂ© dit Ă  son petit-fils, venu le voir trĂšs en colĂšre contre un ami qui s’Ă©tait montrĂ© injuste envers lui :  » Laisse-moi te raconter une histoire…

Il m’arrive aussi, parfois, de ressentir de la haine contre ceux qui se conduisent mal et n’en Ă©prouvent aucun regret. ‹Mais la haine t’Ă©puise, et ne blesse pas ton ennemi. C’est comme avaler du poison et dĂ©sirer que ton ennemi en meure. J’ai souvent combattu ces sentiments »

Il continua : « C’est comme si j’avais deux loups Ă  l’intĂ©rieur de moi ; le premier est bon et ne me fait aucun tort. Il vit en harmonie avec tout ce qui l’entoure et ne s’offense pas lorsqu’il n’y a pas lieu de s’offenser. Il combat uniquement lorsque c’est juste de le faire, et il le fait de maniĂšre juste. Mais l’autre loup, ahhhh…! Il est plein de colĂšre. La plus petite chose le prĂ©cipite dans des accĂšs de rage. Il se bat contre n’importe qui, tout le temps, sans raison.‹Il n’est pas capable de penser parce que sa colĂšre et sa haine sont immenses. Il est dĂ©sespĂ©rĂ©ment en colĂšre, et pourtant sa colĂšre ne change rien. Il est parfois si difficile de vivre avec ces deux loups Ă  l’intĂ©rieur de moi, parce que tous deux veulent dominer mon esprit. »

Le garçon regarda attentivement son grand-pĂšre dans les yeux et demanda : « Lequel des deux loups l’emporte, grand-pĂšre ? »

Le grand-pĂšre sourit et rĂ©pondit doucement : « Celui que je nourris. »



LES TROIS PORTES DE LA SAGESSE

Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent. Pour parfaire son apprentissage de la Vie, il l’envoya auprĂšs d’un Vieux Sage.

– Éclaire-moi sur le Sentier de la Vie, demanda le Prince.

– Mes paroles s’Ă©vanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, rĂ©pondit le Sage. Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras 3 portes. Lis les prĂ©ceptes indiquĂ©s sur chacune d’entre elles. Un besoin irrĂ©sistible te poussera Ă  les suivre. Ne cherche pas Ă  t’en dĂ©tourner, car tu serais condamnĂ© Ă  revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t’en dire plus. Tu dois Ă©prouver tout cela dans ton coeur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi.

Le Vieux Sage disparut et le Prince s’engagea sur le Chemin de la Vie. Il se trouva bientĂŽt face Ă  une grande porte sur laquelle on pouvait lire :

« CHANGE LE MONDE »

« C’Ă©tait bien lĂ  mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d’autres ne me conviennent pas. » Et il entama son premier combat. Son idĂ©al, sa fougue et sa vigueur le poussĂšrent Ă  se confronter au monde, Ă  entreprendre, Ă  conquĂ©rir, Ă  modeler la rĂ©alitĂ© selon son dĂ©sir. Il y trouva le plaisir et l’ivresse du conquĂ©rant, mais pas l’apaisement du coeur. Il rĂ©ussit Ă  changer certaines choses mais beaucoup d’autres lui rĂ©sistĂšrent. Bien des annĂ©es passĂšrent.

Un jour il rencontra le Vieux Sage qui lui demande :

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

– J’ai appris, rĂ©pondit le Prince, Ă  discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m’Ă©chappe, ce qui dĂ©pend de moi et ce qui n’en dĂ©pend pas.

– C’est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui Ă©chappe Ă  ton emprise. Et il disparut. Peu aprĂšs, le Prince se trouva face Ă  une seconde porte. On pouvait y lire :

« CHANGE LES AUTRES »

« C’Ă©tait bien lĂ  mon intention, pensa-t-il. Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d’amertume et de frustration. » Et il s’insurgea contre tout ce qui pouvait le dĂ©ranger ou lui dĂ©plaire chez ses semblables. Il chercha Ă  inflĂ©chir leur caractĂšre et Ă  extirper leurs dĂ©fauts. Ce fut lĂ  son deuxiĂšme combat.

Bien des annĂ©es passĂšrent. Un jour, alors qu’il mĂ©ditait sur l’utilitĂ© de ses tentatives de changer les autres, il croisa le Vieux Sage qui lui demanda :

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

– J’ai appris, rĂ©pondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes dĂ©boires. Ils n’en sont que le rĂ©vĂ©lateur ou l’occasion. C’est en moi que prennent racine toutes ces choses.

– Tu as raison, dit le Sage. Par ce qu’ils rĂ©veillent en toi, les autres te rĂ©vĂšlent Ă  toi-mĂȘme. Soit reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font naĂźtre en toi souffrance ou frustration, car Ă  travers eux la Vie t’enseigne ce qui te reste Ă  apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir.

Et le Vieil Homme disparut. Peu aprĂšs, le Prince arriva devant une porte oĂč figuraient ces mots :

« CHANGE-TOI TOI-MEME »

« Si je suis moi-mĂȘme la cause de mes problĂšmes, c’est bien ce qui me reste Ă  faire, » se dit-il. Et il entama son 3Ăšme combat. Il chercha Ă  inflĂ©chir son caractĂšre, Ă  combattre ses imperfections, Ă  supprimer ses dĂ©fauts, Ă  changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas Ă  son idĂ©al.

AprĂšs bien des annĂ©es de ce combat oĂč il connut quelque succĂšs mais aussi des Ă©checs et des rĂ©sistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda :

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

– J’ai appris, rĂ©pondit le Prince, qu’il y a en nous des choses qu’on peut amĂ©liorer, d’autres qui nous rĂ©sistent et qu’on n’arrive pas Ă  briser.

– C’est bien, dit le Sage.

– Oui, poursuivit le Prince, mais je commence Ă  ĂȘtre las de ma battre contre tout, contre tous, contre moi-mĂȘme. Cela ne finira-t-il jamais ? Quand trouverai-je le repos ? J’ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lĂącher prise.

– C’est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant d’aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru. Et il disparut.

Regardant en arriĂšre, le Prince vit dans le lointain la 3Ăšme porte et s’aperçut qu’elle portait sur sa face arriĂšre une inscription qui disait :

« ACCEPTE-TOI TOI-MEME. »

Le Prince s’Ă©tonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu’il avait franchi la porte la premiĂšre fois, dans l’autre sens. « Quand on combat on devient aveugle, se dit-il. » Il vit aussi, gisant sur le sol, Ă©parpillĂ© autour de lui, tout ce qu’il avait rejetĂ© et combattu en lui : ses dĂ©fauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux dĂ©mons. Il apprit alors Ă  les reconnaĂźtre, Ă  les accepter, Ă  les aimer. Il apprit Ă  s’aimer lui-mĂȘme sans plus se comparer, se juger, se blĂąmer.

Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda :

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

– J’ai appris, rĂ©pondit le Prince, que dĂ©tester ou refuser une partie de moi, c’est me condamner Ă  ne jamais ĂȘtre en accord avec moi-mĂȘme. J’ai appris Ă  m’accepter moi-mĂȘme, totalement, inconditionnellement.

– C’est bien, dit le Vieil Homme, c’est la premiĂšre Sagesse. Maintenant tu peux repasser la 3Ăšme porte.

A peine arrivĂ© de l’autre cĂŽtĂ©, le Prince aperçut au loin la face arriĂšre de la seconde porte et y lut :

« ACCEPTE LES AUTRES »

Tout autour de lui il reconnut les personnes qu’il avait cĂŽtoyĂ©es dans sa vie ; celles qu’il avait aimĂ©es comme celles qu’il avait dĂ©testĂ©es. Celles qu’il avait soutenues et celles qu’il avait combattues. Mais Ă  sa grande surprise, il Ă©tait maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs dĂ©fauts, ce qui autrefois l’avait tellement gĂȘnĂ© et contre quoi il s’Ă©tait battu.

Il rencontra Ă  nouveau le Vieux Sage :

– « Qu’as-tu appris sur le chemin ? demanda ce dernier.

– J’ai appris, rĂ©pondit le Prince, qu’en Ă©tant en accord avec moi-mĂȘme, je n’avais plus rien Ă  reprocher aux autres, plus rien Ă  craindre d’eux. J’ai appris Ă  accepter et Ă  aimer les autres totalement, inconditionnellement.

– C’est bien, dit le Vieux Sage. C’est la seconde Sagesse. Tu peux franchir Ă  nouveau la deuxiĂšme porte.

ArrivĂ© de l’autre cĂŽtĂ©, le Prince aperçut la face arriĂšre de la premiĂšre porte et y lut :

« ACCEPTE LE MONDE »

« Curieux, se dit-il, que je n’aie pas vu cette inscription la premiĂšre fois. » Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu’il avait cherchĂ© Ă  conquĂ©rir, Ă  transformer, Ă  changer. Il fut frappĂ© par l’Ă©clat et la beautĂ© de toute chose. Par leur perfection. C’Ă©tait pourtant le mĂȘme monde qu’autrefois. Était-ce le monde qui avait changĂ© ou son regard ?

Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda :

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

– J’ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon Ăąme. Que mon Ăąme ne voit pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouĂ©e, le monde lui semble gai. Quand elle est accablĂ©e, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n’est ni triste ni gai. Il est lĂ  ; il existe ; c’est tout. Ce n’Ă©tait pas le monde qui me troublait, mais l’idĂ©e que je m’en faisais. J’ai appris Ă  accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement.

– C’est la 3Ăšme Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilĂ  Ă  prĂ©sent en accord avec toi-mĂȘme, avec les autres et avec le Monde.

Un profond sentiment de paix, de sĂ©rĂ©nitĂ©, de plĂ©nitude envahit le Prince. Le Silence l’habita.

– Tu es prĂȘt, maintenant, Ă  franchir le dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui du passage du silence de la plĂ©nitude Ă  la PlĂ©nitude du Silence.

Et le Vieil Homme disparut.



UN APRES-MIDI AVEC DIEU – JULIE A. MANHAN

Il était une fois un petit garçon qui voulait rencontrer Dieu. Comme il savait que ce serait un long voyage pour se rendre à Sa maison, il remplit sa valise de petits gùteaux et de six bouteilles de limonade, et il se mit en route.

Trois pĂątĂ©s de maison plus loin, il vit une vieille dame. Assise dans le parc, elle fixait quelques pigeons. Le garçon s’assit prĂšs d’elle et ouvrit sa valise. Il s’apprĂȘtait Ă  prendre une limonade lorsqu’il remarqua l’air affamĂ© de la vieille dame. Il lui offrit donc un gĂąteau. Elle accepta avec reconnaissance et lui sourit. Son sourire Ă©tait si joli que le garçon voulut le voir encore. Il lui offrit donc une limonade. Elle lui sourit de nouveau. Le garçon Ă©tait ravi ! Ils restĂšrent ainsi tout l’aprĂšs-midi Ă  manger, sans dire un seul mot.

Lorsque le soir tomba, le garçon se rendit compte qu’il Ă©tait trĂšs fatiguĂ© et se leva pour partir. Cependant, au bout de quelques pas Ă  peine, il se retourna, courut vers la vieille dame et la serra dans ses bras. Elle lui fit alors son plus beau sourire.

Peu de temps aprĂšs, lorsque le garçon franchit la porte de sa maison, son regard joyeux Ă©tonna sa mĂšre. Elle lui demanda : « Qu’as-tu fait aujourd’hui qui te rende si heureux ? »

Il rĂ©pondit : « J’ai dĂ©jeunĂ© avec Dieu. » Mais avant que sa mĂšre puisse rĂ©pondre, il ajouta : «Tu sais, elle a le plus merveilleux des sourires!»

Entre temps, la vieille dame, rayonnante de joie elle aussi, retourna chez elle. FrappĂ© de l’expression paisible qu’elle arborait, son fils lui demanda : «Maman, qu’as-tu fait aujourd’hui qui te rende si heureuse?»

Elle rĂ©pondit : « Au parc, j’ai mangĂ© des gĂąteaux avec Dieu. » Mais avant que son fils puisse rĂ©pondre, elle ajouta : « Tu sais, il est beaucoup plus jeune que je ne le croyais. »



CE QUI EST IMPORTANT

« Je me sens triste ! » dit une vague de l’ocĂ©an en constatant que les autres vagues Ă©taient plus grandes qu’elle. « Les vagues sont si grandes, si vigoureuses, et moi je suis si petite, si chĂ©tive. »

Une autre vague lui rĂ©pondit : « Ne sois pas triste. Ton chagrin n’existe que parce que tu t’attaches Ă  l’apparent, tu ne conçois pas ta vĂ©ritable nature. »

« Ne suis-je donc pas une vague ? »

« La vague n’est qu’une manifestation transitoire de ta nature. En vĂ©ritĂ© tu es l’eau. »

« L’eau ? »

« Oui. Si tu comprends clairement que ta nature est l’eau, tu n’accorderas plus d’importance Ă  ta forme de vague et ton chagrin disparaĂźtra. »



FERMEZ LES YEUX

La dame racontait avec irritation Ă  quel point sa famille la rendait folle en piĂ©tinant sans cesse son beau et nouveau tapis blanc. D’accord, d’accord, c’est ridicule de s’Ă©nerver pour un tapis, mais tout de mĂȘme, au prix qu’il est…

Alors la thĂ©rapeute lui a demandĂ© de fermer les yeux. D’imaginer sa prĂ©cieuse carpette impeccable, Ă  peine marquĂ©e des sillons rigoureux laissĂ©s par l’aspirateur. De visualiser ensuite la maison vide, sans mari en chaussures, sans chien mouillĂ©, sans enfants turbulents.

A la prochaine sĂ©ance, la dame a dĂ©clarĂ© ĂȘtre maintenant ravie de laisser bĂ©ante la porte de son salon et d’inviter sa famille Ă  venir faire «des taches d’amour» sur le tapis…

Une broutille ?

Peut-ĂȘtre bien. Mais surtout un dĂ©clic : «Elle a rĂ©ussi Ă  modifier sa perspective, commente Barbara Dobbs, Ă  concevoir que ce qu’elle considĂ©rait comme fondamental n’Ă©tait au fond qu’anecdotique.»



LE BON USAGE DE L’ECHEC – FREDELLE MAYNARD

Nous cataloguons les gens en deux champs bien définis, ceux qui réussissent et ceux qui échouent, alors que la réalité est infiniment plus nuancée.

Il y a en effet une diffĂ©rence Ă©norme entre subir un, deux ou trois Ă©checs et ĂȘtre un ratĂ©. Le succĂšs peut venir Ă  tout Ăąge, souvent mĂȘme aprĂšs une vie d’Ă©checs apparents. ‹Que nous soyons enfants ou adultes, l’Ă©chec blesse toujours, mais on peut en tirer une leçon positive.

Il faut s’interroger sur la cause de l’Ă©chec et rĂ©sister Ă  la tentation de s’en prendre Ă  autrui, dĂ©terminer en quoi nous l’avons mĂ©ritĂ© et comment Ă©viter qu’il se reproduise.

Le succĂšs nous incite Ă  ne rien changer Ă  notre comportement, alors que l’Ă©chec peut ĂȘtre une source de renouvellement. MĂȘme un Ă©chec qui semble catastrophique peut nous obliger Ă  trouver des voies nouvelles et une orientation radicalement diffĂ©rente.

Viser haut, faire de son mieux pour atteindre son objectif et, si l’on n’y parvient pas, repartir bravement, n’est-ce pas une belle forme d’hĂ©roĂŻsme ?



LA GRAINE QUI SE FIT DEVORER PAR UN OISEAU

Le printemps venu, deux graines de semence reposaient l’une Ă  cĂŽtĂ© de l’autre dans une terre fertile.

La premiĂšre graine disait Ă  l’autre : « Je veux grandir ! Je veux plonger mes racines profondĂ©ment dans la terre et lancer ma tige haut dans les airs
 Je veux voir mes bourgeons s’ouvrir comme des drapeaux annonçant l’arrivĂ©e du printemps
 Je veux sentir le soleil rĂ©chauffer mon visage et la rosĂ©e matinale bĂ©nir mes pĂ©tales ! »

Et elle grandissait.

La deuxiĂšme graine rĂ©pliquait : « J’ai peur. Si je plonge mes racines dans la terre, je ne sais pas ce qui m’attend dans cette noirceur. Ma tige est fragile, et si j’essaie de percer la croĂ»te de la terre pour m’élever dans les airs, elle risque de se briser. Et si, Ă  peine entrouverts, un ver venait manger mes bourgeons ? Et si je montrais ma fleur, qui sait ? Un enfant pourrait m’arracher de terre. Non, il vaut beaucoup mieux attendre pour sortir qu’il n’y ait plus de danger. »

Et elle attendait.

Un beau jour, un oiseau qui passait par lĂ , s’et mis Ă  fouiller la terre en quĂȘte de nourriture. Il y a trouvĂ© la graine qui attendait et vite il l’a dĂ©vorĂ©e.

La morale de cette histoire est que ceux qui ne veulent pas courir le risque de grandir dans la vie se font tout simplement dévorer par elle.



COMMENT PEUT-ON VENDRE OU ACHETER LE CIEL ? – CHEF INDIEN SEATTLE

Comment peut-on vendre ou acheter le ciel ? Comment peut-on vendre ou acheter la chaleur de la terre ? Cela nous semble Ă©trange. Si la fraĂźcheur de l’air et le murmure de l’eau ne nous appartiennent pas, comment peut-on les vendre ?

Pour mon peuple, il n’y a pas un coin de cette terre qui ne soit sacrĂ©. Une aiguille de pin qui scintille, un rivage sablonneux, une brume lĂ©gĂšre, tout est saint aux yeux et dans la mĂ©moire de ceux de mon peuple. La sĂšve qui monte dans l’arbre porte en elle la mĂ©moire des Peaux-Rouges. ‹Les morts des Blancs oublient leur pays natal quand ils s’en vont dans les Ă©toiles. Nos morts n’oublient jamais cette terre si belle, puisque c’est la mĂšre du Peau-Rouge. Nous faisons partie de la terre et elle fait partie de nous.

Les fleurs qui sentent si bon sont nos soeurs, les cerfs, les chevaux, les grands aigles sont nos frĂšres ; les crĂȘtes rocailleuses, l’humiditĂ© des Prairies, la chaleur du corps des poneys et l’homme appartiennent Ă  la mĂȘme famille. Ainsi, quand le grand chef blanc de Washington me fait dire qu’il veut acheter notre terre, il nous demande beaucoup…

Les riviĂšres sont nos soeurs, elles Ă©tanchent notre soif ; ces riviĂšres portent nos canoĂ«s et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler tout cela et apprendre Ă  vos enfants que les riviĂšres sont nos soeurs et les vĂŽtres et que, par consĂ©quent, vous devez les traiter avec le mĂȘme amour que celui donnĂ© Ă  vos frĂšres. Nous savons bien que l’homme blanc ne comprend pas notre façon de voir. Un coin de terre, pour lui, en vaut un autre puisqu’il est un Ă©tranger qui arrive dans la nuit et tire de la terre ce dont il a besoin. La terre n’est pas sa soeur, mais son ennemie ; aprĂšs tout cela, il s’en va. Il laisse la tombe de son pĂšre derriĂšre lui et cela lui est Ă©gal !

En quelque sorte, il prive ses enfants de la terre et cela lui est Ă©gal. ‹La tombe de son pĂšre et les droits de ses enfants sont oubliĂ©s. Il traite sa mĂšre, la terre, et son pĂšre, le ciel, comme des choses qu’on peut acheter, piller et vendre comme des moutons ou des perles colorĂ©es. Son appĂ©tit va dĂ©vorer la terre et ne laisser qu’un dĂ©sert…

L’air est prĂ©cieux pour le Peau-Rouge car toutes les choses respirent de la mĂȘme maniĂšre. La bĂȘte, l’arbre, l’homme, tous respirent de la mĂȘme maniĂšre. L’homme blanc ne semble pas faire attention Ă  l’air qui respire. Comme un mourant, il ne reconnaĂźt plus les odeurs. Mais, si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l’air nous est infiniment prĂ©cieux et que l’Esprit de l’air est le mĂȘme dans toutes les choses qui vivent.

Le vent qui a donnĂ© Ă  notre ancĂȘtre son premier souffle reçoit aussi son dernier regard.

Et si nous vendons notre terre, vous devez la garder intacte et sacrĂ©e comme un lieu oĂč mĂȘme l’homme peut aller percevoir le goĂ»t du vent et la douceur d’une prairie en fleur…

Je suis un sauvage et je ne comprends pas une autre façon de vivre. J’ai vu des milliers de bisons qui pourrissaient dans la prairie, laissĂ©s lĂ  par l’homme blanc qui les avait tuĂ©s d’un train qui passait. Je suis un sauvage et je ne comprends pas comment ce cheval de fer qui fume peut-ĂȘtre plus important que le bison que nous ne tuons que pour les besoins de notre vie.

Qu’est-ce que l’homme sans les bĂȘtes ? Si toutes les bĂȘtes avaient disparu, l’homme mourrait complĂštement solitaire, car ce qui arrive aux bĂȘtes bientĂŽt arrive Ă  l’homme. Toutes les choses sont reliĂ©es entre elles.

Vous devez apprendre Ă  vos enfants que la terre sous leurs pieds n’est autre que la cendre de nos ancĂȘtres. Ainsi, ils respecteront la terre. ‹Dites-leur aussi que la terre est riche de la vie de nos proches. ‹Apprenez Ă  vos enfants ce que nous avons appris aux nĂŽtres : que la terre est notre mĂšre et que tout ce qui arrive Ă  la terre arrive aux enfants de la terre.

Si les hommes crachent sur la terre, c’est sur eux-mĂȘmes qu’ils crachent. ‹Ceci nous le savons : la terre n’appartient pas Ă  l’homme, c’est l’homme qui appartient Ă  la terre.

Ceci nous le savons : toutes les choses sont reliĂ©es entre elles comme le sang est le lien entre les membres d’une mĂȘme famille. Toutes les choses sont reliĂ©es entre elles…

Mais, pendant que nous périssons, vous allez briller, illuminés par la force de Dieu qui vous a conduits sur cette terre et qui, dans un but spécial, vous a permis de dominer le Peau-Rouge. Cette destinée est mystérieuse pour nous.

Nous ne comprenons pas pourquoi les bisons sont tous massacrĂ©s, pourquoi les chevaux sauvages sont domestiquĂ©s, ni pourquoi les lieux les plus secrets des forĂȘts sont lourds de l’odeur des hommes, ni pourquoi encore la vue des belles collines est gardĂ©e par les fils qui parlent.

Que sont devenus les fourrés profonds ? Ils ont disparu.

Qu’est devenu le grand aigle ? Il a disparu aussi.

C’est la fin de la vie et le commencement de la survivance.



LE SURVIVANT

Le seul survivant d’un naufrage a Ă©tĂ© emportĂ© par les vagues sur une petite Ăźle dĂ©serte. Tous les jours, il priait pour que quelqu’un vienne le sauver, et tous les jours il scrutait l’horizon pour entrevoir le moindre signe d’aide, mais personne ne venait jamais.

Il a donc dĂ©cidĂ© de se bĂątir une petite hutte avec des arbres morts et des feuilles de palmier afin de se protĂ©ger contre les intempĂ©ries, les animaux, ainsi que pour mettre Ă  l’abri les quelques possessions qu’il avait sauvĂ©es du naufrage.

AprĂšs une semaine de travail assidu, sa hutte Ă©tait complĂ©tĂ©e et il en Ă©tait trĂšs fier. Citadin de nature, notre homme n’était pas habituĂ© de travailler de ses mains.

À la tombĂ©e du jour, quelques jours plus tard, alors qu’il revenait de chasser pour se procurer de la nourriture, il a trouvĂ© sa petite hutte en feu.

DĂ©jĂ  qu’il se sentait terriblement malchanceux de se retrouver seul, Ă©garĂ© sur une Ăźle dĂ©serte, encore fallait-il que le pire lui arrive. Il avait tout perdu dans cet incendie.

AprĂšs le choc initial, le chagrin et bientĂŽt la colĂšre l’ont habitĂ©. Il s’est mis Ă  genoux sur la plage et a criĂ© : «  Mon Dieu, comment peux-tu me faire ça ? »

ComplĂštement dĂ©couragĂ© et fatiguĂ©, il s’est mis Ă  pleurer Ă  chaudes larmes, et il s’est endormi ainsi sur la plage.

TrĂšs tĂŽt, le lendemain matin, il a Ă©tĂ© rĂ©veillĂ© par le bruit d’un bateau qui approchait de son Ăźle. Il Ă©tait ainsi sauvĂ©.

Arrivé sur le bateau, il a demandé au capitaine : « Comment saviez-vous que je me trouvais ici ? »

Le capitaine de lui répondre : « Nous avons vu votre signal de fumée. »

MĂȘme si dans la majoritĂ© des cas, les bienfaits ne nous sont pas toujours apparent au premier coup d’Ɠil, tout ce qui nous arrive dans la vie survient toujours pour une raison bien prĂ©cise. Rien n’est accidentel.

Devant un problÚme, le perdant se dit : « Pourquoi moi ? »

Le gagnant se dit : » Si ça m’arrive, c’est que ça devait m’arriver. »

La vie nous confronte tous quotidiennement à une série de grandes opportunités brillamment déguisées en situations qui semblent impossibles.

Une bosse sur votre chemin peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme un obstacle, mais elle peut ĂȘtre aussi  une opportunité  Cela relĂšve de votre attitude et du point de vue avec lequel vous la considĂ©rez.



LE PENDU DEPENDU – JACQUES SALOME

Un jour, un homme, par dĂ©sespoir et aussi par autopunition, et encore par culpabilisation, car il voulait faire de la peine Ă  son entourage, et aussi par un signe d’appel, car il ne se sentait pas entendu, et encore par dĂ©fi, pensant que tout s’arrĂȘterait… un jour, dis-je, un homme s’Ă©tait pendu.

Il fut dĂ©pendu par quelqu’un qui passait par lĂ . Quand il ouvrit les yeux, il dit :

– C’est trop tard, vous auriez dĂ» m’aider avant, m’aider Ă  ne pas me pendre !

– Mais je ne vous connaissais pas !  dit le sauveteur inconnu.

– Cela ne fait rien, vous auriez dĂ» quand mĂȘme m’aider avant !

– Je passais juste par lĂ .

– Justement, il ne fallait pas passer.

– J’ai pensĂ© bien faire.

– Ceux qui disaient m’aimer pensaient eux aussi bien faire… en ne faisant rien !

– Alors, j’aurais dĂ» vous laisser mourir sans intervenir ?

– Non, intervenir avant que je me pende, me reconnaĂźtre, m’entendre, m’apprĂ©cier, m’aimer au besoin. Tout cela avant. Avant que mon dĂ©sespoir ne me fasse douter de tout.

– Voulez-vous que je vous remette la corde autour du cou ? proposa l’inconnu.

– Surtout pas, je n’ai pas envie de mourir, j’ai besoin de parler.

– C’est que… je n’ai pas le temps, je suis pressĂ©.

– Oui, vous aviez seulement le temps de me dĂ©pendre ou de me remettre la corde autour du cou, pas de m’Ă©couter.

– C’est tout Ă  fait cela. Je suis pressĂ© de vivre moi !

– Si un jour vous vous pendez, comptez sur moi, je ne vous dĂ©crocherai pas.‹ Je vais vivre avec cette idĂ©e, je sens qu’elle va me soutenir.‹ Il arrive ainsi Ă  certains ĂȘtres d’avoir besoin pour survivre  de s’opposer Ă  toute tentative d’Ă©change.



LA PECHE AUX CRABES – PATRICK LEROUX

Un papa amĂšne son fils de 14 ans Ă  la pĂȘche aux crabes avec lui.

AprĂšs quelques heures de pĂȘche, le fils va voir son pĂšre et lui dit : « Papa, papa, il faut mettre un couvercle sur le dessus du panier car le panier va bientĂŽt ĂȘtre plein et les crabes vont sortir. »

Le pĂšre rĂ©pond Ă  son fils : « Ne t’en fait pas, mon fils. Il n’y a pas de danger. »

Dix minutes plus tard, le fils revient voir son pÚre : « Papa, papa, il faut mettre un couvercle sur le dessus du panier car le panier est maintenant plein et les crabes vont sortir. »

Et le pĂšre de rĂ©pondre Ă  son fils : « Calme-toi, mon garçon. Tu t’en fais pour rien. Laisse-moi t’expliquer : Si jamais un crabe essayait de sortir du panier, les autres crabes le retiendraient avec leurs pinces pour l’empĂȘcher de sortir. Il n’y a donc aucun danger.

Et j’en profite pour t’apprendre une grande leçon de la vie. Plus tard dans la vie, tu voudras toi aussi sortir du panier. Tu voudras rĂ©aliser de grands rĂȘves, probablement quitter notre village de pĂȘche, aller Ă  l’universitĂ© et peut-ĂȘtre avoir une grande carriĂšre Ă  la ville, mais fait bien attention aux gens que tu frĂ©quentes, car certains, tout comme les crabes que tu vois lĂ , vont essayer de te retenir dans tes ambitions.

Ils tenteront de t’en empĂȘcher non pas avec leurs pinces, mais avec leurs mots. Ils te diront des choses comme : « Tu ne peux pas » ou « Tu ne sera jamais capable » ; «  C’est impossible » ; « Tu n’as pas assez de talent » ; «  Tu n’as pas assez d’éducation » ; «  Tu es trop jeune » ; « Tu es trop vieux », etc.

Et pourquoi feront-ils cela ?

Parce qu’ils auront peur. Ils auront peurs de se sentir plus petits Ă  cĂŽtĂ© de toi si jamais tu rĂ©alises tes rĂȘves, et personne n’aime se sentir petit, mon garçon. »

Le jeune adolescent regarda alors son papa avec de grands yeux hochant la tĂȘte de bas en haut. Il avait compris une importante leçon cette journĂ©e-lĂ . Il avait appris qu’il devrait ĂȘtre parcimonieux dans le choix de ses frĂ©quentations prĂ©sentes et futures et qu’il ne devait pas partager ses rĂȘves avec n’importe qui.

Fuyez les voleurs de rĂȘves qui sont dans votre vie, vous aussi. Entourez-vous de gagnants. FrĂ©quentez des gens qui vous exhorteront Ă  vivre Ă  des niveaux de pensĂ©e, de rĂ©alisation et d’accomplissement supĂ©rieurs. Faites part de vos rĂȘves seulement Ă  des gens qui ont Ă©galement des rĂȘves Ă  accomplir.

« Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu deviendras. »



LE VIEIL HOMME

Un vieil homme entre dans un  restaurant et demande au serveur qui il doit voir pour un emploi dans un camp de bûcheron tout prÚs de là.

« Vous n’aurez pas Ă  aller trĂšs loin », a rĂ©pliquĂ© le serveur, « le patron du camp de bĂ»cheron est en train de manger ici, il est attablĂ© dans le coin, juste lĂ . »

Le vieil homme s’approche du patron du camp de bĂ»cheron. Et lui dit : « Je cherche un emploi de bĂ»cheron. »

En le voyant, le patron tente alors de le convaincre que cet emploi n’est pas fait pour lui. Selon lui, ce vieil homme serait bien incapable d’abattre de gros arbres et d’atteindre ses quotas quotidiens.

Le vieil homme a dit alors au patron : « Donnez-moi quelques instants de votre temps et je vais vous montrer ce que je peux faire. »

AussitĂŽt arrivĂ©s au camp de bĂ»cheron, le vieil homme prend alors une hache et commence Ă  couper un Ă©norme arbre en un temps record. « C’est incroyable ! » s’est exclamĂ© le patron. « OĂč avez-vous appris Ă  bĂ»cher des arbres comme ça ? »

« Eh bien, » rĂ©pondit le vieil homme, « vous avez entendu parler de la forĂȘt du Sahara ? » HĂ©sitant, le patron rĂ©pond : « vous ne voulez pas dire le dĂ©sert du Sahara ? »

Le vieil homme a souri Ă  pleines dents et a dĂ©clarĂ© : « Certainement, c’est comme ça qu’on l’appelle maintenant ! »

Les gagnants sont de « petits diseur mais de gros faiseurs. » Ce sont des gens qui passent Ă  l’action. Ils savent que les autres ne leur manifesteront jamais de reconnaissance pour ce qu’ils auraient pu faire, pour ce qu’ils auraient dĂ» faire ou ce qu’ils pourraient Ă©ventuellement faire.

La reconnaissance viendra Ă  vous seulement quand vous aurez prouvĂ© que vous pouvez le faire. Cessez de dire ce que vous avez l’intention de faire et faites-le maintenant !

« Ne jugez jamais un homme sur ses paroles mais sur ces actions. »



LE CONTE DU PLEIN ET DU VIDE

Il Ă©tait une fois une femme qui avait dĂ©couvert, il y avait de ça trĂšs longtemps, que tout au fond d’elle, il y avait un immense vide. Un Ă©norme vide entiĂšrement rempli de solitude.

« Je suis habitĂ©e depuis toujours par cette solitude », disait-elle

Et pendant des annĂ©es elle avait tentĂ© dĂ©sespĂ©rĂ©ment, courageusement, violemment parfois, de remplir ce vide. Que d’efforts pour dĂ©loger sa solitude, pour la chasser en faisant entrer de force dans son vide plein de personnes.

Tout plein d’hommes surtout. Plein d’activitĂ©s et aussi plein, plein de choses Ă  faire, toujours plus de choses Ă  faire. Ceux qui la voyaient de l’extĂ©rieur croyaient voir une femme forte, solide, pleine de dynamisme.

Ils voyaient, eux, quelqu’un de sĂ»r, de rĂ©sistant, qui savait s’affirmer. Ils n’hĂ©sitaient pas Ă  s’appuyer sur elle, Ă  demander des services Ă  cette femme forte et pleine de ressources. Personne ne voyait le trou immense, rempli de solitude, qui occupait tout l’intĂ©rieur de cette femme.

Un jour, elle rencontra quelqu’un qui possĂ©dait cette qualitĂ© rare de voir dans les ĂȘtres humains non ce qu’ils Ă©taient, non ce qu’ils montraient ou cachaient mais ce qu’ils allaient devenir. Il voyait en eux ce qui n’Ă©tait pas Ă©veillĂ© et qui allait se rĂ©veiller, ce qui n’Ă©tait pas nĂ© et qui allait naĂźtre. Il percevait ce qu’ils allaient dĂ©couvrir avant mĂȘme qu’ils le dĂ©couvrent eux-mĂȘmes, en eux-mĂȘmes.

Et cet homme dit : « je vois plein de possibilitĂ©s en toi. »

Elle se sentait si vide, envahie seulement par son immense solitude, traversée par sa détresse, elle entendit ce jour-là le premier de ses possibles : il lui était possible de remplir son vide avec les possibles de la vie.

Ainsi se termine l’histoire de la femme qui croyait combler le vide de son existence par plein de rencontres et d’activitĂ©s.



LE SAGE QUI AVAIT TROUVE TOUT SEUL LE CHEMIN DE LA LIBERTE

Une rumeur s’Ă©tait rĂ©pandue dans ce pays-lĂ , d’abord silencieusement, puis de façon plus insistante.

Il y a comme cela des paroles muettes qui circulent entre des ĂȘtres en recherche. Quelqu’un prĂ©tendait connaĂźtre l’existence d’un sage « ayant dĂ©couvert tout seul le chemin de la libertĂ©. »

Un adolescent, un jour, entreprit le voyage et se renseigna. On lui indiqua une direction, et sur le chemin qu’il suivit il rencontra l’amour d’une femme qui ne cherchait pas la libertĂ© mais qui avait besoin surtout d’ĂȘtre aimĂ©e.

Il l’aima donc et quand elle fut sĂ»re d’ĂȘtre aimĂ©e, elle put le quitter. Il y a comme cela des amours de besoin, qui s’Ă©puisent quand ils sont satisfaits.

Le jeune homme se retrouva seul. Il reprit sa route et rencontra une autre qui l’aima et se laissa aimer. Il grandit dans cet amour-lĂ  jusqu’au jour oĂč il fut suffisamment grand pour quitter l’aimante. Il y a comme cela des amours pĂ©piniĂšres, qui permettent de croĂźtre.

Il reprit le chemin et durant plusieurs années parcourut la solitude.

Un matin, il s’Ă©veilla avec un dĂ©sir, celui de rencontrer un autre dĂ©sir. Il le rencontra et ce fut la fĂȘte. La fĂȘte dura mille jours et mille nuits.

À l’aurore d’une nuit, il se quittĂšrent, comblĂ©s, rassasiĂ©s, chacun tellement Ă©merveillĂ© l’un par l’autre qu’ils imaginĂšrent que rien de plus beau ne pourrait leur arriver.

Aussi chacun de leur cÎté multipliÚrent-ils les rencontres. Lui en trouva beaucoup, beaucoup.

Un jour cependant, il reprit le chemin, et sur ce chemin il rencontra une femme qui lui demanda avec ferveur : « agrandis-moi, prolonge-moi, donne-moi un enfant de toi. »

Il lui en donna cinq. Il croyait à la générosité de la vie. Quelques années plus tard, un midi de plein soleil, il reprit le chemin.

Ce n’Ă©tait plus un jeune homme, c’Ă©tait maintenant un homme traversĂ© de cicatrices, Ă  la fois vulnĂ©rable et puissant, qui s’avançait sur le chemin de la libertĂ©. Il lui fallut encore d’autres rencontres, d’autres errances, d’autres enthousiasmes et d’autres Ă©tonnements pour dĂ©couvrir et rencontrer enfin le sage de la libertĂ©.

Quand il furent face Ă  face, l’homme interrogea le sage sur son secret, sur le meilleur de son enseignement, sur la rigueur de sa recherche, sur le noms des maĂźtres qu’ils avaient eus, sur les souffrances et les thĂ©rapies engagĂ©es qu’il avait traversĂ©es.

Le sage ne répondit à aucune des questions. Il dit seulement :

« La seule connaissance intime que j’ai est liĂ©e Ă  ma seule dĂ©couverte : je sais aujourd’hui dire non ou oui, sans me blesser. »



DIEU EST DANS LE BOIS

C’est un garçon qui, quotidiennement, se glisse Ă  tout bout de champ dans la forĂȘt pour quelques moments.

Son pùre s’inquiùte. Que peut bien faire là ce garçon chaque jour ?

Un matin, le pÚre lui demande : « Pourquoi passes-tu tellement de temps dans le bois ? »

Et celui-ci rĂ©ponds : « Pour ĂȘtre plus prĂšs de Dieu. »

« Eh bien », fait le pĂšre, soulagĂ©, « tu n’as pas Ă  aller dans le bois pour ça. Dieu est partout. Dieu n’est pas diffĂ©rent dans la forĂȘt que dans le reste du monde. »

« Oui, papa », dit le garçon en souriant, « mais dans le bois, MOI, je suis différent. »



LA PETITE SOURIS QUI AVAIT TRES PEUR

Il Ă©tait une fois une petite souris si timide qu’elle s’imaginait que si elle sortait de son trou, si elle allait en promenade, elle risquait de dĂ©ranger tout le monde et en particulier de faire du mal aux Ă©lĂ©phants en marchant sur leurs pieds.

Quand elle sortait de chez elle, elle marchait avec beaucoup de prĂ©cautions, avançait avec hĂ©sitation, regardait soigneusement autour d’elle afin de ne dĂ©ranger personne. Elle craignait tellement de dĂ©ranger qu’elle aurait voulu ĂȘtre invisible.

Lorsque je vous ai dit que cette petite souris Ă©tait timide, j’aurais dĂ» vous prĂ©ciser qu’elle Ă©tait surtout Ă©gocentrique. Égocentrique est un mot du langage des souris qui veut dire: centrĂ© sur soi, prĂ©occupĂ©e d’elle-mĂȘme.

Au pays des souris, c’est un fait connu, tous les timides sont souvent des individus qui ont une perception d’eux-mĂȘmes tellement forte qu’ils ramĂšnent tout Ă  eux. Ils imaginent que dĂšs qu’ils sortent de leur trou, dĂšs qu’ils sont en public, tous les autres voient aussitĂŽt qu’ils sont lĂ . C’est un paradoxe, les souris timides pensent que chacun cessant son activitĂ©, dĂ©viant le cours des ses pensĂ©es, se met aussitĂŽt Ă  avoir une opinion, un point de vue, un commentaire sur elles.

Alors ces petites souris soi-disant timides se mettent Ă  vivre, Ă  se comporter Ă  partir de tout un imaginaire, Ă  partir duquel, hĂ©las, elles construisent et organisent la plupart de leur comportement. « Si je fais ceci, je risque de faire de la peine. Si je dis cela, je risque de provoquer la colĂšre. Si je ne dis pas, ils vont penser que, si je ne fais pas, il vont imaginer que… »

Elles passent ainsi Ă  cĂŽtĂ© de leur existence, sans pouvoir se rĂ©aliser et aller vers le meilleur d’elles-mĂȘmes, tellement elles s’enferment dans ce qu’elles ont imaginĂ© de l’imaginaire de l’autre. Les petites souris timides se donnent ainsi Ă  l’intĂ©rieur d’elles-mĂȘmes une importance trĂšs grande, si grande qu’elle envahit tout l’espace autour d’elle…



L’HOMME QUI ETAIT AMOUREUX DE LA PLANETE VENUS

Un homme Ă©tait amoureux de la planĂšte vĂ©nus (certains s’arrĂȘtent au mont vĂ©nus !) Mais lui Ă©tait vraiment amoureux, et chaque soir de ciel Ă©toilĂ©, il s’allongeait devant sa maison pour dĂ©clarer son amour Ă  la planĂšte inaccessible, du moins…. Le croyait-il !

Un soir oĂč il rĂȘvait ainsi, le cƓur plein d’amour et le corps plein d’Ă©moi, il entendit une voix trĂšs douce chuchoter Ă  son oreille : « Je suis touchĂ©e de ta faveur et impatiente de te serrer dans mes bras, viens me rejoindre, viens…. »

Il se leva d’un bond, il avait bien reconnu la voix de l’aimĂ©e, mĂȘme s’il ne l’avait jamais entendue. La planĂšte VĂ©nus enfin avait perçu son amour et rĂ©pondait Ă  sa flamme.

« Mais comment puis-je faire pour arriver jusqu’Ă  toi ? Je ne suis qu’un homme ! »

Elle murmura tout proche : « Regarde le rayon de lune qui scintille jusqu’Ă  tes pieds, approche-toi, monte dessus et quand tu seras sur la lune, tu trouveras un autre rayon que j’ai dĂ©posĂ© pour toi et qui te conduira jusqu’Ă  moi…. »

L’homme monta sur le rayon et avec facilitĂ© s’Ă©leva jusqu’Ă  la lune. Sur cette planĂšte, il dĂ©couvrit comme promis le rayon de VĂ©nus et commença Ă  s’Ă©lever vers elle.

À mi-chemin, il eut soudain cette pensĂ©e : « MAIS je vais vers une planĂšte ?… par le biais d’une rayon ? Mais ce n’est pas possible ! »

Et avec le doute qui naquit ainsi en lui, il trĂ©bucha, tomba …Et s’Ă©crasa des milliers de kilomĂštres plus bas…Sur Mars.

Avant de mourir, il eut le temps d’entendre la voix de son aimĂ©e qui murmurait tout contre son oreille. « Il ne suffit pas de m’aimer, ni de me faire confiance. Encore fallait-il que tu puisses croire en tes ressources, que tu oses te faire confiance Ă  toi-mĂȘme !



PAR UN BEAU SAMEDI APRES-MIDI – PATRICIA FRIPP

Par un beau samedi aprĂšs-midi Ă  Oklahoma City, mon ami Bobby Lewis emmenait fiĂšrement ses deux petits gars faire une partie de golf miniature. Il se prĂ©senta au guichet et dit Ă  l’homme qui vendait les tickets : « Combien ça coĂ»te pour entrer ? »

Le jeune homme rĂ©pondit : « Trois dollars pour vous et trois dollars pour les enfants qui ont plus de six ans. On les laisse entrer gratis s’ils sont ĂągĂ©s de six ans ou moins. Quel Ăąge ont-ils ?»

Bobby rĂ©pondit : « L’avocat a trois ans et le docteur sept, alors je vous dois six dollars. »

L’homme au guichet s’Ă©tonna : « Eh ben quoi, Monsieur, vous venez de gagner Ă  la loterie ? Vous auriez pu Ă©pargner trois dollars. Vous n’aviez qu’Ă  me dire que le plus vieux avait six ans, je n’aurais pas su que vous mentiez. »

Bobby rĂ©pliqua : « Oui, vous avez peut-ĂȘtre raison, mais les enfants, eux, l’auraient su. »

Comme l’a dit Ralph Waldo Emerson : « Ce que vous ĂȘtes parle si fort, qu’on n’entend plus ce que vous dites. »



PAS UN SEUL – DALE GALLOWAY

Le petit Chad Ă©tait un garçon tranquille et timide. Un jour, il entra dans la maison en disant Ă  sa mĂšre qu’il aimerait fabriquer une carte de Saint-Valentin pour chacun de ses camarades de classe.

Le cƓur serrĂ©, sa mĂšre songea : « J’espĂšre qu’il ne le fera pas! », car elle avait observĂ© les enfants lorsqu’ils revenaient de l’Ă©cole. Son Chad Ă©tait toujours derriĂšre eux. Les autres enfants riaient, se bousculaient, bavardaient. Mais Chad Ă©tait toujours exclu. Elle dĂ©cida malgrĂ© tout d’aider son fils. Elle acheta donc du papier, de la colle et des crayons. Pendant trois semaines, soir aprĂšs soir, Chad fabriqua consciencieusement ses 35 cartes de Saint-Valentin.

Le matin de la Saint-Valentin, Chad Ă©tait tout excitĂ©. Il empila soigneusement ses cartes, les rangea dans un sac et sortit en coup de vent. Sa mĂšre dĂ©cida de prĂ©parer ses biscuits prĂ©fĂ©rĂ©s pour qu’aprĂšs l’Ă©cole, elle puisse les lui servir encore tout chaud, avec un verre de lait bien froid. Elle pressentait la dĂ©ception de Chad et se disait que cette attention mettrait du baume sur sa peine. À l’idĂ©e qu’il ne recevrait pas beaucoup de valentins, peut-ĂȘtre mĂȘme aucun, elle avait mal.

Dans l’aprĂšs-midi, elle plaça les biscuits et le lait sur la table. Lorsqu’elle entendit les enfants qui revenaient de l’Ă©cole dans la rue, elle regarda par la fenĂȘtre. Comme d’habitude, ils Ă©taient lĂ , riant et s’amusant comme des fous. Et comme d’habitude, Chad traĂźnait derriĂšre. Il marchait un peu plus vite qu’Ă  l’accoutumĂ©e, cependant. Elle Ă©tait certaine qu’il Ă©claterait en sanglots dĂšs qu’il aurait franchit le seuil de la porte. Elle remarqua qu’il avait les mains vides. Lorsqu’il ouvrit la porte, elle contint ses larmes.

« Maman a préparé des biscuits pour toi », dit-elle.

Toutefois, Chad l’entendit Ă  peine. Il se contenta de passer devant elle, le visage rayonnant, et de rĂ©pĂ©ter : « Pas un seul ! Pas un seul ! »

Son cƓur de maman se brisa. Puis il ajouta : « Je n’en ai pas oubliĂ© un seul, pas un seul !



ECOUTER AU-DELA DE SON REGARD – JACQUES SALOME

Il Ă©tait une fois, au fin fond de la SibĂ©rie, un village de chasseur, oĂč le chef avait une femme trĂšs belle, trĂšs jeune, dont il Ă©tait amoureux fou…

La saison de chasse ayant Ă©tĂ© trĂšs fructueuse, il chargea son traĂźneau de toutes les fourrures pour aller les vendre Ă  la ville voisine. ‹Les peaux Ă©tant d’une trĂšs belle qualitĂ©, il put les Ă©changer Ă  un bon prix, acheter tout ce qu’il fallait pour la survie de son village et le bien-ĂȘtre de chacun, ‹car c’Ă©tait un homme juste et bon.

AprĂšs tous ces achats, il lui resta une peau de renard blanc et il vit, dans un coin du magasin, un miroir en mĂ©tal poli. Dans son village oĂč l’on vivait depuis des millĂ©naires sous la tente, il n’y avait jamais eu de mĂ©moire de chasseurs, aucun miroir. Aussi pensa-t-il faire plaisir Ă  sa femme, qui Ă©tait comme vous le savez « belle comme un rĂȘve », en Ă©changeant la peau de renard blanc contre le miroir poli.

Il revint au village, distribua les vivres et les objets ramenĂ©s de la ville Ă©quitablement entre tous les chasseurs, ne gardant pour lui que le miroir enveloppĂ© dans sa chemise, qu’il dĂ©posa aux pieds de sa femme.

Celle-ci se pencha sur le paquet, ouvrit la chemise, reconnut l’odeur de son mari, s’arrĂȘta stupĂ©faite, Ă©clata en sanglots, puis prit son manteau, ses raquettes de neige et s’enfuit sans un mot jusqu’au village de sa mĂšre.

Cette derniĂšre s’Ă©tonna de la visite de sa fille. Celle-ci entre deux sanglots murmura : « Mon mari ne m’aime plus. Il est parti Ă  la ville comme chaque annĂ©e, vendre ses fourrures. Comme chaque annĂ©e depuis toujours, il a rapportĂ© tout ce qu’il fallait pour le village. Il n’a oubliĂ© personne. Mais dans sa chemise, il a ramenĂ© une femme merveilleuse, trĂšs jolie, sĂ©duisante comme un matin de printemps. Elle avait mĂȘme son odeur, je l’ai reconnue. ‹C’est bien le signe qu’il ne m’aime plus. »

Sa mĂšre, qui Ă©tait une femme d’expĂ©rience, car elle avait beaucoup vĂ©cu, lui dit :‹ »Viens avec moi, je veux voir qui oserait ĂȘtre plus belle que ma fille. Plus belle que le rĂȘve d’un roi ! Je veux voir. »

ArrivĂ©e au village des chasseurs, elle entra sous la tente du chef, reconnut la chemise de son gendre, l’ouvrit, se pencha, regarda et Ă©clata de rire, en disant Ă  sa fille : « Tu n’as rien Ă  craindre ma chĂ©rie, elle est vieille et moche. »

Oui, on ne voit ses problĂšmes
 qu’avec ses propres yeux !



UN COMPTE DE 86400 EURO

Imaginez que chaque matin, une banque vous ouvre un compte de 86400 EUR. Simplement, il y a deux rÚgles à respecter.

La premiĂšre rĂšgle est que tout ce que vous n’avez pas dĂ©pensĂ© dans la journĂ©e vous est enlevĂ© le soir. Vous ne pouvez pas tricher, vous ne pouvez pas virer cet argent sur un autre compte, vous ne pouvez que le dĂ©penser. Mais chaque matin au rĂ©veil, la banque vous rouvre un nouveau compte, avec Ă  nouveau 86400 EUR pour la journĂ©e.

DeuxiĂšme rĂšgle : la banque peut interrompre ce « jeu » sans prĂ©avis; Ă  n’importe quel moment elle peut vous dire que c’est fini, qu’elle ferme le compte et qu’il n’y en aura pas d’autre.

Que feriez-vous ? A mon avis, vous dĂ©penseriez chaque euro Ă  vous faire plaisir, et Ă  offrir quantitĂ© de cadeaux aux gens que vous aimez. Vous feriez en sorte d’utiliser chaque euro pour apporter du bonheur dans votre vie et dans celle de ceux qui vous entourent.

Cette banque magique, nous l’avons tous, c’est le temps !

Chaque matin, au rĂ©veil, nous sommes crĂ©ditĂ©s de 86400 secondes de vie pour la journĂ©e, et lorsque nous nous endormons le soir, il n’y a pas de report. Ce qui n’a pas Ă©tĂ© vĂ©cu dans la journĂ©e est perdu, hier vient de passer. Chaque matin, cette magie recommence.

Nous jouons avec cette rĂšgle incontournable : la banque peut fermer notre compte Ă  n’importe quel moment, sans aucun prĂ©avis. A tout moment, la vie peut s’arrĂȘter.

Alors… que faisons-nous de nos 86400 secondes quotidiennes ?



LES 3 TAILLEURS DE PIERRE

Dans une carriĂšre, se promĂšne un Ă©tranger. De nombreux ouvriers travaillent. L’Ă©tranger s’adresse au premier :

– Que fais-tu mon ami ?

– Je taille la pierre durant 10 heures par jours, je mange de la poussiĂšre chaque jour que Dieu fait, c’est vraiment une vie trĂšs difficile que celle de tailleur de pierre.

Puis, s’adressant au deuxiĂšme, l’Ă©tranger lui demande :

– Et toi, l’ouvrier, que fais-tu de ta vie ?

– Je taille la pierre, je mords la poussiĂšre, qu’il fasse beau, qu’il pleuve, je continue ce harassant travail, la vie est dure pour un tailleur de pierre.

L’Ă©tranger s’adresse alors au troisiĂšme :

– Et toi, l’ami, que fais-tu ?

Et alors, avec un beau sourire rayonnant il répond :

– Et bien moi, je construis une cathĂ©drale




NE LE DITES PAS A ANGELA – HANOCH MCCARTY

Angela, une petite fille de 11 ans, était aux prises avec une maladie invalidante affectant son systÚme nerveux. Elle était incapable de marcher et sa motricité en général était trÚs limitée.

Les docteurs n’avaient pas beaucoup d’espoir de la voir guĂ©rir de cette maladie. Ils prĂ©dirent qu’elle passerait le reste de sa vie en fauteuil roulant. Ils disaient que rares Ă©taient les personnes, si tant est qu’il y en ait, qui pouvaient reprendre une vie normale aprĂšs avoir contractĂ© cette maladie.

La petite fille ne se laissait pas abattre. LĂ , Ă©tendue sur son lit d’hĂŽpital, elle jurait Ă  qui voulait l’entendre qu’un jour elle pourrait Ă  nouveau marcher.

On la transfĂ©ra dans un centre de rĂ©Ă©ducation dans la rĂ©gion de San Francisco. Toutes les thĂ©rapies qui pouvaient s’appliquer Ă  son cas furent employĂ©es. Les thĂ©rapeutes furent charmĂ©s par son indomptable courage. Ils lui apprirent Ă  visualiser, Ă  se voir elle-mĂȘme en train de marcher. Quand mĂȘme elle n’en retirerait rien d’autre, cet exercice lui donnerait au moins un peu d’espoir et quelques chose de positif Ă  faire durant ses longues heures de veille clouĂ©e au lit.

Angela travaillait aussi fort que possible en physiothĂ©rapie, dans le bain tourbillon et durant les sĂ©ances d’exercices. Mais elle travaillait tout aussi fort quand elle Ă©tait couchĂ©e dans son lit, se visualisant en train de bouger, bouger, bouger !

Un jour, tandis qu’elle essayait de toutes ses forces d’imaginer que ses jambes bougeaient, une sorte de miracle se produisit.‹ Le lit bougea !‹Il se mit Ă  bouger et mĂȘme Ă  se dĂ©placer dans la piĂšce. ‚« Regardez ce que je fais ! » cria Angela.‹ « Regardez ! Regardez ! Il a bougĂ©! Il a bougĂ© ! »

Bien sĂ»r, au mĂȘme moment, tout le monde dans l’hĂŽpital criait comme elle, et courait pour se mettre Ă  l’abri. Les gens criaient, le matĂ©riel tombait par terre et les vitres Ă©clataient.

C’Ă©tait le jour, voyez-vous, du plus rĂ©cent tremblement de terre Ă  San Francisco. Mais ne le dites pas Ă  Angela. Elle est sĂ»re que c’est elle qui a fait ça.

Et maintenant, Ă  peine quelques annĂ©es plus tard, elle est de retour Ă  l’Ă©cole. Sur ses deux jambes. Sans bĂ©quilles, sans fauteuil roulant.

Quelqu’un qui peut faire trembler la terre de San Francisco Ă  Oakland peut bien vaincre une petite maladie de rien du tout, vous ne pensez pas ?



MON AMI LE BALAYEUR – PIERRE IMBERDIS / LOUIS VIRY

Tous les matins, en allant en classe, je rencontre le balayeur de notre rue. Tous les matins, il est lĂ , Ă  la mĂȘme heure, ni trop avant, ni trop aprĂšs : il arrive avec le jour, le balai Ă  la main
 ‹La pluie, le gel, le vent, les feuilles d’automne, les vieux papiers, les poubelles renversĂ©es, les choses et les gens, il prend tout comme ça vient. Il n’est pas lĂ  pour se plaindre mais pour que le quartier soit propre. Il faut que la rue soit impeccable. C’est sa tĂąche et, mĂȘme si elle est dure parfois, il la trouve importante.

Je ne sais pas Ă  quoi il pense en ramassant si soigneusement les peaux de bananes et les verres cassĂ©s. Peut-ĂȘtre Ă  cette vieille grand-mĂšre qui aurait pu se briser la jambe, ou Ă  ce petit enfant qui, en tombant, aurait pu se blesser Ă  la main.

Un homme est sorti en faisant claquer sa porte. Il prend une cigarette, l’allume et jette le paquet vide sur le trottoir. Monsieur Ahmed ramasse le papier sans se plaindre. L’homme ne dit pas merci. D’ailleurs, personne ne lui dit merci. Il y a des annĂ©es qu’il sert ainsi le quartier, mais personne ne l’a encore remerciĂ© dans la rue, personne ne pense Ă  lui offrir une cigarette.‹ Personne ne lui a souhaitĂ© la bonne annĂ©e.

On trouve cela tout naturel qu’il y ait des hommes qui ramassent nos restes et qui balayent derriĂšre nous, quand nous sommes passĂ©s. Et lui aussi, il trouve cela tout naturel.‹Si tous les gens de ma rue pouvaient ĂȘtre Ă  leur fenĂȘtre tous les matins, surtout en hiver quand il y a de la neige ou que la bise du nord souffle !

S’ils pouvaient regarder un peu la vie de cet homme, si nĂ©cessaire au quartier ! Mais quand ils passeront tout Ă  l’heure, pressĂ©s de prendre le bus pour aller au travail, ils ne remarqueront mĂȘme pas que le trottoir a Ă©tĂ© balayĂ© pour eux. Ils ne remarqueront pas que le balayeur a mis un peu de joie sous leurs pas. Et puis un balayeur, pour certains, ça n’a pas une situation.

Il y a des gens qui se croient supĂ©rieurs Ă  cause des Ă©tudes qu’ils ont faites, Ă  cause de l’argent qu’ils gagnent.‹ Alors, ils regardent le balayeur d’en haut.‹ Parfois, ils disent Ă  leurs enfants : ‹Si tu ne travailles pas bien en classe, tu finiras par balayer les trottoirs !

Pourtant, Monsieur Ahmed, l’AlgĂ©rien, c’est un homme comme les autres. Moi, je l’ai compris en regardant chaque matin cet homme tout simple, cet homme que j’ai appris Ă  aimer. Aussi maintenant, je lui dis bonjour et je tĂąche de ne plus jeter mes papiers de chewing-gum sur le trottoir.



NE REVEILLEZ PAS LE CHIEN QUI DORT – SUSAN F. ROMAN

Un aprĂšs-midi, alors que j’étendais la lessive dans la cour arriĂšre, un chien, l’air Ă©puisĂ©, est arrivĂ©. À son collier et son ventre bien rond, j’ai vu qu’il avait un foyer.

Pourtant, quand je suis rentrĂ© Ă  la maison, il m’a suivie, s’en est allĂ© d’un pas tranquille dans le corridor et s’est endormi dans un coin. Une heure plus tard, il a demandĂ© la porte et je l’ai laissĂ© sortir.

Le lendemain, il Ă©tait de retour. Il a repris sa place dans le corridor et a dormi pendant une heure.

Le manĂšge a durĂ© plusieurs semaines. Curieuse, j’ai Ă©pinglĂ© une note Ă  son collier :

« Tous les aprÚs-midi, votre chien vient faire une sieste chez moi. »

Le lendemain, le chien était de retour avec une note différente attachée à son collier :

« Il vit dans une famille de dix enfants. Il essaie seulement de rattraper un peu de sommeil. »



SUPERMARCHE DU CIEL

Comme je marchais sur la route de la vie, il y a quelques annĂ©es, je suis arrivĂ©e devant un enseigne qui disait :  » Super MarchĂ© du Ciel « . Lorsque je me suis approchĂ©e, les portes se sont ouvertes et je me suis aperçue que j’étais Ă  l’intĂ©rieur.

J’ai vu des anges ; il y en avait partout. Un des anges m’a tendu un panier en disant : ‹ »Mon enfant, magasine bien. »

Tout ce qu’un humain avait besoin Ă©tait dans ce magasin et ce que tu ne pouvais pas emporter, tu pouvais revenir le chercher.

En premier, j’ai pris de la Patience. L’amour Ă©tait dans la mĂȘme rangĂ©e. Un peu plus loin se trouvait la ComprĂ©hension. T’as besoin de ça partout oĂč tu vas. J’ai pris une boite ou deux de Sagesse. La Foi, un sac ou deux. De la CharitĂ© bien sĂ»r, j’en aurai bien besoin. Je ne pouvais manquer le SAINT-ESPRIT; il Ă©tait partout. Et puis de la Force. Du Courage pour m’aider dans cette course.

Mon panier se remplissait bien. Mais je me suis rappelĂ© que j’avais besoin de GrĂące. Et puis j’ai pris du Pardon; le Pardon Ă©tait gratuit. J’en ai pris pas mal, pour toi et moi. Puis je me suis dirigĂ©e au comptoir pour payer ma facture. Je crois bien que j’avais tout ce dont j’avais besoin. Dans une allĂ©e, j’ai vu de la PriĂšre et je savais bien qu’en sortant j’en aurais besoin. Paix et Joie Ă©taient en quantitĂ© phĂ©nomĂ©nales.

La derniĂšre chose sur la tablette, Louanges et Psaumes se tenaient lĂ , ça fait que je ne me suis pas gĂȘnĂ©e.

Puis j’ai dit Ă  l’ange :  » Combien je te dois ? « 

Il a souri et dit :  » Emporte tout ça avec toi partout oĂč tu iras ! « 

Encore une fois je lui ai demandĂ© :  » Vraiment maintenant, combien je te dois ? « 

 » Mon enfant  » il dit,  » Dieu a payĂ© ta facture il y a longtemps ! »



J’AI CRU QUE VOUS AIMERIEZ SAVOIR – ROBERT GROSS

Diane Weinman souffrait d’une peine insupportable, la mort de sa fille de 17 ans, Katie, dans un accident de voiture. Pendant son deuil, elle a reçu une lettre du chef de police qui s’Ă©tait rendu sur les lieux de l’accident. La lettre a quelque peu adouci l’Ă©preuve, pour elle et pour son mari.

« M. et Mme Weinman,

Je dĂ©plore votre perte. Je vous Ă©cris cette lettre parce que j’ai moi-mĂȘme trois adolescents, un fils et deux filles. Si l’un deux mourait, je voudrais qu’on me dise les choses que je vais vous dire.

Je suis arrivĂ© sur les lieux de l’accident qui s’Ă©tait produit sur une partie glacĂ©e de la route. Katie Ă©tait sur le siĂšge du conducteur. Elle avait reçu un rude coup sur la tĂȘte, ce qui l’avait rendue inconsciente. J’ai soulevĂ© sa tĂȘte pour lui permettre de mieux respirer; ensuite, je l’ai tenue doucement et tendrement jusqu’Ă  ce que l’Ă©quipe de soins d’urgence arrive.

AprĂšs quelques minutes, il Ă©tait Ă©vident que Katie n’avait pas survĂ©cu, mais nous n’avons pas cessĂ© de l’aider Ă  respirer jusqu’Ă  ce qu’un appareil de contrĂŽle Ă©lectronique soit branchĂ© sur elle pour s’assurer qu’elle Ă©tait partie.

Je veux que vous sachiez que Katie n’avait pas connaissance, qu’elle n’a pas eu peur ni n’a souffert. Elle n’est jamais revenue Ă  elle. Je voulais aussi vous dire qu’elle n’Ă©tait pas seule. Elle est morte dans les bras d’un pĂšre qui aime ses adolescents et qui sait Ă  quel point les enfants sont prĂ©cieux.

Je regrette que cela soit arrivĂ© Ă  votre petite fille.‹ Vous pouvez me tĂ©lĂ©phoner si jamais vous voulez parler de cette journĂ©e.

Avec toutes mes priĂšres, ‹Robert Gross‹Chef de la police de Lane County »

Évidemment, les Weinman ont voulu rencontrer Gross. Ils l’ont fait aux funĂ©railles de Katie.

« Quelques semaines plus tard, il est venu nous visiter et il a répondu pendant deux heures à toutes les questions que je lui posais », a rapporté Diane Weinman.

« Il nous a beaucoup aidĂ©s, parce qu’il est un pĂšre et qu’il connaissait ma peine. Il a Ă©tĂ© franc et honnĂȘte, et il a une grande foi. Il a su faire une grande diffĂ©rence. MĂȘme dans ma douleur, il m’a dit ce que je voulais savoir. »

Karen Nordling McCowan



L’ETERNEL OPTIMISTE – BETH DALTON

Nous avons eu la chance et le bonheur de mettre au monde trois fils qui, de par leur personnalité respective, nous ont chacun procuré beaucoup de joie.

Nous avons affectueusement surnommĂ© notre deuxiĂšme fils, Billy, « l’Ă©ternel optimiste ». J’aimerais bien affirmer que c’est nous qui lui avons inculquĂ© cette attitude, mais il est tout simplement nĂ© ainsi.

Par exemple, il a toujours Ă©tĂ© trĂšs matinal et avait pris l’habitude, tout jeune, de venir nous rejoindre dans notre lit Ă  5h du matin. Lorsqu’il se glissait sous les draps, nous le prĂ©venions de ne pas dĂ©ranger et de se rendormir.

Il se couchait sur le dos et chuchotait :‹ « Ce sera un matin magnifique ; j’entends les oiseaux chanter
 »

Si nous lui demandions de cesser de nous parler, il rĂ©pliquait :‹ « Je ne vous parle pas, je me parle Ă  moi-mĂȘme ! »

Un jour, en maternelle, on lui demanda de dessiner un tigre. Si l’optimisme est le point fort de Billy, les arts plastiques ne le sont pas. Aussi dessina-t-il un tigre qui avait la tĂȘte croche et un Ɠil fermĂ©. Lorsque son enseignante lui demanda pourquoi l’Ɠil du tigre Ă©tait fermĂ©, il rĂ©pondit : ‚« C’est parce qu’il dit : « Je t’ai Ă  l’oeil, mon enfant ! »

À cinq ans, Ă  l’occasion d’une dispute avec son frĂšre aĂźnĂ© qui insistait pour traiter de chauve un homme qui figurait dans une Ă©mission tĂ©lĂ©visĂ©e, Billy rĂ©torqua : ‚« Il n’est pas chauve. Il est comme papa. Il est chauve seulement quand il te regarde. Quand il s’en va, il a beaucoup de cheveux ! »

Ce sont ces souvenirs, et d’innombrables autres, qui menĂšrent Ă  l’ultime manifestation d’optimisme de Billy.

Notre cadet, Tanner, fut frappé du syndrome de Gasser un mardi. Le dimanche suivant, il mourait. Billy avait sept ans.

Le lendemain des funĂ©railles de Tanner, j’Ă©tais en train de border Billy dans son lit. J’avais l’habitude de m’allonger Ă  ses cĂŽtĂ©s pour parler de la journĂ©e qui s’achevait. Toutefois, ce soir-lĂ  nous restĂąmes couchĂ©s dans l’obscuritĂ© sans avoir grand-chose Ă  nous dire. Puis, tout Ă  coup, dans le noir, Billy se mit Ă  parler.

Il dit : « Je suis triste de ce qui nous arrive, mais je suis encore plus triste pour les autres gens. »

Je lui demandai de quels autres gens il parlait. Il m’expliqua :‹ « Les gens qui n’ont pas connu Tanner. Comme nous avons Ă©tĂ© chanceux de l’avoir eu avec nous pendant 20 mois ! Penses-y, plein de gens n’ont pas eu la chance de le connaĂźtre. Oui, nous sommes vraiment chanceux. »



UNE BOUTEILLE A LA MER

Dans une rue dĂ©serte de la ville un vieillard courbĂ© se promenait, avançant d’un pas traĂźnant par un bel aprĂšs-midi d’automne, un automne dont les feuilles lui rappelaient les Ă©tĂ©s revenus et repartis. Il allait passer un long hiver de solitude dans l’attente du mois de juin.

Parmi les feuilles tombĂ©es prĂšs d’un orphelinat, un bout de papier attira son attention ; Il se pencha alors et de ses mains tremblantes le ramassa. En lisant les mots Ă©crits de main d’enfants, le vieil homme pleura, car ces mots brĂ»lĂšrent en lui comme des tisons.

« Qui que vous soyez, je vous aimes, ‹qui que vous soyez, j’ai besoin de vous ; ‹Je n’ai personne Ă  qui parler, ‹alors qui que vous soyez, je vous aimes ! »

Cherchant l’orphelinat du regard, les yeux du vieil homme se posĂšrent sur une petite fille, qui, le nez collĂ© Ă  la fenĂȘtre, le regardait. Le vieil homme sut qu’enfin il avait trouvĂ© une amie, la salua et lui sourit tendrement. Et ils comprirent tous deux qu’ils passeraient l’hiver Ă  se moquer du froid.

Puis vint l’hiver et le froid dont ils purent se moquer, car ils se parlaient au travers de la palissade et s’Ă©changeaient de petits prĂ©sents que chacun fabriquait pour l’autre, le vieil homme sculptant des jouets, la fillette dessinant de belles dames dans des prĂ©s ensoleillĂ©s. La petite fille et le vieillard riaient aux Ă©clats.

Puis au premier jour de juin, la fillette courut Ă  la palissade un dessein Ă  la main, mais elle vit que le vieil homme n’Ă©tait pas lĂ . Devinant, Dieu sait comment, qu’il ne viendrait plus, elle s’en retourna dans sa chambre et Ă©crivit :

« Qui que vous soyez, je vous aimes, ‹qui que vous soyez, j’ai besoin de vous ; ‹Je n’ai personne Ă  qui parler, ‹alors qui que vous soyez, je vous aimes ! »



POUR LA SENSIBILITE DES FEMMES


Un petit garçon demande Ă  sa mĂšre : « Pourquoi pleures-tu ? »

« Parce que je suis une femme », lui rĂ©pond-elle.

« Je ne comprends pas », dit-il.

Sa mĂšre l’Ă©treint et lui dit : « Et jamais tu ne rĂ©ussiras Ă  comprendre… »

Plus tard le petit garçon demanda Ă  son pĂšre : « Pourquoi maman pleure-t-elle ? »

« Je ne comprends pas ! », « Toute les femmes pleurent sans raison », fut tout ce que son pĂšre put lui dire.

Devenu adulte, il demanda Ă  Dieu : « Seigneur, pourquoi les femmes pleurent-elles aussi facilement ? »

Et Dieu rĂ©pondit : « Quand j’ai fait la femme, elle devait ĂȘtre spĂ©ciale. J’ai fait ses Ă©paules assez fortes pour porter le poids du monde; et assez douces pour ĂȘtre confortables.

Je lui ai donnĂ© la force de donner la vie et celle d’accepter le rejet qui vient souvent des enfants.

Je lui ai donné la force pour lui permettre de continuer quand tout le monde abandonne. Celle de prendre soin de sa famille en dépit de la maladie et de la fatigue.

Je lui ai donnĂ© la sensibilitĂ© pour aimer ses enfants d’un amour inconditionnel, mĂȘme quand ces derniers l’ont blessĂ©e durement.

Je lui ai donné la force de supporter son mari dans ses défis et de demeurer à ses cÎtés sans faiblir.

Et finalement je lui ai donné des larmes à verser quand elle en ressent le besoin.

Tu vois mon fils, la beautĂ© d’une femme n’est pas dans les vĂȘtements qu’elle porte, ni dans son visage, ou dans la façon de se coiffer les cheveux.

La beautĂ© d’une femme rĂ©side dans ses yeux. C’est la porte d’entrĂ©e de son cƓur, la place oĂč l’amour rĂ©side.

Et c’est souvent par ses larmes que tu vois passer son cƓur. »



LE GRAMMAIRIEN – ALEJANDRO JODOROWSKI

Mulla Nashrudin est un passeur. Un jour, l’homme qu’il transporte dans sa barque est un grammairien.

En cours de route, ce dernier lui demande : ‹ » Connaissez-vous la grammaire ? « 

 » Non, pas du tout ! « , rĂ©pond le Mulla sans hĂ©sitation.

 » Eh bien, permettez-moi de vous dire que vous avez perdu la moitiĂ© de votre vie !  » rĂ©plique avec dĂ©dain le savant.

Un peu plus tard, le vent se met Ă  souffler et la barque est engloutie par les flots.

Juste avant de sombrer, le Mulla demande Ă  son passager : ‹ » Savez-vous nager ? « 

 » Non ! « , rĂ©pond ce dernier terrifiĂ© ‹ »

Eh bien, permettez-moi de vous dire que vous avez perdu toute votre vie ! »



LES 7 MERVEILLES DU MONDE

Un professeur demanda Ă  un groupe d’étudiants :

« Faites-moi une liste de ce que vous considĂ©rez ĂȘtre les 7 merveilles du monde actuel. »

MalgrĂ© quelques dĂ©saccords, la majoritĂ© d’entre eux rĂ©pondit :

1 : Les grandes pyramides d’Égypte

2 : Le Taj Mahal

3: Le Grand Canyon.

4: Le Canal Panama

5: La grande Muraille de Chine

6: La Basilique St-Pierre

7: L’Empire State Building.

Alors que le professeur ramassait les rĂ©ponses, elle se rendit compte qu’une Ă©lĂšve n’avait pas encore remis sa feuille. Elle lui demanda si elle Ă©prouvait de la difficultĂ© Ă  terminer sa liste.

L’élĂšve lui rĂ©pondit :

« Oui, un peu. Je n’arrivais pas Ă  me dĂ©cider car il y en a tellement. »

Le professeur lui répondit :

« HĂ© bien, dis nous ce que tu as trouvĂ© et peut-ĂȘtre que nous pourrons t’aider. »

La jeune fille hésita, puis commença sa lecture :

Je crois que les 7 merveilles du monde sont :

1: Le Toucher

2: Le Goût

3: La Vue

4: Le Sourire

5: L’Amour

6: L’Ouïe

7: Les sentiments.

On aurait pu entendre une épingle tomber tellement le silence dans la classe était grand. Toutes ces choses que nous ne remarquons plus tellement elles sont simples et ordinaires sont en réalité, des Merveilles.

Souvenez-vous que les choses les plus prĂ©cieuses de la vie ne peuvent s’acheter.



UN MONDE SANS NOIRS

On raconte une histoire trĂšs amusante et trĂšs rĂ©vĂ©latrice Ă  propos, d’un groupe de Blancs qui en avaient marre des Noirs.

Ces Blancs avaient dĂ©cidĂ©, d’un commun accord, de s’Ă©vader vers un monde meilleur. Ils Ă©taient donc passĂ©s par un tunnel trĂšs sombre pour ressortir dans une sorte de zone nĂ©buleuse au cours d’une AmĂ©rique sans Noirs, oĂč toute trace de leur passage avait disparue.

Au dĂ©but, ces Blancs poussĂšrent un soupir de soulagement. Enfin, se dirent-ils, fini les crimes, la drogue, la violence et le bien-ĂȘtre social. Tous les Noirs ont disparus. Mais soudainement, ils furent confrontĂ©s Ă  une toute autre rĂ©alitĂ©.

La nouvelle AmĂ©rique n’Ă©tait plus qu’une grande terre aride et stĂ©rile
 Les bonnes rĂ©coltes Ă©taient rares car le pays s’Ă©tait jusque lĂ  nourri grĂące au travail des esclaves noirs dans les champs.

Il n’y avait pas de villes avec d’immenses gratte-ciel, car Alexander Mills, un Noir, avait inventĂ© l’ascenseur et, sans cette invention, on trouvait trop difficile de se rendre aux Ă©tages supĂ©rieurs.

Il n’y avait pratiquement pas d’automobiles, car c’Ă©tait Richard Spikes, un Noir, qui avait inventĂ© la transmission automatique. Joseph Gammel, un autre Noir, avait inventĂ© le systĂšme de suralimentation pour les moteurs Ă  combustion interne, et Garret A. Morgan, les feux de circulation.

En outre, on ne trouvait plus de réseau urbain express, car son précurseur, le tramway, avait été inventé par un autre Noir, Elbert R. Robinson.

MĂȘme s’il y avait des rues oĂč pouvaient circuler automobiles et autres rames ferroviaires express, elles Ă©taient jonchĂ©es de papier et dĂ©chets, car Charles Brooks, un Noir, avait inventĂ© la balayeuse motorisĂ©e.

Il y avait trÚs peu de magasines et de livres car John Love avait inventé le taille-crayon, William Purvis, la plume à réservoir, et Lee Burridge, la machine à écrire, sans compter W.A. Lovette avec sa nouvelle presse à imprimer.

Vous l’avez devinĂ© ? Ils Ă©taient tous Noirs.

MĂȘme si les AmĂ©ricains avaient pu Ă©crire des lettres, des articles et des livres, ils n’auraient pu les livrer par la poste, car William Barry avait inventĂ© le tampon manuel et Phillip Downing, la boĂźte aux lettres.

Le gazon Ă©tait jaunĂątre et sec, car Joseph Smith avait inventĂ© l’arrosoir mĂ©canique, et John Burr, la tondeuse Ă  gazon.

Lorsque les blancs entrĂšrent dans leurs maisons, ils trouvĂšrent que celles-ci Ă©taient sombres, pas Ă©tonnant, Lewis Latimer avait inventĂ© la lampe Ă©lectrique, Michael Harvey, la lanterne, Grantville T. Woods, l’interrupteur-rĂ©gulateur automatique.

Enfin leurs maisons étaient sales car Thomas W.Steward avait inventé la vadrouille (balai), et Lloyds P.Ray, la porte poussiÚre.

Leurs enfants les accueillirent Ă  la porte, pieds nus, dĂ©braillĂ©s et les cheveux en broussaille, Ă  quoi fallait-il s’attendre ? Jan E. Matzelinger avait inventĂ© la machine Ă  former les chaussures, Walter Sammons, le peigne, Sarah Boone, la planche Ă  repasser, et George T.Samon, la sĂ©cheuse Ă  linge.

Les Blancs se rĂ©signĂšrent finalement Ă  prendre une bouchĂ©e, dans tout ce chambardement, mais pas de chance, la nourriture Ă©tait devenue pourrie car c’Ă©tait un autre Noir, John Standard, qui avait inventĂ© le rĂ©frigĂ©rateur.

N’est-ce pas Ă©tonnant ? Que serait le monde moderne sans contribution des Noirs ?

Martin Luther King Jr. a dit un jour :  » Quand vous ĂȘtes prĂȘts Ă  partir pour le travail, sachez que la moitiĂ© de toutes les choses et de tous les appareils dont vous vous ĂȘtes servis avant de quitter votre maison a Ă©tĂ© inventĂ©e par des Noirs « .

Tout ça pour vous dire chers frĂšres et sƓurs que l’histoire des Noirs ne se rĂ©sume pas seulement Ă  l’esclavage quand nous pensons Ă  Frederik Douglass, Martin Luther King Jr, Malcolm X, Marcus Garvey et Du Bois.



INVITATION DE LA FOLIE

La Folie dĂ©cida d’inviter ses amis pour prendre un cafĂ© chez elle. Tous les invitĂ©s y allĂšrent. AprĂšs le cafĂ© la Folie proposa : « On joue Ă  cache-cache ? »

« Cache-cache ? C’est quoi, ça ? » demanda la CuriositĂ©.

« Cache-cache est un jeu. Je compte jusqu’Ă  cent et vous vous cachez. Quand j’ai fini de compter je cherche, et le premier que je trouve sera le prochain Ă  compter. »

Tous acceptĂšrent, sauf la Peur et la Paresse.

« 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7,…, » la Folie commença Ă  compter.

L’Empressement se cacha le premier, n’importe oĂč. La TimiditĂ©, timide comme toujours, se cacha dans une touffe d’arbre. La Joie courut au milieu du jardin. La Tristesse commença Ă  pleurer, car elle ne trouvait pas d’endroit appropriĂ© pour se cacher. L’Envie accompagna le Triomphe et se cacha prĂšs de lui derriĂšre un rocher. La Folie continuait de compter tandis que ses amis se cachaient. Le DĂ©sespoir Ă©tait dĂ©sespĂ©rĂ© en voyant que la Folie Ă©tait dĂ©jĂ  Ă  soixante-neuf.

« CENT ! » Cria la Folie. « Je vais commencer Ă  chercher… »

La premiĂšre Ă  ĂȘtre trouvĂ©e fut la CuriositĂ©, car elle n’avait pu s’empĂȘcher de sortir de sa cachette pour voir qui serait le premier dĂ©couvert. En regardant sur le cĂŽtĂ©, la Folie vit le Doute au-dessus d’une clĂŽture ne sachant pas de quel cĂŽtĂ© il serait mieux cachĂ©. Et ainsi de suite, elle dĂ©couvrit la Joie, la Tristesse, la TimiditĂ©…

Quand ils furent tous rĂ©unis, la CuriositĂ© demanda : « OĂč est l’Amour ? »

Personne ne l’avait vu. La Folie commença Ă  le chercher. Elle chercha au-dessus d’une montagne, dans les riviĂšres au pied des rochers. Mais elle ne trouvait pas l’Amour. Cherchant de tous cĂŽtĂ©s, la Folie vit un rosier, pris un bout de bois et commença Ă  chercher parmi les branches, lorsque soudain elle entendit un cri.

C’Ă©tait l’Amour, qui criait parce qu’une Ă©pine lui avait crevĂ© un Ɠil. La Folie ne savait pas quoi faire. Elle s’excusa, implora l’Amour pour avoir son pardon et alla jusqu’Ă  lui promettre de le suivre pour toujours.

L’Amour accepta les excuses.

Aujourd’hui, l’Amour est aveugle et la Folie l’accompagne toujours.



UN BEBE PARLE AVEC DIEU

Un jour avant sa naissance, un bébé parle avec Dieu :

« Je ne sais pas ce que je dois faire au monde “.

Dieu lui dit :

 » Je t‘envoie un ange qui sera Ă  tes cĂŽtĂ©s. “

 » Mais je ne comprends pas sa langue “

 » L‘ange t‘enseignera sa langue “

 » Il te protĂšgera du mal “

 » Comment et quand est-ce que je reviendrai chez toi ? “

 » Ton ange te dira tout “

 » Comment s‘appelle mon ange ? “

 » Son nom est sans importance…“

« …mais toi, tu l‘appelleras : MAMAN



LE PRINCE ERRANT – FRANÇOIS VALLET

Il Ă©tait une fois un roi rĂ©putĂ© pour sa sagesse et son Ă©quitĂ©, qui avait pour habitude de vivre dans un petit rĂ©duit situĂ© tout en haut d’une tour de son chĂąteau, prĂšs d’un Ă©troit soupirail. Il dĂ©laissait ainsi jour et nuit ses vastes piĂšces somptueuses et confortables qu’il laissait volontiers Ă  sa famille et Ă  sa cour.

Se faisant vieux, il demanda un jour Ă  son fils aĂźnĂ© de venir auprĂšs de lui. Avant de lui succĂ©der, il dĂ©sirait que le prince se vĂȘte en humble parmi les humbles et parte sur les routes, en quĂȘte d’une leçon de sagesse assez grande pour qu’il pĂ»t Ă©tablir sur les bases de cette leçon mĂȘme sa souverainetĂ© et guider ses futures affaires de monarque.

Comment ? s’indigna le prince, vous m’obligez Ă  m’abaisser, adopter les mƓurs des gueux, partager le sort des va-nu-pieds, des pauvres sans Ă©ducation, des rustres, des charretiers, des minables de toutes sortes et j’en passe et des pires ! Mais puisque c’est votre volontĂ© et que j’ai pour vous la plus haute estime ainsi que toute ma reconnaissance filiale, j’y consens. J’espĂšre toutefois que l’expĂ©rience ne sera pas trop longue et pas trop pĂ©nible.»

Le prince héritier se rendit dans la capitale, puis sur les routes du pays, cherchant auprÚs des uns et des autres un enseignement qui le servßt plus tard dans son rÎle de souverain. Le temps passait ; il aidait les paysans à récolter le foin, il secondait les colporteur de marchandises et gagnait ainsi sa vie.

AprĂšs des annĂ©es vĂ©cues d’une façon aussi modeste il se dit qu’il n’avait rien appris, qu’il ne serait donc pas un bon souverain. Il retourna auprĂšs de son pĂšre pour lui signifier son Ă©chec. Les annĂ©es avaient burinĂ© le visage du roi et affaibli son corps. Il ne faisait aucun doute que le souverain vivait lĂ  ses derniers jours.

Voyant son pĂšre dans un tel Ă©tat, le fils se dĂ©solait de ne pouvoir succĂ©der Ă  cet homme qu’il vĂ©nĂ©rait. ‹J’ai fait ce que vous m’avez conseillĂ© pĂšre. Je dois avouer que je n’ai rien appris durant tout ce temps. Je suis allĂ© partout, dans toutes les villes et dans de nombreuses fermes. J’ai vĂ©cu avec vos sujets les plus dĂ©munis. J’ai mangĂ© un repas par jour et j’ai dormi sur la paille. Je n’en sais pas plus qu’avant mon dĂ©part.

Alors retire-toi fit le roi. Tu n’es pas donc pas prĂȘt Ă  me succĂ©der. ‹Le fils salua le vieux monarque et s’apprĂȘta Ă  descendre l’escalier de la tour lorsqu’il eut le rĂ©flexe de faire demi-tour et revenir prĂšs du vieux roi. ‹Il y a une question que je brĂ»lais d’envie de vous poser souverain pĂšre le jour oĂč vous m’avez envoyĂ© sur les routes.

Pose ta question, fit le pĂšre.

Pourquoi vivez-vous prĂšs de cette petite fenĂȘtre dans ce rĂ©duit alors que vous avez des grandes piĂšces dans tous les Ă©tages du chĂąteau qui sont Ă©clairĂ©es par de grandes baies vitrĂ©es ?

Si tu m’avais alors interrogĂ© avant ton dĂ©part sur les routes, rĂ©pondit le roi, je t’aurais donnĂ© la mĂȘme rĂ©ponse que je vais te donner aujourd’hui. Elle ne tient qu’en quelques mots : ne juge jamais une fenĂȘtre Ă  son embrasure. MĂȘme un soupirail, un Ɠil-de-bƓuf ont le plus beau rĂŽle, ĂȘtre un passage de lumiĂšre.

Je crois que je suis enfin en mesure de vous succéder, répondit le prince.



AUX FEMMES EXCEPTIONNELLES ET AUX HOMMES QUI NE LE SAVENT PAS …

Monsieur et Madame regardent la télévision, quand tout à coup Madame dit :

«Je suis fatiguĂ©e et il se fait tard, je crois que je vais aller me coucher. »

Elle se rend Ă  la cuisine pour prĂ©parer les petits dĂ©jeuners du lendemain, rince tous les bols de pop-corn, sort de la viande du congĂ©lateur pour le souper du lendemain soir, vĂ©rifie s’il reste des cĂ©rĂ©ales, remplit la boite Ă  sucre, met des cuillĂšres et des bols sur la table et prĂ©pare le cafĂ© pour le lendemain matin. ‹Puis, elle met le linge dans le sĂšche-linge, met une autre brassĂ©e dans la machine Ă  laver, repasse un chemisier et recoud un bouton. ‹Elle ramasse les journaux qui gisent sur le plancher, des piĂšces de jeux qui traĂźnent sur la table et remet l’annuaire tĂ©lĂ©phonique en place. Elle arrose les plantes, vide les paniers de linge et Ă©tend les serviettes pour les faire sĂ©cher. ‹Elle baille et s’Ă©tire et, se dirigeant vers la chambre Ă  coucher, elle s’arrĂȘte prĂšs du bureau, Ă©crit une note au professeur de son fils, lui sort de l’argent et ramasse un livre de classe qui traĂźnait sous une chaise. ‹Elle signe une carte de fĂȘte pour un ami, adresse et colle un timbre sur l’enveloppe. ‹Elle Ă©crit une petite liste pour l’Ă©picerie. ‹Elle met l’enveloppe et la liste prĂšs de son sac. Elle ajoute trois choses Ă  faire sur sa liste du lendemain. ‹Elle se rend Ă  la salle de bains, s’applique de la crĂšme sur le visage, brosse ses dents puis se fait les ongles. ‹Son mari lui dit : « Je croyais que tu allais te coucher ! » ‹ »J’y vais », rĂ©pond elle. Elle remplit le bol d’eau du chien et met le chat dehors, puis elle s’assure que les portes sont fermĂ©es. ‹Elle fait le tour des chambres des enfants, donne une pastille Ă  celui qui tousse, replace une lampe, raccroche une chemise, met les chaussettes sales dans la corbeille Ă  linge et Ă©change quelques mots avec un des adolescents qui est encore Ă  faire ses devoirs. ‹Une fois rendue dans sa chambre elle programme l’alarme de son rĂ©veil, sort ses vĂȘtements pour le jour suivant, replace le support Ă  chaussures.

Pendant ce temps, son mari ferme le téléviseur et dit tout bonnement :

« Moi aussi je vais me coucher », il se rend dans la chambre et se couche…

Cela vous rappelle-t-il quelqu’un que vous connaissez ou que vous avez connu ???

De plus elle doit toujours ĂȘtre jolie, sexy, souriante, de bonne humeur, pas chiante et quand sexisme rime avec fĂ©minisme et objectivisme, c’est un plaisir !



PETITE HISTOIRE QUI FAIT DU BIEN AUX MAMANS… ET AUX PAPAS…

Un jour, mon fils est revenu de l’Ă©cole secondaire en affichant un sourire narquois. Il se croyait alors assez intelligent pour me remettre Ă  ma place.

– Devine ce que j’ai appris en Ă©thique et culture aujourd’hui ?

M. Menoud nous a enseigné plein de choses au sujet des lois, particuliÚrement sur la Charte des droits des enfants.

– Je n’ai pas Ă  faire le mĂ©nage de ma chambre ni Ă  me couper les cheveux.

– Personne n’a le droit de m’obliger Ă  penser de telle façon, Ă  me taire ou Ă  me dire quoi porter.

– J’ai la libertĂ© de religion et, peu importe ce que tu dis, je n’ai pas Ă  m’incliner ni surtout Ă  prier.

– Je peux porter des boucles d’oreilles si ça me tente et me faire percer la langue et le nez.

– Je peux lire et regarder les Ă©missions que je veux et me faire tatouer de la tĂȘte aux pieds.

– Et si tu me donnes une claque, je peux dĂ©poser une plainte et tu seras poursuivie en justice ; les marques serviront de preuve.

– Ne t’avise pas de me toucher ; mon corps m’appartient. Les caresses et les becs ne sont qu’une autre forme d’exploitation des enfants.

– Ne me fais pas la morale comme ta mĂšre l’a fait pour toi. Ce serait juste une autre façon d’essayer de me contrĂŽler.

– Maman, ces droits sont pour moi et tu ne peux pas m’influencer ou j’appellerai la protection de la jeunesse.

Bien sĂ»r, mon premier rĂ©flexe aurait Ă©tĂ© de le jeter dehors, mais l’occasion de lui donner une leçon Ă©tait plus tentante. J’ai rĂ©flĂ©chi un moment; il n’Ă©tait pas question de ne pas rĂ©agir Ă  ces propos.

Le jour suivant, je l’ai emmenĂ© faire les commis et je lui dis :

– Je choisis pour toi, des pulls, des pantalons. J’ai vĂ©rifiĂ© auprĂšs de la protection de la jeunesse et ils ont dit que je pouvais t’acheter n’importe quels souliers au lieu de choisir des Nike.

– Oh, j’ai annulĂ© le rendez-vous pour ta premiĂšre heure d’auto-Ă©cole, la protection de la jeunesse ne se prĂ©occupe pas de ça, c’est donc Ă  moi de choisir ce qui convient le mieux.

Un peu plus tard :

– Non, on n’a pas le temps de s’arrĂȘter pour manger ou acheter quelque chose Ă  grignoter. Garde ton appĂ©tit pour le souper ; on mange du foie aux oignons, le plat que je prĂ©fĂšre.

En passant, :

– Demain tu pourras commencer Ă  prĂ©parer des sacs pique-nique pour l’Ă©cole.

Quand il a demandĂ© s’il pouvait louer un film pour regarder sur son appareil vidĂ©o, j’ai rĂ©pondu :

– DĂ©solĂ©e, mais j’ai vendu l’appareil qu’il y avait dans ta chambre pour payer une partie des nouveaux pneus d’hiver. J’ai aussi louĂ© ta chambre, tu pourras coucher sur le divan. Selon la protection de la jeunesse, on a juste besoin de te fournir un toit.

– Ce ne sera plus nĂ©cessaire de t’acheter des vĂȘtements mode et c’est moi qui vais dĂ©cider ce qu’il y aura dans le frigo et ce qu’on mangera aux repas

.‹- L’argent de poche qu’on te donnait servira dorĂ©navant Ă  m’acheter des petites choses

.‹- J’ai aussi l’intention de vendre la console de jeux, le scooter et les patins Ă  roulettes qu’on t’avait achetĂ©s sans raison particuliĂšre.

– Tu peux vĂ©rifier dans la Charte des droits des parents ; c’est en vigueur.

– Mon chĂ©ri, est-ce que tu pleures ?

– Pourquoi t’es tombĂ© Ă  genoux ? Tu pries Dieu de t’aider plutĂŽt que de faire appel Ă  la protection de la jeunesse ?

… pas facile, l’Ă©ducation…



LE REVEUR D’ORIENT – SAGE AMERINDIEN

Je ne suis pas intéressé par ce que tu fais pour vivre.

Je veux savoir ce qui brĂ»le en toi et si tu oses rĂȘver la rĂ©alisation de ce que tu portes dans le cƓur.

Je ne suis pas intéressé par ton ùge.

Je veux savoir si tu prends le risque de passer pour un fou au nom de l’Amour, de tes rĂȘves et de l’aventure qu’est la vie.

Je ne suis pas intéressé de savoir quelles planÚtes sont en carré avec la lune.

Je veux savoir si tu as touchĂ© le centre de ta propre tristesse, si tu as Ă©tĂ© ouvert aux trahisons de la vie ou si tu es devenu endurci et fermĂ© par peur d’une peine prochaine.

Je veux savoir si tu peux t’asseoir avec la douleur, la mienne ou la tienne, sans bouger pour la cacher, l’amoindrir ou l’arrĂȘter.

Je veux savoir si tu peux ĂȘtre dans la joie, la mienne ou la tienne, si tu peux danser avec ferveur et laisser l’extase te remplir complĂštement jusqu’au bout de tes doigts et de tes orteils sans nous dire de faire attention, d’ĂȘtre rĂ©aliste et de ne pas oublier les limites de l’ĂȘtre humain.

Je ne suis pas intéressé à savoir ce que tu me dis est vrai.

Je veux savoir si tu es prĂȘt Ă  dĂ©cevoir les autres pour rester vrai avec toi-mĂȘme et si tu peux supporter d’ĂȘtre accusĂ© de trahison et ne pas trahir ton Ăąme.

Je veux savoir si tu peux ĂȘtre fidĂšle et donc digne de confiance.

Je veux savoir si tu peux voir la beautĂ© mĂȘme lorsque ce n’est pas tous les jours bien joli, et si tu peux sentir que la source de vie rĂ©side en Sa prĂ©sence.

Je veux savoir si tu peux vivre avec les échecs, les miens ou les tiens, et pourtant continuer à tenir debout au bord du lac en criant à la pleine lune argentée « oui ».

Je ne suis pas intĂ©ressĂ© Ă  savoir oĂč tu vis et combien tu gagnes.

Je veux savoir si tu peux te rĂ©veiller aprĂšs une nuit de chagrin et de dĂ©sespoir, de lassitude ou de douleur, et faire ce qui doit ĂȘtre fait pour les enfants.

Je ne suis pas intĂ©ressĂ© de savoir qui tu es et comment tu es venu jusqu’içi.

Je veux savoir si tu peux te tenir au milieu de feu avec moi et ne pas te dérober.

Je ne suis pas intĂ©ressĂ© Ă  savoir ce que tu as appris, oĂč tu l’as appris et qui te l’a enseignĂ©.

Je veux savoir ce qui te nourrit de l’intĂ©rieur lorsque tout s’effondre autour de toi.

Je veux savoir si tu peux rester seul avec toi-mĂȘme, et si tu jouis vraiment de ta propre compagnie dans ces moments de vide.



UN ANGE GARDIEN SPÉCIAL

Le 22 juillet, j’étais en route pour Washington, DC afin d’effectuer un voyage d’affaires. Tout Ă©tait de la routine jusqu’au moment de l’atterrissage Ă  Denver pour un transfert d’avion.

J’Ă©tais Ă  ramasser mes effets personnels dans le compartiment au-dessus de mon siĂšge, lorsqu’il y a eu une annonce demandant Ă  M. Lloyd Glenn de consulter un reprĂ©sentant du service Ă  la clientĂšle et ce immĂ©diatement.

Je n’y ai plus pensĂ© jusqu’Ă  ce que je sois rendu aux portes de l’avion et ou il y avait un gentleman demandant Ă  chaque homme si il Ă©tait M. Glenn. A ce moment, j’ai su que quelque chose n’allait pas et mon cƓur a bondi.

Lorsque j’ai quittĂ© l’avion, un homme Ă  l’aspect sĂ©vĂšre est venu vers moi et m’a dit :

 »M.Glenn, il y a une urgence chez-vous. Je ne sais pas de quoi il s’agit ni qui est impliquĂ© mais je vous conduis Ă  un appareil tĂ©lĂ©phonique afin que vous puissiez joindre l’hĂŽpital ».

Mon cƓur s »est mis Ă  battre mais la volontĂ© d’ĂȘtre calme a pris le dessus. J’ai suivi cet Ă©tranger jusqu’Ă  un tĂ©lĂ©phone et j’ai composĂ© le numĂ©ro qu’il m’a remis afin de joindre le Mission HĂŽpital.

Mon appel a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© Ă  l’unitĂ© de traumatologie et j’ai appris que mon garçon de trois ans a Ă©tĂ© coincĂ© sous la porte automatique du garage durant plusieurs minutes. Lorsque mon Ă©pouse l’a dĂ©couvert, il Ă©tait dĂ©cĂ©dĂ©. Une rĂ©animation cardio-respiratoire a Ă©tĂ© effectuĂ©e par un voisin, lequel est un mĂ©decin, et les ambulanciers ont pris la relĂšve.

Brian a Ă©tĂ© transportĂ© Ă  l’hĂŽpital.

Au moment de mon appel, Brian a Ă©tĂ© rĂ©animĂ© et l’on croit qu’il survivra sans toutefois savoir quelles seront les sĂ©quelles au cerveau et au cƓur. Ils ont expliquĂ© que la porte s’est complĂštement refermĂ©e sur son petit sternum, juste dessus le cƓur. Il a Ă©tĂ© sĂ©vĂšrement Ă©crasĂ©. AprĂšs avoir parlĂ© avec les membres de l’Ă©quipe mĂ©dicale, mon Ă©pouse semblait inquiĂšte mais non hystĂ©rique ce qui m’a apportĂ© un certain rĂ©confort.

Le vol de retour semblait ne jamais vouloir se terminer mais finalement, je suis arrivĂ© Ă  l’hĂŽpital 6 heures aprĂšs l’accident de mon fils. Lorsque je suis arrivĂ© Ă  l’unitĂ© des soins intensifs, rien n’aurait pu me prĂ©parer Ă  la vision de mon petit garçon couchĂ© si immobile dans ce grand lit avec des tubes et des moniteurs tout partout. Il Ă©tait branchĂ© Ă  un respirateur.

J’ai jetĂ© un regard Ă  mon Ă©pouse qui Ă©tait debout et qui a tentĂ© de m’offrir un sourire rassurant. Il me semblait vivre un cauchemar. On m’a transmis tous les dĂ©tails et donnĂ© un pronostic prudent. Brian vivra et les examens prĂ©liminaires indiquent que son cƓur est OK, 2 miracles. Évidemment, seul le temps nous dira si son cerveau a subi des dommages. Durant les heures qui s’Ă©coulaient sans fin, mon Ă©pouse demeurait calme. Elle sentait que Brian serait Ă©ventuellement OK. Je m’accrochais Ă  sa foi.

Durant toute la nuit et la journĂ©e suivante, Brian est demeurĂ© inconscient. Il me semblait qu’il y avait une Ă©ternitĂ© que j’avais quittĂ© la maison pour mon voyage d’affaire la veille. Finalement, Ă  2 heures de l’aprĂšs-midi, notre fils a repris connaissance, s’est assis et a prononcĂ© les plus beaux mots que j’avais jamais entendu. Il a dit  »Papa prends moi » et il m’a tendu ses petits bras. (larmes, arrĂȘt… sourire)

Le lendemain, nous avons su qu’il ne conserverait aucune sĂ©quelle physique ou neurologique et l’histoire de sa survie miraculeuse a fait le tour de l’hĂŽpital. Vous ne pouvez imaginer lorsque nous avons ramenĂ© Brian Ă  la maison, la vĂ©nĂ©ration pour la vie et l’amour de notre PĂšre CĂ©leste qui vient Ă  ceux qui ont cĂŽtoyĂ© la mort de si prĂšs.

Dans les jours qui ont suivi, il y avait un esprit spécial dans notre demeure. Nos deux enfants plus ùgés étaient beaucoup plus proches de leur petit frÚre. Mon épouse et moi étions plus proches de chacun, et tous étions plus proches à titre de famille. La vie a pris un rythme plus calme, moins stressant. Les perspectives semblaient plus focussées et notre équilibre de vie plus facile à gagner et à maintenir. Nous nous sentions profondément bénis. Notre gratitude était véritablement profonde.

L’histoire n’est pas terminĂ©e (sourire) ! Environ un mois aprĂšs l’accident de Brian, ce dernier s’Ă©veille de sa sieste de l’aprĂšs-midi et dit ‘‘Assis-toi maman, j’ai quelque chose Ă  te dire ».

Habituellement, Brian s’exprime avec de petites phrases, donc de dire une si grande phrase a surpris mon Ă©pouse. Elle s’est assise avec lui sur son lit et il a dĂ©butĂ© sa remarquable histoire.

 »Te rappelles-tu lorsque j’Ă©tais coincĂ© sous la porte du garage? Tu sais, c’Ă©tait tellement lourd et ça faisait vraiment mal. Je t’ai appelĂ©e, mais tu ne pouvais pas m’entendre. J’ai commencĂ© Ă  pleurer mais ça faisait trop mal. Soudain, les petits oiseaux sont venus ».

 »Les petits oiseaux? » lui a demandĂ© ma femme.

 »Oui » a t-il rĂ©pondu.  »Les petits oiseaux ont criĂ© et volĂ© dans le garage. Ils ont pris soin de moi ».

 »Vraiment »?

 »Oui » a t-il rĂ©pondu.  »Un des oiseaux est venu et t’a fait venir.  » Il est venu pour te dire :  » Je suis coincĂ© sous la porte ».

Un silence respectueux a empli la piĂšce. L’esprit Ă©tait si fort et en mĂȘme temps plus lĂ©ger que l’air. Ma femme a rĂ©alisĂ© qu’un enfant de trois ans n’a aucun concept de la mort et des esprits donc il se referait aux ĂȘtres qui sont venus Ă  lui comme Ă©tant des oiseaux puisqu’ils Ă©taient dans les airs et qu’ils volaient comme des oiseaux.

 »A quoi ressemblaient les oiseaux? » lui a-t-elle demandĂ©.

Brian a rĂ©pondu:  »Ils Ă©taient tellement beaux. Ils Ă©taient en blanc, tout en blanc. Quelques uns Ă©taient en vert et blanc, mais certains Ă©taient tout en blanc. »

 »Ont-ils dit quelque chose? »

 »Oui » a t-il rĂ©pondu.  »Ils m’ont dit que le bĂ©bĂ© serait OK »

 »Le bĂ©bĂ© ? » a demandĂ© ma femme confuse.

Brian a rĂ©pondu:  »Le bĂ©bĂ© Ă©tendu sur le plancher du garage » et il a poursuivi :  »Tu as sorti, tu as ouvert la porte du garage et tu as couru vers le bĂ©bĂ©. Tu lui as dit de rester et de ne pas partir ».

Ma femme s’est presque effondrĂ©e en entendant cela car elle Ă©tait en effet sortie et s’Ă©tait mise Ă  genoux Ă  cĂŽtĂ© du corps de Brian et en observant sa poitrine Ă©crasĂ©, elle a chuchoté : « Ne nous laissent pas Brian, reste si cela t’est possible ». En Ă©coutant Brian lui racontĂ© les mots qu’elle avait dit, elle a rĂ©alisĂ© que l’esprit avait quittĂ© son corps et regardait d’en haut ce petit corps sans vie …

 »Ensuite, qu’est-il arrivĂ©? » lui a-t-elle demandĂ©.

 »Nous avons fait un voyage » a-t-il rĂ©pondu, trĂšs, trĂšs loin d’ici ».

Il est devenu agitĂ© essayant de dire des choses pour lesquelles il n’avait pas les mots. Ma femme a essayĂ© de le calmer et le rĂ©conforter et lui a dit que tout serait correct. Il a luttĂ© avec le dĂ©sir de dire quelque chose qui Ă©tait trĂšs important pour lui, mais trouver les mots pour le faire Ă©tait difficile.

 »Nous avons volĂ© si vite dans les airs. Ils sont tellement beaux maman » a-t-il ajoutĂ©.  »Et il y en a beaucoup, beaucoup d’oiseaux ».

Ma femme Ă©tait stupĂ©fiĂ©e. L’esprit rĂ©confortant l’a enveloppĂ© de plus belle avec une urgence qu’elle n’avait jamais ressenti avant. Brian a poursuivi en disant Ă  sa mĂšre que les  »oiseaux » lui ont dit qu’il devait revenir pour parler d’eux Ă  tout le monde. Brian a dit que les oiseaux l’ont ramenĂ© Ă  la maison et qu’il y avait un gros camion de pompier et une ambulance. Un homme transportait le bĂ©bĂ© sur un lit blanc et il avait essayĂ© de dire Ă  l’homme que le bĂ©bĂ© serait OK.

L’histoire s’est poursuivie pour une heure encore.

Brian nous a appris que les  »oiseaux » Ă©taient toujours avec nous mais que nous ne les voyons pas parce que nous regardons avec nos yeux et nous ne les entendons pas parce que nous Ă©coutons avec nos oreilles. Mais ils sont toujours lĂ , on peut les voir seulement par ici (il a mis sa main sur son cƓur). Ils nous murmurent les choses qui nous aident Ă  faire le bien car ils nous aiment tellement.

Brian a continué :

 »J’ai un destin, maman. Tu as un destin. Papa a un destin. Tout le monde a un destin. Nous devons tous vivre notre destin et remplir nos promesses. Les  »oiseaux » nous aident Ă  le faire car ils nous aiment beaucoup ».

Partout ou Brian allait, il parlait des oiseaux Ă  tout le monde. Étonnamment, personne ne l’a regardĂ© de façon Ă©trange lorsqu’il le faisait. Les gens avaient plutĂŽt un regard tendre et un sourire. Il est inutile de dire que nous ne sommes plus les mĂȘmes depuis ce jour et je prie pour que nous ne le soyons jamais.



VOUS AVEZ LE CHOIX

Jerry est gĂ©rant d’un restaurant. Il est toujours de bonne humeur. Quand on lui demandait comment ça allait, il rĂ©pondait toujours : « Si ça allait mieux, je serais jumeau ! »

Les serveurs de son restaurant quittaient leur emploi pour le suivre afin de demeurer à son service d’un restaurant à l’autre.

Pourquoi ?

Parce que Jerry Ă©tait un motivateur nĂ©. Quand ça n’allait pas bien pour un de ses employĂ©s, Jerry Ă©tait toujours lĂ  pour lui faire voir le cĂŽtĂ© positif de la situation. Son attitude me rendit curieux. Alors, un jour j’allai le voir et lui demandai :

Je ne comprends pas ! Personne ne peut ĂȘtre positif tout le temps. Comment fais-tu ?

Jerry rĂ©pondit : « Chaque matin Ă  mon rĂ©veil, je me dis, j’ai deux choix aujourd’hui. Je peux choisir d’ĂȘtre de bonne humeur ou de mauvaise humeur. Je choisis toujours d’ĂȘtre de bonne humeur. À chaque fois que quelque chose de mal arrive, je peux choisir d’ĂȘtre victime ou d’apprendre. Je choisis toujours d’apprendre.

Quand on vient se plaindre Ă  moi, je peux choisir de me taire ou d’en faire ressortir le cĂŽtĂ© positif de la vie. Je choisis toujours cette derniĂšre option.

« Mais ce n’est pas toujours si facile, » protestai-je.

« Oui ça l’est, » dit Jerry.

« Tout dans la vie est une question de choix. AprĂšs avoir enlevĂ©e le superflu, chaque situation est un choix. On choisit comment rĂ©agir aux situations, comment les gens affectent notre humeur, d’ĂȘtre de bonne humeur ou pas. On choisit comment vivre notre vie. »

Plusieurs annĂ©es plus tard, j’appris que Jerry avait accidentellement fait ce qu’on doit absolument Ă©viter dans le monde de la restauration. Il avait laissĂ© la porte arriĂšre de son restaurant ouverte. Et alors, au matin il fut dĂ©valisĂ© par trois hommes armĂ©s. Pendant que Jerry tentait d’ouvrir son coffre-fort, sa main nerveuse glissa de la manette de combinaison. Les voleurs paniquĂ©s firent feu sur lui.

Heureusement Jerry fut rapidement trouvĂ© et transportĂ© Ă  l’hĂŽpital. AprĂšs 18 heures de chirurgie et des semaines des soins intensifs, Jerry pu quitter l’hĂŽpital avec des fragments de projectiles dans son corps


Je rencontrai Jerry environ six mois aprùs l’accident.

Quand je lui demandai comment il allait, il me rĂ©pondit, « Si j’allais mieux, je serais jumeau. Veux-tu voir mes cicatrices ? »

Je dĂ©clinai son offre mais lui demandai ce qui lui avait passĂ© par la tĂȘte lors du cambriolage.

« J’ai d’abord pensĂ© que j’aurais dĂ» barrer la porte arriĂšre, puis aprĂšs qu’ils m’eurent tirĂ© dessus, je me suis souvenu que j’avais deux choix : Je pouvais choisir de vivre ou de mourir. J’ai choisi de vivre. »

« N’avais-tu pas peur? » que je lui demandai.

Il continua : « Les ambulanciers ont Ă©tĂ© super. Ils ne cessaient pas de me rĂ©pĂ©ter que tout irait bien. Mais quand ils m’ont emmenĂ© Ă  l’urgence et que j’ai vu l’expression sur les visages des mĂ©decins et des gardes, j’ai paniquĂ©. Dans leurs yeux, Je pouvais lire, c’est un homme mort. Il fallait que je passe Ă  l’action. »

« Qu’as-tu fait ? » Lui demandai-je.

« He bien, il y avait une grosse infirmiĂšre qui me criait des questions. Elle me demanda si j’étais allergique Ă  quelque chose. »

Je lui répondis : « oui, aux balles de fusils. »

Quand ils eurent fini de rire, je leur dit : « J’ai choisi de vivre. S’il vous plait, opĂ©rez-moi comme si j’étais vivant et non pas mort.

Jerry survĂ©cut grĂące Ă  la compĂ©tence des mĂ©decins mais aussi Ă  cause de son Ă©tonnante attitude. J’ai appris de lui qu’à chaque jour on a le choix de jouir de la vie ou de la dĂ©tester. La seule vraie chose qui nous appartienne – que personne ne puisse contrĂŽler ou nous prendre – c’est notre attitude,

Alors, en prenant soin de cela, tout dans la vie devient plus facile.



LE VIEUX SAGE ET LE MARCHAND – ROBERT INGERSOLL

Il Ă©tait une fois un vieil homme, assis Ă  la porte d’une ville.‹Un jeune homme s’approche de lui :

 » Je ne suis pas d’ici, je viens de loin ; dis moi, vieil homme, comment sont les gens qui vivent dans cette ville ? « 

Au lieu de lui répondre, le vieillard lui renvoie la question :

 » Et dans la ville d’oĂč tu viens, comment les gens Ă©taient-ils donc ? « 

Le jeune homme aussitĂŽt, plein de hargne :

 » ÉgoĂŻstes et mĂ©chants, au point qu’il m’Ă©tait impossible de les supporter plus longtemps ! C’est pourquoi j’ai prĂ©fĂ©rĂ© partir ! « 

Le vieillard :

 » Mon pauvre ami, je te conseille de passer ton chemin : les gens d’ici sont tout aussi mĂ©chants et tout aussi Ă©goĂŻstes ! « 

Un peu plus tard, un autre jeune homme s’approche du mĂȘme vieillard :

 » Salut, ĂŽ toi qui es couronnĂ© d’ans ! Je dĂ©barque en ces lieux ; dis-moi, comment sont les gens qui vivent dans cette ville ? « 

Et le vieil homme de le questionner Ă  son tour :

 » Dis-moi d’abord, lĂ  d’oĂč tu viens, comment les gens Ă©taient-ils ? « 

Le jeune homme, dans un grand Ă©lan :

 » HonnĂȘtes, bons et accueillants ! Je n’avais que des amis ; oh que j’ai eu de peine Ă  les quitter ! « 

Le vieillard :

 » Eh bien, ici Ă©galement, tu ne trouveras que des gens honnĂȘtes, accueillants et pleins de bontĂ©. « 

Un marchand faisait boire ses chameaux non loin de lĂ , et il avait tout entendu :

 » Comment est-il possible, ĂŽ vieil homme que je prenais pour un sage, de donner, Ă  la mĂȘme question, deux rĂ©ponses aussi diamĂ©tralement opposĂ©es ? Serait-ce un poisson d’avril? « 

 » Mon fils, dĂ©clara le vieil homme, chacun porte en son cƓur son propre univers et le retrouvera en tous lieux. Ouvre ton cƓur, et ton regard sur les autres et le monde sera changĂ©. »



LE RENDEZ-VOUS FINAL

Il existe une vieille lĂ©gende au sujet d’un riche marchand de Bagdad qui envoya son serviteur au marchĂ©.

Pendant qu’il Ă©tait au marchĂ©, il fut bousculĂ© par quelqu’un dans la foule. Quand il se tourna, il vit une femme dans une longue robe noire et sut que c’Ă©tait la Mort.

Le serviteur courut Ă  la maison raconter Ă  son maĂźtre d’une voix tremblante la rencontre qu’il avait faite, et la façon dont la Mort l’avait regardĂ© et avait fait un geste menaçant. Le serviteur supplia son maĂźtre de lui prĂȘter un cheval pour qu’il puisse s’enfuir Ă  Samarra et se cacher, afin que la Mort ne puisse le trouver.

Le maĂźtre accepta, et le serviteur s’enfuit en galopant. Plus tard, le marchand alla au marchĂ© et vit la Mort se tenant non loin de lui.

Le marchand lui demanda : « Pourquoi as-tu fait un geste menaçant Ă  mon serviteur et l’as-tu effrayĂ©? »

« Ce n’Ă©tait pas un geste menaçant, rĂ©pliqua la Mort. C’Ă©tait uniquement parce que j’Ă©tais Ă©tonnĂ©e de le voir Ă  Bagdad alors que j’ai rendez-vous avec lui ce soi Ă  Samarra ! »



MON PROF EST UNE CLOCHE – M. DE CORNOUARDT

Alexandre n’aimait pas son prof de math. Il dĂ©testait tout ce qui touchait de prĂšs ou de loin ce professeur. Mais cette annĂ©e, la rentrĂ©e ne s’est pas dĂ©roulĂ©e aussi mal que les fois prĂ©cĂ©dentes : parce que mon fils a eu une « cloche » pour professeur !

Alex est rentrĂ© de sa premiĂšre journĂ©e d’Ă©cole en balançant son cartable dans le couloir et en riant tout haut :

« Ecoutez un peu ça, c’est la meilleure ! Mon prof de math nous a avouĂ© qu’il serait comme une cloche pour nous… et qu’on pourrait le taper tout au long de l’annĂ©e. Il commence bien celui-lĂ . Une cloche! Non mais vous vous rendez compte de ce qu’ils nous disent maintenant. »

J’interrogeais Alex sur les circonstances de cette dĂ©claration pour le moins Ă©tonnante.

« Ben, c’est aprĂšs que Thomas, un copain, a levĂ© le doigt pour demander comment on pouvait se prĂ©parer le mieux possible aux examens de fin d’annĂ©e. Monsieur Dunhill, c’est son nom, a rĂ©pondu :

« Donnez-moi une petite tape et vous obtiendrez un son doux et persistant. Mais frappez-moi fort et vous provoquerez un son Ă©norme, assourdissant. « 

Cela vous Ă©tonnera peut ĂȘtre, mais la rĂ©ponse de mon fils m’a totalement rassurĂ© sur la santĂ© mentale de son prof :

 » Tu sais Alex, je ne crois pas que Monsieur Dunhill soit fou, bien au contraire. On peut dire qu’il est un homme avisĂ© et empli de sagesse. Ses paroles le prouvent. « 

– « Peuh, a rĂ©pondu Alex, ça ne m’Ă©tonne pas, tu te ranges toujours du cĂŽtĂ© des profs ! Comme d’habitude. »

– « Peut-ĂȘtre, mais Ă©coute mon explication, aprĂšs tu te feras ta propre opinion sur ton prof et sur moi. »

J’expliquais alors Ă  Alex ce que Monsieur Dunhill avait voulu leur faire comprendre :

« Un bon professeur est comme un musicien professionnel qui ne rĂ©ussit ses concerts que parce qu’il sait prendre en compte son public. C’est ce que Monsieur Dunhill a tentĂ© de vous expliquer : un prof est bon si les Ă©lĂšves qu’il a en face lui permettent de l’ĂȘtre. Il n’est intĂ©ressant qu’avec des gens intĂ©ressĂ©s. Sachez poser les bonnes questions et susciter les bonnes rĂ©ponses… Plus vous essayez, plus le professeur vous aide. C’est une premiĂšre leçon digne d’un jour de rentrĂ©e! »



SI TU VEUX CHANGER LE MONDE, AIME UN HOMME

Si tu veux changer le monde, aime un homme
 aime le vraiment. Choisis celui dont l’ñme appelle vĂ©ritablement la tienne, celui qui te voit, et qui est suffisamment courageux pour avoir peur. Accepte sa main et guide le doucement vers le sang de ton cƓur, oĂč il peut sentir ta chaleur autour de lui et s’y reposer, et brĂ»ler toutes ses lourdes charges dans tes flammes. Regarde le dans les yeux, regarde au plus profond de lui, et vois ce qui s’y trouve, endormi ou Ă©veillĂ©, ou timide ou impatient. Regarde le dans les yeux et vois ses pĂšres et grand-pĂšres et toutes les guerres et autres folies que leurs esprits ont combattues dans des contrĂ©es lointaines il y a longtemps. Regarde leurs souffrances et leurs luttes, leurs tourments et leur culpabilitĂ©; sans jugement. Et laisse cela partir. Ressens son fardeau ancestral, et comprends que ce qu’il recherche en toi c’est un refuge sĂ»r. Laisse le se fondre dans ton regard stable, et sache que tu n’as pas besoin d’ĂȘtre le miroir de cette rage, parce que tu as un utĂ©rus, une porte douce et profonde qui soigne et purifie les vieilles blessures.

Si tu veux changer le monde, aime un homme
 aime le vraiment. Assieds toi devant lui dans toute ta majestĂ© de femme, dans le souffle de ta vulnĂ©rabilitĂ©, en jouant l’innocence enfantine, dans les profondeurs de ton invitation Ă  une mort florissante, te soumettant avec tendresse pour permettre Ă  sa puissance d’homme de faire un pas vers toi
 et nagez ensemble dans l’utĂ©rus de la Terre, dans un silence entendu. Et quand il se retire
 car il se retirera
 fuyant par peur dans sa caverne
 rassemble les Grands-mĂšres autour de toi, enveloppe toi de leur sagesse, entends leurs doux murmures, apaise ton cƓur de petite fille apeurĂ©e qui t’immobilise
 et attends patiemment son retour. Assieds toi et chante prĂšs de sa porte le chant du souvenir, pour qu’il soit encore une fois rassurĂ©.

Si tu veux changer le monde, aime un homme
 aime le vraiment. N’amadoue pas le petit garçon avec des ruses et des tours, de la sĂ©duction et des piĂšges pour le leurrer vers une toile destructrice, vers un lieu de chaos et de haine plus terrible encore que toutes les guerres combattues par ses frĂšres. Ce ne serait pas FĂ©minin, ce serait une revanche, ce serait le poison de l’abus des Ă©poques, le viol de notre monde. Et cela ne donne aucun pouvoir Ă  la femme, elle se diminue en le castrant. Et elle nous tue tous. Et que sa mĂšre l’ait soutenu ou pas, montre-lui la vraie MĂšre, tiens-le maintenant et guide-le dans ta grĂące et tes profondeurs brumeuses jusqu’au centre de la Terre. Ne le punis pas parce que ses blessures ne correspondent pas Ă  tes besoins ou Ă  tes critĂšres. Pleure pour lui de douces riviĂšres, et ramĂšne tout Ă  la maison avec ton sang.

Si tu veux changer le monde, aime un homme
 aime le vraiment. Aime-le suffisamment pour ĂȘtre nue et libre, aime-le suffisamment pour ouvrir ton corps et ton esprit au cycle de naissance et de mort. Et remercie-le pour l’opportunitĂ© de danser ensemble dans les tempĂȘtes qui font rage et les bois silencieux. Sois assez courageuse pour ĂȘtre fragile, et laisse-le s’abreuver aux pĂ©tales doux et capiteux de ton ĂȘtre. Fais-lui savoir qu’il peut te tenir, et se lever pour te protĂ©ger. Tombe en arriĂšre dans ses bras et fais-lui confiance pour te rattraper, mĂȘme si on t’a dĂ©jĂ  laissĂ©e tomber des milliers de fois avant. Apprends-lui Ă  se rendre en te rendant toi-mĂȘme, et fusionnez dans le doux nĂ©ant du cƓur de ce monde.

Si tu veux changer le monde, aime un homme
 aime le vraiment. Encourage-le, nourris-le, autorise-le, entends-le, tiens-le, guĂ©ris-le. Et Ă  ton tour tu seras nourrie, soutenue et protĂ©gĂ©e par ses bras forts, ses pensĂ©es limpides et ses flĂšches affĂ»tĂ©es. Car il peut, si tu le lui permets, ĂȘtre tout ce dont tu rĂȘves. Si tu veux aimer un homme, aime toi, aime ton pĂšre, aime ton frĂšre, aime ton fils, aime ton ancien partenaire; du premier garçon que tu as embrassĂ© au dernier pour lequel tu as pleurĂ©, remercie pour les dons, des dĂ©bris dans lesquels tu te trouvais jusqu’à la rencontre avec celui qui se tient devant toi maintenant. Et trouve en lui la graine du renouveau et du solaire, une graine que vous pouvez nourrir pour aider l’émergence d’un nouveau monde, ensemble.



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