Éponges et poubelles…

Cagnes-sur-Mer (06), France 🇫🇷

Je vis mon hypersensibilité comme une grâce. Elle me permet de capter des choses plus ou moins invisibles à l’œil nu. Elle m’a permis de vivre des expériences extraordinaires et d’expérimenter des dons que je pensais auparavant réservés uniquement aux autres, aux êtres hautement spirituels. Elle me permet surtout de maintenir le lien vertical que j’ai avec le vivant. Ce lien se fait en grande partie à travers les choses simples du quotidien, mais aussi, essentiellement, à travers toute une gamme de repères invisibles, fins et subtils. Je pense que c’est l’une des principales raisons pour lesquelles la Vie m’a guidée vers toujours plus de lenteur, de simplicité, de présence et d’écoute. Car c’est ce qu’il faut pour l’entendre. De ma fenêtre, le Vivant parle à tous, mais seuls quelques-uns ont la disponibilité pour l’entendre. 🧝‍♀️

Comme je l’ai partagé récemment dans une autre page de mon journal, l’inconvénient est que je capte de manière amplifiée l’agressivité et la violence commune et quotidienne. Comme depuis toujours peu de choses m’échappent et que je suis très présent, assidu et participatif, l’un des aspects les plus douloureux et épuisant est que depuis que je suis jeune, je suis devenu une éponge. Je prends tout pour moi et quand c’est bien je suis extatique, mais quand c’est négatif, je prends la lourdeur et l’obscurité, je m’épuise et peux même devenir dépressif. De plus, dans notre société, nous avons pris l’habitude de jeter nos émotions sur les autres sans tenir compte de leur disponibilité. J’ai ainsi reçu une grande partie de ma vie du vomi émotionnel des autres. Il semble normal d’utiliser sa famille, ses amis et ses amoureux ainsi comme des poubelles émotionnelles. En apparence, tout le monde semble s’y accommoder… 🧽🤮🗑️

A partir du moment où j’ai compris que ce n’était pas naturel et que je commençais à refuser d’être la poubelle des autres, j’ai commencé à perdre des « amis ». Je me souviens très bien de ce moment clé où tout a commencé à changer. C’était à la fin d’un « rencontre tantrique autogéré » à Saint Cyr sur mer, il y a une douzaine d’années. Quand tout fut terminé, un ami-participant est venu me voir en me disant qu’il voulait partager ses sentiments me concernant avec moi. J’étais tout de suite sur le qui-vive et je lui ai demandé si c’était quelque chose de gentil ou pas. Ce à quoi il m’a répondu qu’il n’en était pas sûr. Alors, je lui ai dit que je ne voulais pas entendre son partage. Il commençait à s’énerver un peu et à insister. Alors, je me suis répété. Et là, malgré ma demande, il s’est mis à déverser son vomi. J’ai croisé mes bras devant moi, le geste de Biodanza qui veut dire « STOP, PAS PLUS LOIN ! » en lui disant que je n’étais pas sa poubelle émotionnelle. Il s’est vexé et je ne l’ai plus jamais revu… 😅

Je ne suis plus une éponge et encore moins une poubelle. Même si je peux encore le sentir par moment, j’ai appris à gérer ma culpabilité de ne pas répondre aux attentes des autres. Le jeu du territoire m’aide à compartimenter et à prendre pour moi ce qui m’est destiné à sa juste valeur et à laisser aux autres ce qui leur appartient. D’ailleurs, généralement, le vomi émotionnel qui venait dans ma direction par le passé n’était au fond rien d’autre qu’un règlement de compte adressé à un parent du passé de mon interlocuteur. Mon premier échange très tôt ce matin m’a rappelé l’importance de que ce que les autres attendent de moi et pensent de moi n’est pas de mon ressort. Leurs jugements, leurs critiques, leur violence, leurs ragots ET leurs émotions leur appartiennent. Certes, je suis responsable de ma création… et de la même manière responsable de prendre ma juste place et d’interagir à partir de Qui Je Suis Vraiment à chaque instant… et non pas réagir à partir de mes blessures et faire comme eux. Je suis conscient que cela ne ressemble pas du tout à ce que nous avons appris et aux habitudes sociétales.🏝️

A force de me répéter, Vous connaissez peut-être maintenant mon discours. Vous savez que pour moi, toute déviation spirituellement a commencé lorsque nous avons détruit notre culture d’origine et que nous l’avons remplacée par des religions adorant un dieu inventé, masculin inexistant et stérile. Ainsi, l’absence de lien individuel et vertical a augmenté au fil du temps l’interdépendance horizontale et collective. L’habitude de rendre l’autre responsable de son bonheur, de l’accuser de son malheur et de donner uniquement pour recevoir en retour est devenue normale. Mais, tout simplement, cela ne fonctionne pas. Il m’a fallu 40 ans pour revenir à ce qui est de mon point de vue naturel. Et, bien sûr, cela a vidé ma vie sociale. Dans mes contacts, il ne reste que des amis qui m’apprécient exactement comme je suis, sans que j’aie besoin de donner quoi que ce soit, d’aider ou de correspondre à leurs attentes. 🤨

Je me souviens d’un moment, vers 2013/14, lors de mon trajet hebdomadaire vers ma compagne à Aix. Comme d’habitude, pendant que je roulais, je prenais mon téléphone pour appeler des amis et voir comment ils allaient. Je m’entendais dire que je venais prendre des nouvelles et en même temps je me rendais compte que c’était faux ! En réalité je voulais parler, avoir de la présence et recevoir des mots doux. Je n’appelais pas pour l’autre, mais pour moi. La fois suivante où, par habitude, je prenais mon téléphone, je le reposais aussitôt. Mon appel n’aurait pas été sincère, mais intéressé. A partir de ce moment-là, j’ai rapidement et drastiquement réduit mes communications, car j’ai vu qu’il était vraiment rare que je veuille sincèrement savoir comment allait l’autre. Par contre, je voyais que les personnes qui venaient aux nouvelles avaient surtout besoin de parler d’elles, d’un moment de compagnie, de conseils ou d’un peu d’empathie… En dans ce sens, cela ne m’a jamais vraiment dérangé. 📱

Je vous souhaite une délicieuse journée, soirée ou nuit… où que vous soyez… ∞❤️∞


En savoir plus sur Le blog de Michael

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

2 commentaires sur « Éponges et poubelles… »

  1. Merci Michael, d’être qui tu es, d’éclairer ma route encore, de transmettre.
    il me semble que je te vois, et c’est précieux de te savoir pas loin.
    À tout bientôt, Isabelle.

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire