Mon ostéopathe a raison !

Cagnes-sur-Mer (06), France 🇫🇷 

Dès l’âge de 5 ans, j’ai grandi comme un orphelin. En m’installant aux Pays-Bas, je venais de perdre mon pays, ma terre, mes amis, mon école, ma maison, mon frère-chien et mon père. Ma mère n’était jamais là et j’avais moi-même la clé de la maison. Comme un chiot à la recherche d’un foyer et d’une mère, je me suis attaché à tous ceux qui avaient de l’affection pour moi, comme les mères de mes amis et ma maîtresse d’école. Aussi compliqué et complexe que j’étais, j’admirais et rêvais de loin des filles que je trouvais attirantes, sans jamais m’approcher d’elles. Et celles qui me cherchaient m’ont fait fuir. Avant d’échanger les Pays-Bas contre la France, je me suis laissé séduire par deux filles/femmes. L’attachement auquel je me suis livré, soutenu par ma blessure béante d’abandon, m’a valu 1 bac raté et 6 ans de chagrin. Quelle douleur… ❤️‍🩹

Quand je suis arrivé en France en 1984, j’ai commencé comme professeur d’aérobic. Les femmes tournaient autour de moi comme des mouches autour d’un pot de miel. Je ne savais plus où me mettre ni quoi en faire. L’une d’elle m’a encouragé à lâcher prise et me laisser retomber amoureux d’elle. Je lui ai raconté mes expériences précédentes et elle m’a rassuré que je ne courais aucun danger… alors j’ai laissé faire. Comme elle pensait que le viol que j’avais subi peu après de la part de ma patronne était dû à moi, elle m’a quitté. La douleur était atroce, d’autant plus qu’elle ne voulait pas quitter ma salle de sport… parce que mes cours étaient du jamais vu. On en parle encore, 40 ans après. Mon cerveau reptilien, je pense, a dû prendre le relais pour me protéger et sans que je m’en rende compte, mon cœur s’est fermé et je n’ai plus ressenti d’attachement émotionnel envers une femme jusqu’en 2012, soit environ 27 ans plus tard. 💔

C’était une jeune femme que j’ai rencontrée lors d’un cours d’été de Tantra, en 2012 je crois. Je l’ai trouvée belle et je me suis approchée d’elle. C’était la première fois que j’osais séduire une femme qui me plaisait beaucoup. Très vite, ce fut une passion mutuelle. Sur la plage de Maguelone j’ai commencé à parler, vite et beaucoup. Elle m’a encouragé à me lâcher totalement en me rassurant que j’étais en sécurité … et mon cœur s’est à nouveau ouvert. Lorsqu’elle m’a quitté six mois plus tard, la douleur que je connaissais si bien était revenue. C’était de la même intensité que celle d’il y a 27 ans. Je pensais que je devenais fou de douleur. En même temps, j’avais conscience de ce cœur qui battait dans ma poitrine au rythme de l’Amour et je ne voulais plus perdre cela. Jusqu’à récemment, je pensais avoir réussi. Comme mon ostéopathe insistait sur ma peur d’aimer et ce fameux point noir dont j’avais parlé à plusieurs reprises, j’ai commencé à m’observer plus attentivement que d’habitude. 👀 

En fait, je n’avais pas du tout réussi à garder ce cœur ouvert. Cela n’a duré finalement que 3 ans. Le choc émotionnel que j’ai vécu par la suite en 2015, lié à mon ex, un intrus dans mon histoire et l’un de mes meilleurs amis de l’époque, avait provoqué l’apparition massive de mes blessures, endormies depuis des années. Ce fut un coup de grâce qui me poussa dans une fuite en avant. Cela correspondait à mon départ sur les routes avec mon sac à dos. Je n’avais pas réalisé que j’avais à nouveau perdu l’accès à une partie de mon cœur. Désormais, sans me rendre compte, je ne m’attachais plus. Mieux encore, au fur et à mesure de mes déplacements de foyer en foyer, j’ai appris à m’habituer à la fusion et à la dé-fusion. J’ai appris à laisser partir les femmes sans résister. Sans attachement, pas de souffrance ! C’est l’équation la plus simple qui soit… 🥹

Mais cette souffrance liée à la perte ne vient pas seulement de mon histoire à moi. Ma réflexion récente autour de ce fameux point noir me fait réaliser que la perte est le plus grand traumatisme des Juifs, dont je porte sans doute la mémoire dans mes cellules. La perte de la famille, des amis, des biens, de l’espoir, de la liberté, de l’avenir et de leur propre vie est un fardeau avec lequel ils ont parcouru cette terre depuis presque toujours… En quittant mon appartement en 2015, j’ai mis fin à ces répercussions dans ma vie personnelle et je suis parti jusqu’au bout de mon dépouillement. C’est en rentrant dans le pays où tout a commencé pour moi, Israël, que j’ai pu clore cette histoire. En même temps, je porte aussi des souvenirs vives liés à l’inquisition, les bûchers et à la destruction de notre culture originelle. Encore une perte qui me marque encore chaque jour que je suis ici. 🚪

C’était hier soir que j’ai réalisé que mon cœur s’était fermé malgré moi. Je me suis retrouvé à pleurer à plusieurs reprises à la fin d’un épisode d’une série que je regarde actuellement. Cependant, ce que j’ai vu n’était pas si fort émotionnellement. Je me suis rappelé comment certains films et séries déclenchent systématiquement en moi des émotions et des larmes depuis des années. J’ai soudain réalisé que ce que je ne ressentais plus dans ma vie en live, trouvait une issue grâce aux histoires inventées sur le petit écran. J’ai partagé cette réalisation majeure avec mes amis Zoombies de la Table Ronde hier soir. J’ai partagé ce que j’avais découvert sur moi-même, sans avoir trouvé de solution. Le constat en lui-même est énorme et j’ai peut-être besoin d’un peu de temps pour l’intégrer. 🎞️

En même temps c’est magnifique. D’Israël, en passant par la Martinique, Muret, Bafffrancou, Paris, Mandelieu, Le Cannet, Saint Jeannet, puis maintenant Cagnes-sur-Mer, ma vie a recommencé pour de bon, étape par étape, petit à petit, couche par couche. Comme si c’était la première fois que je quittais ma maison en Israël, mais cette fois de mon plein gré. Comme s’il s’agissait d’un remake « sain » de mon histoire, même si c’est 60 ans plus tard. Depuis que j’habite ici à Cagnes-sur-Mer, je vis vraiment une table rase, une remise à zéro. Tout démarre comme si je n’avais jamais vécu avant. Au point même de rencontrer une partenaire assez jeune pour me permettre de vivre même encore l’expérience de la paternité que j’ai toujours désirée. Les signes sont là… il y a déjà le désir partagé, le berceau, les vêtements et même un nom pour une petite fille. Si ça n’est pas magique, alors je ne sais plus… 🤷‍♂️

J’ai quand-même ressenti un choc en moi lorsque j’ai réalisé que je n’avais pas réussi à garder mon coeur ouvert et que je ne m’en étais même pas rendu compte. Pourtant, les signes étaient là et je vois aussi comment mes pathologies le confirment harmonieusement. Sans B, mon ostéopathe complice préférée, je n’aurais pas percuté. Elle a été si insistante pendant des mois et j’ai tellement essayé de rester enseignable que la pièce a enfin fini par tomber. Elle a dit que j’avais peur d’aimer. Elle a absolument raison et il est claire que la source est profondément ancrée dans la peur de perdre. Je ne pense pas que je doive faire un effort pour rouvrir complètement mon cœur. Je pense que la réparation se fera « just by knowing », ce qui veut dire que ma prise de conscience suffit. Ensuite, à moi de me laisser emporter en toute simplicité par la Vie, ma conscience, ma foi, mon enfant intérieur… et surtout par L, ma nouvelle compagne… en qui ma confiance grandit chaque jour et avec qui tout se passe délicieusement bien jusque là… bien au-delà de toutes attentes. 🙏  

P.S. : À mon avis, ce partage est peut-être le plus important que j’ai pu écrire jusqu’à présent… Il n’est peut-être pas facile à comprendre pour ceux qui ne m’ont pas lu régulièrement, car il est très dense… 🙏 

Je vous souhaite une délicieuse journée, soirée ou nuit… où que vous soyez… ∞❤️∞ 


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4 commentaires sur « Mon ostéopathe a raison ! »

  1. L’ouverture du cœur dont tu parles, semble effectivement être une invitation forte pour moi aussi. Je vois très bien en miroir et dans les signes, que seul cette ouverture que j’ai longtemps contrôlée pour me protéger, me permettra d’avancer dans le jeu du tissage vers l’amour veritable! Les graines sont maintenant semées au vent et ces compréhensions remplissent mon cœur de joie.. Merci beaucoup pour ce partage 💜✨

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  2. Coucou Michael,
    Je te souhaite beaucoup de bonheur avec L,
    Que ton s’ouvre et vibre la légèreté en toute confiance,
    pour ta Complétude et l Harmonie de votre Tissage d’Amour.
    Sandrine

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