Mon OUI est un vrai OUI !

Cagnes-sur-Mer (06), France 🇫🇷 

L’adaptation à la société dont je parle dans mon dernier texte est l’une des choses les plus graves que l’humain ait pu mettre en place. Pour manipuler plus facilement les foules, oups, les troupeaux d’humains conditionnés, nos éducateurs et nos parents nous enlèvent d’emblée notre pouvoir le plus important, celui de choisir. Sauf pour des bagatelles, nos géoliers-chéris nous enlèvent le droit de dire NON, de nous opposer à l’autorité des adultes. Dès notre naissance, nos parents choisissent pour nous sous prétexte de savoir ce qui est le mieux pour nous. Ils nous donnent et reprennent, nous obligent à partager ce qui nous appartient, ne tiennent pas leurs promesses, ne respectent pas notre espace vital, ne nous écoutent pas, ne sont pas présents, mentent, nous interdisent de les contredire et nous forcent à suivre leur exemple néfaste. 👣 

C’est l’obligation d’adhérer à l’autorité des adultes dès notre arrivée sur terre qui a peu à peu effacé notre pulsion naturelle et nous a fait oublier ce dont nous avions réellement besoin. Jusqu’à ce que je m’en rende compte, je passais mon temps à essayer de m’adapter aux autres et de faire de mon mieux pour exceller dans « le jeu du meilleur prisonnier ». Et j’étais vraiment fort. En tant qu’officier, professeur d’aérobic, cuisinier et dans mes autres emplois aussi, j’ai systématiquement donné plus que ce qu’on attendait de moi. J’étais un mouton plus blanc que blanc. Malgré mon expérience d’éveil, je ne voyais pas ce qui manquait en moi. Plus de conscience ne m’a pas rendu plus réalisé ! J’ai quitté mon partenaire de longue date pour cette raison. Je ne voyais même pas à quel point je manquais de souveraineté, de libre arbitre… 🔗

Je voyais bien que la liberté d’autrui n’était qu’une liberté illusoire, très limitée dans l’espace même de la prison personnelle de chacun. Il était rare que je m’oppose à l’autorité établie quand j’étais petit. Cela n’était pas mis en cause dans ma réalité de cette époque. Pourtant, j’étais un véritable ange-diable à l’école primaire et au lycée/collège. D’un côté, j’étais vraiment gentil et apprécié… de l’autre, je sabotais régulièrement des cours ennuyeux ou trop difficile avec d’autres. Je n’ai pas manqué une occasion pour me lancer dans des bêtises. Je disais des NONs à ma manière, je m’en souviens très bien. En tout cas, je savais d’avance que c’était sans espoir et que les adultes étaient déjà trop vieux pour entendre un enfant. 🚦 

Je ne disais pas vraiment NON pour marquer les frontières de mon territoire, c’est-à-dire pour reprendre mon pouvoir, ma liberté et ma responsabilité. Je ne disais pas de vrais NON, pas ceux qui comptaient. Je pense que mon premier vrai NON, c’était dans l’armée, vers la fin. Le premier effet de la magie noire (dont je parlerai bientôt dans un article) a été le burn-out en tant qu’officier. Je suis allé voir le médecin, le prêtre, le rabbin et même un ministre. Personne ne m’a entendu mais mon désespoir intérieur était si fort que j’ai exprimé mon NON en me mettant sur la liste des malades et en restant à la maison pendant plus de 3 mois. Mon NON a finalement été entendu par le commandant du bataillon et 3 semaines plus tard j’étais hors de l’armée… 🪖

Pour le prochain vrai NON dans ma vie, il a fallu attendre presque 30 ans et c’était devant l’autorité absolue de ma famille, mon père. C’était le fameux clash des titans et la dernière fois que je l’ai vu. La colère accumulée pendant plus de 50 ans a provoqué une explosion anarchique très violente. Après mon départ, mon père s’est cassé spontanément la hanche droite ! C’est à travers des clash et des hurlements comme ça que mes NONs accumulés sont ressortis violemment au départ. Je pense au partenaire avec qui j’étais à Aix. A trois reprises, elle a réceptionné ce genre de choc violent. Je l’ai informé dès que j’ai vu ce qui m’arrivait… et c’était okay pour elle. La vidéo sur le positionnement a été enregistrée aux abords du parc Torse à cette période.  🛝

Le résultat de mes NONs, de plus en plus précis et audacieux, fut une série de ruptures… puis le dépouillement relationnel, matériel et professionnel quasi total… aboutissant à ma marginalité et mon éloignement de la famille humaine. Chaque NON permettait à un petit bout de mon identité profonde de retrouver sa place. Ce sont mes NONs qui ont finalement été les phares sur le chemin de mon déconditionnement. Chaque vrai NON demandait beaucoup de courage, car le résultat d’un NON pouvait être la perte d’un emploi, d’un partenaire, d’un ami, d’un membre de la famille, d’argent, d’affection, d’un foyer… et carrément source de conflits. Quoi qu’il en soit, tant que je ne savais pas dire NON, mes OUIs n’étaient pas de vrais OUIs… mais l’expression de ma lâcheté inconsciente… 😥

Pour pouvoir dire NON, je devais être prêt à perdre ou à vivre un conflit, mais j’ai surtout dû changer l’image que j’avais de moi tout au long de toutes ces années. Je devais être prêt à ce que les autres me voient différemment. Je m’étais construit une image de héros, d’athlète, de sauveteur, de personne indispensable, de roc, de confident et de comique… et j’étais apprécié de cette façon. Mes NONs ont progressivement changé mon image. À mesure que mon vrai visage émergeait et que les efforts pour plaire diminuaient, mon cercle social se rétrécissait au même rythme. Plus je me trouvais « vrai », plus je me retrouvais seul. Si seulement je n’avais pas été aussi têtu quand j’étais jeune, j’aurais peut-être compris plus tôt et eu le temps de me faire des amis plus authentiques… 🤨

Eh bien, parfois, je ne sais toujours pas vraiment ce que je veux. Ça aussi, je sais comment le dire et souvent je ne fais rien dans ce cas-là. Mais ce qui est clair, c’est que je sais dire NON et cela veut dire que mes OUIs sont de vrais OUIs. Je compare cela un peu à l’apprentissage du ski. Dès que j’avaos appris à freiner, je pouvais enfin commencer à skier. Pour moi, la première leçon qu’un enfant devrait apprendre est de dire NON et de savoir dire sa vérité ou ses besoins à ses parents, sans risquer de punition, de se faire manipuler ou perdre leur affection. Je me souviens avoir fait ça avec les enfants de mon ex à Aix. J’aime toujours entendre des petits enfants qui osent tenir tête aux adultes et sont prêts à subir les conséquences de leur audace. Peut-être qu’entendre véritablement le NON d’une autre personne est l’un des plus grands signes de respect que nous puissions lui montrer… 🤔

Je vous souhaite une délicieuse journée, soirée ou nuit… où que vous soyez… ∞❤️∞ 


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4 commentaires sur « Mon OUI est un vrai OUI ! »

  1. Bonsoir

    que dire « non »,

    Defois parfois souvent. Il reste bloqué en moi, et quelques jours, heures années ressort violemment par une maladie un cri déchirant..

    Que faire l accueillir tout simplement..lâcher accepter que trop c est trop.

    merci de me faire ré réfléchir à ces non non dits..

    merci

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