Pesach

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Michael, à Netanya en Israël 🇮🇱

Ça fait déjà presque 10 ans que Patricia, avec qui j’ai passé un tiers de ma vie, et moi se sont séparés. Ça s’est passé en douceur et silencieusement. Nous nous sommes quittés comme nous avons vécu ensemble, avec beaucoup d’amour, de respect et de conscience. Même si je résistais sur le moment et que je ne voulais pas partir, nous savions tous les deux que pour avancer il fallait obéir aux signes. En occurence, le messager était la rupture de mon tendon d’Achille. Le départ s’est produit exactement un an après…

Il m’a fallu trois semaines pour savoir où aller. C’était mon meilleur ami du moment qui m’a finalement proposé de venir vivre quelque temps chez lui et sa famille à Moulès. Alors, j’ai mis toutes mes affaires dans un petit fourgon pour passer ensuite 6 mois houleux en pleine campagne dans le département des Bouches du Rhône. C’est là aussi où je suis tombé fou amoureux de cette femme qui a involontairement provoqué l’ouverture de mon coeur… qui a été fermé à double tour depuis 30 ans.

Juste avant mon départ, mouvementé aussi, mon ami faisait allusion à mes origines juives et sur un ton douteux il m’a dit que c’était le moment de quitter l’Egypte et de rentrer chez moi. C’était dans un moment de colère et je ne pense pas qu’il était vraiment conscient à quel point ses mots étaient justes. Je réalise que sans savoir, mon voyage vers Israël, où je suis actuellement, a commencé ce moment précis. J’ai pensé à ce fragment de mon passé au réveil ce matin… puisque ce soir commence le Pesach, la fête juive la plus ancienne.

Pésach (pâques juive) est l’une des trois fêtes de pèlerinage du judaïsme prescrites par la Bible hébraïque, au cours de laquelle on célèbre l’Exode hors d’Égypte et le début de la saison de la moisson de l’orge qui inaugure le cycle agricole annuel.

Elle commence le 14 nissan à la tombée de la nuit (qui correspond, selon les années, à la fin du mois de mars ou au mois d’avril dans le calendrier grégorien) et dure sept jours (huit en diaspora selon le judaïsme orthodoxe) dont seuls les premiers et les derniers sont totalement fériés. Elle inaugure en outre la période de l’omer au terme de laquelle est célébrée la fête de Chavouot.

Particulièrement riche en rites et coutumes, la fête se distinguait originellement par l’offrande pascaleque que les Juifs ne peuvent réaliser depuis la destruction du Temple (les Samaritains continuent à l’offrir sur le mont Garizim). L’obligation de manger des matzot (aliments azymes) et de bannir le hametz(aliments à base de pâte levée et/ou fermentée) tout au long de la fête demeure en application.

L’étymologie habituellement donnée au nom de la fête est qu’il vient du verbe Pessa’h qui signifie sauter au-dessus ou passer au-dessus en hébreu. Ceci rappelle que lors de la dixième plaie d’Égypte, la mort « saute » au-dessus des maisons des Hébreux, pour ne frapper que les premiers-nés égyptiens.

Je pense que pour la plupart des gens l’exode est une histoire vraie. Personnellement, je n’en sais rien. C’est possible… J’y reconnais surtout l’aspect symbolique. Je constate, entre autres, que peu après la création de la religion juive, le peuple se déplace vers l’Egypte et que l’esclavage commence. Je le traduit comme un message de la Vie montrant l’erreur enfermante derrière ma propre religion d’origine. 

Certes, même si le peuple juif n’a jamais forcé qui que ce soit à penser comme lui, selon mon référentiel, la création d’une religion à part fait tout le contraire de son intention. Au lieu de relier, elle sépare. La preuve en est… puisque depuis que les religions existent, la guerre des religions existent également. Je pense que la Vie cherche systématiquement à faire comprendre l’erreur à travers de toutes les souffrances que le peuple juif a pu subir depuis qu’il existe.

Et ça me touche ici en Israël… Je suis né ici… Je comprends les gens… Je n’ai pas de jugement… Mais, je vois simplement que ce qu’ils font ne fonctionne pas, ne les amènent pas là où ils sont censé aller, de mon point de vue. Certes, ce n’est pas seulement ici… C’est partout… Nous ne sommes pas les seuls à être enfermés dans nos têtes. Ce qui nous a mis en esclavage a été avant-tout nos croyances limitantes, nos convictions erronées.

Je vois bien comment j’étais moi-même esclave pendant une grande partie de mon propre histoire. Je vois bien comment le conditionnement que j’ai subi depuis ma naissance m’a mis dans un enclos et m’a vêtu d’une camisole. Il est clair que ma liberté récente n’est pas venu à cause de l’argent, d’une réussite professionnelle, des voyages ou par ma force… mais grâce aux idées erronées dont j’ai réussi à me libérer progressivement. Chaque conviction erronée fonctionne comme un étau qui empêche l’action adéquate et le mouvement libre, permettants de suivre le cours naturel et divin de la Vie.

Quand j’étais plus jeune, je ne me voyais pas prisonnier de quoi que ce soit… comme quasiment personne ne voit le chez soi-même, d’ailleurs. C’est en cheminant et en accompagnant, après mon expérience d’éveil, que je me suis aperçu au fur et à mesure de quelle manière les barreaux de nos cages invisibles avaient été construites. Elles étaient tellement subtiles que nous, les prisonniers ne les aperçevaient même pas…

Pésach symbolise pour moi la sortie de l’esclavage, la libération des croyances limitantes… et ainsi le début du retour vers La Grande Maison. Je me souviens très bien quelle croyance m’empêchait le plus à aller chercher mon héritage divin. C’était l’idée que j’étais incapable de cheminer tout seul, d’arriver à vivre et à survivre par moi-même. Mon exode a commencé quand j’étais mis dehors à deux reprises par des bons coups de pieds au cul ! Après la deuxième, je suis resté pendant un an dans un abri jardin d’une Amie à Mandelieu. Le temps de panser mes blessures et d’avoir assez de courage pour bouger par moi-même…

Après, il y avait les 40 ans dans le désert… Le peuple juif a dû être vraiment perdu, car il suffisait tout simplement de marcher tout droit pendant quelques semaines pour en sortir. Je vois encore une fois le parallèle avec mon histoire. Je vois bien comment, une fois libéré de mon esclavage, mon chemin était hésitant et sinueux. Pas simple de choisir sans que quelqu’un ou une institution vient m’imposer ses règles limitantes, mais si simples et rassurantes.

J’ai fini par trouver ma droiture intérieure et j’ai quitté mon désert. J’ai même guidé tout un tas de gens derrière moi, un peu comme Moïse. Et là, je suis proche de la terre promise… et je vois clairement que ce n’est pas Israël ! Et je comprends du coup pourquoi Moïse est resté sur le mont Sinaï et qu’il n’a pas suivi la masse. La Terre Promise n’est pas une terre… c’est un état… c’est l’état d’Amour…

Que voulez vous qu’il fasse ? Le peuple était tellement fixé à trouver une terre physique, leur Israël perdu, qu’il ne restait certainement plus de place pour autre chose. Je pense que Moïse est resté simplement sur place parce que le peuple n’a pas compris et qu’il était incapable de leur expliquer… Peut-être Jésus s’est laissé aller sur La Croix pour la même raison et que Buddha a fini ainsi simplement comme passeur… ?

Et là encore, je me trouve dans une situation comparable, symboliquement. Je pense vraiment que je suis porteur de quelque chose d’énorme. Peut-être de la même chose que nos grands maîtres du passé. Et comme eux, peu de gens que je connais comprennent vraiment de quoi je parle. Comme eux, je ne vois pas comment partager mon trésor autrement que de l’écrire petit à petit ici…

Comme Moïse, j’ai fait mon devoir. J’ai passé beaucoup d’années à proclamer, à partager et à accompagner. Aujourd’hui, je sais exactement où se trouve ma/notre Terre Promise. Pour la rejoindre, je ne peux pas suivre la masse qui ne vois que le bling-bling. Je ne peux pas y aller tout seul non plus. Ce ne serait pas cohérent avec la notion d’Unité. Aujourd’hui je ne peux qu’avancer avec ceux qui ne résistent pas aux changements, avec ceux qui sont volontaires de voir la réalité en face… et surtout ceux qui sont prêts à voir au-delà de leur intérêt personnel…

Alors, ce soir, la soirée du Seder, je commémorerais ma victoire personnelle en toute discrétion. Je jeunerai… je resterai tranquille et seul… je me reposerai… et je me coucherai avec le Soleil…

Je vous souhaite une délicieuse journée… et à demain ! ∞❤️∞