Tranquille ou libre ?

Cagnes-sur-Mer (06), France 🇫🇷

Le titre du jour m’a été inspiré par la série « Brave New World », basée sur le bestseller d’Aldous Huxley. Ce choix, être tranquille ou être libre, m’accompagne au quotidien depuis mon départ de l’armée en 1984. C’était la première fois que j’ai échangé la sécurité et la tranquillité d’esprit pour le risque, l’aventure et la liberté. Aujourd’hui encore, je vis les conséquences de ce seul choix. J’ai été formé pour être un officier modèle… et je pense que je l’étais. Ma vie était tracée et les promotions étaient automatiques. Un an comme deuxième lieutenant, quatre ans comme premier lieutenant, huit ans comme capitaine, puis le reste en fonction de mes résultats à « l’École de Guerre Supérieure ». Sans l’école, j’aurais terminé ma carrière minimum en tant lieutenant-colonel. Avec le soleil doré, obtenu par la formation, mon parcours se serait accéléré pour finir colonel ou général. 🫡

Mon parcours militaire a duré 8 ans et je suis sorti juste quelques semaines avant ma promotion de capitaine. L’armée hollandaise était une armée très efficace comparée aux autres pays et si je faisais mon travail correctement, c’était très gratifiant. Par contre, c’était loin d’être tranquille. Tests, manoeuvres, inspections, missions, entraînements militaires et sportifs, etc… il y avait tout le temps quelque chose pour me garder sous pression. Mais, je n’avais pas à me soucier pour mon salaire. L’État prenait soin de moi administrativement, financièrement et médicalement. C’était comme une société dans une société et entre officiers de l’académie, il y avait un lien de parrainage entre toutes les années de promotion. Pendant 7 ans, j’étais vachement fier de mon uniforme. 👮‍♀️

Je suis parti à l’aventure avec un ami. Après 6 mois de travail en tant que manager d’une salle de fitness à Amsterdam, nous sommes partis pour les États-Unis… puis la France. Je ne serais jamais parti de mon plein gré. Pour moi, j’étais dans l’armée à vie. Dans un autre article, j’ai partagé comment la magie noire a fait apparition dans ma vie en 1984… que l’on y croit ou pas. De nulle part j’étais soudainement dépressif et en burn-out total… alors que j’avais une réputation d’enfer. La Vie, par le biais de mon Ami de l’époque, m’a fait partir de ce cocon de sécurité. Certes, aujourd’hui je suis conscient que la sécurité n’existe pas, mais seulement l’impression d’être en sécurité. Mon expérience montre à quel point la vie peut basculer rapidement et qu’une personne riche et bien entourée peut en un clin d’oeil être pauvre, SDF et seule. 😞

Depuis mon départ de l’armée, je n’ai plus jamais été tranquille. La grande difficulté ici en France était que mes études académiques (bac+4) n’étaient pas reconnues. Donc, quand je ne travaillais pas à mon compte, je me trouvais des boulots dans lesquels je m’ennuyais rapidement. J’étais formé pour être un meneur d’hommes et souvent je me trouvais avec des responsables au-dessus de moi qui ne comprenaient rien au management. Pendant longtemps et par intermittence, je ne savais pas si j’allais m’en sortir. Pendant des années, je me suis démené… pour gagner des clopinettes. Pendant de longues périodes, je ne savais même pas où j’allais dormir ou si j’allais pouvoir m’occuper de ma santé correctement. La Vie me ballottait de droite à gauche à travers des situations impensables. C’était souvent l’insécurité totale ! 🥹

Un Loup n’avait que les os et la peau ;
Tant les Chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli (1), qui s’était fourvoyé par mégarde.
L’attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l’eût fait volontiers.
Mais il fallait livrer bataille
Et le Mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le Loup donc l’aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu’il admire.
Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres (2), haires (3), et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? Rien d’assuré, point de franche lippée (4).
Tout à la pointe de l’épée.
Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants (5) ;
Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons (6) :
Os de poulets, os de pigeons,
……..Sans parler de mainte caresse.
Le loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
Qu’est-ce là  ? lui dit-il.  Rien.  Quoi ? rien ? Peu de chose.
Mais encor ?  Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ?  Pas toujours, mais qu’importe ?
Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

Pourtant, comme le loup dans la fable de La Fontaine, je n’aurais pour rien au monde voulu que cela soit autrement. Certes, aujourd’hui je vis un semblant de sécurité et de calme depuis 2 ans… mais, au fond de moi je sens qu’à un moment donné, je retournerais dans l’inconnu, le non-cadré, l’imprévisible et le risque. La Vie n’arrêtera jamais de me solliciter tant que je ne fais pas l’expérience de l’état d’Amour et d’Unité. Si je ne bouge pas en ce moment, c’est uniquement parce qu’il n’y a pas de pistes et que je pense que je suis censé m’occuper de ma santé d’abord. Depuis des années, je vois d’anciens collègues ou amis suivre un chemin tout tracé sur le plan familial et professionnel, clairement comme le chien dans la fable… avec tous les avantages que cela comporte, comme réseau d’amis et de collègues, routines sécurisantes et une sécurité relative certaine. 🤷‍♂️

Aujourd’hui, je vois plus que jamais de quelle manière la plupart d’entre nous ont donné leurs âmes à la garde d’une illusion. Comme des bons moutons, chacun reste confortablement dans son enclos, avec son boulet au pied et sa camisole au corps. Nous nous sommes constitués volontairement prisonniers d’un patron, d’une propriété à rembourser, des études à finir, des projets à réaliser, de l’administration (avec les soins et les aides financières qu’elle offre à ceux qui restent tranquillement dans leur enclos)… et de nos propres croyances limitantes. Nous vivons massivement le syndrome de Stockholm ! Même ceux qui cheminent dans les sphères psycho-spirituelles le font la plupart du temps confortablement à partir de leur fauteuil et d’une vie bien organisée. Mmmmmm… est-ce que je suis toujours un loup ? Ou est-ce que je me suis laissé enchaîner malgré tout ? A vérifier et méditer ? 🧘

Je vous souhaite une délicieuse journée, soirée ou nuit… où que vous soyez… ∞❤️∞


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