Tout le monde a raison !

Cagnes-sur-Mer (06), France 🇫🇷

Quand j’ai repris l’écriture quotidienne, il y a 6 semaines, j’ai pensé que j’allais être à court de sujets. Après presque 1800 pages, je me dis parfois que je vais finir par me répéter. Quelque part c’est une évidence, car je parle toujours de moi, de mon cheminement vers l’état d’amour… et toutes mes réflexions ou expériences le concernant. La plupart du temps, je m’assois devant mon écran blanc sans savoir où je vais. Un journal n’est pas censé être cohérent, original, instructif ou créatif. Il a juste besoin d’être authentique, sincère et actuel. Toutefois, quand j’entends quelqu’un parler de quelque chose ou qu’un sujet émerge spontanément, je crée un brouillon que je pourrais utiliser quand je manque d’inspiration. Ainsi, j’en ai une quinzaine… En même temps, en les relisant, je vois bien qu’ils ne sont plus vraiment actuels au moment où je m’assois. 😅

Là, je tape sur le clavier, comptant sur le phénomène que les mots appellent les mots. J’ai à nouveau un grand plaisir à écrire et je m’assois avec envie. Aujourd’hui, j’avais envie de partager mes réflexions sur un des sujets essentiels si un jour nous voulons vivre harmonieusement ensemble… ce qui est mon rêve le plus cher et ma seule raison de vivre !!! Dans le film « Conclave », avec Ralph Fiennes, le personnage principal demande à quelqu’un s’il sait quel est l’ennemi de l’Unité. J’ai adoré la réponse et pour moi, ça donne à ce film toute sa profondeur. La réponse était : la certitude. C’était tellement évident… et pourtant ça ne m’était jamais venu à l’esprit. C’est le simple fait que chacun est convaincu qu’il a raison, que l’autre a forcément tort ! Vous voyez le langage des oiseaux dans le mot ? Ça dit tout ! Le « con vaincu »… 😉

Il est clair que l’intolérance et la violence trouvent une de leurs sources à cet endroit. L’autre à laquelle je pense est la peur de ce que nous ne connaissons pas. Notre réflexe face à cela est un réflexe reptilien de survie, c’est-à-dire de fuir, de se figer, de se cacher ou de se battre. Pour moi, penser avoir raison n’est pas un signe d’éducation, ni d’intelligence ou de sagesse. Aujourd’hui, ça me montre une limitation, une rigidité et à quel point quelqu’un a besoin de se rassurer derrière la structure d’un savoir qu’il considère vrai et sécurisant… alors qu’il est en réalité relatif, temporaire et subjectif. En plus, comme la société valorise la connaissance, se montrer savant est censé être un signe d’intelligence… alors que c’est clairement un attribut de mouton ! 🐑

Oh, quand j’étais plus jeune, j’ai participé à ce jeu débile… sans m’en rendre compte évidemment. Rétrospectivement, vu mes notes à l’école, j’avais très peur du stigmate d’être bête. Heureusement que j’étais athlète, ce qui masquait bien mes prouesses intellectuelles médiocres. Être sûr de soi est considéré comme une qualité dans cette société et, à mon avis, plus quelqu’un est sûr de lui, puis, du coup, considéré par son entourage, plus il peut monter haut dans l’échelle sociale. Regardez bien qui nous gouverne. Ce ne sont pas des leaders, mais des pantins qui ont appris un savoir, une manière de parler et qui financent entre eux leur ascension. Les vrais leaders émergent en temps de crise, quand les pantins sont dépassés par les événements. Pensez à Scinder, Churchill, Golda Meir et même Hitler. Ce n’étaient pas nécessairement des gens les plus instruits, mais ils mettaient l’intérêt des autres avec le leur ! C’est ça, être un leader…  🧑‍🍳

Bien évidemment que tout ce que j’écris n’engage que moi. Ce ne sont que MES convictions du moment. C’est normal, puisque c’est mon journal. La certitude d’avoir raison crée généralement les disputes, les conflits et les guerres. C’est pour moi clairement un signe de manque d’intelligence… car au fond tout le monde a raison, de son point de vue. C’est un phénomène qui me travaille depuis que j’étais à l’âge de voter. Je ne pouvais pas le faire. D’une part, je ne comprenais rien à la politique, et de l’autre, avec le peu que je comprenais, les différentes parties avaient clairement toutes raison ! Je voyais bien que j’avais du mal à former ma propre opinion, et c’était par beaucoup considéré comme un défaut et un manquement. En réalité, je me mettais à la place de l’autre et ses arguments étaient logiques et vrais… ainsi que les arguments de l’opposition. 🫣

Ça ne veut pas dire que je ferais n’importe quoi dans ma vie. Non, j’ai une boussole morale et spirituelle très claire. Est-ce que j’ai trop d’empathie ? Est-ce que les autres en manquent ? Certes, ça peut encore m’arriver, quand je suis pris au dépourvu, de commencer à tergiverser sur un point de vue. Dès que je m’en rends compte, je cherche à m’en extraire, car souvent ça crée un discours de sourds. Quand je partage ma perception sur le fait que tout le monde a raison de son point de vue, je reçois souvent beaucoup de résistances, surtout quand je mentionne Israël et la Palestine… Trump… Hitler et les Nazis… ou d’autres « patates chaudes ». Les gens tiennent souvent férocement à leur vérité comme la seule et unique… alors que pour moi chacun d’entre nous n’a qu’un point de vue… 👁️

Chacun voit midi à sa porte et observe le monde de sa fenêtre. Chacun vit avec le bagage intellectuel qui lui fait penser, parler et agir comme il fait. Chacun a été conditionné par ses éducateurs, ses parents, son entourage, sa culture, ses expériences, ses blessures… et le contexte géographique, économique et politique dans lequel il grandit. Ça crée des convictions, des normes et valeurs individuelles et collectives. Je me sens béni de comprendre tout le monde… même si certains pensent le contraire. J’ai encore parfois des réflexes de vouloir convaincre quelqu’un de ma raison. Je fais tout pour éliminer cela de mes habitudes. Tout le monde a raison de son point de vue. En tant que juif, né en Israël, je comprends autant les juifs qui considèrent Israël comme leur propriété, autant les Palestiniens qui considèrent les juifs comme des envahisseurs… 🇮🇱 🇵🇸

Je suis de la deuxième génération et mes parents ont survécu à l’Holocauste… mais, je vois bien que même Hitler n’aurait jamais pu faire autrement. Je ne dis pas que j’adhère ou que je ferais pareil. Mais, en étudiant sa vie, il est clair pour moi de quelle manière son vécu l’a mis sur des rails et comment ses choix étaient évidents… de SON point de vue. Il n’est pas simple de lâcher le besoin d’avoir raison et d’écouter vraiment son enfant, son partenaire, son ami ou son collègue, surtout quand il pense autrement que nous. Aujourd’hui, quand je m’aperçois que je cherche à avoir raison, je vois mon orgueil (false pride en anglais, c’est-à-dire la fausse fierté) qui accompagne mon attitude. Si un jour nous voulons expérimenter l’harmonie ensemble, il va falloir (à mon avis !!!) Commencer par comprendre que tout le monde a raison de son point de vue. Cela ouvre la porte qui permet de faire de nos différences une richesse. Faut-il encore que dans les certitudes que nous entretenons, individuellement ou collectivement, l’harmonie entre nous soit considérée essentielle. 🤷‍♀️

Je vous souhaite une délicieuse journée, soirée ou nuit… où que vous soyez… ∞❤️∞

Génial ! 🤩


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