L’incapacité à vivre pour Soi-m’Aime…

Cagnes-sur-Mer (06), France 🇫🇷

Les personnes que j’accompagne actuellement ont un point commun : l’incapacité à vivre pour elles-mêmes. C’est un phénomène que j’observe chez presque tout le monde. Depuis que notre culture ancestrale a été remplacée par les religions, notre capacité à nous connecter à la Source et à nous en nourrir a disparu. Cela ne s’est pas produit d’un coup ; cela a pris des siècles. En l’absence d’une connexion verticale nourrissante, les religions et la société nous ont poussés vers une interdépendance extrême. Cette interdépendance est évidemment alimentée par des blessures, ce qui rend nos relations tout simplement toxiques la plupart du temps. Même nos relations amoureuses… 👩‍❤️‍💋‍👨

Notre incapacité à vivre pour nous-mêmes s’est accrue au fil du temps. Nous compensons en occupant, en envahissant, l’espace des autres, de notre partenaire, de nos enfants, de nos parents, de nos amis… de presque tout le monde. Nous nous mêlons systématiquement de ce qui nous ne regarde pas. C’est devenu carrément normal. Je vois même souvent des gens blâmer les autres pour leur manque d’intrusion, leur manque d’aide ou de soutien non-sollicité. Et bien sûr, cela ne comble souvent pas le vide béant du manque de l’essentiel non plus… alors d’autres dépendances apparaissent… à la drogue, à la cigarette, à l’alcool, au sexe, au travail, à la méditation, aux réseaux, aux films, etc. J’ai déjà écrit sur le sujet à plusieurs reprises, sous différents titres. Ma mère est morte de son incapacité à vivre pour elle-même, et j’ai vu de nombreuses personnes partir pour la même raison. Je travaille sur moi-même depuis longtemps sur ce sujet. J’appelle cela expres “un travail”, car c’est une véritable supplice ! 😏

Je n’ai pas décidé d’apprendre à vivre pour moi-même tout seul. Ce sont les signes de la Vie, les miroirs, qui m’ont guidée dans cette voie. Je comprends combien il est essentiel de savoir vivre pour soi afin de ne pas polluer les relations. J’ai aussi constaté que cette capacité s’accompagne de la désactivation des blessures et du déconditionnement. De mon point de vue, il est impossible de vivre pour soi tant que les blessures sont actives et que notre environnement nous entraîne dans d’incessants règlements de comptes. Être capable de vivre pour soi exige également de changer l’idée que l’on se fait des relations, de la normalité, de ce que nous ont inculqué nos éducateurs… car, comme je l’ai dit, la plupart d’entre nous semblent penser que ce qui se passe actuellement entre les gens, cette interdépendance excessive, est plutôt normal… 🤨

Mon premier article sur le sujet date de 2018. C’est un long apprentissage. D’un côté, je suis surpris de ne voir que ces déficultés là autour de moi… de l’autre, pas du tout. Je vois combien c’est difficile, oups, un défi-cile ! Je suis bien conscient que tant que je ne maîtriserai pas cette compétence, je ne serai pas vraiment prêt à être à nouveau en couple, ni à co-créer la Grande Famille. Ma dépendance, énorme par le passé, faussera systématiquement la sincérité et la profondeur de chacune de mes relations, même si c’est minime. D’ailleurs, j’apprécie le plus les Amis qui n’ont pas besoin de moi… pour qui je ne représente rien… pour qui je suis inutile… qui m’aiment comme ça… sans vraiment savoir pourquoi ! 🤔

C’est aussi pour cela que je suis souvent seul, car j’aspire à des amitiés sincères, authentiques et, si possible, profondes. Mais, il est vrai aussi que je suis seul pour apprendre à vivre avec et pour moi-même. Et, en effet, la partie ermite de mon errance a commencé vers 2018, je crois… lorsque j’ai vécu dans une yourte à Mirepoix pendant un an. Toutes les limitations que je ressens et que je vis semblent être là pour m’aider à trouver un sens à la solitude. Depuis très, très longtemps, j’aspire à vivre ce face-à-face avec la Vie. J’y suis à peu près depuis plusieurs années. Toutes les circonstances sont réunies. Pourtant, j’en dilue l’intensité avec des films… parce que c’est simplement trop intense d’être avec moi-même. Je vois bien comment la Vie me guide de plus en plus vers une souveraineté solitaire. Petit à petit, des choses et des gens ont disparu, afin que je me retrouve dans mon petit espace, tissant mon lien avec l’Éternel. 😇

Si j’étais vraiment obéissant et sage, je passerais mes journées à méditer en marchant ou allongé, sans distractions des multimédias. Juste être là, sans avoir besoin de faire quoi que ce soit. D’ailleurs, comme vous le savez, cela fait des années, depuis au moins 2012, que je n’ai plus vraiment besoin de faire quoi que ce soit. Je suis libre, suffisamment libre pour vivre pleinement ma connexion. Et pourtant, l’intensité est si grande que la Vie me guide doucement par des détours vers ce face-à-face auquel j’aspire tant. Une privation par-ci… un départ par-là… une perte par ailleurs… des limitations un peu partout… Aujourd’hui, je n’ai même plus la force de me fuir ! Je me suis tellement abandonné que je n’ai plus envie de faire quoi que ce soit d’autre ! Même les films et les séries n’ont plus vraiment la même saveur… 🎬

Alors, je reviens donc lentement, malgré moi, à l’essentiel. En écoutant la Vie, mon corps, les autres… en acceptant le territoire qui se ressert sur moi… en abandonnant mon savoir, ma volonté et mes rêves… en étant aussi présent que possible à chaque instant qui se présente… en écoutant ce dont mon être a besoin à chaque instant… en rompant avec mes habitudes… en remettant en question mes acquis… et en explorant systématiquement de nouvelles voies. Mes éducateurs m’ont désappris à aimer ce qui était bon pour moi et à aimer ce qui n’était pas naturel. Comme je l’écrivais il y a quelques jours, je ne retrouverai plus jamais tout ce que j’ai perdu de naturel. Il me faut peut-être retrouver juste assez pour réussir à aimer vivre pour moi-même, pour mon Soi, pour la Vie… 🥰

Je vous souhaite une délicieuse journée, soirée ou nuit… où que vous soyez… ∞❤️∞


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