La mort ne me touche pas…

Cagnes-sur-Mer (06), France 🇫🇷

Je m’en souviens encore très bien. J’avais environ 13 ans. Le samedi, je gagnais ma vie en lavant des voitures. Je commençais très tôt et finissais au coucher du soleil. Je n’aimais pas ce travail car il était pénible et pendant que je m’occupais d’une voiture je sentais un inconfort énorme. J’ai alors réalisé à quel point le temps passait lentement lorsque je lavais et à quel point il passait vite lorsque je me reposais pendant le trajet entre deux clients à vélo. J’ai compris que je ne pouvais pas contrôler le temps et qu’il me filait entre les doigts. J’allais inextricablement vers une mort certaine et cela me terrifiait, car à l’époque, cela signifiait la perte de tout et la fin tout court. Cette sensation de temps qui me filait et le malaise qu’elle provoquait m’ont marqué pendant longtemps. 🫣

Apres mon arrivée en France, quand j’ai vécu ma rupture déchirante avec une jeune femme vers 1986, j’ai sombré dans la dépression. Je ne savais pas que c’était ça. Ça a commencé par une diarrhée, et après quelques années, j’ai eu une vingtaine de pathologies en même temps. L’une d’elles était le désir de mourir. La mort représentait simplement la fin de mes souffrances. Je crois que j’avais une idée du paysage qui s’offrirait à moi après la vie. C’était relativement innocent, et j’imaginais une sorte de paradis où je retrouverais, entre autres, ma mère. Mon mal-être était si fort que je me fichais de savoir où j’allais finir ou si quelque chose de mon identité distincte resterait. Le désir de mourir m’a accompagné presque toute ma vie. Parfois, je raconte comment toutes mes souffrances étaient si énormes qu’elles pourraient pourrir la vie d’une douzaine de personnes… Voilà, la raison pour laquelle je voulais que ça cesse. ☠️

Au fur et à mesure que je cheminais et me réparais, mon idée de l’au-delà s’est transformée. Cela ne m’a pas empêché de vouloir partir ; au contraire, cela m’a facilité les choses, car ma destination imaginée m’a donné envie de la découvrir. Le désir de disparaître a été remplacé par celui de rentrer chez moi et par la curiosité de connaître la suite de mon histoire ici ! Depuis une trentaine d’années, j’ai compris que nous sommes tous UN, une seule énergie globale… que certains appellent Dieu et que j’appelle simplement la Vie, le Vivant, l’Être ou le Soi. Depuis mon expérience d’éveil, je sais que je ne peux pas mourir, mais que ma conscience, qui me fait croire que je ne suis que Michael, se dissipera et fusionnera avec la Grande Conscience… C’est là ma demeure… et chaque jour, je ressens la nostalgie d’y retourner.🏡

Mon expérience d’éveil m’a réveillé à une réalité absolue, m’a permis de comprendre et de savoir, mais elle ne m’a guéri de rien. À mon avis, c’est le cas de tous les éveillés. Le travail restait encore à faire. Dix années d’accompagnement intense où je me suis accompagné, à travers ceux qui faisaient appel à moi, vers une vie, des comportements, des attitudes, des paroles, des pensées et des actions de plus en plus cohérents avec l’UN que nous formons tous ensemble. L’envie de partir était très souvent présente, mais, en même temps, la curiosité de poursuivre mon épopée était également là. Parfois, je ressens encore fortement en moi le désir d’appuyer sur le bouton « arrêt », mais au fond, je sais que c’est une interdiction que je me suis imposée à un moment donné de mon histoire. Partir volontairement avant l’heure ne ferait que retarder l’achèvement de l’expérience que j’ai choisi de vivre…🫣

Je suis venu faire l’expérience de Qui je suis vraiment. Je ne peux y parvenir que si je fais d’abord l’expérience de Qui je ne suis pas. Compte tenu de l’état du monde et de l’humanité, il y a un long chemin à faire, et il reste beaucoup à réparer, à guérir, à redresser et à changer avant de retrouver l’intégrité de l’Être ici-bas. J’ai véritablement le sentiment grandissant que les réparations et les guérisons que je vis ne concernent pas seulement ma petite personne, mais que le monde entier en bénéficie. Cela paraît logique pour quelqu’un qui comprend que nous sommes tous une seule et même entité, divisée seulement en apparence, dans une illusion très réaliste et captivante. Si je fais l’expérience de Qui je suis vraiment, à mon avis, nous le ferons tous. C’est comme si l’Être s’était divisé en 8 milliards de morceaux de lui-même et que chaque morceau contribue à la réussite de l’expérience. 🧩

La mort ne me touche donc pas. Ni la mienne, ni celle des autres. Au contraire, quand quelqu’un rend son dernier souffle, je me sens heureux pour lui, soulagé qu’il se soit libéré d’une vie limitée pour trouver un état bien plus vaste. À mon avis, il serait plus approprié de célébrer plutôt que de pleurer. Bon, il m’arrive encore parfois de ressentir de la nostalgie liée à une perte, et même de verser des larmes, surtout quand je regarde un film. Bien sûr, je ne peux pas partager ce que je ressens vraiment avec quelqu’un qui vient de perdre un être cher. Mon empathie s’adapte à la situation et je peux ressentir de la tristesse pour celui qui reste… même si je sais aussi que la perte d’un être cher peut devenir une invitation à se réveiller ou au changement. Pour moi, c’est tout ce que la Grande Vie veut pour nous, vivre notre divinité sur terre… La mort n’a aucune importance pour la vie. C’est comme terminer un chapitre pour en commencer un autre. C’est comme ça que je le vis… et bien sûr, tout ce que je dis n’engage que moi… 😉

Je vous souhaite une délicieuse journée, soirée ou nuit… où que vous soyez… ∞❤️∞


En savoir plus sur Le blog de Michael

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire