Cagnes-sur-Mer (06), France 🇫🇷
Depuis quelques jours, je porte à nouveau l’un des trois bijoux de famille restants. Chaque bijou est orné d’un diamant que mon grand-père maternel a taillé il y a près d’un siècle. J’ai deux bagues et une étoile de David. Mon grand-père portait ce dernier autour du cou, ma mère le portait en broche et moi, de temps en temps, je le porte comme le faisait mon grand-père. Autrefois, c’était surtout pour valider mon appartenance à ma religion d’origine… et parfois pour me sentir plus proche de ma mère, disparue depuis déjà 46 ans. Comme je me sens plutôt dans la mouvance d’une spiritualité universelle, je ne le porte plus depuis des années et il se trouve avec les autres bijoux dans un petit sac en daim, que j’avais systématiquement sur moi lors de mes voyages. 🎒
J’avais longtemps espéré garder les bagues pour les offrir à celle avec qui je partagerais la suite de mon voyage… puis le pendentif serait pour l’enfant que j’ai toujours espéré rencontrer et accompagner en tant que père. Au fil du temps les bijoux se sont lentement transformés en réserve financière en cas de pénurie… puisque je n’ai pas d’héritiers et que je suis le seul pour qui les bijoux ont autant de valeur sentimentale. Oh, attention, mes propos sont certes imbibés par la nostalgie, mais je ne me sens pas triste… et je n’ai pas encore perdu espoir que ma vie se termine comme un conte de fées où chacun vivrait une longue vie heureuse ! C’est peut-être naïf, mais je suis un homme simple et je crois aux contes de fées. Pas à ceux que nos parents ont inventés pour nous faire peur, mais à ceux qui viennent de l’histoire magique de l’humanité… 🪄

L’autre jour, je pensais à l’histoire de ma famille et au bonheur, joie et éclat qu’elle devait vivre avant la guerre. J’ai ressenti de la tristesse pour tous ces gens de ma famille qui, après l’Holocauste, n’ont pas su ou n’ont pas pu retrouver cette vie innocente et normale. L’horreur a poussé cette famille heureuse dans un état de choc et d’instinct de survie. Quand la guerre a semblé terminée, la joie n’est pas revenue. Certes, la célébration d’avoir survécu vibrait entre les survivants de manière partagée et complice, peu importe l’origine ou nationalité. J’ai pris conscience que la capacité de vivre en toute simplicité avait disparu et ne reviendrait peut-être jamais ! Les gens s’accrochaient inconsciemment à ceux qui les entouraient et survivaient plutôt au lieu de vivre. Ils vivaient par procuration à travers de leur travail et surtout de leurs enfants. Beaucoup vivaient dans la peur et la préparation d’une tragédie nouvelle à venir… 🧨
Ma grand-mère était restée assise devant sa fenêtre pendant 40 ans à attendre le retour de son mari. Elle n’était plus en vie. Cette femme qui, avant la guerre, avait fait régulièrement la une des journaux avec sa belle-sœur, mon grand-père et son frère jumeau grâce à leurs prestations de chant, de piano et de danse, était devenue amère, dure et méchante. Depuis que mon grand-père avait été battu à mort à coups de bâton à Bergen-Belsen en 1943, il n’y avait plus aucun liant doux dans la famille. Ma mère, elle, s’accrochait plus tard à mon père, puis après son divorce à moi. Quand je suis parti à l’armée, elle en est morte. L’incapacité de vivre pour soi était devenue pathologique dans ma famille. J’ai grandi comme un pansement pour ma mère. Je ne suis pas né pour moi-même. Non, ma mère m’a faite pour garder mon père avec elle. J’étais, comme on dit, une « enfant ciment » ! 🧱

Elle a vécu en essayant de passer de la survie à la vie sûre… puis, elle s’est arrêtée là. D’une certaine manière, j’ai traversé les mêmes étapes dans ma vie. En me cherchant, j’ai traversé tous les problèmes de mes parents qui se sont répétés dans mon histoire. Je ne suis plus en état de survie et ma vie est en sécurité depuis que j’ai pris conscience que la mort n’existe pas. Depuis quelques temps, mon grand défi est de retrouver ce que mes parents ont perdu… et même d’aller plus loin. Vivre pour moi, par moi-même et de manière connectée à la Vie est l’étape où je me trouve actuellement. Ceci explique pourquoi j’ai tant besoin d’être seul, car dès qu’il y a une compagne, une partie de moi vis par habitude et réflexe à travers elle, pour elle. Pour être un compagnon de vie, un co-explorateur de l’amour et complice au quotidien, il me semble évident qu’il faut d’abord que je sache vivre de manière autonome et souveraine… 🤴🫅🏼
Si je porte à nouveau mon pendentif, c’est pour honorer mes parents et mes grands-parents et pour me sentir proche d’eux alors que je cherche à accomplir ce qu’ils n’ont pas su ou pu faire. Je dois me rappeler que je n’ai pas le droit d’abandonner comme eux. Cette notion fait partie de ma vie depuis longtemps. Chaque fois que je me suis retrouvé terrassé, je me suis relevé. Plusieurs fois, c’était si dur que j’ai voulu jeter l’éponge. Je ne sais pas d’où m’est venue la force de continuer, mais je n’ai pas abandonné. Je pense que c’était grâce à l’espoir qu’un jour toutes les souffrances cesseraient. Et… c’est ce qui s’est passé ! Un jour, le vent a tourné… très lentement… alors que j’avançais à travers les blessures, les douleurs, les conditionnements et les peurs pour les résoudre, les transcender, les faire disparaître ou les intégrer. Maintenant, depuis environ 5 ans, j’apprends à vivre l’histoire de Michael, sans le poids de mes ancêtres. Vivre, juste pour vivre… comme toute autre créature vivante sur cette belle terre… 🥹
Je vous souhaite une délicieuse journée, soirée ou nuit… où que vous soyez… ∞❤️∞
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Bonjour Michael , beaucoup de tes écrits me touchent .Actuellement, je travaille avec une psychogenealogiste pour vivre sans le poids de mes aïeux ; cette filiation, qui est lourde à porter …. Douce étreinte du cœur. 🫂 Nathalie S. ( Biodanza)
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Coucou Nathalie… Merci pour ton retour et partage… Oui, je sais que nous nous comprenons sur ce point… Douce étreinte de retour 🫂😘
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Bonjour Michaël
tes paroles tes écrits me font ressentir l’espoir !
en ce moment je suis en arrêt pour un mal de dos hernie discale arthrose qui m’empêche de me mouvoir ces douleurs omniprésente me font prendre conscience qu’il faut que je prennes soin de moi de seulement moi et de ne pas être la maman pour tout le monde donc la seule solution pour accepter ou plutôt accueillir ses douleurs c’est de vivre pour moi être un peu égoïste à la fois .
je te souhaite une belle journée ton pendentif est lumineux beau et tellement emprunt de histoire.
Namasté
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Merci pour ce doux retour et partage… Prends bien soin de toi… Belle journée… 🌺
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