Un esprit libre…

Cagnes-sur-Mer (06), France 🇫🇷

Hier, je suis allée voir le film sur Bob Dylan, A Perfect Stranger. Même si cet artiste a fait partie intégrante de ma jeunesse, je ne le connaissais pas vraiment et à part quelques chansons que j’aimais bien, ni son style, sa personne ou sa musique m’attiraient à l’époque. J’étais donc curieux d’apprendre et de découvrir de qui il s’agissait vraiment, qui était ce Dylan en réalité. Je suis allé avec mon amie Nathalie (des chevaux) en bus à un vieux cinéma à Nice où nous allions régulièrement en groupe autrefois. Les sièges super confortables n’ont apparemment jamais été remplacés, mais ont été clairement réparés et rafistolés au fil du temps. Il y a toujours cette ambiance très familiale au Rialto. C’était la séance du matin, en VOSTF et je me retrouve souvent parmi de nombreux retraités quand je vais au cinéma. Je ne semble pas être le seul à aimer les séance matinales, les films en  version originale et le prix préférentiel lié à l’âge et à l’heure de la projection ! 😉

Le film m’a touché. C’est certainement pour cela que je me suis levé ce matin à 5h30 pour écrire ce qui me passait par la tête. Je ne pouvais pas rester au lit, car je vous parlais déjà dans ma tête et les phrases étaient si belles que j’avais peur de les oublier. Alors, assis dans le noir devant la fenêtre avec un thé vert chaud, une jolie bougie, la climatisation qui souffle l’air chaud, la fumée du bois de Cade qui sort du diffuseur Merlin et des mantras qui sortent de l’enceinte, j’écris mes pensées sur l’écran. Bien sûr que les jolies phrases ont bel et bien disparu, mais j’ai confiance que d’autres viendront. Je vais essayer de ne pas faire du « spoiling » car c’est un film qui, selon moi, vaut la peine d’être vu. Je connaissais déjà le jeune acteur et je pense que ce grand rôle dans le film représente sa percée sur le grand écran. 🎬

Là où l’histoire et le film sont venus me chercher, c’est dans l’esprit libre du personnage. Bien sûr, je ne sais pas à quel point l’histoire est fidèle à la réalité. Je ne savais même pas que Dylan était encore en vie. Je m’attendais parfois à ce qu’il crache avec sa moto vers une fin triste, façon James Dean. Bref, depuis le début de son aventure, il semble savoir exactement qui il est et ce qu’il veut. Il ne fait aucune concession, ni aux femmes, ni aux autres artistes et même pas à son public. Il se donne le droit d’être différent, original, créatif, choquant, libre et changeant. Il n’a pas peur de rester fidèle à qui il est et j’ai eu beaucoup d’admiration pour ça, car ma vie est truffée de situations où c’était tout le contraire ! 🗽

Avec le recul, je suis stupéfait de constater à quel point j’ai fait la pute dans ma vie. Pour faire partie d’un groupe, d’une famille, d’un projet ou d’un mouvement, je me suis constamment adaptée en me sortant de plus en plus de ma zone d’authenticité. En cherchant jusqu’à quel moment j’ai continué à le faire, sans forcément m’en rendre compte sur le moment bien sûr, je dirais que c’était jusqu’à ce que je parte sur la route avec mon sac à dos vers 2015. J’avais déjà 59 ans ! Jusque-là, la peur de ne pas être apprécié, d’être exclu et de ne pas être choisi, m’a fait faire des concessions qui ont clairement ralenti mon chemin vers Moi-m’Aime… même si ce problème faisait partie intégrante du processus de réparation. J’ai progressivement abandonné l’espoir d’être aimé pour ce que j’étais. En revanche, chemin faisant, ma relation avec le Vivant, la Source, devenait de plus en plus forte, présente et réelle… Alors, parallèlement ma peur de perdre diminuait. 🫣

Aujourd’hui, je préfère être seul qu’entouré de gens qui me veulent différent ou qui ne me voient pas comme je suis. J’admirais Dylan quand il faisait le contraire de ce que tout le monde attend et exige de lui. Au lieu de s’adapter, de se limiter et de se prostituer, il se donne le droit d’être pleinement lui-même et d’évoluer… même face à la colère du public, des collègues, des amis et même de sa ou ses copines. Chapeau bas ! Quel lâche inconscient que j’ai été toute ma vie. J’ai toujours pensé que c’étaient les autres qui avaient raison et que c’était moi qui avais un problème, qui n’étais pas dans le coup ou comme il fallait. Pendant des années, j’ai essayé d’effacer ma différence et mon originalité pour me fondre dans la masse. De mon point de vue, la société compte sur ce mécanisme, car il est clair pour moi que la plupart d’entre nous préfèrent être emprisonnés et lobotomisés que d’être seuls et exclus. 😪

Mon corps a passé toute ma vie à hurler de détresse pour que je m’écoute, que je revienne à moi, que j’ose et surtout que je m’aime dans ma différence. Comme je n’ai pas été réellement accompagné dans ma démarche et que j’étais têtu, j’en ai payé le prix. Même si mon âme est sans âge et me pousse sans cesse à continuer sur mon chemin, mon esprit est fatigué et las, mon corps usé et plein de cicatrices et ma  vie actuelle plutôt sobre et vide. Bien sûr, c’est un bon vide, car c’est l’absence de ceux qui m’aiment pour ce que je représente, ce que je vaux et ce que je peux faire pour eux. Quelle perte de temps… quel dur apprentissage pour revenir à moi-même. En même temps, contrairement à la plupart des praticiens en bien-être, cela fait de moi l’accompagnateur, coach ou thérapeute extraordinaire que je considère être… car je suis passée par là. Je connais presque tous les recoins de la souffrance… et surtout, je sais comment s’en sortir!!! 😎

J’ai vu comment, à mesure que je me libérais de mes conditionnements, de mes blessures, de mes peurs… ou, autrement dit, de mes boulets, de mes camisoles et de mes prisons… que mes maladies et mes malaises disparaissaient, que mes problèmes financiers et relationnels s’amélioraient et que mes compétences, mes qualités et mes dons naturels remontaient à la surface. C’était magique de me voir moi-même retrouver et découvrir des aspects de mon être que je ne soupçonnais pas avoir. Même si j’ai trouvé mon essence relativement tard, je ne me suis jamais senti aussi heureux et en paix qu’actuellement. Cela vaut bien le prix du processus de dépouillement que je vis depuis presque 15 ans maintenant. Même si je peux parfois être envieux de certaines personnes, je ne voudrais pas de leur vie. Ma conscience, ma paix et ma liberté acquises n’ont pas de prix… 💰

Et, qui sait, peut-être que l’histoire n’est pas encore finie. J’aime toujours accompagner les autres vers leur authenticité, leur « originellité » et leur souveraineté. Je sais exactement comment le faire… que ce soit pour des individus ou des groupes. Cependant, aujourd’hui je le fais en me respectant, en tenant compte de mes besoins, de mes rythmes, de mon originalité, de mon authenticité et de mon Être profond. À l’époque, je courais après les gens, je les portais et j’avais une disponibilité pathologiquement excessive. Aujourd’hui, ceux qui me sollicitent ne trouvent plus de baby-sitter mais plutôt le père ou la mère qu’ils auraient dû avoir et qui soutient, encourage, explique, stimule, initie mais aussi réprimande quand il le faut. En tout cas, c’est comme ça que je le vois. Quand j’étais prof de gym, certains m’appelaient Papa-Mike… Peut-être était-ce une prophétie ? 😉

Je vous souhaite une délicieuse journée, soirée ou nuit… où que vous soyez… ∞❤️∞


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