Cagnes-sur-Mer (06), France 🇫🇷
De temps en temps je me dis qu’il aurait été préférable d’apprendre à vivre avec mes traumatismes parmi les moutons humains et vivre l’expérience d’une famille, d’une épouse, d’enfants, d’une carrière et d’un patrimoine… au lieu d’avoir vécu tout ce parcours de guérison, de réparation, de re-connexion et de magie. Le prix de la liberté, de la paix et de la puissance a été élevé, très élevé. Le chemin que la Vie m’a tracé pour m’en sortir m’a quasiment exclu de la tribu humaine et à mon avis c’est le pire sort qu’une personne puisse connaître. 🧙♂️
En même temps, je me souviens très bien des circonstances graves qui m’ont poussé à ma transformation. J’arrive systématiquement à la même conclusion, je n’aurais pas survécu au poids du passé. Je ne serai pas resté dans ce monde pendant longtemps. Revisitant l’époque et mes ressentis du moment, je suis persuadé que si Nathalie-des-chevaux ne m’avait pas attrapé par la peau des fesses quelque part vers 1986 pour aller voir des thérapeutes, je pense que mes malheurs m’auraient poussé à terminer mon histoire ici-bas peu de temps après. 🥲

Je n’ai pas vraiment eu de bon exemple auprès de mes parents traumatisés et absents. Ils ne m’ont pas montré comment m’en sortir seul. Ma mère est décédée des conséquences de la Shoah 24 ans plus tard. A cause de la perte de sa famille, de son père, de sa vie tout court, elle n’a jamais appris à vivre pour elle-même et mon départ pour l’armée lui a été fatal. Mon père a bâti avec sa deuxième femme un royaume familial où il régnait en dictateur absolu. À l’extérieur, il passait son temps à se vendre comme représentant commercial auprès de ses clients. J’ai vécu dans ma chair l’héritage de leurs incapacités à travers des schémas répétitifs de perte, des maladies, des blessures et des échecs. 🧑🧑🧒
Je suis sorti des scénarios de mes parents… mais cela seulement depuis quelques années. Je vis enfin ma propre vie où je ne subis plus les effets ricochets de leur histoire, ni de l’histoire des Juifs en général d’ailleurs. Mais le bébé est parti avec l’eau du bain ! Ma vie et mon état sont tous propres, mais se sont vidés en même temps. Tout est à reconstruire… et j’avoue qu’à part suivre la Grande Vie à travers le miroir, les signes et les évènements du quotidien, je ne sais pas trop comment faire. Comment construire sa vie à 67 ans ??? Oups, 67 et demi. 😉

Je ne connais rien de plus difficile ni de plus lent que ma propre transformation. Chaque petit changement en moi m’a demandé des efforts incroyables. Parfois j’ai passé des longues années à me libérer d’une ou plusieurs sources de dysfonctionnement… de ses ancrages dans ma mémoire cellulaire… puis à changer mes croyances, mes pensées, mes paroles, mes habitudes, mes actions et mes comportements qui en étaient les conséquences… et enfin, les réflexes comportementaux qui s’accrochent comme des tiques dans la peau d’un animal. 🐕
Parfois, j’éprouve la grâce de voir les progrès que j’ai réalisés. Dimanche était un jour comme ça. Julien, que je considère un peu comme mon fils spirituel, a fêté son anniversaire chez lui à Saint Raphaël. J’avais promis d’être là et je suis parti vers 7 heures du matin pour être sûr d’arriver assez tôt et de passer un peu de temps ensemble avant de le perdre dans la foule familiale. Après une demi-heure de marche et deux trains, je suis arrivé vers 10 heures du matin, soupçonnant que les autres arriveraient seulement vers l’heure du déjeuner. 🥗

La mère de son meilleur ami avait préparé du couscous au poisson… que j’ai beaucoup aimé. En même temps, un petit morceau de rouget m’a rappelé avec ses os la simplicité d’être vegan. Il y avait sa famille et ses amis d’enfance, mais, hormis l’Amie avec qui il partage sa vie, je ne connaissais personne. J’ai vite compris que je prenais la place qui aurait dû ou pu revenir à son père. C’était une sensation étrange… parfois un peu comme si j’étais un intrus. Cependant, j’ai passé un très bon moment et je suis resté plus tard que j’avais prévu, jusqu’à environ 17 heures. 🕰️
Je me suis retrouvé à être le Mike de l’époque qui savait se montrer avenant, mais sans prendre toute la place avec l’humour. Je suis resté tranquillement dans mon coin, mais sans me mettre en mode ermite. J’ai surtout partagé avec la famille de son ami de jeunesse sur des sujets qui m’intéressaient, mais sans venir avec une avalanche de connaissances pour éblouir le public et me valoriser. J’étais assez fière de moi, car je sentais que j’avais trouvé un doux équilibre social que je ne connaissais pas vraiment par le passé. J’ai pris l’offre de son ami de jeunesse de me ramener chez moi en voiture comme un signe de ma petite réussite intérieure… 🥇
Je vous souhaite une délicieuse journée, soirée ou nuit… où que vous soyez… ∞❤️∞
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