Livre

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Cette page est réservée pour la publication du voyage initiatique d’Aude. Vous trouverez ici en avant-première le livre que je suis en train de co-écrire avec elle. Aude est une des premières co-exploratrices avec qui j’ai partagé des voyages de ce genre. Elle raconte son histoire et son aventure à elle, de quelle manière elle a trouvé sa féminité, sa libido, sa puissance et sa créativité. 

Je suis fier de faire partie de son histoire et de jouer un rôle dans le voyage initiatique qui continue toujours pour elle. Elle racontera d’où elle vient… l’effet de notre rencontre dans sa vie… puis comment elle a su mettre en place sa transformation. J’aime beaucoup sa manière d’écrire et je me réjouis de l’accueillir ici dans mon journal. 

Elle commencera par une introduction, puis créera chapitre après chapitre en piochant par moment dans mes articles pour illustrer son histoire. A chaque fois qu’une partie du livre est terminée, je l’ajouterai sur cette page afin que vous puissiez profiter des richesses qu’Aude va partager avec vous. 

Donc, je vous invite à revenir ici régulièrement pour lire au fur et à mesure cette création commune. Et qui sait, peut-être en ferons-nous un jour un livre papier. Bien évidemment, vous pouvez même nous aider si le coeur vous en dit en nous donnant votre avis constructif par la page « Contact« . Ça nous aidera pour améliorer la lisibilité. 

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Table des matières

Introduction
Chapitre 1 – Rencontre 
Chapitre 2 – Chute libre
 
Chapitre 3 – Décompression


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Introduction

Écrire, et raconter mon histoire… Il y a à peine trois mois, le simple fait de poser des mots sur un papier et de laisser une trace, était pour moi tout simplement impossible. Aujourd’hui, écrire, témoigner, réagir aux articles de Michael est devenu un besoin, un moyen de mettre au clair les profondes métamorphoses que je vis depuis plusieurs mois, de déposer ce qui est en train d’advenir. 

L’invitation donc, que m’a faite Michael de partager mon parcours, mes explorations, est un véritable cadeau. Et je sais aussi qu’il s’agit là, de poursuivre d’une manière encore différente, mon voyage initiatique démarré il y a un peu plus d’un an avec lui…

Je me sens dores et déjà, très touchée et honorée de pouvoir offrir ces mots. Au cours de mon écriture, je prends le temps nécessaire de peser et sous-peser chacun d’eux pour m’assurer qu’ils résonnent correctement dans mon corps, et qu’ils évoquent avec le plus de  justesse possible ce que je vis, ce que je ressens…

Aude

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Chapitre 1 – Rencontre

C’était en 2008 peut-être, je faisais mes premiers pas dans le temple dédié au stage de Tantra. J’avais les yeux bandés, comme 30 ou 40 autres participants. Je vivais ma première plongée dans ce monde et je me souviens très bien avoir eu la sensation de vivre comme ma première plongée sous-marine en Mer Rouge quelques années plus tôt… 

Un monde que je n’aurais jamais pu imaginer, s’ouvrait sous mes pieds. Et à la différence de la plongée sous-marine où ce sont mes yeux qui ont découvert un monde, là, ce sont mes sens qui ont vécu LA découverte de ma vie. Ils se sont éveillés, et je me suis moi-même réveillée avec la sensation d’une explosion nucléaire intérieure. Pendant les premiers instants, debout au milieu de cette salle immense, j’ai senti des odeurs, entendu des sons. J’ai été touchée, effleurée, palpée, lissée, sentie… Je ne savais tout simplement plus où j’étais, ni qui j’étais. J’étais un corps traversé, labouré, chamboulé… 

Et je me souviens des larmes qui se sont mises à couler sans raison apparente, sauf à ressentir une émotion tellement forte pour ce que j’étais en train de vivre, comme une naissance, et me dire que enfin, mon corps était vivant !

Mon corps se mettait en vie, oui, et en mouvement aussi. Au fur et à mesure des expériences qui nous étaient proposées, j’ai senti comment mon corps et mes sensations avaient été sclérosées, ankylosées et endormies depuis toujours sans doute. Et le réveil s’est fait en quelques secondes à peine. 

J’ai alors vécu les choses de manière très ambivalente. Heureuse de me sentir enfin vivante, je me trouvais aussi subitement confrontée à toutes les peurs qui avaient sans doute justifié mon endormissement intérieur. 

A commencer par la peur du regard de l’autre et en particulier, du regard de l’homme… Angoisse suprême qui aurait justifié que je retourne très vite dans mon trou de souris, et que je disparaisse de ce temple aussi magique soit-il. Le simple fait de savoir que je pouvais attirer sur moi les yeux d’un homme me terrorisait et provoquait en moi une colère sourde venue de je ne sais où et qui me disait à l’oreille: « s’il approche de trop près, je suis capable de le tuer ! » Quelle violence intérieure ! 

Encore une surprise de plus me concernant. Me voir capable de passer de la rage à la tristesse, de la tristesse à la joie et au sentiment de libération intérieur et puis ressentir à nouveau la peur et l’angoisse…. J’étais dans une véritable machine à laver oscillant entre le programme rinçage et essorage !

Même mon instinct de survie s’est inconsciemment et très rapidement mis en place : me mettre par tous les moyens, et en permanence sous la protection de mon compagnon avec qui je participais aux stages, et éviter ainsi qu’un homme ne s’approche de moi de trop près… Et là j’étais prête à dire que j’étais la propriété d’un homme pour pouvoir me sentir en sécurité ! 

Lors d’un exercice très simple en apparence, je me suis trouvée assise dans un cercle composé d’une dizaine de personnes, hommes et femmes. Et la consigne fut de se lever chacun son tour, de se placer au centre du cercle et de se laisser regarder. Le regard, encore le regard… évidemment la panique s’est immédiatement emparée de moi et j’ai bien vu qu’aucune échappatoire n’était possible. 

Or, cette fois il fallait que je plonge et je ne savais pas nager… alors, en l’absence de mon compagnon à mes côtés, et en prévision de mon potentiel naufrage, je me suis mise à chercher éperdument un regard bienveillant, un regard dans lequel je me sentirais en SECURITE !! 

Et Michael était dans ce cercle. J’ai tout de suite vu qu’il pourrait être ma bouée, mon réconfort au cas où je boirais la tasse devant cette marée humaine d’yeux… J’ai été touchée par la présence douce qu’il avait naturellement en lui, avec un sourire toujours posé sur ses lèvres. J’ai senti immédiatement l’absence de tout jugement, sa capacité d’accueil de l’autre, et même son sourire encore, qui disait en silence « mais oui tu peux te montrer, tu es jolie tout simplement… ».

Alors j’ai pu me lever, et je suis restée de longues minutes au centre de ce cercle. Même si je sentais mes jambes se dérober sous moi, peu à peu, je suis sortie de mon apnée et la respiration est venue. Accrochée à l’idée que je ne risquais rien, je me suis sentie enveloppée, protégée, et j’ai pu voir que le regard des autres hommes portait la même gentillesse, la même douceur devant le corps d’une femme… Une première réparation avait lieu.

Ainsi, Michael a pris peu à peu la place du protecteur bienveillant vers lequel je me sentais attirée lorsque la pression émotionnelle était trop forte. L’éveil de mes sens était tellement puissant au cours des stages qu’il m’est arrivé très souvent de ne pas pouvoir gérer ce trop plein. Michael n’était jamais loin, et je voyais bien dans son regard et dans ses mots que je pouvais me reposer auprès de lui, que je pouvais déposer des sentiments, des émotions, des sensations souvent très contradictoires entre eux et qui me perdaient.

Je suis restée en lien avec lui pendant 3 ou 4 ans, période pendant laquelle, mon compagnon et moi, avons exploré la voie tantrique pour le plus grand bonheur de notre couple… 

Il est indéniable que je me sentais attirée vers Michael. J’appréciais sa douceur et sa stabilité intérieure, la maturité de celui qui en a vécu des histoires, qui porte et répare ses blessures. Et je crois qu’il comprenait les miennes. Je me sentais flattée de voir qu’il me voyait telle que j’étais, femme blessée, certes, mais belle femme quand même. Enfin c’est la sensation que j’en avais !… 

De mon côté, la question de l’attirance physique ne pouvait se poser étant donné que je me trouvais en couple, que je venais en stage en couple et que notre objectif était de redonner une nouvelle dimension à notre couple. Cette proximité que nous avions régulièrement dans nos échanges, dans nos regards ou simplement dans le fait de savoir qu’il était quelque part, pas loin, présent, en a fait comme un grand frère pour moi… Encore un moyen de trouver la protection, et la sécurité qui me faisait tellement défaut. 

Et puis le temps a passé. Les stages se sont succédés les uns après les autres, sur 2 années. Un des souvenirs les plus forts qui me revient, a été le moment où j’ai pris enfin de l’assurance. Le regard des hommes ne me gênait plus, au contraire même. J’étais fière de la femme que je devenais, je ne me sentais plus agressée mais accueillie par eux avec douceur. La part féminine des hommes se développait aussi au cours des stages, et les uns les autres nous arrivions désormais à ressentir l’union. C’était magnifique. 

Et là je crois me souvenir que Michael, avec espièglerie m’avait dit que si je n’avais pas été en couple, il aurait bien aimer faire l’amour avec moi. J’étais flattée et heureuse de voir que enfin je pouvais sereinement accueillir le désir de l’homme, me sentir belle avec ce désir et en sécurité…

Alors, j’ai voulu poursuivre plus avant l’exploration de la voie tantrique. Et puisque je me sentais forte et plus du tout en danger, nous avons décidé avec mon compagnon de vivre les stages séparément. Une nouvelle grande aventure m’attendais, pensais-je un peu naïvement. Je me sentais capable de découvrir et de vivre l’amour inconditionnel ou quelque chose de cet ordre. Je me sentais capable d’accueillir tous les hommes, et de les aimer tels qu’ils étaient avec leur force, leur vulnérabilité, leurs maladresses… Bref, tous les possibles étaient devant moi et je me sentais prête.

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Chapitre 2 – Chute libre

Oui, je me sentais prête à accueillir les hommes. J’avais découvert grâce au Tantra leur capacité à la fois de puissance et de fragilité, j’avais enfin compris que l’homme pouvait être le Gardien du Féminin Sacré et que ce Féminin pouvait s’épanouir, et s’ouvrir pleinement à ses côtés. 

Une prise de conscience douloureuse et salvatrice pour moi a été de comprendre un jour à quel point les hommes avaient souffert et souffrent encore de l’énergie castratrice des femmes… Que ce soit de la part d’une mère, d’une sœur ou d’une compagne, avec tout l’amour que nous leur portons, nous passons notre temps à leur couper les ailes. Un mot qui heurte, un comportement qui ferme ou qui enferme, une énergie qui empêche ou qui éloigne… 

Je ne m’étais pas rendue compte à quel point ma façon d’être, dans mon quotidien pouvait empêcher mon compagnon de se vivre vraiment en tant qu’homme accueilli dans toutes ses facettes… Et quelle découverte pour lui-même de voir comment ses ailes avaient été coupées…

Guérir le Féminin et Guérir le Masculin, voilà ce que nous avons traversé. Et notre couple en est ressorti grandi, apaisé, amoureux l’un de l’autre, avec la conscience en plus que lorsque nous nous aimions, nous aimions tous les hommes et toutes les femmes. Un très grand respect l’un pour l’autre est né à nouveau, une écoute plus fine de nos besoins respectifs, des relations d’amour intime qui nous permettaient enfin de nous vivre tranquillement et dans notre vérité. 

Je me sentais être Femme parce que mon Gardien était présent à mes côtés, et qu’il pouvait jouer pleinement son rôle. Il trouvait enfin sa place… dans le même temps, je l’ai senti et vu plus libre de vivre ses émotions. Désormais, il était facile pour lui de verser une larme par ce qui pouvait le toucher… 

J’ai vécu ce moment très fort, comme une nouvelle union, bien plus importante et plus puissante qu’une signature « au bas d’un parchemin ». C’était magnifique pour nous de découvrir que nous nous aimions d’un nouvel amour après dix années de couple, finalement banales…

J’aimais donc cet homme et je me sentais Femme épanouie. Mais cette femme épanouie avait une autre sensation ancrée au plus profond  d’elle-même… Maintenant que le regard de l’homme n’était plus un danger, maintenant que je pouvais accueillir l’énergie de ce masculin, comment serai-je seule face à un autre moi-même, et sans la protection de celui qui partageait ma vie ? Il était évident que je devais vivre cette expérience. 

Je suis donc retournée en stage. Je me suis laissée emporter par de très belles émotions, tellement touchée de me retrouver au même endroit deux ans après mes premiers pas dans le monde du masculin et du féminin sacré. Ca tourbillonnait pas mal dans ma tête et j’avais du mal à me suivre !!

Alors je me suis laissée porter, regarder, effleurer, toucher, danser… Je faisais partie des « anciens » … Je me regardais être, j’étais spectatrice de moi-même. Je me souviens avoir exprimé en groupe à quel point j’étais touchée de mon parcours et de la sensation d’Amour que je pouvais ressentir très profondément pour les hommes présents. Je crois que mes mots étaient très réconfortants pour eux.

J’ai vraiment pu ressentir à quel point l’homme mérite l’amour inconditionnel de toute femme. J’avais vraiment déposé les armes et je sens encore aujourd’hui à quel point cette énergie continue de me porter. C’est pour moi, une des clés fondamentales pour vivre pleinement le chemin vers mon propre féminin sacré. Mon expérience m’a montrée que pour trouver la paix avec mon féminin je devais vivre une paix totale, au plus profond de mon corps, avec tous les hommes de la terre.

Cela étant dit, lorsqu’il s’est agi pour moi de choisir un partenaire pour une structure dite « engageante » par les animateurs, mes grands mots et mes belles pensées se sont faits tout petits. Et ils ont laissé la place libre à mes instincts précaires, primates qui se sont réveillés… Je me revois encore dans le temple, au milieu de nombreux autres participants, et je savais bien que je n’étais pas la seule à être mal à l’aise ! 

La grande question du choix était là, devant moi… Choisir ou être choisie, faire le premier pas ou me laisser porter par ce qui viendrait, accueillir n’importe quel homme sans regarder son aspect physique, ni le regard qu’il portait…. Grandes minutes de solitude pour chacun d’entre nous ! Moi qui n’avais jamais vécu ces moments puisque mon compagnon avait toujours été à mes côtés… Cette fois encore, la grande plongée…

Mon choix à moi a été immédiat. Je devais choisir avant d’être choisie ! Alors je me suis dirigée vers un homme plus jeune que moi, que je trouvais beau bien sûr ! Ce qui m’a immédiatement touchée chez lui fut sa vulnérabilité que je pouvais sentir sans même avoir à lui parler. Le regarder m’avait suffit… 

J’ai compris à cet instant de quelle énergie j’avais besoin chez un homme. Besoin d’un homme dont le féminin est déjà bien présent et vivant même si lui n’en a pas nécessairement conscience. Difficile en effet pour moi de me diriger vers un homme trop « homme », trop « brut », trop « virile », sans jugement aucun bien sûr… La femme épanouie que j’étais devenue avait vraiment besoin de douceur, d’accueil, de rondeur… 

Et c’est ce que j’ai trouvé auprès de cet homme que j’appellerais Julien. Le souvenir que j’en garde est d’une très grande douceur, de beaucoup de tendresse, et d’amour sans aucun doute… Je n’ai aucun souvenir de l’exercice qui nous avait été demandé, mais bien sûr je me souviens de ce qui s’en est suivi. Un corps à corps qui a duré tout le temps du stage, et des nuits très courtes, voire inexistantes. La moindre parcelle de mon corps, ma peau, mes sens, les couches émotionnelles de mon être étaient transportés vers des au-delàs que je ne connaissais pas… une nouvelle planète à découvrir…

Julien a été le cadeau que je n’oublierai pas. Je l’avais choisi pour sa tendresse et lui a été tellement touché d’être choisi par une femme comme moi. J’ai compris assez vite que la vulnérabilité qu’il portait, cachait des blessures d’enfant et que ce sont ses blessures qui m’ont menées vers lui, miroir des miennes. Nos blessures respectives s’étaient trouvées et s’aimaient…

Je me trouvais donc, femme dite épanouie, prête à accueillir le monde, face à un homme qui me bouleversait, et que je trouvais beau et touchant. Et il fallait que je rentre chez moi, retrouver l’homme de ma vie… 

Et bien la possibilité de la chute libre s’est présentée là, à mes pieds. Qu’est-ce que je devais faire avec ça ?? Quel était le message de la grande Vie pour moi ? Qu’est-ce que je devais faire avec un cœur qui se mettait soudainement à battre la chamade en pensant à lui ? Que fallait-il que je fasse avec mes jambes qui tremblaient dans l’attente d’un message de sa part ?

Et là, je me sentais difficilement femme puissante, souveraine en son territoire… Je penchais plutôt vers la jeune ado qui attend désespérément un signe pour se sentir exister… J’ai donc choisi de voir jusqu’où je pouvais tenir et vivre cette belle histoire sans faire de mal à personne, et surtout pas à mon compagnon bien sûr… 

Ce fut un temps très particulier pendant lequel j’ai compris que j’avais à voir comment je pouvais vivre la relation à l’autre sans me perdre, ni me dissoudre. J’expérimentais le manque, le besoin d’être avec l’autre, comme si ma suite de ma vie en dépendait.

Et donc la Vie s’est organisée pour que je ne puisse vivre tranquillement cette relation. Je me suis mise à attendre après lui, je me suis mise intérieurement entre parenthèse, comme si rien d’autre ne pouvait se faire, ni exister sans une présence quelconque de sa part.

Et puis un jour, ce fut trop pour mon corps qui se tordait régulièrement de douleur, trop pour les larmes qui n’en finissaient pas, trop pour les émotions qui jaillissaient de toute part. Un matin je suis partie en forêt avec la ferme intention de mettre fin à cet enfer intérieur, alors que mon corps réclamait sa présence. La raison l’emportait sur les sentiments. 

D’une certaine manière, je décidais de prendre la fuite. Je comprenais bien que j’avais quelque chose à retirer de cette belle expérience. Je voyais bien que mes blessures d’enfant me hurlaient à la figure de faire quelque chose, de traverser et réparer… Mais impossible. 

Ma décision était prise, retrouver une vie tranquille et calme auprès des miens et arrêter le programme de la machine à laver. J’étais proche de la noyade intérieure et je ne savais pas nager aussi loin du bord… Après avoir choisi pour ne pas avoir à être choisie, j’ai quitté pour ne pas avoir à être quittée…

Ultime ironie de cette jolie histoire ? Michael n’était pas loin… Pendant le temps de notre histoire, Julien m’a appris que Michael était son coach et qu’il l’accompagnait dans la guérison de ses blessures et la remise en plat du puzzle de sa vie… J’ai eu l’occasion de parler très brièvement de Julien avec Michael. J’ai pu entendre que j’avais beaucoup touché Julien, qu’il se sentait flatté d’avoir été choisi par une femme telle que moi et que notre histoire faisait partie de son travail de guérison. Et plus tard encore, Michael me disait à demi mots à quel point la rupture avait été difficile pour lui… 

La fuite avait été ma seule issue, mais à l’époque je ne connaissais pas d’autre solution. Je m’en suis donc retournée dans ma vie avec la sensation que quelque chose était très loin d’être réglé au fond de moi, sans pour autant, pouvoir y poser une compréhension plus poussée. Trop douloureux sans doute… 

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Chapitre 3 – Décompression

Après cette période d’intense émotion, j’ai pris le temps de panser ces blessures mises à vif et à nu et que je découvrais ou redécouvrais d’un lointain passé d’adolescente qui avait mal aimé…

J’avais une vie de couple plutôt très tranquille sur le plan des émotions et du questionnement, ce qui m’apportait la sécurité indispensable à mon bien-être intérieur, de surface… Surtout ne pas gratter trop loin, ne pas réveiller à nouveau les blessures de la petite fille en manque du père, en manque de l’amour de la mère, bref, en manque tout court…

Je sentais bien ce vide qui habitait mon être profond et sur lequel je ne pouvais mettre aucun mot. Je sentais bien que le couple que je formais était là pour cacher, protéger, la femme hypersensible qui tentait de se faire une place dans le vaste monde…

Je comprends bien aujourd’hui à quel point ce couple a été salvateur pour moi. Il m’a permis, comme pour un enfant, de m’éloigner de temps en temps du bord, en sachant très bien qu’à tout moment, et sans aucun risque je pouvais revenir au nid, sans courir aucun risque, ni aucun danger…

Il revenait donc de ma responsabilité de ne pas  briser cet équilibre. Et en même temps, je sentais cette double « mission » en moi, évoluer dans mon jardin secret de femme et participer à l’évolution et à la construction stable de mon couple, comme on construit une maison, l’un et l’autre s’alimentant mutuellement. Finalement c’était le chemin qui se présentait à moi…

Ainsi, j’ai décidé de poursuivre les stages de Tantra pour voir où j’en étais de cette expérience passée. J’en garde encore aujourd’hui, un souvenir très doux, empreint de beaucoup de tendresse, malgré les douleurs. En avais-je retiré quelque chose ? Serai-je capable d’être dans l’accueil d’un homme sans me laisser emporter comme une feuille ? La seule façon de savoir où j’en étais, fut donc de retourner vivre ce temps hors du temps…

Et bien sûr, j’ai immédiatement compris, lorsque je me suis trouvée plongée dans le temple du Tantra, que je replongeais dans un état émotionnel totalement à fleur de peau. J’ai d’abord eu l’angoisse de me retrouver face à Julien, puis l’angoisse de me retrouver face à un homme tout court. Et pourtant, je savais que je devais me confronter à cette peur, que je n’avais pas le choix, que je me devais d’aller jusqu’au bout.

Et là je crois que j’ai mieux identifié, mieux cerné ce qui était en jeu pour moi et que je n’avais pas du tout confronté au cours des expériences tantriques précédentes.

Même si le regard de l’homme ne me faisait plus peur, le fait qu’il s’approche de moi, et qu’il entre dans mon territoire, qu’il pose son énergie sur moi, me faisait perdre complètement pied. Là, j’ai pu voir à quel point je perdais toute notion de limite intérieure. Je fondais et disparaissais devant cette énergie et je me laissais totalement envahir.

Dans ces instants, j’avais de moi l’image d’une petite fille incapable de savoir quoi faire devant ce corps, ne sachant quel comportement ni quelle attitude avoir… Être dans l’ouverture mais comment faire ? Accueillir mais comment ? Avec quels mots, quelle présence ? Je n’avais à ma disposition aucun mode d’emploi pour faire et être en équilibre dans mon intimité avec un homme.

Je me sentais en paix avec l’homme, oui, mais comme incompétente à les accueillir en toute sérénité… Je comprends aujourd’hui à quel point j’étais dans une énergie de jeune fille en quête d’un masculin rêvé et donc hors de toute réalité…

Moi qui me sentais tellement en sécurité et tranquille auprès de mon compagnon depuis toutes ces années, je me suis trouvée complètement désemparée, et incapable de trouver une issue, une sortie, en dehors de celle de prendre mes jambes à mon cou et de quitter le temple… Mais mon engagement vis-à-vis de moi était pris et je restais.

Là encore, j’ai très peu de souvenir de ce que j’y ai vécu. Trop fort et trop douloureux émotionnellement sans aucun doute, pour que ça puisse rester imprimé dans ma mémoire. Mais j’ai bien sûr gardé le souvenir d’une nouvelle rencontre, une nouvelle expérience, bien moins intense que la précédente. Je restais à la fois dans le souvenir tellement beau de la première fois et je portais désormais un regard extérieur sur ce que je vivais. Il était temps que je m’accueille pleinement et que je commence à poser un regard d’adulte sur mes comportements et mes réactions dans ce type de situation.

Et là j’ai bien compris qu’il n’était plus question de reproduire le même schéma. Tomber soi-disant amoureuse, vivre le manque, me vivre dans l’attente et la frustration ? Non, hors de question. Pour autant, j’ai très bien vu que ce n’était qu’un comportement que je voulais voir disparaitre. Ce n’était que la face visible d’un iceberg dont les profondeurs m’échappaient totalement malgré un regard d’adulte que je tentais de poser sur ce qui se passait en moi.

Ce que j’avais vécu avec Julien était encore à vif et j’étais très loin d’avoir avancé sur la voie de la compréhension…

Ce qui est apparu comme une évidence pour moi c’est que je voulais donner toute la priorité à la réussite de mon couple et à son évolution. Ne me sentant pas capable de dépasser mes états d’amoureuse blessée, j’ai pris la décision d’arrêter les stages seule. Si je devais y retourner, se serait avec mon compagnon.

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